Chapitre 811
Les Marionnettes agricoles étaient spécialement conçues pour la culture, leur efficacité était prodigieuse : en moins d’une demi-heure, toutes les cultures furent semées. Ensuite, « Tian » activa les trois types d'énergie spirituelle, les infusant dans les zones de croissance des cultures de première catégorie.
Avec le développement de la Civilisation des Arts Martiaux, Ye Ming maîtrisait désormais plus d’une centaine de cultures de première catégorie, dont beaucoup étaient de nouvelles variétés, à rendement supérieur et à utilité accrue. Ces cultures étaient plantées en masse, principalement des céréales, puis des légumes, et quelques fruits.
Puis, les cultures de deuxième et troisième niveau de première catégorie furent également plantées, mais sur des surfaces bien plus vastes. Sur tout le Monde des Arts Martiaux, on ne cultivait plus que des cultures de première catégorie, le niveau le plus bas étant désormais la neuvième catégorie de première classe.
Bien sûr, l’homme ne vit pas que de végétaux, il lui faut aussi de la viande. Ye Ming importa donc de grandes quantités de volailles et de bétail, comme le poisson Babao, le mouton Jiuzhen, le bœuf Buyun, etc., dont la valeur et l’utilité n’étaient pas moindres que celles des cultures de première catégorie. Naturellement, leur alimentation était elle aussi très coûteuse, nécessitant au minimum des cultures de neuvième catégorie de première classe.
Semer les céréales, bâtir des élevages, construire des usines de transformation… Ye Ming s’activa sans relâche. Heureusement, grâce à l’aide de « Tian » et à l’armée de Marionnettes, tout fut mené tambour battant. Deux jours plus tard, tout était prêt.
Vint ensuite la question de la répartition. Ye Ming améliora l’alimentation de tous les habitants du Monde des Arts Martiaux : même les plus modestes consommaient désormais des cultures de neuvième catégorie de première classe et du bétail ordinaire. Plus leur niveau de cultivation et leur contribution à la société augmentaient, plus ils pouvaient accéder à des aliments de haut niveau. Par exemple, au stade de Saint Martial, on pouvait déjà manger des cultures de première catégorie et toutes les volailles et bétails.
Quant à ceux au-dessus du niveau de Saint Martial, ils bénéficiaient de traitements encore supérieurs : pilules de haut niveau, techniques de cultivation avancées, Pouvoirs surnaturels, etc. C’était un changement considérable, car auparavant, seuls les cultivateurs au stade du Dieu Martial pouvaient consommer des cultures de première catégorie.
Si une telle amélioration fut possible, c’est parce que le Monde des Arts Martiaux contrôlait désormais un quart du continent originel, disposant de ressources abondantes. Sinon, il aurait été impossible de nourrir une population aussi nombreuse. Bien sûr, cette décision de Ye Ming mettait aussi le Monde des Arts Martiaux sous une pression énorme, le poussant à rechercher toujours plus de ressources.
Il prévoyait qu’avec l’amélioration des conditions, la qualité et la puissance globale de l’humanité augmenteraient sans cesse, tout comme la consommation de ressources. Sans un soutien suffisant, le développement de l’humanité serait freiné, voire stoppé.
Le troisième jour, Ye Ming sortit de « Tian ». Selon les dires de « Sang » du protoss de la lumière sacrée, aujourd’hui était le jour où les Protoss devaient agir. Il dut donc interrompre ses affaires pour se préparer.
Mais la journée passa sans que la moindre action des Protoss n’ait lieu. Pourtant, Ye Ming se sentit de plus en plus inquiet, car il venait de recevoir une nouvelle alarmante.
En effet, Ye Ming, sous son incarnation Thor au sein des protoss spatio-temporel, venait d’apprendre une nouvelle stupéfiante. Les trois grandes races suprêmes de l'univers, avec l’aide de la civilisation de cycle, étaient parvenues à pénétrer dans le royaume des Ténèbres et à s’emparer de la Roue de la Vie. Désormais, seuls les membres des trois grandes races suprêmes de l'univers pourraient continuer à donner naissance à des descendants de haut potentiel. Quant aux autres races, humains compris, leurs enfants seraient tous des déchets ou des idiots. Sans la Roue de la Vie, aucune descendance ne pourrait recevoir des particules spirituelles.
