Chapitre 3 800
« Seigneur Recteur, Zuo Ying n’oserait pas négliger un événement aussi important. »
« C’est pourquoi je suis venue si tôt », répondit Zuo Ying en joignant les poings.
« Très bien. Nous avons donc fait le bon choix. C’est une bénédiction pour notre Monastère de la Purification du Vide d’avoir pu accueillir un talent comme l’Ancienne Zuo Ying », déclara le recteur du Monastère de la Purification du Vide.
« Tout le monde, vous avez attendu longtemps. »
À cet instant, une voix retentissante éclata dans les airs. Une silhouette descendit alors du ciel et atterrit sur la place.
C’était le père de Zuo Ying.
« Ancien Zuo, nous n’avons pas attendu longtemps. L’heure n’est pas encore venue. À vrai dire, si l’on veut être précis, vous êtes arrivé en avance, vous aussi. »
« Cela dit, ce n’est pas un problème. Puisque vous êtes là, nous pouvons commencer plus tôt », répondit le recteur du Monastère de la Purification du Vide.
« Recteur, si je me souviens bien, je n’ai toujours pas accepté de devenir ancien honoraire de votre Monastère de la Purification du Vide. »
« Par conséquent, ce n’est pas à moi, un étranger, de nommer Zuo Ying doyenne des anciens de la secte extérieure. C’est à vous de le faire », déclara le père de Zuo Ying.
À ces mots, le recteur et les anciens du Monastère de la Purification du Vide changèrent quelque peu d’expression.
« Ancien Zuo, que voulez-vous dire ? N’aviez-vous pas annoncé que vous rejoindriez notre Monastère de la Purification du Vide ? »
« De plus, je vous ai personnellement remis la plaque d’ancien de notre monastère », dit le recteur du Monastère de la Purification du Vide, déconcerté.
« Si accepter cette plaque revient à donner mon accord, alors je vous la rends. »
Le père de Zuo Ying leva la main et lança la plaque en direction du recteur du Monastère de la Purification du Vide.
C’était bien la plaque d’ancien du Monastère de la Purification du Vide.
« Qu’est-ce que… ? »
Le recteur du Monastère de la Purification du Vide était complètement désemparé. La situation était aussi devenue extrêmement gênante pour lui.
C’était pourtant un jour de fête. Comment les choses avaient-elles pu tourner ainsi ?
Auparavant, il serait déjà entré dans une colère noire. Mais son monastère avait besoin du père de Zuo Ying pour renforcer sa puissance de combat. Il décida donc de se contenir.
Il fallait néanmoins régler cette affaire. Seulement, il ne comprenait pas ce qui posait problème.
Désemparé, le recteur du Monastère de la Purification du Vide lança un regard interrogateur à Zuo Ying.
« Père, que faites-vous ? »
Zuo Ying était un peu mécontente. Elle-même ne comprenait pas pourquoi son père avait agi ainsi.
Ce qu’il venait de faire allait la mettre dans une situation très difficile au sein du Monastère de la Purification du Vide.
« Zuo Ying, ton père ne deviendra pas ancien d’une secte qui te maltraite », déclara le père de Zuo Ying.
« La maltraiter ? Ancien Zuo, que voulez-vous dire ? Y aurait-il un malentendu ? Personne, dans notre Monastère de la Purification du Vide, n’a jamais maltraité Zuo Ying », répondit le recteur.
« Personne ? »
« Humph. Vous comptez vraiment favoriser cette femme à ce point ? »
Le père de Zuo Ying ricana, puis désigna Song Ge du doigt.
« Moi ? »
Les spectateurs n’étaient pas les seuls à ne rien comprendre. Song Ge elle-même était tout aussi perplexe.
« Cette femme et ma fille sont toutes deux des anciennes de votre Monastère de la Purification du Vide. »
« Ma fille s’est montrée très attentionnée envers elle et la considérait comme une amie proche. Pourtant, elle a comploté à plusieurs reprises contre ma fille, usant de toutes sortes de moyens méprisables dans son dos. »
« Ma fille a subi de telles brimades, et vous faites tous comme si vous n’en saviez rien ? »
« Vous osez encore me demander s’il pourrait s’agir d’un malentendu ? »
Le père de Zuo Ying désigna Song Ge en interpellant le recteur du Monastère de la Purification du Vide.
« Senior, quand ai-je donc maltraité votre fille ? Qui vous a raconté cela ? » demanda Song Ge au père de Zuo Ying.
« Tais-toi ! Tu n’as pas la parole ici ! »
Le père de Zuo Ying rabroua Song Ge avec colère.
