Chapitre 3 903
« Gou Za, dans quel pétrin t’es-tu fourré ? »
La grand-mère de Gou Za s’inquiéta elle aussi. La colère se lisait sur son visage, mais l’inquiétude y était plus forte encore.
« Grand-mère, tout va bien. Cette fois, tout va vraiment bien. »
« Monseigneur, attendez-moi ici, je reviens tout de suite. »
Bien que Gou Za connût la cultivation de Chu Feng, il ne songea pas à lui demander de régler le problème à sa place. Au contraire, il se précipita directement dehors.
« Grand frère Gou Zhen, j’arrive, j’arrive ! »
Tel un petit-fils bien obéissant, Gou Za courut vers ces hommes.
Le grand frère Gou Zhen dont il parlait était le type au huitième niveau du Royaume de l’Immortel céleste.
« Gou Za, où est la chose que tu m’as empruntée ? demanda Gou Zhen.
— Grand frère Gou Zhen, je l’ai ici. Je ne l’ai pas perdue. J’en ai pris grand soin. »
En parlant, Gou Za sortit une hache et un marteau.
Chu Feng avait déjà vu la hache et le marteau.
C’étaient les outils dont Gou Za et les autres s’étaient servis dans la grotte pour briser les os des Bêtes spirituelles géantes atteignant le ciel.
À l’époque, Chu Feng avait remarqué que leurs outils étaient plutôt particuliers.
Après tout, même mortes, ces Bêtes spirituelles géantes atteignant le ciel avaient des os extrêmement durs. Des Immortels célestes ordinaires n’auraient jamais pu les briser.
Sans parler des Immortels célestes : même les Immortels martiaux auraient eu bien du mal à fracasser ces os.
Si Gou Za et les autres avaient réussi à les réduire en morceaux, c’était uniquement grâce à ces outils.
À l’époque, Chu Feng avait trouvé ces outils remarquables. Il s’avérait que Gou Za les avait empruntés.
Gou Zhen prit les outils et les rangea. Puis il demanda : « Où sont les énergies sources ? »
« Grand frère Gou Zhen, j’ai déjà tout préparé pour toi. » En parlant, Gou Za sortit un récipient en forme de pot. C’était celui dans lequel il avait précautionneusement recueilli les énergies sources un peu plus tôt.
« Pourquoi y en a-t-il si peu ? Tu te fous de moi ? »
Après avoir pris le récipient, Gou Zhen entra dans une colère noire. Il leva la jambe et envoya directement Gou Za au sol d’un coup de pied.
« Grand frère Gou Zhen, il y a trop de monde qui se dispute les énergies sources. J’ai vraiment fait de mon mieux. Je n’en ai pas gardé une seule pour moi. C’est tout ce que j’ai réussi à extraire », dit Gou Za, étendu par terre, l’air lésé.
« Quand je t’ai prêté les outils, je t’ai dit que tu devrais me rapporter un pot plein en guise de paiement.
« Quant au reste, que tu en trouves beaucoup ou peu, tu pourrais tout garder. C’était notre accord.
« Mais tu ne m’as pas rapporté un pot plein, tu n’as pas payé ta dette. Peu m’importe que tu en aies gardé pour toi. Comme tu n’as pas assez payé, tu vas devoir me dédommager », déclara Gou Zhen.
« Mais grand frère Gou Zhen, c’est un pot entier. Je t’ai rapporté un pot entier ! » protesta Gou Za.
« Ça, un pot entier ? N’importe quoi ! Voilà ce que j’appelle un pot entier ! »
En parlant, Gou Zhen sortit un autre récipient de derrière lui.
Celui-ci était pourtant dix fois plus grand que le récipient que Gou Za lui avait remis.
« Grand frère Gou Zhen, tu ne m’as jamais dit qu’il devait être aussi grand. Et puis, quand tu m’as demandé de remplir un pot, tu m’as donné celui-là. Je croyais que tu voulais que je le remplisse. »
Gou Za resta complètement abasourdi. À cet instant, il comprit qu’on l’avait dupé.
« Espèce de fils de pute ! Tu me reproches de ne pas avoir compris ?! »
« Les gars ! Dépouillez-le de tous ses trésors. S’il n’a pas assez, tabassez-le, et tabassez-le jusqu’à ce qu’il en crève ! »
En parlant, Gou Zhen libéra sa puissance écrasante et plaqua Gou Za au sol.
Ses hommes de main se ruèrent alors sur Gou Za et se mirent à le fouiller.
À ce moment-là, Chu Feng s’était déjà levé. Il estimait qu’il ne pouvait pas rester là sans intervenir.
Bien qu’il venait tout juste de rencontrer Gou Za, il le trouvait pitoyable.
De plus, Gou Za aurait très bien pu continuer à chercher des énergies sources, mais il avait choisi de guider Chu Feng de son propre chef.
Certes, Gou Za l’avait fait par intérêt personnel : il espérait que Chu Feng ferait semblant d’être son ami pour réjouir sa grand-mère. Mais Chu Feng comprenait ses motivations égoïstes.
