Chapitre 251
Tu as déployé toute ta puissance, maintenant ? On dirait que tu veux vraiment en finir rapidement. Mais ça tombe bien, car j’ai assez joué avec toi, moi aussi. Je vais te faire comprendre à quel point tu es loin de m’égaler.
Après avoir promené son regard sur les bêtes féroces d’air froid qui l’entouraient, Chu Feng esquissa un sourire glacial. Il ne bougea pas et ferma lentement les yeux.
« Regardez ! Que fait Chu Feng ? Il abandonne ? Face à l’Aura de glace de Gong Luyun, il est incapable de renverser la situation et se prépare à mourir ? »
Certains remarquèrent les gestes de Chu Feng et crurent qu’il voulait abandonner. Mais l’instant d’après, ils comprirent qu’ils ne pouvaient pas se tromper davantage.
Fff
Tout à coup, Chu Feng rouvrit brusquement les yeux. Dans le même temps, une pression d’une puissance inouïe jaillit de son corps et engloutit toute l’arène.
Lorsque cette pression s’abattit sur l’arène, le ciel et la terre se mirent à trembler dans toute la zone délimitée par les limites de la scène, tandis que l’Aura de glace se désagrégeait aussitôt et disparaissait dans les airs.
Au moment même où l’Aura de glace disparut, Gong Luyun s’agenouilla à son tour dans un bruit sourd. Lui qui affichait auparavant un sourire dément avait le visage blanc comme un linge. Ses yeux étaient emplis de terreur et tout son corps tremblait.
« Ciel ! Que s’est-il passé ? Pourquoi l’Aura de glace a-t-elle disparu tout à coup ? Qu’est-ce qui arrive au ciel et à la terre, là-bas ? Pourquoi l’air tremble-t-il au-dessus de l’arène ?! »
Tout le monde fut stupéfait par ce changement soudain. Ils ne sentaient pas la pression qui régnait là-bas, mais ils voyaient l’air trembler, comme si une force contraignait cette zone à se soumettre.
Même sous la torture, jamais ils n’auraient imaginé qu’il s’agissait d’une technique martiale disparue depuis de nombreuses années : une technique martiale de rang 7, la Lame du Cri du Dragon du Vide, que Chu Feng avait obtenue auprès de l’École du Vide.
Au cours des six derniers mois, Chu Feng ne s’était pas contenté de chercher des remèdes profonds dans la Vallée des Cent Méandres. Il avait combattu chaque jour des Bêtes monstrueuses, ce qui avait accru sa puissance de combat. Il avait aussi trouvé le temps de cultiver la technique martiale de rang 7, la Lame du Cri du Dragon du Vide.
En la cultivant, il découvrit avec étonnement que la Lame du Cri du Dragon du Vide était une technique martiale vraiment mystérieuse. Sa cultivation était extrêmement difficile, mais sa puissance était tout aussi considérable. Une fois maîtrisée, elle ne serait plus une technique martiale de rang 7, mais de rang 8.
Comme la Lame du Cri du Dragon du Vide était particulièrement difficile à cultiver, Chu Feng lui-même n’en avait assimilé que la première étape : le Vide. Bien qu’il ne s’agît que de la première étape, elle possédait déjà la puissance d’une technique martiale de rang 7.
Ce qu’il utilisait à cet instant, c’était la Pression du Vide. Grâce à une pression sans forme, on pouvait faire tout ce que l’on voulait dans la zone concernée. Elle pouvait briser n’importe quelle attaque, qu’elle soit immatérielle ou concrète. Sans même bouger, elle pouvait contraindre l’ennemi à se soumettre et l’écraser à mort.
« Cette sensation… Ce n’est absolument pas une simple pression, ni une quelconque sorte de trésor. La puissance de l’Origine l’imprègne ; il doit donc s’agir d’une technique martiale ! Une technique martiale d’une grande profondeur ! On dirait que Chu Feng maîtrise vraiment une technique martiale de rang 6, et qu’elle est encore plus profonde que l’Aura de glace ! »
Enfin, certains observateurs perspicaces comprirent que la distorsion de l’espace était due à la technique martiale qu’employait Chu Feng. Dès que l’un d’eux prit la parole, une clameur s’éleva.
Bien qu’ils ne sentissent pas la pression qui régnait dans cette zone, la seule vision de l’espace déformé leur permettait d’imaginer la puissance de cette technique martiale. Même nombre des dignitaires présents dans l’arène ne l’avaient jamais entendue ni vue, et les disciples, encore moins.
À cet instant, la puissance dont Chu Feng venait de faire preuve avait complètement abasourdi tout le monde. Ils savaient qu’il était fort et doué, mais jamais ils n’auraient imaginé qu’il atteindrait un tel niveau. Lui qui n’était qu’au septième niveau du Royaume de l’Origine avait vaincu Gong Luyun, qui se trouvait au quatrième niveau du Royaume du Profond. Chu Feng venait d’accomplir un exploit sans précédent et de créer un miracle impossible.
