Chapitre 3 995
« Demoiselle, puisque vous êtes intelligente, inutile de nous faire perdre davantage de temps à tous les deux. Vous possédez encore un trésor, je le vois bien. Vous feriez mieux de me le remettre, déclara Chu Feng.
— En moi ? A’li ne possède aucun trésor en elle. »
A’li regarda Chu Feng d’un air innocent.
« On dirait que vous avez décidé de rester ici, demoiselle. Dans ce cas, restez donc. »
Sur ces mots, Chu Feng agita sa manche et rangea tous les trésors qu’A’li avait sortis plus tôt.
Puis il se dirigea vers la sortie.
Même s’il partait, Chu Feng n’allait pas repartir les mains vides.
Ces trésors ne pouvaient certes pas rivaliser avec celui qui était caché dans le corps d’A’li, mais ils n’en étaient pas moins extraordinaires.
Si cette renarde s’obstinait à ne pas lui remettre le trésor qu’elle avait en elle, c’était tout ce que Chu Feng pouvait faire.
« Jeune maître, vous ne pouvez pas faire ça !
— Je vous ai donné tous les trésors de cet endroit ! »
A’li agrippa de nouveau les vêtements de Chu Feng.
« Demoiselle, à votre avis, comment ai-je fait pour entrer ici ?
— Grâce à mes deux yeux.
— Vous avez encore un trésor en vous. Et c’est le plus important. Je le vois très clairement.
— Si je ne me trompe pas, ce trésor est sans aucun doute incomparable à ceux que vous m’avez remis tout à l’heure.
— Bien sûr, si vous refusez de me le donner, je ne vous y forcerai pas.
— En revanche, je ne vous aiderai pas à retirer ce verrou. »
Sur ces mots, Chu Feng repoussa de force la main d’A’li.
« Jeune maître, vous voulez vraiment cette chose ? »
L’expression d’A’li changea soudain.
Elle n’avait plus l’air innocente ni contrariée.
Son allure avait complètement changé.
Si elle avait ressemblé auparavant à une servante docile, elle ressemblait maintenant à une reine contemplant le monde entier depuis son trône.
Son aura surprit même Chu Feng.
À tout le moins, celle de cette renarde dépassait de loin celle des chefs des six grandes puissances qui se trouvaient dehors.
« On dirait que c’est là votre véritable nature. »
Chu Feng n’eut pas peur. Il esquissa plutôt un léger sourire.
Bien que cette renarde eût tellement changé, Chu Feng ne paniqua pas le moins du monde.
Après tout, il avait compris dès le début que son comportement précédent n’était qu’un masque.
« Hé… »
A’li sourit à son tour. Puis son expression changea, comme si elle venait de prendre une décision.
Elle ouvrit alors la bouche, et une perle multicolore en sortit en flottant.
Cette perle était magnifique, ses couleurs resplendissaient. Au premier regard, Chu Feng comprit qu’elle renfermait un monde isolé. Les superbes couleurs de ce monde provenaient des ravages causés par des puissances terrifiantes.
Il s’y trouvait toutes sortes de puissances, chacune d’entre elles extrêmement terrifiante.
C’était un monde déchaîné. Aucune créature vivante n’y habitait, seulement des bêtes féroces. [1. C’est bien ce que bee a écrit.]
Non, ce n’étaient pas des bêtes féroces. C’étaient des puissances dépourvues d’intelligence, qui ne savaient que se battre et attaquer tout ce qu’elles voyaient.
Or, dès que la renarde eut craché cette perle, Chu Feng ne détecta plus en elle l’aura d’un trésor.
L’intense aura du trésor s’était désormais entièrement concentrée dans la main de la renarde.
La raison en était que celle-ci tenait à présent la perle dans sa main.
Chu Feng comprit alors que le mystérieux trésor venait enfin de se révéler.
C’était cette dangereuse perle que la renarde tenait dans sa main.
« Est-ce là le trésor dont parlait le jeune maître ?
— C’est un monde sauvage. Mais ce n’est pas un trésor : c’est plutôt une terre de carnage terrifiante », dit la renarde en regardant Chu Feng, la perle à la main.
« Vous n’avez pas besoin de vous en préoccuper. Il suffit que vous me la remettiez. »
Chu Feng tendit la main pour s’emparer de la perle.
Mais la renarde pivota le poignet et esquiva sans peine sa main.
À cette vue, Chu Feng se tendit aussitôt.
