Chapitre 1 338
Après avoir renforcé son corps, Chu Feng attaqua avec encore plus de férocité. Dans ces conditions, Wang Qiang, qui s’était vanté d’avoir des os d’acier, ne pouvait pas rivaliser avec lui.
« Bang, bang, bang. »
Les deux hommes s’affrontèrent de nouveau à coups de poing et de pied. Chaque fois qu’ils entraient en collision, Chu Feng repoussait Wang Qiang de ses poings d’acier et de ses jambes de fer. Chacune de ses attaques faisait trembler le corps de Wang Qiang, lui engourdissait les mains et les pieds et lui arrachait une grimace de douleur.
Au début, par fierté, Wang Qiang n’avait pas fui la douleur. Sans rien dire, il serrait les dents et l’endurait.
Mais plus le combat s’éternisait, plus la douleur s’intensifiait. À la fin, ses mains et ses pieds engourdis étaient couverts d’entailles et ruisselaient de sang.
Wang Qiang finit par ne plus supporter la douleur. Il esquiva l’attaque de Chu Feng et recula en toute hâte, avant de lui crier : « A-assez, assez, assez ! »
« Ça alors… »
Tout le monde resta stupéfait. Les membres tremblants de Wang Qiang étaient couverts d’entailles et ruisselaient de sang.
En revanche, les membres de Chu Feng n’avaient pas changé : ils étaient parfaitement indemnes. En fait, il semblait même en meilleure forme qu’avant.
À cette vue, il ne faisait plus aucun doute que Chu Feng avait remporté une victoire écrasante dans ce combat au corps à corps.
« Qu’y a-t-il ? Tu n’as pas des os d’acier ? On ne te connaît pas comme le petit suzerain invincible ? » Chu Feng lui adressa un sourire radieux. Il ne cherchait pas à le ridiculiser, il le taquinait simplement.
« T-t-t… tu triches ! M-moi, j’ai des o-os d’acier, mais t-t-toi, t’es un dieu de guerre d’acier ! C-comment veux-tu que je gagne contre t-toi ? »
« M-mais ne prends p-pas la grosse tête ! Ce que je m-maîtrise le m-mieux, ce ne sont p-pas les attaques physiques. C’est les t-t-techniques martiales ! »
Wang Qiang était vraiment sans vergogne. Non seulement il n’éprouvait aucune honte après s’être vanté tout à l’heure, mais il changea de discours et recommença à fanfaronner.
« Très bien. Alors, laisse-moi voir à quel point tu maîtrises les techniques martiales », répondit Chu Feng avec un sourire.
« T-t-tu es sûr ? S-si j’utilise des t-t-techniques martiales, ça va être t-t-très effrayant », dit Wang Qiang d’un air assuré.
« J’ai hâte de voir à quel point elles sont effrayantes », répliqua Chu Feng.
« Jeune homme, t-tu ne sais vraiment p-pas à quel point le ciel est haut et la t-terre profonde. Si j’utilise des t-t-techniques martiales, ce sera vraiment effrayant. »
« Je p-pourrais bien te t-t-tuer. Je te conseille de r-r-réfléchir encore un peu », l’avertit Wang Qiang avec bienveillance.
« Dans ce cas, j’ai encore plus envie d’en faire l’expérience », répondit Chu Feng sans crainte.
« T-t-très bien. Puisque tu t-t-tiens tant à mourir, je vais t-t’aider à réaliser ton vœu. » Sur ces mots, Wang Qiang passa à l’attaque. Des bourrasques jaillirent de sa paume.
À leur arrivée, le ciel lui-même s’assombrit. Le soleil disparut derrière les ténèbres.
C’était une technique martiale, mais pas particulièrement puissante. Il ne s’agissait que d’une technique martiale de rang 3, de qualité inférieure.
En effet, c’était une technique martiale de rang 3, l’une des moins puissantes qui soient.
Et pourtant, même si elle n’était que de rang 3, entre les mains de Wang Qiang, elle déployait une puissance capable de tout anéantir sur son passage.
Voilà pourquoi les Rois martiaux étaient si redoutables. Bien sûr, cette technique martiale n’atteignait une telle puissance que grâce à Wang Qiang. Sa maîtrise des techniques martiales était véritablement exceptionnelle.
« Ha ! »
Mais Chu Feng était loin d’être un adversaire facile. Jusqu’à présent, personne ne l’avait jamais surpassé dans la maîtrise des techniques martiales.
Soudain, Chu Feng agita les mains et lança ses paumes vers l’avant à toute vitesse. Des détonations crépitèrent devant lui, comme une série de pétards : « Papapap ! »
D’innombrables paumes lumineuses apparurent devant Chu Feng, telles une pluie de météores. Elles se multiplièrent jusqu’à recouvrir tout l’espace devant lui, puis heurtèrent les bourrasques lancées par Wang Qiang. De nombreuses vagues d’énergie déferlèrent alors, semant le chaos alentour.
Chu Feng avait appris cette technique martiale à l’École du Dragon Azur : la Paume illusoire.