« Bon sang ! Comment est-ce arrivé ? Moi, Gong Luyun, vaincu par ce gamin ? C’est impossible ! »
Gong Luyun était à genoux sur le sol. Même en mobilisant toute la puissance de son corps pour se relever, il lui était impossible de résister à cette pression invisible. Il se sentait impuissant, et même terrifié.
Pour la première fois, il reconnut la puissance de Chu Feng. Une puissance qu’il ne voulait pas voir, surtout à présent que sa propre vie était en jeu.
Chu Feng s’avança lentement vers Gong Luyun. Il observa celui-ci, agenouillé devant lui, puis esquissa un léger sourire.
« Gong Luyun, il y a un an, aurais-tu cru qu’aujourd’hui tu serais à genoux devant moi ? »
« Ha ! Chu Feng, si tu veux me tuer ou me taillader, vas-y. Mais je te préviens : si tu oses ne serait-ce que toucher à un de mes doigts, je te garantis que tu ne sortiras pas vivant d’ici. »
« Le million de disciples de l’École du Dragon Azur mourra ! Même les laquais de la Guilde des Esprits du Monde que tu protèges seront entraînés dans ta chute et périront tous ici ! » La pression invisible empêchait Gong Luyun de se relever. Il ne pouvait que rester à genoux devant Chu Feng. Pourtant, loin de céder, il le menaçait avec une méchanceté féroce.
« Ah oui ? Même maintenant, tu oses encore me menacer ? Tu crois en être capable ? Baisse la tête jusqu’au sol et reconnais tes torts ! »
Tout à coup, l’expression de Chu Feng devint terriblement sinistre. Toute la fureur qu’il avait contenue au fond de lui éclata. L’humiliation qu’il avait subie cette année-là n’était pas grand-chose, mais il devait venger le massacre de sa famille.
Chu Feng saisit Gong Luyun par les cheveux et lui força la tête vers le sol. Dans un fracas, le crâne de Gong Luyun s’écrasa violemment contre la pierre, d’une dureté extrême. Lorsque Chu Feng lui releva la tête, du sang coulait de son front.
« Ça, c’est pour mon grand-père. »
« Ça, c’est pour mon père. »
Mais Chu Feng ne s’arrêta pas là. Il empoigna fermement Gong Luyun par les cheveux et continua à lui fracasser la tête contre le sol. À chaque coup, il prononçait le nom d’un membre de la famille Chu qui avait péri.
Il lui asséna ainsi plusieurs centaines de coups. Après avoir prononcé les noms de tous les membres de la famille Chu qui avaient péri, Chu Feng ne s’arrêta toujours pas : rien de tout cela ne pouvait apaiser sa haine envers Gong Luyun.
À la fin, le visage de Gong Luyun n’était plus qu’un mélange de sang et de chair. Même le sol, pourtant si dur, était creusé d’un profond trou, d’où partaient d’innombrables fissures.
« Ça… »
Les spectateurs furent bouleversés par cette scène. À voir Chu Feng agir ainsi, ils comprirent qu’il devait y avoir une profonde rancune entre eux ; sans cela, il n’aurait pas humilié Gong Luyun de la sorte.
Pourtant, au même instant, ils connaissaient déjà l’issue de leur duel : la victoire revenait à Chu Feng, celui dont personne n’avait rien attendu.
Ils avaient beau avoir du mal à y croire, ils avaient assisté de leurs propres yeux à toute la scène. Ils avaient vu Chu Feng acculer Gong Luyun pas à pas. Ils ne pouvaient que reconnaître sa victoire, alors que Gong Luyun était à genoux et que sa tête ne cessait de heurter le sol.
Chu Feng était un véritable génie, un monstre terrifiant qui dépassait l’imagination. Assurément, un tel homme ne resterait pas cantonné à la petite École du Dragon Azur. À l’avenir, ce jeune homme pourrait parcourir sans entrave le continent des Neuf Provinces.
À cet instant, les disciples commencèrent à regarder Chu Feng avec admiration. Même les meilleurs disciples des autres écoles n’y échappaient pas. Ils admiraient sa puissance de combat effrayante.
Quant aux chefs et aux Anciens des autres écoles, ils ne cessaient d’admirer l’École du Dragon Azur pour avoir vu naître un disciple aussi exceptionnel. Tant que Chu Feng serait là, l’École du Dragon Azur ne resterait assurément pas aussi méconnue et discrète qu’à présent. Tôt ou tard, elle deviendrait un sommet incontournable de la Province d’Azur ; avec Chu Feng, elle pourrait même retrouver sa gloire passée.