Chapitre 180
« Espèce de déchet ! »
Qixing entra dans une colère noire en voyant son disciple, qui avait atteint le cinquième niveau du Royaume de l’Origine, se faire battre par Chu Feng, qui n’en était qu’au premier. Pourtant, malgré l’insulte qu’il lança, il n’hésita pas un instant. En tant que maître, il n’allait pas rester là à regarder son disciple mourir.
« Hé, Qixing ! C’est un combat entre disciples. Qu’est-ce que tu fais ? » Mais, au moment où Qixing leva la main, Zhuge Liuyun lui saisit le poignet et arrêta son attaque.
« Vieux Zhuge, pousse-toi ! »
Qixing agita le bras pour projeter Zhuge Liuyun au loin. Mais il ne parvint pas à se dégager. La main de Zhuge Liuyun était aussi ferme qu’un rocher, et se referma sur son poignet comme une pince de fer. Qixing ne pouvait pas la faire bouger.
« Espèce d’ordure sans vergogne. Écarte-toi et regarde en silence. » Zhuge Liuyun ricana froidement, puis le projeta d’un coup. Qixing s’écrasa face contre terre et s’y étala de tout son long.
« T… tu as atteint le sixième niveau du Royaume du Profond ! »
Qixing était stupéfait. Jamais il n’aurait cru que le « perdant » de l’époque l’aurait dépassé et serait devenu un expert du sixième niveau du Royaume du Profond.
Qixing avait du mal à l’accepter. Ancien invité d’une école de premier ordre, il recevait des ressources d’une générosité extrême. Grâce à elles, sa cultivation avait progressé à toute vitesse, et il était devenu un expert du cinquième niveau du Royaume du Profond.
Pourtant, il n’aurait jamais imaginé que Zhuge Liuyun, ancien invité d’une école de second ordre, puisse atteindre le sixième niveau du Royaume du Profond. C’était absurde.
« Feng’er, tu peux encore le corriger un peu, mais laisse-lui la vie sauve ! » Zhuge Liuyun ne prêta aucune attention à Qixing et cria à Chu Feng, qui se trouvait dans la Formation spirituelle.
« Oui, maître. »
Chu Feng avait déjà désagrégé la Formation spirituelle de Yangzi. Il avait d’abord voulu le tuer, mais, en entendant Zhuge Liuyun, il dissipa les flèches dorées qui auraient achevé Yangzi.
« Debout. »
Il lui avait épargné la vie, mais Chu Feng n’avait pas l’intention de le laisser s’en tirer à si bon compte. Il s’approcha de Yangzi, épuisé et le visage pâle, puis le remit sur pied.
« Qu… qu’est-ce que tu comptes faire ?! »
« Je suis un disciple principal de l’École Huayang, une école de premier ordre ! Si tu oses me tuer, mon école ne te le pardonnera pas. » Yangzi avait perdu toute l’arrogance dont il faisait preuve auparavant, et ses yeux étaient remplis de peur.
« Bon sang ! » Chu Feng ne prit même pas la peine d’écouter ses paroles insensées et lui décocha un coup de poing dans la bouche. Quand le coup l’atteignit, ses dents jonchèrent le sol. Chu Feng lui en avait brisé une bonne partie.
« Mm. » Yangzi se couvrit la bouche, d’où coulait le sang, et contempla ses dents brisées à terre. Il aurait voulu pleurer, mais aucune larme ne venait. Comment pourrait-il se montrer à l’École Huayang sans dents ?
« Va pleurer dans ton coin ! »
Voyant que Yangzi était sur le point de fondre en larmes, Chu Feng leva la jambe et l’envoya valser dans un coin. Puis il le pointa du doigt et lui lança : « À l’avenir, fais attention à ta façon de parler. Tu ne peux pas t’adresser ainsi à n’importe qui. »
« Haha ! Ça suffit, Feng’er. Les chiens errants mordent, c’est dans leur nature. Une bonne correction, et ça leur passe. Pas la peine de te rabaisser à son niveau. »
Zhuge Liuyun était de fort bonne humeur en voyant son disciple l’emporter si rapidement. Il en éprouvait une grande satisfaction et, après avoir dissipé la Formation spirituelle, emmena Chu Feng sur le lieu de l’examen.
« Feng’er, tu t’es admirablement débrouillé. Tu m’as rendu la face que j’avais perdue à l’époque. » Ils arrivèrent sur le lieu de l’examen, mais Zhuge Liuyun n’oublia pas de féliciter Chu Feng. Il était vraiment heureux.
