Chapitre 3 605
« Nous… »
Après s’être fait réprimander par Zhang Yanfeng, Zhang Shirui fit la moue, profondément vexée. Elle n’osa toutefois pas lui répondre.
Elle avait peur qu’une parole de travers lui vaille une nouvelle remontrance.
Soudain, ses yeux se mirent à briller. Son regard se posa sur Chu Feng.
Elle découvrit que Chu Feng avait non seulement déjà fusionné avec la puissance du lac, mais qu’il les observait aussi en souriant. Il avait clairement l’air de se délecter du spectacle.
« Chu Feng, mon grand frère a fait deux percées successives. Combien en as-tu faites, toi ? »
« Tu es le fils de Chu Xuanyuan. Logiquement, tu aurais dû faire trois percées successives, non ? »
« Non, au moins quatre ! Nous, nous étions assis sur les Sièges du Vide, tandis que toi, tu es monté sur le légendaire Trône de l’Arbre sacré. »
« Allez, montre-nous ta cultivation et ouvre-nous les yeux. Qu’on voie de quoi est capable le talent du fils de Chu Xuanyuan ! »
Zhang Shirui pointa Chu Feng du doigt.
« Oui, oui, oui ! Frère Chu Feng, allez, ouvre-nous les yeux. Fais-nous voir ta cultivation ! »
Zhang Boyi abonda aussitôt dans le sens de Zhang Shirui.
Tous deux cherchaient clairement à détourner l’attention de Chu Feng. Ils voulaient ramener la conversation sur lui afin d’échapper aux réprimandes et aux critiques de Zhang Yanfeng.
Ce qui déçut le plus Chu Feng, c’est que leur diversion fonctionna bel et bien sur Zhang Yanfeng.
À cet instant, celui-ci regardait lui aussi Chu Feng avec une vive attente.
Et l’espoir qui brillait dans ses yeux était encore plus intense que celui de Zhang Shirui et Zhang Boyi.
Zhang Shirui et Zhang Boyi ne faisaient que changer de sujet en interrogeant Chu Feng sur sa cultivation. Zhang Yanfeng, lui, souhaitait réellement savoir à quel point il avait progressé.
Chu Feng pouvait comprendre le comportement de Zhang Yanfeng.
Après tout, chacun avait le désir de se mesurer aux autres. Et, entre génies, la compétition portait sur le talent.
« Frère Chu Feng, combien de percées as-tu faites ? »
Comme on pouvait s’y attendre, Zhang Yanfeng ne se contenta pas de le regarder avec espoir : il finit par lui poser directement la question.
« Fr-fr-frère, c-combien de p-percées as-tu f-faites ? V-vas-y, m-montre-leur. »
« É-é-épate-les, f-fais-leur t-tomber la mâchoire ! »
Une voix retentit depuis l’extérieur du lac. C’était Wang Qiang. Assis au bord de la falaise, les jambes dans le vide, il avait on ne savait comment mis la main sur une énorme quantité de Fruits de l’Arbre sacré et les dévorait à pleines bouchées, comme des pommes.
Il se comportait vraiment comme un spectateur venu profiter du spectacle, un véritable membre du public.
« Je crains de devoir vous décevoir. »
Chu Feng sourit avec impuissance, puis libéra son aura.
Exalté de rang un !!!
« Exalté de rang un ? »
Les trois membres de la fratrie Zhang et Wang Qiang furent tous stupéfaits en percevant son aura.
« Fr-frère, tu n’es p-pas honnête ! P-pourquoi tu te moques de nous ? » dit Wang Qiang.
« Frère Chu Feng, inutile de faire semblant avec nous, non ? »
« C’est vrai. Nous n’allons pas être jaloux de toi. On veut seulement savoir combien de percées tu as faites. Pourquoi le cacher ainsi ? »
« Frère Chu Feng, ne t’inquiète vraiment pas de ce qu’on pourrait ressentir. Même si tu avais fait quatre percées d’affilée, et même si tu avais progressé assez pour devenir directement un Exalté suprême, on pourrait l’accepter », insistèrent Zhang Shirui et Zhang Boyi.
« Je n’ai aucune raison de vous mentir. Moi, Chu Feng, je ne suis pas comme ça. Que j’aie fait une percée ou non n’a pas d’importance. C’est bien là mon niveau actuel », répondit Chu Feng en souriant. Il ne pouvait rien dire de plus.
