Chapitre 227
« Aîné, je vous en prie, aidez-moi ! » Dès que l’homme au visage grêlé aperçut Chu Feng, il lui demanda de l’aide.
Pour gagner en efficacité, Chu Feng ne cessa d’emprunter la puissance d’Eggy après son entrée dans la Vallée des Cent Méandres. Toutefois, afin d’éviter les ennuis inutiles, il continua de dissimuler son apparence.
Il portait une longue robe de toile et un chapeau conique en paille qui lui cachait le visage. Ce genre de déguisement n’avait rien de rare dans la Vallée des Cent Méandres, mais l’homme au visage grêlé ne pouvait voir les traits de Chu Feng ni deviner son âge. Comme il voulait pourtant obtenir son aide, il l’avait appelé « aîné ».
« Et qu’est-ce que j’y gagne ? Une herbe profonde de haute qualité, après vous avoir aidé ? » Chu Feng prit une voix d’adulte et annonça sans détour ce qu’il voulait.
« Aidez-moi à écarter le danger qui nous menace, et l’herbe profonde de haute qualité ainsi que la Bête monstrueuse seront à vous ! » hurla l’homme au visage grêlé.
« Parfait. » Alors seulement, Chu Feng bondit dans les airs et, tel un sabre affûté, fondit au cœur du combat.
« Humains ignorants, vous allez tous mourir ! » Au moment même où Chu Feng toucha le sol, l’énorme Bête monstrueuse en forme d’ours se rua sur lui.
Cette Bête monstrueuse avait bel et bien une intelligence et parlait la langue des hommes. Sa voix gardait toutefois la férocité d’une bête sauvage. Elle semblait aussi posséder une force incommensurable. Lorsque sa griffe s’abattit, elle entraîna avec elle une puissance de trois cent mille livres.
« Hmph. »
Mais Chu Feng se contenta de renifler avec mépris face à l’attaque soudaine de la Bête monstrueuse. Au lieu d’esquiver, il serra le poing d’une main et le lança contre l’énorme griffe.
« Quoi… » Cette scène terrifia l’homme au visage grêlé. Après tout, l’aura de Chu Feng révélait qu’il n’était qu’au premier niveau du Royaume du Profond, tout comme lui. Et il était même plus maigre que lui.
Chu Feng agissait donc comme une mante qui voulait arrêter un char : il courait droit à sa perte. Pourtant, l’instant d’après, l’homme au visage grêlé resta stupéfait.
Boum !
Le poing de Chu Feng percuta la gigantesque patte de la Bête monstrueuse, et une détonation retentit. Le poing de Chu Feng était petit, mais il renfermait une puissance colossale. Une vague d’énergie explosa, et la Bête monstrueuse poussa aussitôt un gémissement avant de reculer précipitamment.
Sa peau rugueuse et sa chair épaisse, dures comme le fer, se déchirèrent de toutes parts. Le sang jaillit, dévoilant des os d’un blanc sinistre.
« Par les cieux… ce poing est-il vraiment celui d’un homme ? »
À cet instant, l’homme au visage grêlé était abasourdi. Il fixait le poing de Chu Feng, le visage rempli d’incrédulité.
Il avait échangé quelques coups avec l’énorme Bête monstrueuse en forme d’ours et connaissait donc parfaitement la puissance de son corps. Pourtant, Chu Feng venait de lui fracasser la patte à mains nues. Il avait du mal à l’accepter.
Fff, fff, fff !
Pendant que l’homme au visage grêlé était distrait, l’herbe profonde de haute qualité bondit dans les airs. Les lianes qui la recouvraient devinrent des lames acérées, emplissant le ciel. À une vitesse fulgurante, elles foncèrent sur l’homme au visage grêlé.
« Merde ! »
Quand l’homme au visage grêlé réagit, il était trop tard. Les lianes qui emplissaient le ciel allaient lui transpercer le corps d’un instant à l’autre. Il ne pouvait ni les éviter ni leur échapper. Il avait laissé passer sa chance.
Fff !
Mais alors que l’homme au visage grêlé se croyait condamné, Chu Feng apparut devant lui comme un fantôme.
Chu Feng tenait à deux mains une énorme lame dorée. Quand il balança les bras, la lame se transforma en une série d’éclats dorés. Des lueurs dorées en forme de demi-lune jaillirent sans cesse devant lui. Lorsqu’elles s’évanouirent, les lianes terrifiantes étaient tranchées en deux. Plus étonnant encore, la tête de l’herbe profonde avait été décapitée par Chu Feng à un moment indéterminé.
Aaah !
