Chapitre 1 292
À la vue de la dépouille de Sima Huolie, Sima Ying ne put retenir son chagrin et fondit aussitôt en larmes. Deux ruisseaux de larmes coulèrent sur ses joues tandis qu’elle sanglotait doucement.
Pourtant, hormis Sima Ying, personne dans la grande salle du palais ne pleurait. En fait, pas la moindre trace de tristesse ne se lisait sur leurs visages. On n’y voyait que du ressentiment.
Certains allèrent même jusqu’à rire froidement, se réjouissant du malheur d’autrui. On aurait dit qu’ils estimaient que Sima Huolie méritait de mourir.
« Haha, c’est formidable, vraiment formidable. Les Cieux n’ont pas abandonné notre Famille Sima. »
Soudain, le maître de la Villa Sima éclata de rire. Il contempla la dépouille de Sima Huolie, les yeux brillants.
Sans la moindre pitié, il déclara : « L’énergie de source est encore intacte. Elle devrait se vendre à bon prix. »
« Qu’est-ce que vous venez de dire ? Vous n’avez pas l’intention d’enterrer la dépouille de mon grand-père dans la Tombe ancestrale ? »
En entendant ces mots, Sima Ying s’alarma aussitôt. Jamais elle n’aurait imaginé que le maître de la Villa Sima puisse dire une chose pareille. Qu’il n’ait pas l’intention d’ensevelir la dépouille de Sima Huolie dans la Tombe ancestrale était déjà une chose ; qu’il veuille vendre l’énergie de source de son grand-père en était une tout autre.
« L’enterrer dans la Tombe ancestrale ? Quelqu’un comme Sima Huolie ne le mérite pas. »
« Hum ! De son vivant, pas un seul membre de notre Famille Sima n’a tiré le moindre avantage de lui, pas un seul n’a reçu son aide. »
« Maintenant qu’il est mort, vendre son énergie de source peut être considéré comme une petite compensation pour notre Famille Sima », déclara sans pitié le maître de la Villa Sima.
Son visage ne portait pas la moindre trace de honte. Au contraire, il estimait agir comme il se devait, de manière parfaitement convenable et juste.
« Espèce de salaud, rends-moi mon grand-père ! »
À ces mots, Sima Ying explosa enfin de rage. La colère qu’elle avait contenue en elle se déchaîna.
Sa fureur envahit instantanément toute la salle du palais et en fit chuter la température de plusieurs degrés.
À cet instant, Sima Ying ressemblait à un tigre enragé. Après avoir rugi de colère, elle se rua sur le maître de la Villa Sima, déployant la puissance d’un Roi martial de rang six pour lui reprendre la dépouille de son grand-père.
« Boum. »
Mais avant que Sima Ying ne puisse l’approcher, le maître de la Villa Sima balaya la salle de sa manche, projetant devant lui une puissance martiale sans limites qui la repoussa.
Bien que Sima Ying fût une génie, elle excellait surtout dans les techniques des Esprits du Monde. De plus, celles qu’elle maîtrisait n’étaient pas des techniques offensives. Elle ne pouvait donc pas accroître sa puissance de combat grâce à ses techniques spirituelles.
Quant à sa cultivation martiale, sa véritable puissance de combat ne dépassait que d’environ deux rangs celle d’une personne ordinaire. Elle avait donc tout juste la force d’affronter un Roi martial de rang huit ordinaire.
Ainsi, face à un Roi martial de rang neuf, Sima Ying n’avait aucune chance, quelle que fût la puissance de combat de son adversaire.
« Une petite comme toi ose s’en prendre à moi ? Tu tiens vraiment à mourir. » Après l’avoir repoussée, le maître de la Villa Sima renifla avec mépris. Il fit claquer sa manche pour montrer sa puissance, puis lança à Sima Ying : « Dégage, je ne veux plus jamais voir ta tête. À l’avenir, ne remets plus les pieds dans notre Famille Sima. Sinon, ne m’en veux pas de me montrer impitoyable. »
« Seigneur maître, vous ne pouvez pas la laisser partir. Si elle retourne à l’Alliance des Esprits du Monde et revient avec des renforts, nous courons à la catastrophe », avertit quelqu’un à cet instant.
« Hmm, c’est vrai. » À ces mots, le maître de la Villa Sima parut soudain comprendre. Une lueur meurtrière traversa alors son regard. Il fixa Sima Ying et déclara froidement : « Dans ce cas, je ne peux pas vous laisser partir, ni toi ni lui. »
Dès que le maître de la Villa Sima eut prononcé ces mots, la Famille Sima bloqua aussitôt l’entrée de la grande salle du palais.
