Chapitre 158
Le rugissement du tigre retentit dans toutes les directions et ébranla le monde. La tombe trembla violemment, comme si elle allait s’effondrer d’un instant à l’autre.
Sous cette pression, face à cette puissance, l’aura intimidante que la jeune femme vêtue de violet avait dégagée auparavant paraissait dérisoire. Elle fut complètement écrasée et ne méritait même pas qu’on en parle.
« D’où sortez-vous, petits enfants, pour oser troubler mon repos ? »
Cette voix ressemblait au rugissement simultané de dix mille bêtes, mais aussi au grondement d’un homme puissant. Elle semblait provenir de toutes les directions et, en même temps, du plus profond de l’âme. Grave et puissante, elle était empreinte d’une aura antique. Son ancienneté avait quelque chose d’étrange, comme si un esprit endormi depuis dix mille ans venait tout juste de se réveiller. Elle exerçait sur les gens une pression qui n’appartenait pas à ce monde.
« Je vous présente mes respects. Je ne voulais pas m’introduire ici, mais je ne souhaitais pas que vous restiez scellé et que votre puissance demeure enfouie. J’ai donc pris la liberté d’agir pour vous libérer. » Sur ces mots, la jeune fille vêtue de violet s’agenouilla à demi dans un « pouf », joignit les mains et salua l’air devant elle.
« Quelle absurdité ! Je voulais rester au repos. Si je n’avais pas décidé de sortir pour me dégourdir un peu, comment une gamine comme toi aurait-elle pu me réveiller ? »
La voix se fit légèrement courroucée. Aussitôt, un gaz blanc afflua de toutes parts. Il commença à se condenser dans les airs et, en un clin d’œil, prit la forme d’un immense Tigre Blanc.
Le tigre était gigantesque. Il mesurait plus de vingt mètres de long, et l’une de ses pattes aurait suffi à réduire Chu Feng en galette de viande. Ce n’était pourtant pas un véritable corps : un gaz blanc roulait sur tout son corps, semblable à du brouillard tourbillonnant dans les airs tandis qu’il fixait Chu Feng et la jeune fille.
Il n’avait pas de pupilles : ses deux yeux n’étaient que des trous noirs. Pourtant, quand son regard balaya Chu Feng, celui-ci ne put s’empêcher de frissonner. Il sentit au plus profond de son âme une oppression insoutenable. Il ne doutait pas que si le tigre l’attaquait, il disparaîtrait sur-le-champ, sans le moindre suspense.
« Toi, gamin, tu n’as vraiment rien de remarquable. Non seulement tu t’es faufilé ici en cachette, mais tu as aussi préparé une attaque-surprise dans l’ombre, en espérant tirer profit de la situation. » Après avoir posé son regard sur Chu Feng, le tigre prononça ces mots avec froideur. Malgré son apparition récente, il avait manifestement tout compris à ce qui s’était passé dans la tombe.
À cet instant, Chu Feng ne répondit rien. Il fronça les sourcils sans émettre un son. Ce n’était pas qu’il ne voulût pas parler, mais il ne savait pas quoi dire. Il avait le sentiment que, face à ce vieux monstre qui avait peut-être vécu plus de dix mille ans, les paroles flatteuses ne serviraient à rien. Personne ne pouvait être plus perspicace que lui ; il avait franchi plus de ponts que Chu Feng n’avait parcouru de routes.
Pourtant, lorsque le Tigre Blanc, pareil à un dieu, désapprouva Chu Feng, la jeune fille vêtue de violet se réjouit en secret. Le coin de ses lèvres se releva malgré elle en un sourire légèrement triomphant. Elle se dit qu’elle aurait bien plus de chances d’obtenir l’héritage du Tigre Blanc si celui-ci avait une mauvaise opinion de Chu Feng.
« Toi non plus, gamine, tu n’as rien d’une bonne personne. Si tu es venue ici, c’est uniquement pour obtenir mon pouvoir. »
« Tu as essayé de le tuer tout à l’heure. On voit bien que tu es prête à tout pour parvenir à tes fins. Si tu es déjà comme ça à ton âge, qu’est-ce que ça donnera quand tu seras grande ? » Mais à cet instant, le Tigre Blanc lança un regard à la jeune fille vêtue de violet et la réprimanda froidement.