Après tout, il ne pouvait pas leur révéler qu’il avait fait deux percées successives et que son niveau véritable était celui d’un Exalté de rang trois. Le conflit entre la puissance de sa lignée et la Graine de l’Arbre sacré avait toutefois réprimé sa cultivation.
Et même s’il le leur avait dit, ils ne l’auraient pas cru.
« Tu es sérieux ? » demanda Zhang Shirui.
« Oui », répondit Chu Feng en hochant la tête.
« Hahahaha… »
Soudain, Zhang Shirui éclata d’un rire qui ressemblait au braiment d’un âne.
Oui, elle riait comme un âne.
Si Chu Feng ne l’avait pas vu de ses propres yeux, il n’aurait jamais cru qu’on puisse rire ainsi.
Son rire était plutôt désagréable, mais Zhang Shirui riait de bon cœur. Elle se balançait d’avant en arrière, les mains sur le ventre, tant elle riait fort. Elle ne cherchait nullement à cacher le mépris qu’elle éprouvait pour Chu Feng.
« Chu Feng, tu es vraiment pitoyable, non ? Tu es quand même le fils de l’aîné Chu Xuanyuan. Comment as-tu pu ne pas faire une seule percée ? »
« Si tu nous disais que tu n’avais rien tiré du Trône de l’Arbre sacré, on pourrait le comprendre. Après tout, il est extrêmement difficile d’obtenir la Graine de l’Arbre sacré qui s’y trouve. »
« Mais le lac regorge d’énergie naturelle. Même quelqu’un de mon niveau a réussi à faire une percée sans effort. Comment quelqu’un d’aussi talentueux que toi a-t-il pu échouer ? »
« On dirait que le fils de Chu Xuanyuan n’est pas si doué que ça. »
Comme si elle venait enfin de trouver l’occasion d’humilier Chu Feng, Zhang Shirui se mit à l’insulter sans relâche.
Sa réaction se comprenait. Chu Feng l’avait fait souffrir plus tôt, et Zhang Shirui était rancunière. Dès qu’une occasion aussi rare se présentait, elle ne pouvait que la saisir pour l’insulter comme il se devait.
« Shirui, ne sois pas insolente », dit Zhang Yanfeng.
« Pourquoi ? Je ne fais que dire la vérité. »
« Tout à l’heure, tu nous as reproché de ne pas nous être assez entraînés. À mon avis, ce Chu Feng ne s’est pas donné assez de mal non plus. Sinon, comment se fait-il que nous ayons progressé et pas lui ? »
« Je le critique pour son bien. Je l’encourage à ne pas refaire la même erreur. »
Zhang Shirui refusa de céder et continua de réprimander Chu Feng.
Chacune de ses paroles était extrêmement désagréable. Elle se montrait bien plus offensante que Zhang Yanfeng lorsqu’il l’avait réprimandée, elle et Zhang Boyi.
Ce n’était plus une réprimande. Ce n’était même pas de la moquerie : elle s’en prenait à lui personnellement.
« P-petite s-salope, si tu c-continues à d-dire du m-mal de mon frère, ton p-papa va se d-déshabiller ! »
La voix de Wang Qiang retentit depuis la falaise. Homme de parole, il commença aussitôt à se dévêtir.
« Seigneur émissaire, j’ai eu tort ! »
En voyant Wang Qiang se déshabiller au sommet de la falaise, Zhang Shirui blêmit de terreur.
Après avoir vécu une telle scène, Chu Feng ne se fâcha pas ; il éclata au contraire de rire.
D’autres auraient pu trouver Zhang Shirui totalement déraisonnable, voire arrogante.
Chu Feng, lui, trouvait cette fille plutôt amusante.
« Mes quatre jeunes amis, vous avez fait du bon travail. »
À cet instant précis, une autre voix retentit depuis la falaise.
En l’entendant, Chu Feng et les autres tournèrent aussitôt les yeux dans cette direction.
Ils comprirent que cette voix n’appartenait pas à Wang Qiang. Puisqu’il ne s’agissait pas de lui, elle ne pouvait venir que de cet être puissant, l’Exalté démon dévoreur de sang.
Et, comme prévu, une silhouette apparut auprès de Wang Qiang. C’était cet homme immortel qui avait accompagné Wang Qiang tout ce temps.
C’était… l’Exalté démon dévoreur de sang.