Chapitre 3 801
« Écartez-vous ! Laissez-moi tranquille ! Je n’ai rien fait de mal. Pourquoi vous en prenez-vous tous à moi ? Pourquoi ? »
Song Ge se débattit de toutes ses forces, mais en vain. L’homme lui tenait fermement les mains. Elle ne pouvait l’empêcher de lui arracher la plaque d’identification du Monastère de la Purification du Vide.
À la fin, Song Ge ne put plus se contenir. Les larmes qui lui emplissaient les yeux se mirent à couler et inondèrent ses joues.
Elle se sentait vraiment lésée. C’était un génie. Au fil des ans, d’innombrables sectes étaient venues la trouver pour lui demander de les rejoindre.
Pourtant, Song Ge avait refusé chacune d’entre elles.
Elle croyait que, tant qu’elle se consacrerait corps et âme au Monastère de la Purification du Vide, celui-ci ne la décevrait jamais.
Mais ce qui venait de se produire lui avait ouvert les yeux et élargi ses horizons.
Elle comprit que sa loyauté et son dévouement ne valaient rien face aux intérêts personnels du Monastère de la Purification du Vide.
« Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi me traitez-vous tous ainsi ? »
Song Ge hurla jusqu’à s’en égosiller. Ses sanglots, chargés d’un profond sentiment d’injustice, résonnèrent sur toute la place.
En entendant les cris de Song Ge, Chu Feng eut le cœur serré. Il n’était pas le seul : nombre d’Anciens et de disciples du Monastère de la Purification du Vide étaient eux aussi profondément bouleversés.
Mais ils ne pouvaient rien changer à la situation. Et surtout, personne n’osait intervenir. Pas un seul n’osa même implorer la clémence pour Song Ge.
« Pourquoi ? Parce que tu as commis toutes sortes de méfaits. »
« Gardes ! Faites-la sortir ! » ordonna à voix haute le maître du Monastère de la Purification du Vide en désignant Song Ge.
« Je veux voir qui osera la toucher !!! »
Soudain, une voix éclata dans le ciel.
« Rumble~~~ »
À peine l’eut-on entendue que les environs se mirent à trembler violemment.
Beaucoup ne parvinrent pas à garder l’équilibre. Les uns après les autres, ils tombèrent à terre et roulèrent sur le sol.
« Qu’est-ce que c’était ? Que vient-il de se passer ? »
Ce simple cri furieux terrifia tant de personnes présentes qu’elles en pâlirent.
Bien qu’elles eussent toutes clairement entendu cette voix et compris le sens de ces paroles, sa puissance était tout simplement terrifiante.
À leurs oreilles, elle ne ressemblait pas à une voix humaine, mais plutôt à l’annonce de la fin du monde.
« Bzzz~~~ »
L’instant suivant, le tonnerre gronda tandis que des vents violents se déchaînaient. Une pression écrasante, d’une puissance extrême, s’abattit du ciel.
Lorsqu’elle apparut, tous ceux qui se trouvaient là eurent l’impression d’être tombés en enfer.
Cette pression était trop puissante. Tout simplement trop puissante.
Les disciples et les Anciens, mais aussi le maître du Monastère de la Purification du Vide et le père de Zuo Ying, sentirent tous à quel point elle était terrifiante.
Elle dépassait non seulement le Royaume de l’Immortel martial, mais semblait même surpasser le Royaume exalté.
Ils comprirent que celui qui dégageait cette pression pouvait les anéantir tous, corps et âme, d’une seule pensée.
Mais surtout, une silhouette apparut en même temps que cette pression et se posa sur la place. C’était oncle Tang.
« Nous vous saluons, seigneur. »
« Le Monastère de la Purification du Vide ignorait que vous viendriez et n’a pas su vous accueillir comme il se doit. Nous espérons que vous nous pardonnerez. » À la vue d’oncle Tang, le maître du Monastère de la Purification du Vide s’agenouilla aussitôt.
En le voyant faire, les autres membres du Monastère de la Purification du Vide s’agenouillèrent à leur tour, tous ensemble. Le père de Zuo Ying fit de même.
Song Ge elle-même, terrifiée, s’agenouilla à son tour sans tarder.
Comme les autres, elle n’avait jamais connu une pression aussi puissante de toute sa vie.
Mais dès qu’elle se fut agenouillée, un bras puissant la releva de force.
Elle se retourna et vit que c’était Chu Feng.
