Chapitre 107
Après avoir appris tout cela, Chu Feng sentit une chaleur indescriptible envahir son cœur, car il comprit que sa famille ne l’avait pas abandonné. Au contraire, elle lui avait déjà bâti des fondations solides.
Il se dit que sa famille devait avoir eu une raison de le laisser derrière elle. Il devait connaître cette raison, retrouver sa famille, ses parents, afin de découvrir ce qui s’était réellement passé.
« Hé, hé, hé ! À quoi tu penses ? Dépêche-toi de me libérer ! » Voyant Chu Feng plongé dans ses pensées, l’œuf noir se mit à vociférer.
« Dis donc, tu me prends pour un imbécile ou tu te crois plus malin que tu ne l’es ? Tu débordes de rancœur. Si je te libère, autant me jeter dans la gueule du loup. »
Chu Feng lui lança un regard féroce, puis cessa de lui prêter attention. Il s’assit en tailleur et entreprit de mettre de l’ordre dans ses pensées afin d’établir un lien avec la puissance de la Formation spirituelle.
« Hé, Chu Feng, espèce de sale morveux ! Tu oses m’ignorer ? »
« Espèce de bâtard, tu veux établir un lien avec la puissance de la Formation spirituelle, c’est ça ? Je peux t’apprendre. »
« Tu veux toujours vaincre ce Gong Luyun ? Je peux t’aider. Hé !!! » L’œuf noir se mit à trembler violemment, comme s’il craignait que Chu Feng ne lui prête aucune attention.
« Tu peux vraiment m’aider à établir un lien avec la puissance de la Formation spirituelle ? »
Chu Feng la regarda avec méfiance. Il ne cherchait pas à lui tendre un piège, mais il venait d’essayer d’établir ce lien et avait alors compris que, même si l’Espace des Esprits du Monde avait été créé, il était encore très difficile d’accéder à cette puissance.
« Bien sûr que oui. Tu crois que je suis là pour faire joli ? »
« La puissance de la Formation spirituelle se trouve déjà dans l’Espace des Esprits du Monde. Seulement, elle ne te laisse pas l’utiliser. »
« Si tu essaies de t’y relier avec ton pouvoir spirituel, tu devras la chercher point par point et la comprendre petit à petit. Ça te prendra plusieurs jours, et tu ne pourras te connecter qu’à une infime partie de la puissance de la Formation spirituelle. »
« Mais j’ai ici une incantation. Il te suffira de la réciter pour pouvoir utiliser cette puissance. »
« Bien sûr, la quantité que tu pourras en utiliser dépendra toujours de ta force personnelle, car la puissance de la Formation spirituelle est égale à celle de ton pouvoir spirituel », expliqua l’œuf noir.
« Une incantation ? Ce ne serait pas celle qui va briser ton sceau, par hasard ? » Chu Feng ne crut pas un mot de ce que disait l’œuf noir.
« Hé, hé, hé ! De quoi as-tu peur ? C’est ton propre monde spirituel, et tout y est sous ton contrôle. Je ne peux pas te faire de mal. »
« En plus, je t’ai dit que j’avais été scellée. Non seulement mon corps est entravé par cette fichue chose, mais ma cultivation est également bridée. Je suis bien moins forte que toi, pour l’instant. »
« Sinon, pourquoi aurais-je besoin de toi pour briser ce sceau ? J’aurais déjà détruit cette chose. » L’œuf noir semblait un peu irrité.
Chu Feng réfléchit à ses paroles et les trouva plutôt sensées. Il lui demanda alors : « Dis-moi l’incantation, et je verrai si elle est utile. »
« Ha ! Tu veux que je te la donne gratuitement ?! » Une voix méprisante s’éleva de l’œuf noir.
« Alors, qu’est-ce que tu veux pour me la révéler ? »
« C’est très simple. Aide-moi à briser ce sceau. »
« N’y pense même pas ! »
« Hé ! T’es un homme, oui ou non ? Pourquoi es-tu si lâche ? Je t’ai déjà dit que ma cultivation était scellée et que je ne pouvais pas te faire de mal. Et puis, c’est ton propre monde spirituel. »
« N’essaie pas de me duper. Cet Espace des Esprits du Monde est extrêmement étrange et il ne m’obéit même pas. Sinon, pourquoi ne puis-je pas utiliser la puissance de la Formation spirituelle ? Pourquoi dois-je encore établir un lien avec elle ? »
« Imbécile, imbécile, imbécile. Je le jure devant le Ciel, je ne te ferai aucun mal, d’accord ? En fait, je suis quelqu’un de très gentil. »
[NDT : « Imbécile » contient le caractère « œuf ».]
