Chapitre 3 527
Ce jeune homme avait l’air plutôt mûr.
Bien qu’il eût clairement moins de cent ans, il avait presque l’apparence d’un homme d’âge mûr.
Sans les sens particulièrement aiguisés des cultivateurs martiaux, qui leur permettaient d’estimer l’âge d’une personne, personne n’aurait cru qu’il appartenait à la jeune génération.
Cela dit, même s’il était de la jeune génération, il approchait de la centaine.
De plus, non seulement son apparence était des plus ordinaires, mais on pouvait même la qualifier de laide. Malgré ses vêtements somptueux, il les portait d’une façon singulière. Il ressemblait à un nouveau riche dépourvu de tout goût esthétique. Quant à son aura de puissance, elle brillait tout simplement par son absence.
Pourtant, même si ce jeune homme à l’allure pareille se présenta devant le Clan céleste Chu et se permit de parler avec insolence devant tout le monde, personne — pas même les Anciens du Clan céleste Tantai — n’osa protester.
La raison en était la plaque de titre accrochée à sa taille.
La Cité royale du Corps divin !!!
Si les plaques de titre étaient des talismans protecteurs, celle de la Cité royale du Corps divin équivalait à un talisman d’immunité à la mort, frappé d’or.
Dans le Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux, le Royaume du Maître des Champs stellaires régnait en maître incontesté.
La réputation des dix grands clans célestes résonnait dans tout le Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux.
Quant à la Cité royale du Corps divin, à la Cité sacrée monstrueuse et à la Cité martiale du Dragon ancestral, ces trois puissances ne suscitaient le mépris de personne.
Non seulement les trois cités étaient-elles toutes dirigées par des experts du niveau Suprême exalté, mais elles disposaient aussi de ressources colossales. Leur puissance était tout simplement insondable. Même les gens du Royaume du Maître des Champs stellaires ne les provoquaient pas à la légère. Quant aux autres puissances, inutile de préciser ce qu’elles pouvaient bien en penser…
« Ainsi, vous êtes le jeune maître Kong Tianhui de la Cité royale du Corps divin », déclara le chef du Clan céleste Chu.
« Kong Tianhui… Serait-ce le fils du maître de la Cité royale du Corps divin, le Roi divin Kong Que ? » s’exclamèrent les personnes présentes, stupéfaites.
Les trois cités se mêlaient peu des affaires du monde et demeuraient relativement mystérieuses en comparaison des autres puissances. Leurs experts, et tout particulièrement leurs jeunes générations, étaient si rarement aperçus que leur réputation et leur puissance n’en étaient pas moins connues dans tout le Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux.
Tout le monde savait donc que l’actuel maître de la Cité royale du Corps divin était le Roi divin Kong Que. Chacun savait également qu’il était un expert du niveau Suprême exalté.
Le Roi divin Kong Que était un homme robuste et vigoureux. De plus, amateur de plaisirs, il avait eu de nombreux fils et filles. En les comptant tous, ils dépassaient les trois mille. Et ces trois mille et quelques enfants étaient tous nés de ses épouses et concubines officielles. Ses enfants illégitimes n’étaient pas inclus dans ce nombre.
À eux seuls, ses fils et ses filles de moins de cent ans se comptaient par dizaines.
Pourtant, seuls neuf d’entre eux méritaient le respect. Deux étaient particulièrement célèbres.
L’une était une femme nommée Kong Ci. L’autre, un homme nommé Kong Tianhui.
Selon les rumeurs, Kong Ci et Kong Tianhui possédaient un talent exceptionnel. Rares étaient les génies de leur niveau démoniaque, dont la puissance rivalisait avec celle de Linghu Hongfei, le plus puissant génie du Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux.
Si personne n’avait jamais pu constater leur véritable force, c’était uniquement parce que les trois cités ne participaient pas à la sélection des Décastars martiaux ancestraux.
En réalité, beaucoup de gens n’avaient entendu parler d’eux que de nom, sans jamais avoir vu leur visage.
Voilà pourquoi la foule fut si stupéfaite lorsque le chef du Clan céleste Chu prononça le nom de Kong Tianhui.
À vrai dire, les badauds ne furent pas les seuls à s’étonner. Le jeune homme de la Cité royale du Corps divin lui-même fut surpris.
