Chapitre 262
« Toi… Toi… Qui es-tu ? Tu oses attaquer des gens de la Résidence princière du Qilin ?! »
Cette scène terrifia les autres gardes. Après tout, celui qui venait d’être tué était un expert du Royaume du Profond. Si un homme de ce niveau avait été décapité aussi facilement, c’était que celui qui se trouvait sur la route n’avait rien d’ordinaire.
À cet instant, l’homme sur la route se leva lentement et retira le chapeau conique qu’il portait. Un jeune visage séduisant apparut. Il sourit et déclara d’un ton indifférent : « Je suis venu massacrer les gens de la Résidence princière du Qilin. »
« Toi… Toi… Tu es Chu Feng ?! »
À cette vue, les gardes blêmirent. Car celui qui se tenait devant eux n’était autre que Chu Feng.
Pourtant, ils se souvenaient que Chu Feng n’était qu’au septième niveau du Royaume de l’Origine. Or, il dégageait à présent l’aura du premier niveau du Royaume du Profond. Un tel changement était vraiment inimaginable, et certains n’osaient même pas croire que l’homme devant eux était bien Chu Feng.
« Chu Feng ?! » En entendant ce nom, Lin Ran sortit de la voiture.
Lin Ran était en nage, et son visage avait pris une teinte verdâtre. Ses yeux étaient profondément enfoncés et, avec ses cheveux en bataille, il avait une apparence à faire froid dans le dos. Mais surtout, son aura était pitoyable. Il était retombé au sixième niveau du Royaume du Profond, preuve que le contrecoup du Médicament interdit était particulièrement violent.
Pourtant, en voyant Chu Feng, il ne fut pas seulement stupéfait. Une soif de sang bouillonnante jaillit aussitôt en lui. Il pointa Chu Feng du doigt et lança : « Je n’aurais jamais cru que tu viendrais te jeter dans la gueule du loup. Tuez-le ! »
« Tuez-le ! » À cet ordre, les gardes encore en vie ne tardèrent pas. Chacun libéra l’aura du Royaume du Profond, et une puissante pression s’abattit sur Chu Feng.
Dans le même temps, ils lancèrent vingt techniques martiales différentes. Non seulement ils empêchèrent Chu Feng de fuir, mais leur assaut montrait clairement qu’ils voulaient lui ôter la vie.
Fff, fff, fff !
Mais une lueur brilla sous les pieds de Chu Feng, et son corps entier se changea en traînée lumineuse. Il esquiva rapidement les techniques martiales qui s’abattaient sur lui et, en un éclair, se retrouva devant les gardes.
Fff, fff, fff ! Chu Feng serra les deux poings. Deux grandes lames apparurent dans ses mains et se changèrent en deux traînées dorées qui fendirent l’air sans relâche.
Quand les traînées dorées s’immobilisèrent, les vingt experts du Royaume du Profond de la Résidence princière du Qilin avaient tous été décapités par Chu Feng.
« Ton… ton aura, cette technique martiale de déplacement… Tu es Monsieur à la cape grise ! »
À cet instant, Lin Ran ne put enfin plus garder son calme. Il venait de découvrir, avec stupeur, que l’aura actuelle de Chu Feng, sa puissance au combat et les mystérieuses techniques de déplacement qu’il venait de montrer étaient en tout point identiques à celles de Monsieur à la cape grise, qui avait poursuivi Gong Luyun dans la Vallée des Cent Méandres.
Une terrible hypothèse lui traversa soudain l’esprit. Monsieur à la cape grise, celui qui avait poursuivi Gong Luyun et tué les autres, n’avait pas simplement un lien avec Chu Feng : c’était Chu Feng. Six mois plus tôt déjà, il avait eu la force de tuer Gong Luyun !
« Hé, tu as compris. On dirait que tu n’es pas si bête. »
« Mais te souviens-tu de ce que je t’ai dit, ce jour-là, dans la Vallée des Cent Méandres ? La prochaine fois qu’on se verrait, je te prendrais la vie ! » Chu Feng esquissa un léger sourire, mais son regard était glacial.
« Hmph. Pour me prendre la vie, encore faut-il en avoir la force. Ce jour-là, j’ai pu te forcer à fuir pour sauver ta peau. Aujourd’hui, je peux réduire ton cadavre en dix mille morceaux. »
Lin Ran était furieux. Il poussa un hurlement de rage et tendit la main vers son Sac cosmique. Un Médicament interdit noir apparut une nouvelle fois dans sa paume.
Le contrecoup du Médicament interdit lui avait fait perdre la puissance au combat qu’il possédait auparavant. S’il voulait vaincre Chu Feng, il devait donc en reprendre un. Même si cela lui ferait grand tort, c’était la seule chose à faire à cet instant.