Surtout, Gou Zhen dépassait vraiment les bornes. Il se comportait de façon totalement déraisonnable et cherchait à exploiter Gou Za en le piégeant. Qui savait combien d’autres personnes, en plus de Gou Za, Gou Zhen avait ainsi dupées ?
Gou Zhen et ses hommes de main n’étaient que la lie des Créatures de l’Ère ancienne.
« Fff… »
Mais au moment où Chu Feng s’apprêtait à agir et à sortir, une violente bourrasque passa devant lui.
C’était la grand-mère de Gou Za. Elle aussi était cultivatrice, mais son niveau était inférieur à celui de Gou Za. Elle n’était qu’au troisième niveau du Royaume de l’Immortel céleste.
À cet instant, elle déploya toute sa vitesse et arriva devant Gou Za.
« Messieurs, je vous en prie, ne frappez pas Gou Za. Je vous en prie, ne le frappez pas !
« Il vous doit de l’argent, n’est-ce pas ? Je paierai pour lui, je vous paierai ! »
La grand-mère de Gou Za écarta les hommes qui l’entouraient, puis le protégea directement de son corps. Elle avait terriblement peur qu’ils le rouent de coups.
« Vieille carne à l’article de la mort, qu’est-ce que tu pourrais bien avoir pour remplacer de précieuses ressources de cultivation ? » demanda Gou Zhen avec mépris.
« Monseigneur, je possède une Compétence secrète de l’Ère ancienne. Elle est extrêmement précieuse, et les énergies sources ne lui arrivent pas à la cheville. Monseigneur, je vous en prie, regardez. »
En parlant, la grand-mère de Gou Za sortit avec précaution un morceau de papier de la poche de sa poitrine et le tendit à Gou Zhen.
Gou Zhen avait beau afficher son mépris, il prit tout de même le papier. Dès qu’il l’eut reçu, son expression changea radicalement. Puis il le déchira en morceaux et les lui jeta au visage.
« Vieille pourriture à l’article de la mort, tu oses te foutre de moi ? Les gars ! Tabassez-les ! Tabassez cette vieille merde et ce petit merdeux ! » hurla Gou Zhen.
À peine eut-il donné l’ordre que ses hommes de main passèrent à l’action. Ils comptaient vraiment s’en prendre à Gou Za et à sa grand-mère. Ils n’avaient même pas l’intention d’épargner une vieille femme.
« Boum ! »
Mais au moment où ces hommes s’apprêtaient à les rouer de coups, une immense onde d’énergie jaillit. Elle se transforma en un vent violent qui les balaya tous.
« Gou Za, t’as perdu la tête ? Tu oses te rebeller contre ton père ?! »
Gou Zhen lança un regard furieux à Gou Za.
C’était Gou Za qui avait déchaîné cette bourrasque.
Il n’avait pas résisté lorsqu’on s’apprêtait à le battre, lui.
Mais il ne put finalement pas se retenir quand sa grand-mère fut menacée de subir le même sort.
« Grand frère Gou Zhen, si tu veux me battre, vas-y. Mais épargne ma grand-mère, je t’en prie », dit Gou Za en la serrant dans ses bras.
« Gou Za, t’as du cran, petit.
« Voilà ce que je te propose : suis-moi, et je considérerai ta dette comme réglée. En plus, à partir d’aujourd’hui, je vous laisserai, toi et ta grand-mère, vivre comme des rois dans la Nation des Chiens », dit Gou Zhen.
« Hé… »
À ces mots, Gou Za éclata soudain de rire.
« Comment pourrait-on vivre comme des rois dans la Nation des Chiens ? »
Avec un sourire amer, Gou Za secoua la tête. Puis il ajouta : « Grand frère Gou Zhen, j’ai bien peur de ne pas pouvoir accepter. Moi, Gou Za, je ne te suivrai pas. »
« Espèce de fils de pute ! Tu ne sais vraiment pas reconnaître une main tendue ! Puisque c’est comme ça, je ne peux pas te laisser partir. Je vais devoir te donner une bonne leçon ! »
En parlant, Gou Zhen laissa paraître une lueur meurtrière dans ses yeux. Il ne comptait pas seulement donner une leçon à Gou Za : il voulait le tuer.
« Hem. »
À cet instant, une toux retentit comme le tonnerre.
Ce bruit soudain et fracassant fit sursauter tout le monde. Nombreux furent ceux qui tremblèrent de peur.
Même Gou Zhen, qui s’apprêtait à attaquer Gou Za, retint son geste.
La foule ne comprenait pas qui pouvait avoir une toux aussi retentissante.
Plus étonnant encore, cette toux semblait provenir de la tente de Gou Za.
« Gou Za, tu manques vraiment de loyauté. Face à un problème pareil, tu as carrément oublié ton père, moi ? »
Alors que tout le monde restait perplexe, une silhouette sortit de la tente.
Ce n’était autre que Chu Feng.