Chapitre 3 101
« Père, maître, aînés, frères et sœurs, cela fait longtemps. Comment allez-vous tous ? »
La voix de Chu Feng retentit soudain. Plus puissante que le tonnerre, elle se propagea dans les environs.
Ceux qui ne s’entraînaient pas furent évidemment surpris, mais même les gens qui s’exerçaient au sommet du volcan furent tirés de leur concentration par la voix de Chu Feng.
Cette voix inattendue en surprit plus d’un.
Il faut savoir qu’il y avait des règles en ces lieux. Il était interdit de crier ou de faire du bruit, sous peine de déranger les autres. Quiconque enfreignait ces règles était banni à jamais.
Devant quelqu’un qui venait de crier si fort et de déranger tout le monde, les personnes présentes se dirent instinctivement que son compte était bon.
Ravis de voir le malheur d’autrui, les gens tournèrent les yeux vers Chu Feng.
Ils voulaient voir qui avait osé se comporter avec tant d’imprudence et serait chassé de ce lieu sacré d’entraînement.
« Mais… ? »
Pourtant, quand ils aperçurent Chu Feng, beaucoup en furent profondément émus.
L’instant d’après, des gens descendirent du ciel et volèrent vers lui.
Des visages familiers apparurent autour de Chu Feng.
Son père adoptif, Chu Yuan ; sa cousine aînée, Chu Yue ; son frère adoptif, Chu Guyu ; le Fondateur du Dragon d’Azur de l’École du Dragon d’Azur ; l’ancien directeur, Li Zhangqing ; son maître, Zhuge Liuyun ; son frère juré, le Roi des Singes monstrueux ; Qiu Canfeng, Huangfu Haoyue, Dugu Xingfeng, Bai Ruochen, Tantai Xue et bien d’autres encore l’encerclèrent.
Fous de joie, ils se pressèrent tout autour de Chu Feng.
« Feng’er, c’est vraiment toi ? Père ne rêve pas, n’est-ce pas ? Tu es revenu ? »
« C’est bien Chu Feng, il n’y a pas de doute ! Ce garçon, c’est Chu Feng. Ha ha, tu es de retour ! »
« Petit frère, tu es parti dans le Monde extérieur, mais tu as quand même pensé à revenir voir ton grand frère Singe ? Alors, comment est le Monde extérieur ? »
« Chu Feng, comment es-tu revenu ? »
Les voix se succédaient sans interruption : des voix inquiètes, curieuses et, surtout, stupéfaites.
Le retour de Chu Feng leur avait réservé une merveilleuse surprise.
À cet instant, tout le monde avait entendu son nom. Ceux qui s’entraînaient interrompirent leur séance, et ceux qui se reposaient se levèrent.
Des groupes immenses, si serrés qu’ils ressemblaient à des nuées de sauterelles humanoïdes, envahirent le ciel en descendant pour se rassembler autour de Chu Feng.
Ils étaient si enthousiastes ! On aurait dit qu’ils connaissaient tous Chu Feng.
En fait, ils le connaissaient. Bien sûr qu’ils le connaissaient : c’était lui qui avait sauvé toute la Terre sacrée du Martialisime.
Et cela ne faisait que quelques années qu’il l’avait sauvée. Comment auraient-ils pu l’oublier ?
On pouvait même dire, sans exagérer, que Chu Feng était leur sauveur à tous.
Après tout, il leur avait bel et bien sauvé la vie.
Voilà pourquoi la foule était si enthousiaste.
D’un commun accord, tous décidèrent d’interrompre leur entraînement et d’organiser un banquet pour célébrer le retour de Chu Feng.
Le banquet fut organisé comme convenu. Il prit une ampleur colossale, réunissant des dizaines de millions de personnes.
Au pied du volcan, sous le ciel bleu, les flammes éclairaient la vaste étendue de terre. Elles provenaient du banquet gigantesque, où la foule s’était massée à perte de vue.
Partout retentissaient les rires, les cris de joie et le tintement des coupes que l’on entrechoquait.