Dans le même temps, de nombreuses personnes dégainèrent leurs Armements royaux et libérèrent leur aura, les uns après les autres. Elles encerclèrent ainsi Sima Ying, déterminées à la retenir sur place.
Sima Ying n’était pas la seule à être encerclée : onze individus armés d’Armements royaux avaient également entouré Chu Feng.
À leur attitude, il était évident qu’ils comptaient éliminer Sima Ying et Chu Feng pour les empêcher de retourner à l’Alliance des Esprits du Monde.
Chu Feng observa les onze individus qui l’avaient encerclé sans même songer à résister ; il se contenta d’un sourire méprisant.
Ce n’était pas eux qui pourraient le retenir ; même si toute la Famille Sima s’y mettait, elle n’y parviendrait pas.
« Vous… vous tous… »
Bien que Chu Feng demeurât parfaitement calme, le teint de Sima Ying était déjà devenu livide. Ses beaux yeux grands ouverts exprimaient à la fois colère et incrédulité.
Jamais elle n’aurait imaginé que ceux qu’elle avait pris pour des proches, et qui l’avaient autrefois traitée avec révérence, puissent être pareils.
Non seulement ils s’étaient retournés contre elle et comptaient vendre la dépouille de son grand-père, mais ils voulaient aussi la tuer pour la réduire au silence.
Comment pouvait-on avoir des proches pareils ?
Ils n’étaient tout simplement pas dignes d’être considérés comme des proches ! C’étaient des ennemis, et même des êtres plus malveillants que de véritables ennemis !
À cet instant, la colère de Sima Ying atteignit son paroxysme. Jamais de toute sa vie elle n’avait été aussi furieuse. Elle en avait le cœur, le foie et les poumons prêts à exploser.
« Ha, haha, haha… » Soudain, Sima Ying, consumée par la colère, se mit à rire d’un rire sinistre et sonore.
Oui, elle riait. Son visage restait empreint de colère, et pourtant elle riait bel et bien. Son rire avait même quelque chose d’effrayant.
« De quoi cette fille rit-elle ? Elle n’aurait tout de même pas perdu la tête de peur ? » En voyant Sima Ying rire, les membres de la Famille Sima furent perplexes.
« Maudite fille, qu’est-ce qui te fait rire ? » demanda froidement le maître de la Villa Sima.
« Je ris parce que je me réjouis. Je me réjouis que mon grand-père ne vous ait pas aidés. Des ordures comme vous n’étaient tout simplement pas dignes de recevoir son aide », répondit Sima Ying en grinçant des dents de rage.
« Maudite fille, si nous ne te donnons pas une leçon, tu vas vraiment nous prendre pour des tigres édentés. »[1. Par opposition aux tigres.] En entendant Sima Ying, les membres de la Villa Sima présents dans la grande salle du palais s’emportèrent tous.
L’un d’eux passa même à l’attaque. Brandissant une grande lame d’or étincelante, il l’abattit sur Sima Ying.
L’assaillant était un vieil homme. À en juger par son apparence, il avait sans aucun doute plus de cent ans. Sa cultivation n’était pas faible non plus : il dépassait Sima Ying d’un niveau et était un Roi martial de rang sept.
Son attaque était impitoyable. Il visait l’épaule gauche de Sima Ying et comptait lui trancher le bras.
« Boum. »
Mais à cet instant, un bruit sourd retentit. Le vieil homme qui attaquait Sima Ying explosa sur place. Non seulement il ne parvint pas à la toucher, mais son corps éclata en morceaux et se changea en une large flaque de sang qui éclaboussa le sol. La grande lame, un Armement royal, qu’il tenait à la main fut elle aussi pulvérisée.
« Qui ? Qui a fait ça ? » La scène soudaine choqua profondément toutes les personnes présentes.
Sima Ying n’avait manifestement rien fait. Et même si c’était elle, il lui aurait été impossible de tuer le vieil homme avec une telle facilité. Après tout, c’était un Roi martial de rang sept.
À cet instant, les membres de la Famille Sima furent tous terrifiés. Ils ne savaient pas si un expert de l’Alliance des Esprits du Monde s’était faufilé dans les lieux. Si c’était le cas, vu leur comportement, un grand désastre allait assurément s’abattre sur eux.