« Je viens pourtant d’entendre quelqu’un dire qu’elle ferait payer le prix à la personne qui l’avait enfermée ici, si jamais elle découvrait qui c’était. »
« Elle veut seulement que cette personne paie, pas lui ôter la vie, d’accord ? Si tu étais à ma place, après avoir été enfermée quinze ans au même endroit, sans rien à manger ni à boire, sans même avoir quelqu’un à qui parler, tu ne ressentirais pas de rancœur, toi aussi ? »
« Même si la famille Chu t’a maltraité et fait souffrir, au moins, quelqu’un pouvait te maltraiter. Et moi ? Même si je voulais qu’on me maltraite, je ne le pourrais pas. »
« Je t’ai attendu ici avec impatience. Après toutes ces difficultés, tu as enfin réussi à entrer, et tu refuses de m’aider. Tu es vraiment le plus grand des enfoirés… » À ces mots, des sanglots s’élevèrent de l’œuf noir.
Sa voix si douce sanglotait si tristement que c’en était insoutenable. Et après avoir entendu ses paroles, Chu Feng ne put s’empêcher de s’attendrir.
Après y avoir bien réfléchi, Chu Feng estima qu’elle n’avait pas entièrement tort. Il lui demanda donc : « Comment puis-je t’aider à briser le sceau ? »
« Tu ne peux pas briser le sceau qui se trouve dans mon corps, mais tu peux m’aider à détruire cette chose. Au moins, je serai libre dans ton monde spirituel. »
« C’est simple. Il te suffit de frapper de toutes tes forces, une seule fois… »
« C’est tout ? » Chu Feng en doutait un peu.
« C’est tout. Si tu ne me crois pas, essaie donc. » La voix qui s’éleva de l’œuf noir ressemblait à celle d’une enfant capricieuse.
« Très bien. Éloigne-toi autant que possible, pour que mon coup ne te blesse pas. »
Chu Feng s’approcha de l’œuf noir et commença par l’examiner à l’aide de son pouvoir spirituel. Il constata qu’il était très étrange et qu’il ne pouvait pas le percer à jour.
Il serra les dents et, soudain, lança son poing. Dans un grand fracas, une empreinte de poing apparut sur l’œuf noir. D’innombrables petites fissures se formèrent et commencèrent à se propager.
Crac, crac, crac.
Les fissures s’étendirent rapidement, produisant sans cesse des craquements distincts. L’étrange œuf noir se brisa réellement sous le seul coup de Chu Feng, et des morceaux commencèrent à s’en détacher.
Finalement, l’énorme œuf noir se fendit en deux. Au même instant, une silhouette magnifique apparut sous les yeux de Chu Feng.
C’était une jeune fille à la peau blanche comme la neige hivernale, dont la surface rosée semblait luire. Au premier regard, on voyait combien sa peau était lisse ; elle donnait vraiment envie de la toucher.
Pourtant, ce qui attira le plus Chu Feng fut le visage de la jeune fille. Sur ce visage parfait, aux contours délicats, se dessinaient deux grands yeux brillants. Dans ses pupilles noires, on aurait dit qu’un fleuve d’étoiles s’étendait, à la fois profond et captivant.
Sous ses beaux yeux se trouvait un nez délicat. Plus bas, une petite bouche douce et rose. Ses lèvres légèrement retroussées étaient d’une beauté ensorcelante et extrêmement séduisante.
Ses cheveux noirs retombaient sur ses épaules d’un blanc de neige, lui donnant un charme envoûtant. Sa silhouette était absolument parfaite, avec des courbes généreuses là où il le fallait.
Sa jupe était tout aussi singulière. Tissée de plumes noires, dont personne ne connaissait l’espèce, elle était d’une beauté exceptionnelle.
La jupe noire était surtout très courte. Elle dévoilait ses épaules d’un blanc de neige et ses jambes immaculées ; ce contraste entre le noir et le blanc la faisait ressembler à une fée. Sa beauté était à couper le souffle.
Elle était belle. D’une beauté exceptionnelle. C’était tout simplement la plus belle femme que Chu Feng eût jamais vue de sa vie.
Si l’on disait que les sœurs Su Rou et Su Mei pouvaient faire tomber une ville par leur beauté, celle de cette jeune fille pouvait assurément stupéfier tous les êtres vivants.