Chapitre 137
« Ça… »
Les agissements de Chu Feng laissèrent les gens autour de lui sans voix, stupéfaits. Ils étaient si choqués qu’ils en restèrent bouche bée. L’homme aux favoris, surtout, avait le visage livide et une expression plus hideuse que jamais.
Des perles spirituelles. À quel point étaient-elles précieuses ? Il avait remué ciel et terre pour trouver celle qui lui avait permis d’acheter ce cheval de Ferghana, et ne l’avait obtenue qu’au prix de grandes difficultés.
Qui aurait cru qu’un jeune homme à l’apparence si ordinaire en sortirait deux sans hésiter ? Et qu’il en offrirait même une au garçon d’écurie ! Il en avait presque envie de vomir du sang, car il savait que le cheval de Ferghana qu’il admirait depuis si longtemps était destiné à appartenir à quelqu’un d’autre.
Contrairement à l’homme aux favoris, qui enrageait, les autres étaient admiratifs et jaloux. Ils enviaient au garçon d’écurie cette « fortune tombée du ciel ». Une seule perle spirituelle valait cent taëls d’or, et il venait de la lui offrir comme ça. De quoi lui assurer une vie confortable, sans le moindre souci.
À cet instant, tous les regards que l’on posait sur Chu Feng changèrent. Plus personne n’osait le mépriser, et chacun se montrait au contraire extrêmement respectueux. Certains se mirent même à lui sourire, espérant qu’un soudain accès de générosité le pousserait à leur offrir quelque chose.
« Jeune maître, ce cheval de Ferghana est à vous. Je vais de ce pas vous préparer de bons vins et de bons plats. » Le garçon d’écurie était si heureux que son visage rayonnait. Son immense sourire lui montait presque jusqu’aux oreilles, et il n’arrivait plus à le contenir.
« Préparez-moi aussi une chambre de première classe. » Chu Feng sourit et agita la main.
« Aucun problème. La meilleure chambre sera préparée pour que vous puissiez vous reposer. » Le garçon d’écurie rendit d’abord à l’homme aux favoris la perle spirituelle qu’il lui avait remise, puis rangea soigneusement les deux autres. Enfin, il s’empressa, tout joyeux, de préparer une chambre pour Chu Feng.
Chu Feng sourit, jeta un regard à l’homme aux favoris et demanda : « Alors, mon Sac cosmique a toujours l’air d’un faux ? »
« Hmph. Et alors, si tu as de l’argent ? Il faut une certaine cultivation pour dompter ce cheval de Ferghana. Tu ferais mieux de te méfier, sinon tu ne pourras même pas repartir d’ici. » L’homme aux favoris renifla froidement.
« Inutile de t’inquiéter pour ça. » Chu Feng sourit et se dirigea vers les chambres. Le plus drôle, c’était que les gens du peuple se précipitaient pour l’entourer et lui proposer de le guider.
« Chef, on lui donne vraiment ce cheval de Ferghana comme ça ? » En voyant Chu Feng s’éloigner, les hommes se rassemblèrent autour de leur chef.
« Le lui donner ? » L’homme aux favoris remit dans sa poche la perle spirituelle qu’on lui avait rendue, puis murmura : « Renseignez-vous sur l’endroit où va ce gamin. Comment pourrait-on laisser passer une si grosse prise ? »
Chu Feng arriva dans le quartier des chambres d’hôtes. Le garçon d’écurie lui avait déjà préparé une chambre de première classe et, peu après, lui apporta de bons vins et de bons plats. Il se montra très enthousiaste et veilla à ce que Chu Feng ne manque de rien.
Après la leçon du thé parfumé, Chu Feng se montra plus prudent. Il commença par sonder le tout à l’aide de son pouvoir spirituel. Une fois certain que le vin et les plats ne présentaient aucun problème, il se mit à manger à sa faim.
Après le repas, Chu Feng ne se hâta pas de quitter le relais. Il déploya d’abord une Formation spirituelle dans sa chambre, puis entreprit de raffiner les perles spirituelles et les perles d’Origine contenues dans son Sac cosmique. Après tout, il ignorait si la suite de son voyage lui réserverait de la chance ou des malheurs ; mieux valait donc commencer par élever sa cultivation.
Chu Feng commença par les perles spirituelles. À mesure que sa force augmentait, il les raffinait à une vitesse toujours plus terrifiante. En peu de temps, plusieurs milliers de perles spirituelles furent absorbées par la Foudre divine qui se trouvait dans son dantian. Pourtant, malgré les profonds changements survenus dans son dantian, il ne ressentit aucun signe de percée.
« Bon sang, ton appétit ne cesse de grandir ! Qui va bien pouvoir continuer à te nourrir comme ça ? »
Chu Feng resta sans voix. Il se prit soudain à regretter l’époque où quelques Herbes de l’Esprit sacré suffisaient à lui faire franchir un palier. À présent, même plusieurs milliers de perles spirituelles ne lui permettaient pas de progresser d’un seul niveau.