« Vous me connaissez ? » demanda-t-il au chef du Clan céleste Chu, l’air étonné.
Ses paroles confirmèrent son identité.
Il était bien le fils du Roi divin Kong Que : Kong Tianhui.
« Ce vieil homme a eu la chance de rencontrer le jeune maître Kong autrefois. Seulement, vous ne vous souveniez pas de moi », répondit le chef du Clan céleste Chu.
« C’était au mont Moliang ? » demanda Kong Tianhui.
« Tout à fait », confirma le chef du Clan céleste Chu.
« À l’époque… je n’avais que neuf ans. Quatre-vingt-dix ans ont passé depuis. Je ne m’attendais pas à ce que vous vous souveniez encore de moi », dit Kong Tianhui.
« En effet. Le jeune maître Kong n’était encore qu’un enfant à l’époque. Vous avez beaucoup changé depuis, mais vous avez tout de même gardé quelques traits de votre ancien visage », répondit le chef du Clan céleste Chu.
« Inutile de vous perdre en paroles superflues et en flatteries. Je suis venu défier Chu Feng. Faites-le venir. »
Kong Tianhui affichait un rictus moqueur. Son arrogance ne témoignait pas seulement du peu de cas qu’il faisait du chef du Clan céleste Chu : il méprisait toutes les personnes présentes.
Devant son comportement, la foule fut mécontente.
Les membres du Clan céleste Chu, en particulier, étaient furieux.
Mais comme Kong Tianhui venait de la Cité royale du Corps divin, personne n’osa exprimer sa colère.
Les badauds étaient eux aussi contrariés par son attitude. Mais puisque Kong Tianhui s’en prenait au Clan céleste Chu, ils n’allaient naturellement pas s’attirer des ennuis pour le défendre.
« Il semblerait que, malgré sa grande réputation, la Cité royale du Corps divin manque de savoir-vivre. »
Soudain, une voix moqueuse retentit.
Qui était assez audacieux pour le provoquer ainsi, alors même qu’il connaissait son identité ? Et voilà que cette personne s’en prenait à toute la Cité royale du Corps divin !
À ces mots, beaucoup se demandèrent avec curiosité qui les avait prononcés.
Lorsqu’ils découvrirent l’identité de leur auteur, ils comprirent aussitôt d’où lui venait une telle audace.
Chu Feng venait d’arriver.
La foule savait très bien à quel point Chu Feng était téméraire. Il n’y avait tout simplement rien qu’il n’osât faire.
Pourtant, Kong Tianhui venait de la Cité royale du Corps divin. La foule ne put s’empêcher de s’inquiéter pour Chu Feng, qui venait de tenir de tels propos.
« Tu oses me parler ainsi ? Qui es-tu ? » Kong Tianhui se tourna vers Chu Feng, le visage renfrogné.
« Qui je suis ? Ne suis-je pas celui que tu es venu défier ? »
« La prochaine fois, tu ferais mieux de te renseigner un peu sur la personne que tu comptes défier », lança Chu Feng avec un rictus.
« Alors, tu es ce Chu Feng. Et moi qui croyais que tu n’oserais pas te montrer. Puisque tu sais que je suis venu te défier, acceptes-tu de relever le défi ? » demanda Kong Tianhui.
Même sans qu’il le répète, tout le monde savait que Kong Tianhui était venu défier Chu Feng.
La foule était seulement perplexe. Si les génies des trois cités sortaient rarement de leurs murs, c’était à cause des règles qui régissaient leurs cités.
Alors, pourquoi Kong Tianhui était-il soudain venu défier Chu Feng ?
La famille royale du Corps divin comptait-elle renoncer à se tenir à l’écart des affaires du monde ?
Mais, même si tel était le cas, qu’est-ce qui avait pu la pousser à changer brusquement de conduite ?
Était-ce à cause du conflit entre le Royaume du Maître des Champs stellaires et le Clan céleste Linghu ?
La décision de Kong Tianhui de défier Chu Feng poussa la foule à échafauder toutes sortes de conjectures.
Mais ce qui l’intéressait davantage, c’était de savoir lequel de Chu Feng ou de Kong Tianhui était le plus fort.
Sous les regards de la foule, Chu Feng eut un petit rire. « J’ai seulement peur que tu ne saches pas accepter la défaite avec élégance. »