Chapitre 213
La Lame du Cri du Dragon du Vide se trouvait dans la Tour du Vide.
Pourtant, depuis la mort du fondateur de l’École du Vide, Void Zhenren, emportant ses regrets dans la tombe, il y a mille ans, plus personne dans l’école n’avait réussi à maîtriser cette technique martiale. En réalité, personne ne l’avait même jamais vue.
Grâce à ses méthodes d’Esprit du Monde, Chu Feng parcourut la Tour du Vide de haut en bas et la fouilla maintes fois dans tous les sens. Pourtant, il ne trouva aucune trace de la Lame du Cri du Dragon du Vide. L’inquiétude le gagna.
En effet, grâce à son regard d’Esprit du Monde, il pouvait discerner le caractère très particulier de la Tour du Vide et savait que quelque chose y était caché. Après avoir entendu les paroles du chef de l’école, Chu Feng avait estimé qu’il s’agissait probablement de la Lame du Cri du Dragon du Vide. Pourtant, malgré tous ses efforts, il ne parvenait pas à la trouver, ce qui le rendait naturellement anxieux.
Après tout, la Lame du Cri du Dragon du Vide n’était pas une technique martiale ordinaire. Créée par un expert du Royaume Céleste, c’était une technique martiale de rang 7 qui n’existait nulle part dans la Province d’Azur. Et elle ne se résumait pas à une simple technique martiale de rang 7 : elle était infiniment proche du rang 8.
Bien sûr, puisque Chu Feng savait qu’une telle technique martiale existait, il voulait se l’approprier. S’il parvenait à la maîtriser, elle deviendrait sans aucun doute l’un de ses atouts pour protéger sa vie à l’avenir.
Avec cette idée en tête, Chu Feng reprit ses recherches minutieuses. Mais ce fut peine perdue : après toute une nuit, il n’avait rien trouvé. Il n’avait pas découvert la moindre trace de la méthode de cultivation de la Lame du Cri du Dragon du Vide, pas même un cheveu.
« Est-ce que je vais vraiment passer à côté d’une occasion pareille, moi, Chu Feng ? » Debout au sommet de la Tour du Vide, il contemplait la faible lueur qui venait de l’est, le cœur plein de regrets.
Pendant toute cette nuit, Chu Feng avait véritablement donné tout ce qu’il avait et essayé toutes les méthodes possibles. La situation était donc déjà sans issue. Il pouvait chercher encore longtemps, cela ne servirait à rien.
Pour reprendre les mots d’Eggy, Chu Feng n’était pas assez puissant et sa puissance spirituelle était insuffisante : il lui était donc impossible de percevoir tout ce que la Tour du Vide dissimulait.
Mais, lorsque sa puissance spirituelle serait assez développée pour lui permettre de percer les secrets de la Tour du Vide, à quoi lui servirait une technique martiale de rang 7 ?
« Tu n’es pas un disciple de l’École du Vide. » Soudain, une voix âgée retentit derrière Chu Feng.
« Qui est là ? » Surpris, Chu Feng bondit en avant. Ce n’est qu’après avoir parcouru plusieurs dizaines de mètres qu’il se retourna et balaya les environs du regard.
Ce regard, pourtant anodin en apparence, le glaça aussitôt d’effroi : un vieil homme aux cheveux blancs se tenait devant lui.
L’homme était petit et son visage était couvert de rides. Son apparence n’avait rien de remarquable, mais une aura particulière émanait de lui, celle de quelqu’un qui avait atteint un certain royaume de cultivation.
Surtout, son corps était translucide. Cela signifiait qu’il n’était pas un être vivant à part entière, mais une conscience. Une conscience capable d’échapper à la puissance spirituelle de Chu Feng.
« Chu Feng, prudence. C’est la conscience d’un expert du Royaume Céleste. Même si elle s’est considérablement affaiblie après toutes ces années, il ne faut pas la sous-estimer », le prévint Eggy, nerveuse.
« Senior, puis-je savoir qui vous êtes ? » demanda Chu Feng avec respect. Une conscience aussi puissante n’aurait pas pu apparaître sans raison. Chu Feng pensa aussitôt à quelqu’un : le fondateur de l’École du Vide, Void Zhenren.
Il était certes difficile de croire que la conscience d’un expert du Royaume Céleste ait pu survivre mille ans, mais c’était la seule personne à laquelle Chu Feng pouvait penser.