Sa puissante pression la fit reculer à plusieurs reprises. Elle finit par perdre l’équilibre et tomber à terre.
À cette vue, Chu Feng serra aussitôt les poings.
Il ne se montra toutefois pas.
Chu Feng savait que le moment n’était pas encore venu. Du moins, ce n’était pas aujourd’hui qu’il devait prendre la défense de Song Ge.
……
Après avoir fait tomber Song Ge, le père de Zuo Ying reporta son regard sur le recteur du Monastère de la Purification du Vide. « Je vous le demande : allez-vous régler cette affaire, oui ou non ? »
À ces mots, le recteur du Monastère de la Purification du Vide comprit soudain.
Il ne fut pas le seul. Beaucoup d’autres personnes présentes comprirent elles aussi.
Le père de Zuo Ying posait ses conditions.
Il était assez puissant pour devenir un Ancien suprême du Monastère de la Purification du Vide.
Mais il avait une exigence : que Song Ge soit sanctionnée.
Tout le monde savait quel genre de personne était Song Ge. Elle était certes froide et distante, mais elle répondait toujours présente quand on avait vraiment besoin d’elle et aidait à résoudre toutes sortes de problèmes.
Sans même tenir compte du reste, rien que par son statut d’ancienne, Song Ge était incontestablement une excellente ancienne aux yeux des membres du Monastère de la Purification du Vide.
Comme beaucoup connaissaient son caractère, ils savaient que le père de Zuo Ying cherchait délibérément à créer des problèmes.
Mais personne n’osa le dénoncer.
Après tout, le statut du père de Zuo Ying était bien trop élevé par rapport à celui de Song Ge.
« Ancien Zuo, notre Monastère de la Purification du Vide a effectivement fait preuve de négligence. »
« Dites-moi, quelle sanction souhaitez-vous infliger à cette personne ? » demanda le recteur du Monastère de la Purification du Vide.
« Une sanction ? »
À ces mots, Song Ge resta stupéfaite. Ses yeux se remplirent d’incrédulité.
Le recteur du Monastère de la Purification du Vide comptait vraiment la punir ?
Mais elle n’avait rien fait.
« Seigneur Recteur, moi, Song Ge, j’ai rejoint le Monastère de la Purification du Vide à l’âge de dix ans. J’en suis disciple depuis toutes ces années et lui suis restée fidèle sans jamais faillir. Je n’ai jamais rien fait de mal. »
« Allez-vous vraiment me punir aujourd’hui, sur la parole d’un étranger et sans la moindre preuve ? »
« Je suis une ancienne du Monastère de la Purification du Vide. N’êtes-vous pas censé me protéger ? »
« Il m’accuse à tort. Et non seulement vous ne prenez pas ma défense, mais vous allez me punir ? »
Song Ge posa ces questions les yeux embués de larmes.
Elle se sentait injustement traitée. Terriblement injustement traitée.
Pourtant, elle ne pleura pas. Elle retenait encore ses larmes. Elle s’efforçait toujours de se montrer exemplaire. Elle devait donc prouver qu’elle était forte.
« Regardez-moi ça ! Elle a clairement commis toutes sortes de méfaits et voilà qu’elle fait comme si c’était elle la victime ! »
« Cela dit, elle reste une femme. Inutile de se montrer trop dur avec elle. Mais je pense qu’une personne comme elle n’est pas digne d’être ancienne du Monastère de la Purification du Vide », déclara le père de Zuo Ying.
À ces mots, le recteur du Monastère de la Purification du Vide ferma les yeux.
Au bout d’un moment, il les rouvrit et demanda au père de Zuo Ying : « Ancien Zuo, accepterez-vous de rejoindre notre Monastère de la Purification du Vide si nous punissons cette personne ? »
« Si le Seigneur Recteur sait distinguer le vrai du faux, moi, Zuo, je suis prêt à servir le Monastère de la Purification du Vide jusqu’à la fin de mes jours. » Le père de Zuo Ying s’inclina respectueusement devant le recteur en prononçant ces mots.
Son attitude était même passée de l’impolitesse au respect.
« Gardes ! Retirez sa plaque à Song Ge et expulsez-la de notre Monastère de la Purification du Vide ! » ordonna le recteur à voix haute.
Pour ses intérêts, le recteur du Monastère de la Purification du Vide avait pris sa décision sans hésiter. Il avait choisi d’abandonner Song Ge.
À peine eut-il parlé que quelqu’un s’avança vers Song Ge et lui arracha sa plaque de force.