C’était là un plan d’extermination : en quelques années, toutes les races hors Protoss déclineraient, tandis que les Protoss deviendraient de plus en plus puissants. Sous l’identité de Thor, Ye Ming avait déjà acquis une position élevée chez les protoss spatio-temporel. Grâce au commerce, il détenait d’immenses richesses, et bien que son influence ne rivalisât pas avec celle des Huit grands clans, elle surpassait de loin celle de la plupart des autres forces.
En particulier, Thor avait fondé une banque chez les Protoss, engrangeant d’énormes profits et, grâce à ses contributions, avait gagné la faveur des hautes sphères. Les puissants des Protoss le connaissaient tous, et beaucoup étaient devenus ses invités réguliers.
À peine informé, Ye Ming fut bouleversé. Pour en savoir plus, il invita une poignée de dignitaires à un banquet. Ces invités avaient tous accès, de près ou de loin, à des informations de haut niveau, et il espérait glaner des renseignements utiles.
------------
Les mets du banquet étaient les meilleurs, les vins aussi. Ajoutez à cela la richesse et le pouvoir de Thor, et tous voulaient s’attirer ses faveurs. Quand le vin eut bien coulé, Ye Ming lança intentionnellement : « Messieurs, dites-moi, cette civilisation de cycle… Elle possède déjà un univers, elle en est la maîtresse, pourquoi se mêler des affaires de notre univers ? N’y aurait-il pas une raison particulière ? »
L’un des Protoss, déjà passablement ivre, balaya la salle du regard, puis baissa la voix : « Thor, tu as beau être riche, tu n’es pas de bonne naissance, tu n’as donc pas accès aux secrets du noyau. Mais entre amis, je peux te dire un mot. »
Ye Ming lui versa aussitôt du vin, souriant : « C’est vrai, je viens d’en bas, je ne peux pas rivaliser avec vous, c’est pour ça que je cherche à me lier d’amitié avec vous. Alors, pourquoi la civilisation de cycle est-elle venue ? »
Le Protoss baissa encore la voix : « Thor, dis-moi, à ton avis, qu’y a-t-il au-delà de notre univers ? »
Ye Ming s’était déjà posé la question plus d’une fois. Il sourit : « Comment le saurais-je ? Peut-être qu’au-delà de l’univers, il y a encore un univers ? »
Le Protoss ricana : « Je n’en sais rien non plus, mais il paraît que les univers sont classés. Celui où nous vivons est inné, il est très stable, capable de cycles éternels, la vie y renaît sans fin. À chaque cycle, d’innombrables civilisations et êtres vivants naissent. Mais certains univers sont créés après coup, comme celui de la civilisation de cycle, la civilisation d'Anxi. »
Ye Ming : « Donc, elle s’appelle la civilisation d’Anxi. Si c’est une civilisation postérieure, en quoi diffère-t-elle de la nôtre ? »
Le Protoss répondit : « La différence est énorme ! Je viens de le dire, un univers inné est éternel, il ne peut être détruit. Mais un univers postérieur ne dure que 3 000 cycles. Après ces 3 000 cycles, son Créateur meurt. À ce moment-là, s’il ne trouve pas un univers inné à conquérir, toutes les civilisations qu’il abrite périront avec lui. »
Ye Ming fut stupéfait : un Créateur, être suprême né d’une civilisation Primordiale de premier rang, plus puissant que « Tian », pouvait donc mourir ?
