Chapitre 3 906
L’endroit où il apparut était densément couvert d’arbres. Le sol en était recouvert presque jusqu’au moindre centimètre. Seulement, ces arbres étaient particulièrement courts et petits : ils ne faisaient qu’une trentaine de centimètres de haut.
En les voyant, Chu Feng se sentit aussi immense qu’un géant.
En revanche, les fleurs qui poussaient là-bas étaient gigantesques.
Certaines mesuraient des milliers de mètres de haut et couvraient le ciel.
En les voyant, Chu Feng se sentit petit comme une fourmi.
Le ciel était d’un bleu profond, semblable à celui de la mer. Les nuages étaient eux aussi très étranges, et le soleil, particulièrement imposant.
Il faisait plus de cent fois la taille d’un soleil ordinaire. L’endroit était donc d’une luminosité exceptionnelle.
Mais surtout, chaque parcelle de terre, chaque plante et toute chose en ces lieux dégageaient une intense aura de l’Ère ancienne.
Chu Feng avait l’impression d’être entré dans un monde de l’Ère ancienne.
« Serait-ce à cause de ce bout de papier ? »
Quoi qu’il en soit, Chu Feng avait déjà pas mal d’expérience.
Il savait qu’il n’avait pas pu entrer dans un vortex sans raison, puis se retrouver dans un monde aussi étrange.
S’il fallait trouver une explication, le bout de papier que la grand-mère de Gou Za considérait comme le trésor de sa famille était la cause la plus probable de tout cela.
Alors que Chu Feng réfléchissait intensément, une voix retentit soudain. « Ah, c’est quoi, ce truc ? »
« J’attends depuis tant d’années, et je ne tombe que sur des déchets de ce genre ? »
« Enfin, j’imagine que tu peux faire l’affaire, à la rigueur. »
C’était une voix de femme, très agréable à entendre.
Chu Feng se retourna, mais ne vit aucune femme. À la place, il aperçut un cerf.
Celui-ci était plusieurs fois plus grand qu’un cerf ordinaire.
En outre, son apparence sortait du lot. On aurait dit qu’il était taillé dans du jade précieux. Il était d’une grande beauté, une véritable œuvre d’art.
Pourtant, ce cerf semblable à du jade pouvait manifestement bouger. Et il fixait Chu Feng.
De plus, ses yeux étaient pleins d’intelligence. Un seul regard suffisait pour comprendre qu’il n’avait rien d’un être ordinaire.
Chu Feng se leva aussitôt et s’inclina respectueusement devant lui, avant de demander avec déférence : « Senior, serait-ce vous, la légendaire Compétence secrète de l’Ère ancienne ? »
D’après les suppositions de Chu Feng, le cerf qui se tenait devant lui était probablement la Compétence secrète de l’Ère ancienne dont la grand-mère de Gou Za lui avait parlé.
Chu Feng le pensait à cause du dessin sur le papier.
Il ressemblait certes à un gribouillage, était très laid et n’avait apparemment aucun rapport avec le majestueux cerf devant lui. Pourtant, l’animal dessiné, malgré son allure de gribouillis, avait une forme qui ressemblait beaucoup à celle du cerf.
« Qu’est-ce qu’une Compétence secrète ? »
Tandis que le cerf parlait, son corps se mit à changer.
Il se transforma en femme, une femme d’une beauté à couper le souffle.
À part Sa Majesté la Reine, Chu Feng n’avait jamais vu de femme aussi éblouissante.
De plus, la femme qui se tenait devant lui ne portait pas le moindre vêtement.
Elle se tenait devant Chu Feng dans le plus simple appareil.
« Senior, veuillez vous couvrir. »
Chu Feng se détourna aussitôt. Il n’osa pas regarder davantage, au point de fermer les yeux.
Ce n’était pas qu’il ne voulait pas continuer à la regarder. Comment aurait-il pu ne pas vouloir contempler une beauté aussi envoûtante ?
Mais il avait vraiment peur de regarder plus longtemps. Il voyait bien que la femme en laquelle le cerf s’était changé était extrêmement puissante. Chu Feng n’osait pas l’offenser.
« Oh là là, qu’est-ce que c’est ? Tu serais gêné ? »
« Tu vas me chevaucher à l’avenir. Comment peux-tu être gêné pour si peu ? »
La femme s’approcha de Chu Feng, lui prit le menton et lui tourna de force la tête pour qu’il regarde son corps.
À cet instant, Chu Feng se retourna. Puisqu’il ne voulait pas regarder et qu’on l’y forçait, il ne pouvait pas être tenu pour impoli.