Comme la technique martiale de Wang Qiang, la Paume illusoire n’était que de rang 3. Pourtant, utilisée par Chu Feng, elle déployait elle aussi une puissance bien supérieure à ce que son rang laissait présager.
Mais Wang Qiang était vraiment redoutable. En voyant la puissance de la Paume illusoire de Chu Feng, son regard fuyant se fit grave.
Dès que Wang Qiang se concentra, sa technique martiale de rang 3, fondée sur le vent violent, gagna encore en puissance. La bourrasque s’étendit sur une centaine de lieues à la ronde.
Tel un mur infranchissable, elle arrêta net les Paumes illusoires de Chu Feng qui emplissaient le ciel.
Entre les mains de Wang Qiang, cette technique martiale de rang 3 déployait tout son potentiel.
Malheureusement pour lui, son adversaire était Chu Feng. Celui-ci maîtrisait si bien les techniques martiales qu’il ne se contentait pas d’en libérer toute la puissance : il pouvait aussi en renforcer la force et les propriétés jusqu’à leur faire atteindre un tout autre niveau.
La Paume illusoire avait pour particularité de rendre presque impossible la distinction entre les véritables frappes et leurs simulacres. Elle servait à prendre l’adversaire par surprise.
La Paume illusoire était particulièrement efficace au corps à corps. Mais à distance, surtout face à une technique martiale de grande envergure comme celle de Wang Qiang, il lui était très difficile de déployer ses atouts.
Pourtant, entre les mains de Chu Feng, elle parvenait toujours à faire montre de ses propriétés, tout en déployant une puissance qui dépassait sa nature.
En utilisant la Paume illusoire, Chu Feng en créa délibérément un très grand nombre, afin d’attirer l’attention de Wang Qiang grâce à leur éclat.
Dans le même temps, il en dissimula une partie à l’aide de techniques des Esprits du Monde, puis les fit contourner le mur de vent créé par la technique martiale de Wang Qiang pour attaquer celui-ci par-derrière.
« T-t-tu as du talent. On dirait que t-t-tu n’es p-pas quelqu’un qu’on peut prendre à la légère. »
« M-mais, m-malheureusement pour toi, t-t-tu es tombé sur moi. »
« La particularité de t-t-tes p-p-petites paumes de l-l-lumière, c’est qu’on a du m-mal à distinguer les vraies des f-fausses. Elles ne s-s-servent qu’au c-c-corps à corps, pour surprendre l’adversaire. »
« Mais mes c-c-coups de paume s-soulèvent le v-vent. Ils c-c-contrent justement tes p-p-petites paumes. »
« Hé hé, voilà p-pourquoi je suis si f-f-fort. A-a-as-tu peur, maintenant ? »
Wang Qiang était bel et bien remarquable. Non seulement il avait réussi à contrer la Paume illusoire de Chu Feng, mais il en avait aussi percé les particularités. Malheureusement, il n’avait pas remarqué ce que Chu Feng préparait dans l’ombre.
Soudain, une intention meurtrière envahit le dos de Wang Qiang. Les Paumes illusoires que Chu Feng avait dissimulées grâce à ses techniques spirituelles avaient non seulement réussi à le contourner, mais elles passaient maintenant à l’attaque.
« Putain ! » Wang Qiang changea brusquement d’expression. Il était pris de court.
Mais Wang Qiang n’était pas un adversaire ordinaire. Au moment même où les Paumes illusoires de Chu Feng allaient le frapper, il parvint à les repérer.
Il déplaça alors ses pieds et utilisa aussitôt une technique martiale de déplacement subtile pour esquiver sur le côté.
Au début, beaucoup ne comprirent pas pourquoi Wang Qiang avait fait cela. Ce ne fut que lorsque les Paumes illusoires dissimulées par Chu Feng se révélèrent et explosèrent à l’endroit où Wang Qiang se tenait un instant plus tôt qu’ils comprirent : Chu Feng avait caché sa technique martiale et lancé une attaque-surprise dans le dos de Wang Qiang.
« C’est vraiment incroyable. Sa maîtrise des techniques martiales est terrifiante ! »
Devant ce spectacle, même les experts de l’ancienne génération ne purent s’empêcher de faire l’éloge de Chu Feng, sans parler des jeunes. Tous étaient impressionnés par son talent.
Car même eux n’auraient jamais imaginé que Chu Feng puisse employer une telle méthode en si peu de temps.
« C-c’est vraiment ignoble ! »
« T-t-tu as vraiment essayé de m’attaquer par d-d-derrière ? »
« P-putain, tu m’as f-f-foutu une de ces trouilles ! »
« H-heureusement que j’ai eu de bons r-r-réflexes. Sinon, tu m’aurais r-r-réduit en bouillie ! »
Wang Qiang se tapota la poitrine, le visage marqué par la peur. Il n’avait pas l’air de jouer la comédie : on aurait dit que l’attaque-surprise de Chu Feng l’avait vraiment terrifié.