Il soupira : « Mais alors, que deviendrons-nous, nous les Protoss ? »
Le Protoss haussa les épaules : « Que veux-tu ? C’est la civilisation d’Anxi qui nous a créés, et surtout, leur puissance dépasse largement celle des trois grandes races suprêmes de l'univers. Ils comptent de nombreux experts du Royaume de la Genèse Céleste, nous ne faisons pas le poids. »
Ye Ming acquiesça : « Après tout, nous avons été créés par la civilisation d’Anxi, et nous les aidons tant, ils ne devraient pas nous léser. »
À ces mots, le Protoss soupira à son tour : « C’était le cas. Mais ces dernières années, l’humanité a soudain émergé, et nous sommes incapables de l’anéantir. Cela irrite beaucoup la civilisation d’Anxi. Thor, tu sais que les humains possèdent plus de Volonté du Grand Unisson que nous. En cas d’affrontement, nous n’avons aucun avantage. »
Ye Ming : « On pourrait demander à la civilisation d’Anxi d’intervenir, ils ont bien des experts du Royaume de la Genèse Céleste, non ? »
Le Protoss fit un geste de la main : « Ce n’est pas si simple. Les experts du Royaume de la Genèse Céleste n’interviennent pas à la légère. De plus, l’Ancêtre du Dao Sans-Nom exerce une pression énorme sur eux : s’ils se montrent, ils risquent d’être invités à “prendre le thé”. »
Ye Ming : « Alors il n’y a pas de solution ? »
Le Protoss ricana : « Bien sûr que si. Récemment, six experts du Royaume de la Genèse Céleste ont pris la Roue de la Vie du royaume des Ténèbres et l’ont installée sur notre territoire. Désormais, nos Protoss verront naître de plus en plus de génies, tandis que les autres races déclineront. Bientôt, toutes les races hors Protoss seront éteintes. Alors, l’humanité ne pourra plus rivaliser avec nous. »
Ye Ming : « Mais cette méthode est très lente, la civilisation d’Anxi peut-elle attendre ? »
« Ne t’inquiète pas, la civilisation d’Anxi a encore au moins un demi-cycle devant elle. Ils prennent juste de l’avance. Un demi-cycle, tu sais ce que c’est ? Le temps que nos descendants disparaissent, la civilisation d’Anxi sera encore là. »
Ye Ming acquiesça : « Donc, il ne nous reste qu’à attendre que l’humanité s’éteigne d’elle-même. »
« Pas tout à fait, » répondit le Protoss. « L’humanité possède aussi une Petite Roue de la Vie, elle pourra donc tenir un temps. Mais peu importe, nous avons tout notre temps. D’ici mille ans, tous les enfants humains seront des déchets. »
Ye Ming but son vin en silence, sans rien ajouter.
------------
Au même moment, dans le royaume céleste Daluo, Ye Ming réunissait tout le monde pour discuter de la situation. Apprenant le plan perfide des Protoss, tous furent plongés dans l’inquiétude. Shang Wuliang déclara : « Dans quelques siècles à peine, nos particules spirituelles seront épuisés, comment pourrons-nous encore avoir des enfants ? »
Ye Ming acquiesça : « C’est exact. Même si nous avons une Petite Roue de la Vie, qui permet de collecter les particules spirituelles des défunts, en réalité, chaque année, les morts ne représentent même pas 1 % des naissances. Autrement dit, les nouveaux-nés n’auront même pas 1 % du potentiel de leurs aînés. Et avec les générations, cela chutera à 0,01 %, puis 0,0001 %, puis 0,000001 %. Bientôt, tous les humains naîtront déchets, idiots ! »
« N’y a-t-il vraiment aucun moyen d’agir ? » Yu Lingjiao fronça les sourcils. « Ne peut-on pas reprendre la Roue de la Vie ? »
Ye Ming eut un sourire amer : « Impossible, à moins que plusieurs d’entre nous atteignent le Royaume de la Genèse Céleste. »
Vieux Huang ricana : « Vous ne pouvez pas voler les particules spirituelles, mais ne pouvez-vous pas les prendre à d’autres races ? »
Ye Ming tiqua : « Que veux-tu dire, Vieux Huang ? »
Vieux Huang expliqua : « D’après ce que je sais, la Roue de la Vie n’est qu’un relais pour les particules spirituelles. En réalité, 90 % des particules spirituelles se dispersent dans l’univers ou résident dans les êtres vivants. Ceux présents dans les êtres vivants représentent plus de la moitié. »
Ye Ming comprit aussitôt. Il sourit : « Tu veux dire qu’en important massivement des êtres vivants, dès qu’ils mourront sur notre territoire, notre Petite Roue de la Vie pourra capter les particules spirituelles dispersés, établissant ainsi un cycle interne ? »
Vieux Huang acquiesça : « Exactement. Les Protoss n’ont sûrement pas pensé à cela. Leur plan revient à abandonner les Cent races, à s’attirer la haine des créatures du chaos, à se mettre tout le monde à dos. Désormais, tout le monde a le même ennemi. Pourquoi ne pas s’unir à nous ? »
Les yeux de Ye Ming brillèrent. Il salua les autres : « Je compte sur vous tous ! Allez convaincre les grandes puissances, dites-leur que l’humanité les accueille à bras ouverts. »
L'Empereur Céleste et les autres se mirent à rire. L'Empereur Céleste déclara : « La plupart des races n’hésiteront pas. D’abord, nous avons la Petite Roue de la Vie, ensuite, nous offrons de meilleures conditions de vie. Mais notre territoire sera alors trop petit, et nos ressources risquent de manquer. »
Ye Ming répondit : « Ce n’est pas grave, nous pouvons conquérir plus de terres et trouver plus de ressources. »
Chacun reçut sa mission et partit visiter les différentes races, en particulier les Cent races. Autrefois, les Cent races étaient les plus puissantes après les Protoss. Désormais, trahies par les Protoss, elles étaient plongées dans la confusion et la douleur. Même si les Protoss n’avaient pas eu le choix, les Cent races ressentaient un profond sentiment de trahison.