Cependant, dès qu’il ouvrit les yeux, il ressentit une légère déception.
La femme avait enfilé des vêtements : une jupe bleu-vert, très simple. Pourtant, elle lui allait à merveille.
Mais surtout, elle était tout simplement trop belle. En la voyant, Chu Feng sentit son cœur s’emballer.
À part la première fois qu’il avait vu Sa Majesté la Reine, aucune autre femme ne lui avait jamais fait cet effet.
Attends, quelque chose cloche.
La femme était d’une beauté extrême, tant par son visage que par sa silhouette, tous deux incomparables. Pourtant, elle n’aurait tout au plus rivalisé qu’avec Yan Ruyu.
Une beauté de ce niveau était certes rare, mais pas au point de faire battre le cœur de Chu Feng aussi vite.
C’est l’aura qu’elle dégage.
Elle possède un charme particulier. C’est lui qui me fait réagir ainsi.
Chu Feng recula aussitôt et se dégagea de l’emprise de la femme.
Il avait été ensorcelé. Chu Feng en était convaincu. Comme un esprit-renard, cette femme était capable de charmer les gens.
Vu la puissance de sa résistance spirituelle, il ne s’était pas attendu à succomber à son charme.
« Tu es bien trop timide. Avec une telle timidité et un tel manque de valeur, comment pourrais-tu devenir le maître de cette divinité ? » La femme le regarda en souriant de toutes ses dents.
Chacun de ses gestes, chacun de ses froncements de sourcils et chacun de ses sourires étaient terriblement ensorcelants.
Mais plus elle l’était, moins Chu Feng osait la regarder dans les yeux.
Chu Feng avait rencontré beaucoup de belles femmes, dont nombre d’entre elles étaient séduisantes et envoûtantes.
Pourtant, comparées à celle qui se tenait devant lui, toutes ces femmes perdaient leur éclat.
Elle incarnait véritablement la séduction et l’envoûtement.
Elle pouvait ensorceler jusqu’à Chu Feng, et même quelqu’un doté de sa résistance pouvait perdre le contrôle de lui-même.
« Senior, se pourrait-il que vous ne soyez pas une Compétence secrète ? »
« Serait-il possible que vous ne soyez pas la créature représentée sur ce papier ? »
Bien que Chu Feng trouvât cette femme très dangereuse, il ne put s’empêcher de l’interroger.
Il voulait savoir si son apparition avait un rapport avec le papier que la grand-mère de Gou Za lui avait donné.
« Quel papier ? De quoi parles-tu ? »
« Tout ce que sait cette divinité, c’est qu’à mon réveil, j’attendais un maître. »
« Malheureusement, tous ceux que j’ai rencontrés au fil des ans n’étaient que des déchets. Aucun n’était digne de devenir le maître de cette divinité. »
« Quant à toi… tu ne vaux pas grand-chose non plus. » La femme lui adressa un sourire charmeur. « Mais comparé à ces déchets, tu sors plutôt du lot. »
« Ah, les comparaisons… c’est ce qu’il y a de plus redoutable. Même si tu ne satisfais pas non plus mes exigences, cette divinité est restée ici beaucoup trop longtemps. Je veux sortir et voir le monde. »
Après ces mots, le corps de la femme se déplaça. Elle se changea en un rayon de lumière qui tournoya autour de Chu Feng. Lorsqu’elle s’immobilisa, elle se trouvait devant lui, de nouveau sous forme humaine. Elle le regardait avec une tendresse profonde et posait ses petites mains délicates sur ses épaules.
« Alors, peux-tu me faire sortir d’ici ? »
« Si tu acceptes de m’emmener, je suis prête à faire tout ce que tu voudras. »
À cet instant, la voix de la femme devint particulièrement douce et tendre.
Chu Feng s’éloigna aussitôt d’elle.
Ce n’était pas qu’il n’avait pas envie de se rapprocher de cette femme. Au contraire, son cœur battait à tout rompre, tandis qu’une étrange sensation s’emparait de tout son corps.
Chu Feng désirait ardemment se rapprocher encore davantage d’elle. Il avait même envie de la prendre dans ses bras.
Mais c’était tout bonnement déraisonnable. Chu Feng n’était pas incapable de se maîtriser. Il n’était pas du genre à vouloir enlacer toutes les beautés qu’il croisait.
Sinon, comment aurait-il pu repousser toutes les belles femmes qui l’avaient désiré au fil des ans ?
Chu Feng savait donc que, même après avoir pris ses distances, il restait ensorcelé par elle.
Une fois éloigné, Chu Feng demanda : « Senior, êtes-vous prisonnière ici ? »