Au départ, il avait cru que la renarde ne possédait aucune cultivation. Il avait pensé que c’était pour cette raison qu’elle n’osait pas lui arracher de force la clé sacrée et qu’elle le suppliait pitoyablement à la place.
Mais il découvrit alors qu’il s’était trompé.
À la seule façon dont la renarde venait d’esquiver sa main, Chu Feng comprit qu’elle possédait une cultivation.
De plus, sa cultivation dépassait la sienne. Même si Chu Feng était un Spiritualiste du Monde au Manteau sacré à marque de dragon et que, grâce au Manteau sacré des Neuf Dragons, sa puissance de combat avait atteint celle d’un expert du deuxième niveau suprême, il n’était pas certain de pouvoir vaincre la renarde qui se tenait devant lui.
Mais si elle possédait clairement cette puissance, pourquoi n’attaquait-elle pas directement Chu Feng pour lui prendre la clé sacrée ?
Cette renarde n’était clairement pas bienveillante. Vu sa ruse, Chu Feng pouvait imaginer qu’elle était malfaisante.
Sa force dépassant la sienne, sa personnalité aurait dû la dispenser de discuter avec Chu Feng.
Il semblait que la seule explication possible était que la renarde fût soumise à une sorte de restriction.
Bien qu’elle fût plus puissante que Chu Feng, une restriction devait l’empêcher de lui faire du mal, voire même de l’attaquer, du moins en ces lieux.
La raison en était que Chu Feng était celui qui avait réussi l’épreuve, tandis qu’elle était la gardienne de cet endroit.
Elle n’avait donc pas le droit de faire du mal à Chu Feng.
C’était la seule explication possible.
« Jeune maître, mon maître m’a confié la garde de cet endroit : je ne peux pas vous laisser emporter cette perle.
— Bien entendu, mon maître a dit que vous pouviez entrer dans ce monde.
— Je dois toutefois vous conseiller de ne pas le faire.
— Vous n’êtes pas le premier jeune homme à réussir à desceller cet endroit.
— Savez-vous pourquoi je suis toujours ici, et pourquoi ce monde scellé existe encore ? demanda la renarde.
Le monde scellé dont elle parlait était sans doute ce monde de Formation spirituelle, celui de la caisse de pierre qu’on ne pouvait ouvrir qu’avec une clé spéciale.
« Demoiselle, je vous écoute », répondit Chu Feng.
« C’est parce que ces personnes ont refusé d’écouter mes conseils et ont toutes décidé d’entrer dans cette perle. Mais après y être entrées, aucune n’a pu en ressortir.
— Le monde scellé se réinitialise alors et attend l’arrivée du prochain prétendant.
— Toutefois, jeune maître, si vous décidez de ne pas entrer dans ce monde, vous pourrez emporter les trésors de cet endroit.
— Vous pourrez aussi faire sauter ce verrou sur moi et desceller ce monde », dit la renarde.
« Je crois comprendre, maintenant.
— Parmi les trésors que vous m’avez donnés tout à l’heure, ceux qui ne dégageaient pas l’aura de l’Ère ancienne ont été laissés par les personnes qui étaient venues ici avant ? » demanda Chu Feng.
« Le jeune maître est vraiment intelligent. C’est bien le cas », répondit la renarde.
« Mais si ces personnes sont mortes dans la perle, comment avez-vous obtenu ces trésors, demoiselle ? » demanda Chu Feng.
« La perle recrachera une partie des trésors. Bien sûr, ce n’est qu’une partie, et je ne peux pas contrôler ce qu’elle recrachera.
— Cependant, chaque fois qu’elle recrache un trésor, cela signifie que la personne qui y était entrée est morte », expliqua la renarde.
« Je n’ai donc que deux choix.
— Je peux soit partir, soit poursuivre l’épreuve ? » demanda Chu Feng.
« Je vous déconseille de prendre des risques, jeune maître. Vous êtes remarquablement doué et votre avenir s’annonce radieux.
— Pourquoi risquer votre vie à défier cette perle ? Vous ignorez même ce qu’elle renferme. Rien ne vous oblige à courir un tel risque », dit la renarde.
À cet instant, Chu Feng trouva les paroles de la renarde plutôt raisonnables.
Le monde à l’intérieur de cette perle était effectivement terrifiant.
De plus, comme l’avait dit la renarde, Chu Feng ignorait toujours quel genre de trésor se trouvait dans cette perle.
Il savait seulement que ce trésor était remarquable, mais ne savait pas s’il lui serait utile.