« Asura ? »
« Asura, tu es venu ? »
À la vue de Chu Feng, Song Ge eut aussitôt le visage illuminé de joie. Elle s’empressa d’essuyer ses larmes, de peur qu’il ne découvre qu’elle avait été lésée.
« Tu devrais partir, et vite. Quelqu’un d’extraordinaire est arrivé ici. »
Peu après, Song Ge repoussa Chu Feng et le pressa de s’en aller.
Elle craignait qu’il ne soit entraîné dans cette crise inattendue.
« N’aie pas peur. Regarde bien cette personne. Tu ne la reconnais pas ? » lui dit Chu Feng.
À ces mots, Song Ge prit un air perplexe.
Après tout, elle savait parfaitement qu’elle ne connaissait personne d’aussi puissant.
Malgré sa confusion, elle tourna les yeux vers l’inconnu.
« Oncle Tang ? »
En le regardant, Song Ge fut bouleversée.
Cet homme venait lui aussi du Village de la Chute d’automne. Il l’avait vue grandir. Impossible qu’elle ne reconnaisse pas oncle Tang.
« Quoi ? Oncle Tang ? »
« Song Ge, ne sois pas impolie ! »
En entendant Song Ge appeler oncle Tang de cette façon, le maître du Monastère de la Purification du Vide la réprimanda aussitôt.
« Tais-toi ! »
À peine le maître du Monastère de la Purification du Vide eut-il prononcé ces mots qu’oncle Tang lui lança un cri furieux.
Une violente bourrasque accompagna ce cri et projeta le maître du Monastère de la Purification du Vide à plusieurs mètres.
Bien qu’il n’eût pas été blessé, le maître du Monastère de la Purification du Vide tremblait de tout son corps et ne se releva pas. Au contraire, il s’agenouilla aussitôt et se mit à se prosterner devant oncle Tang. « Seigneur, épargnez-moi, je vous en prie ! Cet humble serviteur n’avait pas l’intention de vous offenser. Seigneur, épargnez-moi ! »
« Écoutez-moi bien : puisqu’elle ne fait plus partie de votre Monastère de la Purification du Vide, aucun de vous n’a le droit de la réprimander. »
« Et même si elle en faisait encore partie, aucun de vous n’aurait le droit de la réprimander. »
Chacun des mots d’oncle Tang tonnait. Sa voix, si puissante, déchira l’espace et le vide.
Les membres du Monastère de la Purification du Vide tremblèrent de peur.
Et ils n’étaient pas les seuls. Song Ge aussi était devenue blême d’effroi.
Elle n’avait jamais vu une pression aussi puissante de toute sa vie.
À ses yeux, oncle Tang n’avait rien d’un être humain. Il ressemblait plutôt à un dieu.
Un dieu capable de décider de la vie ou de la mort d’une personne d’un simple regard, d’une simple pensée.
Même si c’était bien l’oncle Tang qu’elle connaissait depuis tant d’années, elle n’osait plus lui adresser la parole.
Ce ne fut qu’à cet instant qu’elle comprit à quel point oncle Tang était terrifiant.
« Ge’er, n’aie pas peur. Aujourd’hui, je suis venu te rendre justice. »
« Plus personne ne pourra te faire de mal. »
« Après tout, moi, ton père, je suis un Exalté suprême. »
« Ces déchets ne sont rien. Personne, dans tout le Royaume supérieur de la Réincarnation, ne pourra faire de mal à ma fille. »
Oncle Tang s’approcha de Song Ge. Il paraissait très ému. Pendant qu’il parlait, des larmes perlaient au coin de ses yeux.
Pourtant, sa voix était d’une grande douceur. Il avait peur, peur de blesser sa fille.
« Un Exalté suprême ? C’est un Exalté suprême ? »
« Ciel ! C’est donc un expert légendaire du niveau des Exaltés suprêmes ?! »
En entendant les mots « Exalté suprême », les membres du Monastère de la Purification du Vide furent encore plus terrifiés.
À leurs yeux, les êtres du niveau des Exaltés suprêmes étaient de véritables dieux.
« Merci, oncle Tang… »
En voyant qu’oncle Tang était venu prendre sa défense, Song Ge fut agréablement surprise et se sentit submergée par sa bonté.
Mais soudain, son expression se figea. Elle resta là, interdite, les yeux rivés sur oncle Tang.
« Oncle Tang, qu’as-tu dit tout à l’heure ? Tu as dit… que tu étais mon… quoi ? » demanda Song Ge d’une voix tremblante.