Chapitre 280
[spoiler title=’Avertissement : contenu obscène’ style=’default’ collapse_link=’true’]Dans la pièce, Yan Ruyu était étendue, immobile, sur le lit. Sa robe rose déchirée couvrait sa partie la plus intime, mais, au-delà du tissu, chaque parcelle de peau blanche comme neige qu’elle dévoilait était irrésistible.
Son corps magnifique était déjà trempé de sueur et couvert des baisers d’un certain homme. Ses courbes parfaites, mêlées à ce liquide poisseux, lui donnaient un charme encore plus érotique.[/spoiler]
Pourtant, Yan Ruyu ressemblait à un poisson mort. Elle restait là sans bouger ; seule sa poitrine se soulevait faiblement au rythme de sa respiration.
Des larmes perlaient à ses yeux et son visage était livide, comme si quelqu’un lui avait arraché ce qu’elle avait de plus précieux. Elle sombrait dans un désespoir sans précédent, comme si sa vie touchait à sa fin.
Quant à Baixi, elle était elle aussi nue, mais gisait inconsciente dans un coin. Chu Feng ne l’avait pas touchée. Tout à l’heure, aveuglé par la colère, il avait voulu inverser leurs rôles.
Baixi voulait coucher avec Chu Feng, alors il le lui avait refusé. Yan Ruyu ne voulait pas s’adonner à ces choses entre homme et femme, alors Chu Feng avait insisté pour le faire avec elle. Voilà le prix qu’elles avaient payé pour l’avoir dupé.
Chu Feng avait remis ses vêtements. Un peu de sueur perlait à son front et un sourire satisfait se dessinait sur ses lèvres. Il avait plaqué la belle Yan Ruyu sous lui par colère et par vengeance, mais il devait reconnaître qu’elle était d’une beauté exceptionnelle. Son corps parfait n’avait rien à envier à celui de Su Rou et lui avait offert une expérience merveilleuse.
La légère tache de sang sur le lit lui indiquait que Yan Ruyu n’avait rien dissimulé et n’avait pas feint. Elle avait réellement préservé sa chasteté : elle était encore vierge.
« Mm~ » Soudain, le corps de Yan Ruyu tressaillit, puis elle se recroquevilla. Les poings serrés, elle affichait un visage crispé par la douleur, comme si elle endurait une sorte de supplice.
« Hé, qu’est-ce qui t’arrive ? » Chu Feng fronça les sourcils et utilisa sa puissance spirituelle pour sonder son corps. Il découvrit qu’un changement s’opérait en elle. Une étrange énergie y déferlait, se répandant et envahissant chaque parcelle de sa peau.
« Aaah~~~ »
À cet instant, Yan Ruyu poussa un cri perçant. Des volutes de gaz bleu s’échappèrent de son corps. Elles tourbillonnèrent autour d’elle tandis qu’elle s’élevait peu à peu dans les airs.
« Cette aura est très étrange. Elle aussi a donc quelque chose de particulier dans le corps ? » Chu Feng resta stupéfait devant le spectacle qui s’offrait à lui.
À sa grande stupeur, l’aura de Yan Ruyu gagnait rapidement en puissance. Ce n’était pas sa cultivation qui progressait, mais sa force de combat. En un clin d’œil, celle-ci atteignit un niveau terrifiant.
Mais ce n’était pas tout. Ce qui surprit le plus Chu Feng, ce fut la transformation du corps de Yan Ruyu. Sur sa peau, jusque-là blanche et pure comme la neige, apparurent des plaques bleues.
Elles étaient brillantes et luisantes, comme de petites pièces d’armure. Pourtant, l’expérience de Chu Feng lui permit de comprendre aussitôt qu’il ne s’agissait pas d’une armure, mais d’écailles de poisson. Des écailles bleues poussaient sur le corps de Yan Ruyu et l’enveloppaient comme une armure.
« Chu Feng. Si je ne meurs pas, je te tuerai. »
Yan Ruyu tourna soudain le visage vers lui. À cet instant, Chu Feng vit ses beaux yeux, qui ressemblaient à des rivières d’étoiles, se muer en deux rangées de lueurs rouges, d’une sinistre étrangeté. Ils n’étaient plus humains ; on aurait dit les yeux d’un démon.
Fff !
Après ces mots, Yan Ruyu attrapa la jupe de Baixi et l’enfila, puis se transforma en un trait de lumière et s’élança au loin. Dans un grondement, son aura avait déjà quitté le champ de détection de Chu Feng.