Décapitée, l’herbe profonde poussa aussitôt un cri déchirant. Son corps se défit comme s’il perdait sa peau, couche après couche. À la fin, il ne resta qu’une plante de la taille d’une paume, en forme d’être humain. C’était une herbe profonde de haute qualité : l’Herbe en forme humaine.
Ta, ta, ta !
À cet instant, des pas précipités retentirent. Grièvement blessée, l’énorme Bête monstrueuse en forme d’ours prit la fuite, la queue entre les jambes. Malgré son apparence massive, elle n’était pas lente. En un clin d’œil, elle disparut du champ de vision de Chu Feng et de l’autre homme.
L’homme au visage grêlé crut alors que la Bête monstrueuse avait réussi à s’enfuir. Il s’apprêtait à secouer la tête en soupirant quand il vit Chu Feng lancer sa lame dorée.
Au début, l’homme au visage grêlé ne comprit pas pourquoi Chu Feng avait fait cela. Mais lorsqu’il entendit le cri de douleur de la Bête monstrueuse, au fond de la forêt, il comprit enfin à quel point Chu Feng était puissant.
Chu Feng ramassa l’Herbe en forme humaine et la rangea dans son Sac cosmique. D’ordinaire, il ne se serait même pas donné la peine de la ranger : il l’aurait raffinée sur-le-champ. Mais en présence d’un tiers, il devait se retenir.
« Frère, tu as beau être au premier niveau du Royaume du Profond, comme moi, tu es sacrément doué. Moi, Wu Yuanhua, je t’admire au point de vouloir me prosterner devant toi ! » L’homme au visage grêlé s’approcha, empli de respect, et joignit les mains devant Chu Feng en signe d’admiration.
« Ho… » Chu Feng s’était déjà attendu à une telle réaction et n’y prêta guère attention. Il se contenta d’un léger sourire et s’apprêta à repartir.
« Frère, quel est ton nom, si je peux me permettre ? » L’homme au visage grêlé se plaça devant Chu Feng pour lui barrer le passage. Le visage solennel, il lui posa la question.
« Je m’appelle Asura », répondit Chu Feng au hasard.
« Asura… Quel nom étrange. » L’homme au visage grêlé sembla réfléchir, trouvant ce nom très particulier.
Chu Feng ne prêta aucune attention à sa réaction et passa devant lui pour reprendre sa route. Mais il n’avait pas fait quelques pas que l’homme au visage grêlé le rattrapa. Il écarta les bras et lui barra une nouvelle fois le passage.
Face à son insistance, Chu Feng fronça les sourcils et demanda d’un ton légèrement mécontent : « Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Je… voulais seulement te proposer de faire route ensemble, frère Asura. » L’homme au visage grêlé ricana. Son attitude était pleine de sincérité.
« Désolé, je suis occupé. » Chu Feng renifla froidement. Il ne voulait pas d’un fardeau pareil.
« Ah, frère Asura, nous connaissons un endroit où se trouve une grande quantité d’herbes profondes de haute qualité ! » voyant cela, l’homme au visage grêlé s’empressa de s’expliquer.
« C’est vrai ? » En apprenant qu’il y avait là-bas une grande quantité d’herbes profondes de haute qualité, Chu Feng ne put s’empêcher de s’y intéresser.
« Pas un mot de mensonge. Mais, frère Asura, avant de partir, je dois te prévenir : dans la Vallée des Cent Méandres, les ressources vont de pair avec le danger. »
« L’endroit où se trouvent toutes ces herbes profondes est aussi gardé par un groupe de Bêtes monstrueuses redoutables. Les disciples de l’École Lingyun ont déjà lancé plusieurs attaques, mais ils ont essuyé des défaites et subi de lourdes pertes. »
« Pourtant, j’ai appris que Dugu Aoyun, le disciple numéro un de l’École Lingyun, s’était déjà rendu sur place. Tous les puissants de l’École Lingyun s’y sont rassemblés et l’école a également demandé l’aide des autres puissances. Elle a invité des disciples de diverses écoles à unir leurs forces pour attaquer le château des Bêtes monstrueuses. »
« Et moi… je voulais t’inviter, frère Asura, à venir avec nous pour partager le butin. Qu’en dis-tu ? » demanda sérieusement l’homme au visage grêlé, le regard empreint d’une certaine supplication.
À ces mots, Chu Feng se laissa tenter. Si les disciples de l’École Lingyun avaient attaqué plusieurs fois sans obtenir de résultat, c’était que l’endroit était dangereux. Mais cela signifiait aussi qu’il renfermait des ressources encore plus abondantes. Chu Feng n’hésita donc pas et répondit avec fermeté : « En route ! »