Le spectacle était bien plus grandiose encore que celui qu’offrait la foule réunie autour du volcan pour s’entraîner.
Tous savouraient le festin. Leur joie ne venait pas seulement du retour de Chu Feng : ils n’avaient manifestement pas célébré ainsi depuis longtemps.
Au banquet, Chu Feng retrouva presque tous ceux qu’il souhaitait revoir.
Trois personnes seulement manquaient à l’appel.
Zhang Tianyi, Jiang Wushang et Xian Miaomiao.
Chu Feng avait appris que les talents de Zhang Tianyi et de Jiang Wushang commençaient à se révéler.
Ils avaient donc pu accéder à des endroits interdits aux autres et s’entraînaient dans les profondeurs du volcan.
Comme ils s’y trouvaient, ils ne pouvaient entendre les voix venues de l’extérieur. En outre, personne d’autre qu’eux n’était capable d’entrer dans le volcan.
Il ne leur restait donc qu’à attendre qu’ils terminent leur entraînement et ressortent d’eux-mêmes.
« Aînés, et Miaomiao, où est-elle ? Elle aussi est entrée dans les profondeurs du volcan ? » demanda Chu Feng, intrigué.
« Jeune Maître Chu Feng, Miaomiao est déjà partie », lui répondit une belle femme.
Elle était d’une beauté exceptionnelle. Mais ce n’était pas une humaine : c’était une magnifique représentante du Clan des Elfes de l’Ère ancienne.
Il s’agissait de Xian Lingyue, princesse aînée du Royaume des Elfes et sœur aînée de Xian Miaomiao.
« Partie ? Miaomiao serait-elle partie pour le Royaume ordinaire des Cent Raffinements ? » Le cœur de Chu Feng se serra à ces mots.
Le jour où il avait quitté le Royaume inférieur des Ancêtres martiaux, Chu Feng avait dit à Xian Miaomiao de le contacter dès son arrivée au Royaume ordinaire des Cent Raffinements.
Pourtant, alors qu’il se trouvait encore dans le Royaume ordinaire des Cent Raffinements, Chu Feng n’avait reçu aucune nouvelle de Xian Miaomiao. Comme il craignait qu’elle ne l’ait pas contacté après son arrivée, il était même allé jusqu’à se renseigner délibérément sur elle.
Malheureusement, il n’était jamais parvenu à la retrouver dans le Royaume ordinaire des Cent Raffinements.
À présent, il était fort possible que Xian Miaomiao se soit rendue dans le Royaume ordinaire des Cent Raffinements après le départ de Chu Feng.
« Nous ignorons où Miaomiao est partie. Elle n’est pas partie de son plein gré : les membres du clan de sa mère l’ont emmenée », expliqua Xian Lingyue.
« Les membres du clan de sa mère ? » L’expression de Chu Feng changea.
La mère de Xian Miaomiao n’était pas une femme ordinaire. C’était un être puissant doté de neuf vies.
Quant aux membres de son clan, ils devaient probablement posséder la même lignée particulière que la mère de Xian Miaomiao.
« Ont-ils dit où ils allaient ? » demanda Chu Feng.
« Non. Ils ont emmené Miaomiao de force », répondit Xian Lingyue en poussant un soupir.
Chu Feng remarqua alors que tous les membres du Royaume des Elfes affichaient une expression impuissante et honteuse.
De toute évidence, aucun d’eux n’avait souhaité que Xian Miaomiao soit emmenée de force.
Mais ils n’avaient rien pu faire contre les puissants membres du clan de sa mère.
« Dans ce cas, ont-ils mentionné le nom de leur clan ? » demanda Chu Feng.
Chu Feng était certain que le clan de la mère de Xian Miaomiao ne venait ni du Royaume ordinaire des Cent Raffinements ni du Grand Royaume supérieur des Mille Mondes. En fait, il ignorait même si leur clan se trouvait dans le Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux.
S’il voulait retrouver Xian Miaomiao, il devait connaître le nom de leur clan. Sinon, vu l’immensité du Monde extérieur, il aurait bien du mal à la retrouver.