Fff !
« Aah ! »
Mais Chu Feng allait-il lui laisser cette chance ? Une lueur brilla sous ses pieds et il se retrouva en un éclair devant Lin Ran. Puis il abattit sans pitié la grande lame qu’il tenait à la main. Un éclair passa, un craquement retentit, le sang gicla et la main de Lin Ran qui tenait le Médicament interdit fut tranchée.
Après lui avoir coupé la main, Chu Feng récupéra le Médicament interdit. Il observa l’étrange puissance qui s’en dégageait, pinça les lèvres et dit : « Même si ce truc fait pas mal de mal à celui qui le prend, il doit quand même valoir quelque chose. Je le prends. »
Sur ces mots, il rangea le Médicament interdit. Puis il baissa les yeux vers la main coupée au pied de Lin Ran, cracha dessus et dit : « Quant à ça… Même les chiens n’en voudraient pas. Inutile de la garder. » Il leva le pied et écrasa la main coupée de Lin Ran jusqu’à la réduire en bouillie.
« Aah… Je vais te dépouiller vivant ! »
En voyant sa propre main réduite en bouillie sous le pied de Chu Feng, Lin Ran en eut le cœur déchiré. Fou de rage, il se jeta sur lui.
Mais, à cause du contrecoup du Médicament interdit, sa cultivation était retombée au sixième niveau du Royaume du Profond. Son aura était même devenue pitoyable. Comment aurait-il pu vaincre Chu Feng ?
« Sale ordure. » Chu Feng lui décocha un coup de pied et l’envoya au sol. Puis il le fixa et dit : « Tu aimes vraiment voir les autres se castrer eux-mêmes, hein ? Aujourd’hui, je vais te montrer ce que ça fait de se faire castrer par quelqu’un d’autre. » Sur ces mots, il leva brusquement la jambe.
« Non !! » Lin Ran fut pris de terreur et poussa un hurlement hystérique.
Mais Chu Feng allait-il l’écouter ? Il abattit son pied sans pitié. Un bruit de chair écrasée retentit ; le sang éclaboussa l’entrejambe de Lin Ran, sous son pantalon. Chu Feng lui avait écrasé les parties génitales.
« Hé hé hé… Pourquoi c’est si petit ? Je n’ai rien senti du tout. » Chu Feng claqua la langue et, en voyant le regard éteint de Lin Ran, sentit une grande satisfaction l’envahir.
À cet instant, le visage de Lin Ran était livide. La douleur qu’il ressentait dans son corps n’était rien comparée à celle qui lui déchirait le cœur. Il n’avait plus de fils, puisque Chu Feng avait décapité le sien. Il n’avait plus d’organes génitaux, puisque Chu Feng les avait réduits en bouillie. Il n’aurait vraiment pas de descendance : il n’avait ni fils ni petits-fils.
« Dis donc, tu es quand même le grand intendant du clan Lin, à la Résidence princière du Qilin. Pourquoi es-tu si pauvre ? Tu n’as que quelques dizaines de médecines profondes de haute qualité sur toi. Ce n’est même pas de quoi me caler une dent. » Chu Feng retira le Sac cosmique de Lin Ran et fouillait à présent à l’intérieur.
« Tue-moi », dit Lin Ran d’une voix lugubre.
« Qu’est-ce que tu as dit ? » Chu Feng fit mine de ne pas l’entendre.
« Tue-moi !! » hurla Lin Ran.
« Ah ? Tu veux mourir ? » Chu Feng eut un petit rire, puis se pencha et murmura à Lin Ran : « Tu veux retrouver ton fils ? »
« Toi… Toi… Qu’est-ce que tu veux dire ? » En entendant Chu Feng, le visage de Lin Ran changea de nouveau radicalement. Dans cette vie, il n’avait pas eu de fils. Son fils unique était Gong Luyun, mais personne n’aurait dû savoir que Gong Luyun était son fils. Les paroles de Chu Feng signifiaient manifestement qu’il était déjà au courant.
« Hé, je ne veux rien dire. Si tu veux le retrouver, je vais exaucer ton souhait. Mais avant ça, je ne t’ai pas encore assez fait souffrir. » Chu Feng sourit d’un air sinistre et fit apparaître un poignard aiguisé dans sa main. Il le planta dans l’un des yeux de Lin Ran.
« Aah… » Sur le petit chemin, des cris de douleur de toutes sortes retentirent alors sans discontinuer. Ce ne fut qu’au bout d’un long moment qu’ils s’éteignirent peu à peu.