Il n’osait pas imaginer combien de richesses il lui faudrait dépenser pour continuer à progresser une fois qu’il aurait atteint le Royaume de l’Origine, le Royaume du Profond, voire le Royaume Céleste. Son avenir était déjà là, et un problème immense et ardu se dressait devant lui.
« Ne te plains pas. La Foudre divine qui se trouve en toi est liée à ton corps. Si je ne me trompe pas, tu possèdes aussi un Corps divin accordé par le Ciel. » À cet instant, la voix douce et mélodieuse d’Eggy retentit.
« Un Corps divin accordé par le Ciel ? Qu’est-ce que c’est ? » Chu Feng fut stupéfait.
« C’est un type de corps particulier. À la naissance d’un tel corps, des phénomènes inhabituels se manifestent dans le monde. Ils représentent généralement les capacités spéciales que maîtrise une personne dotée d’un Corps divin, ainsi que les forces et les faiblesses de ces capacités. »
« Si mes suppositions sont justes, Qingxuantian, le créateur des Tombes de l’Empereur, devait posséder un Corps divin. Ses exploits de l’époque et son physique particulier étaient indissociables. » Eggy lui expliqua la chose.
« Ça veut dire que la Foudre divine dans mon dantian ne faisait qu’un avec moi à l’origine ? » Chu Feng se réjouit. Il avait toujours eu l’impression que la Foudre divine qui se trouvait dans son corps était une entité qui s’y était introduite de force. Il n’avait jamais compris ce qu’elle cherchait à accomplir.
Pourtant, après avoir entendu les explications d’Eggy, il se sentit beaucoup plus rassuré. Il était fort probable que la Foudre divine ne faisait qu’un avec lui à l’origine. Si elle était entrée dans son corps, c’était uniquement pour le rendre plus fort ; elle ne lui ferait certainement aucun mal.
« Ne te réjouis pas trop vite. Un Corps divin est inné, et les phénomènes inhabituels se produisent à la naissance. Ses capacités spéciales se révèlent également après le début de la cultivation martiale. »
« Mais toi… Même si des phénomènes inhabituels se sont bel et bien manifestés à ta naissance, la Foudre divine n’est entrée dans ton corps qu’une fois que tu as grandi. Et jusqu’à présent, à part le fait que ta cultivation est plus rapide que celle des autres et que la qualité de ton énergie spirituelle est bien supérieure, aucune capacité spéciale n’a été découverte. »
« Je ne peux donc pas affirmer que tu possèdes un Corps divin. En revanche, je peux être certaine que la Foudre divine qui se trouve en toi est une bonne chose et qu’elle te rendra plus fort. Si tu parviens à trouver les ressources des Tombes de l’Empereur, tu pourrais même dépasser quelqu’un comme Qingxuantian. » Eggy le lui rappela.
« Mm. Peu importe que je possède ou non un Corps divin. Avec suffisamment de ressources, je pourrai certainement devenir rapidement plus fort. » La confiance de Chu Feng redoubla aussitôt, et il se mit à raffiner les perles d’Origine.
Une perle d’Origine pénétra dans son ventre. Elle ne se transforma pas en énergie spirituelle, mais en puissance d’Origine. Il fallait dire que la qualité de la puissance d’Origine était très différente de celle de l’énergie spirituelle.
Pourtant, dans le corps de Chu Feng, la puissance d’Origine se transforma en une immense quantité d’énergie spirituelle. Pour Chu Feng, à présent, même cent perles spirituelles n’auraient pas provoqué de changement notable dans son dantian. En revanche, dès que cette unique perle d’Origine eut pénétré dans son ventre, il sentit clairement son dantian changer. Cela montrait bien à quel point les perles d’Origine étaient remarquables.
« Ces perles d’Origine sont vraiment précieuses. » Chu Feng en fut ravi et avala d’un coup toutes celles qu’il possédait.
Une fois absorbées, elles se transformèrent aussitôt en une énergie spirituelle sans limites. Mais celle-ci n’eut même pas le temps de déferler dans son corps : la Foudre divine du dantian de Chu Feng l’engloutit d’une seule bouchée.
La Foudre divine ne fit aucun effort, comme si cette puissante énergie spirituelle n’avait aucune importance à ses yeux. C’était à peine si elle suffisait à lui caler une dent.
Pourtant, le plus exaltant pour Chu Feng fut de sentir son aura s’élever rapidement, après que la Foudre divine eut englouti toute cette énergie spirituelle. Sa qualité changea, et il atteignit le sommet du Royaume de l’Esprit : le neuvième niveau.
Ce qui le réjouit, c’est que la sensation de renforcement ne s’atténua pas ; elle ne fit que s’intensifier.
« Se pourrait-il que je puisse franchir d’un seul coup le seuil du Royaume de l’Origine ? »