« Senior, je sais que j’ai eu tort. Je désirais tellement votre héritage et votre immense puissance que j’ai agi sans réfléchir. Si vous devez blâmer quelqu’un, vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous-même : vous êtes si attirant que vous m’avez troublé l’esprit. » La jeune fille pinça les lèvres. Son visage avait tout d’une mine « pitoyable », et elle se donna un air aussi affligé que possible.
« Hmph. Des paroles mielleuses, mais rien que de la roublardise. » Pourtant, contre toute attente, même s’il savait que la jeune fille le flattait sans la moindre retenue, le Tigre Blanc laissa paraître une pointe de satisfaction. Il aimait donc tant qu’on le couvre de compliments.
« Senior, votre puissance est sans égale et vos méthodes sont les meilleures au monde. Vous ne devriez vraiment pas rester ici à vous reposer. Vous devriez plutôt nous laisser contempler votre gloire. Sinon, ce serait un grand regret pour nous tous. »
Voyant que les flatteries portaient leurs fruits, Chu Feng ne resta pas là à attendre la mort. Il s’avança rapidement, salua le tigre et se mit à le flatter sans la moindre retenue.
« Ha ha ! Petit garçon, tu sais y faire avec les mots. Et pourtant, tout ce que tu dis est vrai. Ce serait vraiment regrettable pour tout le monde si je continuais à me reposer ici. »
« Ma gloire n’a d’égale nulle autre. Ces trois vieilles choses ne m’arrivent même pas à la cheville. » Le Tigre Blanc parla avec fierté. Il se caressa même la barbe desséchée avec ses griffes acérées. Il était manifestement ravi de lui-même.
« Trois vieilles choses ? Ce serait donc… » En entendant le Tigre Blanc marmonner, Chu Feng réfléchit en silence.
« Tu ne te trompes probablement pas. Chu Feng, tu as vraiment beaucoup de chance. Si je ne me trompe pas, trois Compétences secrètes devraient également être scellées dans les trois autres entrées des Tombes de l’Empereur. »
« Bon sang, il y a donc quatre Compétences secrètes en tout ! Si tu parviens à les apprendre toutes, ton avenir sera tout simplement impossible à mesurer. Peu de gens de ta génération pourront rivaliser avec toi. Tu as vraiment de la chance et tu as accès à des occasions que les gens ordinaires ne peuvent pas espérer. »
Contrairement à Chu Feng, qui n’était encore sûr de rien, Eggy bondissait d’excitation. Il était désormais confirmé que quatre autres lieux abritaient des Compétences secrètes.
À cet instant, Chu Feng était fou de joie. Une seule Compétence secrète suffisait à rendre fous d’innombrables experts ; quatre mettraient le monde entier en folie.
Chu Feng ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil furtif à la jeune fille vêtue de violet. Elle le dévisageait avec mépris et haine, comme si elle le maudissait du regard et le traitait d’impudent.
Chu Feng se réjouit en secret de sa réaction. Il comprit que, même si elle savait qu’une Compétence secrète se trouvait ici, elle ignorait clairement le secret des Tombes de l’Empereur. Elle ne savait pas qu’il y avait trois autres entrées dans la Province d’Azur, où trois autres Compétences secrètes étaient peut-être scellées.
« Je vais me présenter. Je suis la Technique du Tigre Blanc massacreur, créée par un Empereur martial. Je ne peux révéler le nom de mon maître, mais sa puissance et sa force sont telles qu’un simple mouvement de ses orteils suffirait à faire s’effondrer cette terre et s’écrouler le ciel. C’est un être d’une puissance phénoménale. » À cet instant, le Tigre Blanc divin se présenta.
Face à cette situation, Chu Feng était préparé. Après tout, Eggy lui avait déjà appris, en se fiant à l’aura, que la Compétence secrète avait dû être créée par un Empereur martial. La jeune fille vêtue de violet, en revanche, affichait une expression stupéfaite. Elle ne s’attendait manifestement pas à ce que l’origine de la Compétence secrète soit si impressionnante.