« Je n’aurais jamais cru qu’après tout ce temps, un jeune homme doté d’un talent convenable finirait par se présenter… sans appartenir à mon école. Ah, peu importe. C’est peut-être la volonté du Ciel. » Le vieil homme ne répondit pas à la question de Chu Feng. Il poussa seulement un soupir impuissant, puis poursuivit :
« Mon garçon, je vais te transmettre oralement la méthode de cultivation de la Lame du Cri du Dragon du Vide. Quant à ce que tu en retiendras et à ta réussite, tout dépendra de ton talent et de ta chance. »
Sur ces mots, le vieil homme se mit à lui exposer la méthode de cultivation. Chu Feng l’écouta attentivement et s’appliqua à en mémoriser chaque détail. Le vieil homme prononça moins d’une centaine de phrases, mais chacune était précise et détaillée. Il fallait une capacité de compréhension exceptionnelle pour en saisir tous les aspects.
Quand le vieil homme eut terminé, Chu Feng fut fou de joie : il savait que ce qu’on venait de lui transmettre était sans aucun doute la Lame du Cri du Dragon du Vide.
« Senior, merci de m’avoir transmis votre technique unique ! » Après en avoir gravé la méthode de cultivation dans sa mémoire, Chu Feng s’inclina devant le vieil homme.
« Inutile de me remercier. Je ne veux simplement pas que ma technique unique se perde. Et si tu n’as rien d’autre à faire, va-t’en. Ne trouble plus mon repos. » Après ces mots, le vieil homme agita sa manche et disparut sans laisser de trace.
« Eggy, tu crois que ce vieil homme était Void Zhenren ? » demanda Chu Feng en sortant de la Tour du Vide.
« C’est très probablement lui », répondit Eggy.
« Mais tu m’as dit que les consciences ne pouvaient subsister qu’un temps limité, et que celles des experts du Royaume Céleste ne vivaient pas plus de mille ans. » Chu Feng était perplexe.
« C’est vrai, mais il y a toujours des exceptions. Même si les consciences conservent une certaine puissance, elles restent des corps immatériels. Peut-être que des trésors ou des méthodes spéciales permettent d’allonger leur durée de vie. »
« Cette Tour du Vide est assez particulière. C’est peut-être grâce à elle que la conscience de Void Zhenren a pu subsister plus longtemps. »
« Mais je crois que si Void Zhenren a voulu préserver sa conscience, ce n’est pas seulement parce qu’il ne voulait pas que sa technique unique se perde. Il pensait aussi à lui-même », dit Eggy.
« À lui-même ? Qu’est-ce que tu veux dire ? » Chu Feng était de plus en plus curieux.
« Quand tu as appris l’existence de Void Zhenren, tu as tout de suite pensé à t’emparer de sa technique unique, la Lame du Cri du Dragon du Vide. »
« Moi, en revanche, j’ai d’abord pensé à absorber l’énergie de sa Source, en puisant dans son cadavre. Mais je viens de renoncer à cette idée. » Eggy gloussa et répliqua.
« Tu veux dire… ? » Chu Feng comprit soudain.
« Exactement. Void Zhenren doit veiller sur son propre cadavre, parce qu’il ne veut pas que des Esprits du Monde s’emparent de l’énergie de sa Source après sa mort. Il a donc employé une méthode spéciale pour faire survivre sa conscience. »
« Mais à voir son état, je doute qu’il puisse tenir encore longtemps. Dans deux ans, il aura certainement complètement disparu. À ce moment-là, nous pourrons toujours récupérer l’énergie de sa Source. » Eggy afficha un sourire malicieux.
« Sacrée petite peste… » Chu Feng ne put que se résigner devant les pensées d’Eggy.
Comme il pensait que le chef de l’École du Vide viendrait certainement en personne le raccompagner, Chu Feng ne partit pas directement après avoir quitté la Tour du Vide et retourna à son palais de repos.
« Qu’est-ce qu’il fait là ? Aurait-on découvert que je m’étais faufilé dans la Tour du Vide ? »
Pourtant, avant même d’arriver près du palais, Chu Feng ne put s’empêcher de sursauter. Grâce à ses perceptions spirituelles, il vit que le chef de l’École du Vide se tenait devant l’entrée de son palais, l’air plutôt anxieux.