« Que s’est-il passé ? Comment sa puissance a-t-elle pu atteindre un tel niveau ? » Chu Feng se précipita hors de la pièce et la poursuivit. Il découvrit alors que la Formation spirituelle qu’il avait installée dans le palais avait été réduite en miettes.
Malgré sa stupeur, Chu Feng n’hésita pas. Il bondit et se servit de la Technique du Ciel impérial pour foncer dans la direction où Yan Ruyu s’était enfuie.
Au début, grâce à la puissance de la Technique du Ciel impérial, Chu Feng parvint rapidement à rattraper son retard. Mais, pour une raison inconnue, Yan Ruyu accéléra de plus en plus. Après avoir quitté l’École Lingyun et pénétré dans une forêt, elle l’avait déjà semé ; il ne distinguait plus la moindre trace de sa présence.
« Comment est-ce possible ? Son aura n’était clairement qu’au cinquième niveau du Royaume du Profond. Comment sa vitesse peut-elle dépasser la mienne à ce point ? » Chu Feng flottait dans les airs et contemplait, stupéfait, la direction où Yan Ruyu avait disparu.
« Chu Feng, on dirait que tu viens de te faire une ennemie redoutable. » Eggy, silencieuse depuis longtemps, prit soudain la parole.
« Eggy, qu’est-ce que tu veux dire ? Yan Ruyu aurait-elle elle aussi un corps particulier ? Aurait-elle un Corps divin ? »
Chu Feng comprit soudain. La transformation de Yan Ruyu avait défié toute logique. Sa force de combat était comparable à la sienne, voire peut-être à celle de la femme vêtue de violet qu’il avait rencontrée ce jour-là. Il ne put s’empêcher de faire le rapprochement avec les Corps divins, dotés de pouvoirs particuliers et d’une force de combat terrifiante.
« Non. Vu tout ce qui s’est passé avant, la transformation de son corps et les derniers mots qu’elle t’a adressés avant de partir, j’en conclus qu’elle n’a pas de Corps divin. Elle a plutôt dû cultiver une Technique mystérieuse interdite. »
« Une Technique mystérieuse interdite ? » Chu Feng n’avait jamais entendu cette expression.
« Exactement. Les Techniques mystérieuses interdites n’ont rien à voir avec les techniques démoniaques ordinaires. Ce sont des techniques mystérieuses terrifiantes, créées par des experts de tout premier plan. »
« Elles permettent à des personnes au talent ordinaire d’acquérir une puissance hors du commun. Mais il faut les cultiver avec prudence. La moindre négligence peut tout faire basculer et même leur coûter la vie. »
« De telles techniques n’auraient jamais dû exister : elles transgressent les règles de la cultivation martiale, et toute transgression entraîne une punition. Ceux qui cultivent ce genre de techniques mystérieuses subissent donc certaines transformations. C’est aussi pour cela qu’on les appelle des Techniques mystérieuses interdites. »
« Même si une telle Technique mystérieuse interdite existait dans le monde, Yan Ruyu n’aurait normalement pas dû pouvoir la cultiver. Mais depuis que j’ai découvert qu’il y avait ici une Tombe de l’Empereur et une Tour fantôme Asura, je ne suis plus tellement surprise qu’une Technique mystérieuse interdite ait fait son apparition sur le continent des Neuf Provinces. »
« Aujourd’hui, le continent des Neuf Provinces n’est qu’un ramassis de déchets, mais il a forcément vu naître autrefois des personnages remarquables, et peut-être même des êtres d’une puissance extrême. Si les trésors laissés par ces grands personnages existent encore, ceux qui ont beaucoup de chance peuvent les trouver. »
« Tu as découvert la Tombe de l’Empereur et obtenu la Compétence secrète, la Technique du Tigre Blanc massacreur. Yan Ruyu a pu, elle aussi, trouver un trésor chez elle et mettre la main sur la Technique mystérieuse interdite. »
« Cela dit, ceux qui ont créé les Techniques mystérieuses interdites n’étaient pas de bonnes personnes. C’étaient généralement des démons sanguinaires. On dirait donc que le continent des Neuf Provinces n’était pas un lieu paisible, autrefois. » Eggy détailla son point de vue, mais son regard se perdit dans la contemplation, comme si elle parvenait à se représenter le continent des Neuf Provinces de cette époque.