Chapitre 4 114
Pour secourir Little Fishy au plus vite, Chu Feng déploya toute sa puissance et fonça à sa vitesse maximale.
Guidé par Fumo Xin’er, il arriva bientôt à la limite du territoire scellé.
Une Formation spirituelle qui isolait le ciel et la terre. Une fois qu’on la franchissait, on quittait le territoire scellé.
Cette Formation spirituelle était tout à fait remarquable.
La grande majorité des Formations spirituelles, aussi puissantes soient-elles, se manifestaient sous la forme d’un mur.
Quelle que soit la méthode employée, on pouvait franchir la Formation spirituelle en traversant ce mur.
Mais celle-ci était bien différente.
En pénétrant dans la Formation spirituelle, Chu Feng eut l’impression d’entrer dans un monde de néant, un monde de chaos primordial.
Non seulement cet espace était immense, mais le pouvoir spirituel et la vue de Chu Feng y étaient fortement perturbés.
De violentes bourrasques s’y déchaînaient et une brume envahissait les lieux. Chu Feng était incapable de s’orienter.
C’était un véritable labyrinthe.
Celui-ci pouvait désorienter aussi bien les étrangers que les habitants du territoire scellé.
Heureusement, Fumo Xin’er lui indiquait le chemin. Sans elle, Chu Feng aurait eu bien du mal à traverser cette Formation spirituelle.
Bien sûr, si Fumo Xin’er pouvait le guider, ce n’était pas parce qu’elle connaissait mieux le labyrinthe. Elle tenait simplement une boussole spéciale.
C’était elle qui leur indiquait la route.
« Où as-tu trouvé cette boussole ? » demanda Chu Feng, intrigué.
« Ma grand-mère me l’a donnée. Mon grand frère en a une aussi », répondit Fumo Xin’er.
« Ta grand-mère ne s’oppose-t-elle pas à ce que ton frère et toi quittiez le territoire scellé ? Pourquoi vous donner des boussoles qui vous permettent d’en sortir ? » Chu Feng était perplexe.
« Ma grand-mère n’est pas vraiment contre l’idée que mon frère et moi sortions.
Elle a la langue bien pendue, mais le cœur tendre. Elle espérait aussi que nous puissions découvrir le monde extérieur.
Elle n’aime simplement pas nous voir chercher les ennuis », expliqua Fumo Xin’er.
« Wouuu… »
« Bzzz… »
Soudain, une étrange voix retentit devant eux.
« Ça va mal ! Chu Feng, change vite de direction ! » s’écria Fumo Xin’er, alarmée.
En réalité, Chu Feng avait déjà bifurqué avant même qu’elle ne parle.
Bien que la Formation spirituelle réduisît considérablement son champ de vision et qu’il fût incapable de distinguer la source de ce bruit étrange, il comprit au son seul que ceux qui approchaient ne lui voulaient pas du bien.
« Bzzz… »
À peine Chu Feng et Fumo Xin’er eurent-ils changé de direction qu’une nuée de créatures se lança à leur poursuite.
En se retournant, Chu Feng vit ce qui venait vers eux.
C’était une immense nuée de guêpes.
Elles étaient plusieurs dizaines de fois plus grosses que des guêpes ordinaires.
Chacune avait la taille d’un poing.
Celles qui les poursuivaient étaient innombrables et formaient une masse compacte.
En une vague noire, elles fondirent sur Chu Feng et Fumo Xin’er.
Le plus terrifiant, c’était leur vitesse. Même si Chu Feng filait à toute allure, elles parvenaient à réduire la distance qui les séparait.
« Qu’est-ce que c’est ? »
Voyant que la situation tournait mal, Chu Feng libéra son pouvoir spirituel, prêt à attaquer les guêpes.
« Non ! Surtout, ne les attaque pas. Tu ne ferais que les mettre en rage.
Et si tu les énerves, nous sommes condamnés », le prévint Fumo Xin’er avant qu’il n’ait le temps d’agir.
« Alors, qu’est-ce qu’on fait ? » demanda Chu Feng.
« Elles nous ont pris pour cible. Arrêtons de courir. On s’immobilise. Sinon, ça se passera encore plus mal pour nous », répondit Fumo Xin’er.
« On s’arrête, là, tout de suite ? » demanda Chu Feng. Il sentait à quel point ces guêpes étaient puissantes.
S’arrêter reviendrait à se laisser massacrer par elles. Ce n’était clairement pas une décision raisonnable.
Cependant, elles étaient plus rapides que lui. Cela signifiait qu’elles étaient peut-être même plus fortes.
D’après Fumo Xin’er, les affronter n’était pas non plus une décision raisonnable.
Dans ces conditions, il n’avait d’autre choix que de l’écouter.
Il s’arrêterait donc sur-le-champ si elle le lui demandait.
Après tout, Fumo Xin’er connaissait bien mieux le monde que lui.
