Chapitre 1 116
À cet instant, la majorité des maîtres d’école et des disciples suivirent le Singe blanc, Demi-empereur martial.
Beaucoup choisirent toutefois de rester. Ils savaient qu’ils n’avaient aucune chance de remporter un drapeau. Plutôt que de se couvrir de ridicule, ils décidèrent donc d’entrer tranquillement dans la Forêt de Cyanwood et de devenir docilement des disciples principaux. Peut-être pourraient-ils ainsi saisir une occasion de devenir plus forts à l’avenir.
Après tout, seuls quelques participants pourraient obtenir un drapeau lors d’une telle compétition. Vu la force de leurs adversaires, il était tout à fait normal qu’ils n’en remportent aucun.
Cependant, nombreux étaient ceux qui voulaient toujours profiter du chaos et tenter leur chance. C’est pourquoi, même s’il y avait moins de cent drapeaux en tout, chaque compétition des commandants réunissait toujours au moins dix mille disciples.
Guidés par le Singe blanc, Demi-empereur martial, Chu Feng et les autres arrivèrent sur le lieu de la compétition pour s’emparer des drapeaux. C’était une chaîne de montagnes suspendue dans le ciel. Plus exactement, une forêt de pierres flottant dans les airs.
À cet instant, devant Chu Feng et ses compagnons, des pierres s’étendaient à perte de vue. Elles étaient très particulières : toutes différentes par leur taille et leur forme. Les plus petites ne dépassaient pas celle d’une pastèque, tandis que les plus grandes frôlaient le kilomètre de haut et ressemblaient à d’immenses montagnes dressées dans le ciel.
Ces pierres étaient isolées les unes des autres, séparées par des espaces. De plus, des runes et des symboles particuliers recouvraient leur surface. Elles scintillaient et flottaient dans les airs, offrant un spectacle magnifique et grandiose.
« Je suppose que vous avez déjà expliqué les règles de la compétition des commandants à vos disciples. Je ne vais donc pas m’étendre en paroles superflues. Je n’ai qu’une seule chose à vous dire : bonne chance à tous. »
Une fois arrivé, le Singe blanc, Demi-empereur martial, agita la main pour inviter la foule à pénétrer dans la forêt de pierres. Les disciples n’hésitèrent pas non plus. Un à un, ils s’envolèrent dans cette vaste forêt qui s’étendait à perte de vue, déterminés à tenter de remporter un drapeau.
En vérité, les règles de la compétition des commandants étaient très simples. Il y avait en tout quatre-vingt-quatorze drapeaux, tous dissimulés dans ces pierres.
Mais chacun devait découvrir par lui-même où se trouvaient les drapeaux. De plus, des Formations spirituelles particulières protégeaient les pierres, empêchant quiconque de les briser de force. Il fallait donc employer des techniques de formation spirituelle pour défaire les Formations spirituelles qui les recouvraient et vérifier si elles cachaient un drapeau.
Or, défaire ces Formations spirituelles prenait beaucoup de temps. Si quelqu’un manquait de discernement et choisissait la mauvaise pierre, il ne découvrirait l’absence de drapeau qu’après avoir défait la Formation, au prix d’un temps précieux. Ce temps perdu donnerait aux autres de meilleures chances d’en trouver. Les disciples agissaient donc avec beaucoup de prudence et se hâtaient de gagner les profondeurs de la forêt de pierres, car les années précédentes, la plupart des drapeaux avaient été cachés dans ses recoins les plus reculés.
À cet instant, Chu Feng et Bai Ruochen volaient côte à côte. Les disciples de la Secte de l’Ascension et de la Forêt de Cyanwood du Sud les suivaient. Ils ne se pressaient pas pour chercher les drapeaux, préférant rester entièrement concentrés sur Chu Feng et Bai Ruochen, tels des gardes protégeant leurs commandants, tout en gardant une certaine distance. Chu Feng et Bai Ruochen avançaient à un rythme régulier. Tous deux inspectaient avec attention les pierres alentour en employant leurs propres méthodes.
« Sœur cadette Bai, à ton avis, lequel de nous deux… » commença Chu Feng avec un sourire après avoir examiné les pierres.
« Qui appelles-tu sœur cadette ? » Bai Ruochen lui lança un regard de côté et répondit d’un ton contrarié : « Appelle-moi sœur aînée. »
Les disciples de la Secte de l’Ascension qui les suivaient froncèrent eux aussi les sourcils. Chu Feng était vraiment le premier à oser s’adresser ainsi à Bai Ruochen. Pourtant, en voyant qu’elle se contentait de lui lancer un regard de côté sans se mettre en colère, ils trouvèrent la scène encore plus incroyable. Comparée à son tempérament, la réaction de Bai Ruochen était d’une douceur remarquable.