« Maître, vous êtes bien plus fort que lui. Je sais que vous ne vous êtes pas abaissé à son niveau parce que vous ne vouliez pas vous en prendre à un infirme. » Chu Feng eut un petit rire.
« Tu sais parler, toi. Mais, à l’époque, j’ai bel et bien perdu. »
« J’ai perdu, alors j’ai perdu. J’ai échoué à l’examen du manteau blanc. À l’époque, s’il ne m’avait pas mis des bâtons dans les roues, j’aurais peut-être pu voir à quoi ressemblait la deuxième épreuve. » Zhuge Liuyun éprouva un peu de regret en évoquant cette affaire.
« Maître, ne vous en faites pas. Je réaliserai votre rêve inachevé. Je réussirai la deuxième épreuve et obtiendrai le Manteau blanc d’Esprit du Monde par mes propres moyens. Je ne vous coûterai pas un sou. » Chu Feng débordait de confiance.
« Bien ! Voilà qui est ambitieux ! Si tu réussis cet examen, je te donnerai les mille perles de l’Origine. Garde-les pour te marier, plus tard. » Zhuge Liuyun tapota l’épaule de Chu Feng. Il appréciait de plus en plus son disciple.
« Hé hé, merci, maître. » Chu Feng sourit de toutes ses dents. En voyant le visage bienveillant de Zhuge Liuyun et la façon dont il le traitait, il se sentait proche de lui.
La Guilde des Esprits du Monde n’autorisant pas les inconnus à entrer, Chu Feng dut s’y rendre seul pour participer à l’examen du manteau blanc.
Son badge de qualification à la main, Chu Feng entra dans la Guilde des Esprits du Monde et pénétra dans cette immense cité, aussi vaste qu’un royaume. Après plusieurs contrôles, il arriva dans un palais grandiose.
Le palais était véritablement colossal. Les piliers de la salle principale étaient si épais que dix personnes se tenant par la main en cercle n’auraient pas pu en faire le tour. Ils s’élevaient à plusieurs centaines de mètres, presque jusqu’aux cieux. Ce lieu ne ressemblait même pas à un palais, mais plutôt à une forteresse. Il était gigantesque.
Des membres de la Guilde des Esprits du Monde se tenaient partout dans le palais. Tous portaient le manteau blanc et leur aura était impossible à discerner. Pourtant, c’étaient à coup sûr des experts, et le symbole de la Guilde brodé sur leur bras attirait les regards.
Au centre de la salle principale, la foule formait une véritable mer humaine. Ils étaient au moins un millier, tous jeunes. Le plus âgé n’avait pas encore vingt ans. Les génies abondaient, et leur cultivation était loin d’être faible.
Il suffisait de voir pourquoi Leng Wuzui passait pour un génie à l’École du Dragon d’Azur : il possédait un pouvoir spirituel, une aptitude que moins d’une personne sur dix mille avait.
Pourtant, à cet instant et en ce lieu, plus d’un millier de personnes réunies dans la salle principale avaient à peu près le même âge que Chu Feng et possédaient elles aussi un pouvoir spirituel. Un tel spectacle ne pouvait que susciter l’admiration.
Mais, à bien y réfléchir, cela n’avait rien d’étonnant. Après tout, les génies de toutes les provinces des Neuf Provinces s’étaient rassemblés ici. Ce n’était pas parce que la Province d’Azur comptait peu de personnes dotées d’un pouvoir spirituel que c’était aussi le cas dans les autres provinces.
« Regardez, ce sont les génies de la Guilde des Esprits du Monde ! » s’écria soudain quelqu’un. Tous les regards convergèrent alors vers eux.
Des dizaines de jeunes hommes et femmes s’avancèrent lentement. Tous portaient une robe dorée, qui brillait de mille feux. Le symbole de la Guilde des Esprits du Monde était brodé sur leur bras gauche.
Les hommes étaient plutôt beaux et séduisants, tandis que les femmes étaient ravissantes et gracieuses. Chacun dégageait une allure imposante. Les moins puissants avaient atteint le cinquième niveau du Royaume de l’Origine, et les plus forts, le septième.
En écoutant les conversations autour de lui, Chu Feng apprit d’où venait ce groupe : c’étaient les génies de la Guilde des Esprits du Monde. Leur talent ne se mesurait pas à leur cultivation, mais à leur compréhension du pouvoir des Formations spirituelles. Certains avaient même conclu un pacte avec un Esprit du Monde ; ils méritaient véritablement le titre de génies parmi les Esprits du Monde.