« Arrête-toi. Ici. Tout de suite. Maintenant. Immobilise-toi !
Quand tu t’arrêteras, accroupis-toi et ne bouge plus. Mets les mains sur la tête et ne remue pas d’un pouce ! » cria Fumo Xin’er.
À sa réaction, Chu Feng comprit qu’il ne devait pas hésiter et s’immobilisa aussitôt.
Il obéit à Fumo Xin’er, plaça les mains sur sa tête et s’accroupit.
« Clameur… »
L’instant d’après, l’immense nuée de guêpes fondit sur Chu Feng et Fumo Xin’er.
Elles les encerclèrent, puis passèrent rapidement près de leurs corps.
Chu Feng put voir distinctement à quoi elles ressemblaient.
Elles étaient d’un noir de jais. Même leurs ailes étaient noires, et leurs dents acérées luisaient.
Malgré leur apparence de guêpes, leurs crocs à découvert leur donnaient un air féroce.
Pourtant, la nuée n’attaqua pas Chu Feng.
Très perplexe, mais craignant de les alarmer, Chu Feng demanda à Fumo Xin’er par transmission vocale : « Elles nous poursuivaient pourtant. Pourquoi ne nous ont-elles pas attaqués quand nous nous sommes arrêtés ? »
« Ce sont des Guêpes fantômes occidentales. On raconte qu’elles datent de l’Antiquité.
Elles sont extrêmement féroces et possèdent une puissance de combat redoutable. Même les techniques des Esprits du Monde ne peuvent les arrêter. De plus, plus elles se battent, plus elles deviennent puissantes.
En temps normal, leur puissance de combat équivaut peut-être à celle d’un Exalté suprême de rang 4 ou 5. Mais si tu les attaques, elle augmente de façon exponentielle ; elles peuvent même atteindre le sommet du Royaume de l’Exalté suprême.
Cependant, si on reste immobile, les mains sur la tête, en général, elles ne nous attaquent pas », expliqua Fumo Xin’er.
« Autrement dit, ce qu’on fait revient à nous avouer vaincus. C’est pour ça qu’elles nous ont épargnés ? » demanda Chu Feng.
« C’est à peu près ça », répondit Fumo Xin’er.
« Dans ce cas, pourquoi ne m’as-tu pas simplement dit de m’arrêter ? Pourquoi m’as-tu fait courir ? » demanda Chu Feng.
« Ce sont les célèbres Guêpes fantômes occidentales. Elles sont très dangereuses. Si on peut leur échapper, c’est toujours mieux.
On ne fait ça que lorsqu’il est impossible de fuir », expliqua Fumo Xin’er.
« C’est vrai », reconnut Chu Feng, incapable de la contredire.
Les Guêpes fantômes occidentales tournoyèrent longtemps autour de Chu Feng et Fumo Xin’er, puis finirent par faire demi-tour et s’éloigner.
« On l’a échappé belle. »
Après leur départ, Chu Feng était trempé de sueur.
Comme Fumo Xin’er l’avait dit, ces Guêpes fantômes occidentales ne les avaient peut-être pas attaqués, mais elles étaient bien trop dangereuses.
Prétendre qu’il n’avait pas eu peur, encerclé par elles, aurait été mentir.
Et si l’une d’elles avait eu envie de goûter à la chair de Chu Feng et l’avait mordu à l’improviste ?
Une seule morsure aurait déjà été terrible. Mais si elles avaient sorti leur aiguillon pour le piquer ? Qui sait quelles en auraient été les conséquences ?
« Chu Feng. »
Soudain, Fumo Xin’er agrippa Chu Feng.
Il la regarda et constata qu’elle était devenue particulièrement séduisante.
Sa beauté ne faisait aucun doute. Son visage aurait pu entraîner la chute d’une cité ou d’un royaume.
Une rougeur était apparue sur sa peau claire, lui donnant le teint d’une pomme rouge.
Même ses yeux limpides s’étaient voilés. Elle était d’un charme irrésistible.
« Qu’est-ce qui t’arrive ? » demanda Chu Feng d’un ton grave. Il comprit que le changement de Fumo Xin’er était anormal.
« Bon sang. Une Guêpe fantôme occidentale m’a piquée. »
En parlant, Fumo Xin’er releva sa manche. Une marque de morsure apparaissait bel et bien sur son bras.
La blessure avait noirci.
Les Guêpes fantômes occidentales étaient venimeuses.
« Laisse-moi regarder. »
Voyant que la situation était grave, Chu Feng saisit aussitôt le poignet de Fumo Xin’er et examina son état.
Il fut stupéfait de constater que le poison était extrêmement puissant. Il avait déjà pénétré l’âme de Fumo Xin’er.
« Ça… »
Chu Feng comprit que la situation était très grave.
Son expérience d’Esprit du Monde lui disait que même lui ne pourrait pas neutraliser le poison.
Fumo Xin’er risquait d’y laisser la vie.