« Peu importe la façon dont les disciples de ta Secte de l’Ascension s’adressent à toi, je n’en fais pas partie. Quoi qu’il en soit, je m’en tiens à l’âge pour déterminer qui est l’aîné. Si tu prétends être plus âgée que moi, je t’appellerai volontiers sœur aînée », répondit Chu Feng avec un grand sourire.
« Toi… Laisse tomber, fais comme tu veux. » Bai Ruochen resta sans voix. Elle était manifestement plus jeune que Chu Feng ; elle ne pouvait donc pas prétendre le contraire, car cela reviendrait à dire qu’elle était plus âgée que lui. Vu son jeune âge et son visage encore juvénile, comment aurait-elle pu se présenter comme une vieille femme ?
Après avoir côtoyé Bai Ruochen pendant des mois, Chu Feng avait déjà compris son tempérament et prévu sa réaction. Mais il ne s’empressa pas de savourer sa victoire. Il fit plutôt signe aux disciples de la Secte de l’Ascension et de la Forêt de Cyanwood du Sud qui les suivaient. « Qu’est-ce que vous faites à nous suivre ? Allez vite chercher les drapeaux. »
« Euh… » En entendant Chu Feng, les disciples de la Forêt de Cyanwood du Sud échangèrent des regards, puis s’éloignèrent les uns après les autres.
Les disciples de la Secte de l’Ascension, eux, furent stupéfaits par son geste et en restèrent bouche bée. Chu Feng ne pouvait être plus clair : il les chassait ouvertement.
Mais qui était Chu Feng ? Quel était son rang et quelle était sa force ? Il n’était qu’un simple disciple de la Forêt de Cyanwood du Sud. Chasser ceux de sa propre forêt, soit, mais de quel droit les chassait-il, eux ? Même s’ils savaient que leur Secte de l’Ascension s’était alliée à la Forêt de Cyanwood du Sud, ils n’accordaient aucune considération à ses disciples.
Pourtant, à cet instant, les disciples les plus puissants et les plus éminents de la Secte de l’Ascension se hâtèrent de partir sans un mot.
Ceux qui partirent les premiers étaient les disciples qui s’étaient entraînés ce jour-là dans la Pagode de la Forêt de Cyanwood du Sud. Ils avaient éprouvé la puissance de Chu Feng de leurs propres yeux et l’avaient vu vaincre Bai Ruochen. Ils savaient donc parfaitement à quel point il était fort et n’osaient naturellement pas lui désobéir.
Mais comme ces disciples n’avaient rien raconté de ce qui s’était passé ce jour-là, seuls quelques membres de la Secte de l’Ascension connaissaient la véritable force de Chu Feng. Ainsi, les disciples qui n’étaient au courant de rien virent leurs aînés, qu’ils admiraient, obéir à Chu Feng et s’éloigner les uns après les autres. Leur esprit se remplit de questions.
En voyant Chu Feng parler ainsi à Bai Ruochen sans qu’elle réagisse, ils comprirent toutefois plus ou moins que ce disciple de la Forêt de Cyanwood du Sud n’était sans doute pas un homme ordinaire. Au moins connaissait-il très bien Bai Ruochen, car aucun disciple de la Secte de l’Ascension n’osait lui parler ainsi. En réalité, c’était simplement qu’ils n’avaient pas l’occasion de l’approcher. Après avoir longuement hésité, les disciples de la Secte de l’Ascension commencèrent à partir à leur tour, un par un.
« Hé hé. Dis-moi, lequel de nous deux remportera le Drapeau du Commandant, à ton avis ? » Chu Feng se tourna vers Bai Ruochen avec un grand sourire. Son regard laissait entendre qu’il avait déjà ourdi un plan.
« Tu remporteras le Drapeau du Commandant », répondit Bai Ruochen avec assurance. Elle n’avait même pas pris le temps d’y réfléchir.
« Quoi ? Comment peux-tu manquer autant de confiance en toi ? Ce n’est pas ton genre. » Chu Feng afficha une expression surprise. Il fut malgré lui quelque peu déçu, car son plan sournois venait d’échouer.
Au départ, Chu Feng voulait profiter de l’orgueil de Bai Ruochen pour lui proposer un pari et lui soutirer quelques avantages. Mais il ne s’était pas attendu à ce qu’elle lui réponde ainsi, réduisant son plan à néant.