Ye Ming ne resta pas inactif. Il se rendit d’abord avec Jiaoyue auprès du Clan de la Clairière Lunaire. Autrefois, ce clan avait abandonné Jiaoyue et tenté de tuer Ye Ming. Mais aujourd’hui, la situation avait changé : les Protoss ayant trahi les Cent races, le Clan de la Clairière Lunaire n’avait plus aucune raison d’en vouloir à Jiaoyue ou Ye Ming.
Dans la salle des anciens du Clan de la Clairière Lunaire, tous les membres importants étaient réunis. Ye Ming et Jiaoyue se tenaient au centre. Jiaoyue regarda les anciens : « Vous connaissez tous la situation. D’ici quelques années, notre clan ne produira plus aucun génie, nous déclinerons et finirons par disparaître. »
« Jiaoyue, nous avons eu des différends, mais c’est du passé. Dis-nous franchement, pourquoi es-tu venue ? » demanda un ancien, sans hostilité mais avec une certaine méfiance.
Jiaoyue répondit : « Je viens inviter le Clan de la Clairière Lunaire à rejoindre l’humanité, à vivre et prospérer ensemble. »
Le chef du clan ricana : « Tu veux que nous vivions avec ces humains inférieurs ? Tous les humains devraient-ils devenir nos esclaves ? »
« Hmph ! » grogna Ye Ming. L’ancien sentit son cœur se serrer, manqua de s’effondrer, et n’osa plus parler ainsi.
« Si ce n’était pour Jiaoyue, je ne serais pas venu. Ne me forcez pas à perdre patience. Notre peuple possède une Petite Roue de la Vie. Chez vous, vous ne pourrez peut-être pas survivre comme avant, mais au moins, vous ne disparaîtrez pas. Je compte jusqu’à trois. Si vous refusez, Jiaoyue et moi partons. »
Avant même que Ye Ming ne commence à compter, les anciens étaient déjà stupéfaits. L’un d’eux s’exclama : « Qu’as-tu dit ? Vous avez une Petite Roue de la Vie ? »
Jiaoyue acquiesça : « Oui, c’est la raison de ma venue. Tant que les membres du Clan de la Clairière Lunaire acceptent de vivre sur le territoire humain, leurs descendants pourront obtenir suffisamment de particules spirituelles. »
La survie du clan étant en jeu, le Clan de la Clairière Lunaire fut aussitôt tenté : personne ne voulait disparaître. Même s’ils prétendaient que l’humanité était inférieure, la réalité était que l’humanité était désormais assez puissante pour rivaliser avec les Protoss, et nul ne pouvait la sous-estimer.
Sans attendre leur réponse, Ye Ming déclara froidement : « Je précise : pour vivre avec l’humanité, il faut respecter nos règles. Primo, il est interdit de nuire aux intérêts humains. Secundo, toutes les races seront sous l’autorité humaine. L’humanité sera de première catégorie, vous serez de seconde. Si cela ne vous convient pas, inutile de poursuivre. »
L’ancien d’avant sourit soudain : « Grand Seigneur Céleste, il paraît que le plan Daluo est achevé. Pouvons-nous y aller ? »
Ye Ming fut surpris. Il savait qu’une existence éternelle était née dans le Clan de la Clairière Lunaire, il répondit : « Rien ne s’y oppose. »
L’ancien poursuivit : « Jiaoyue est l’épouse du Grand Seigneur Céleste, notre clan pourrait-il bénéficier d’un traitement de faveur ? »
Jiaoyue rougit : « N’en demandez pas trop. Le traitement du clan dépendra de son comportement. »
Voyant que Ye Ming ne réagissait pas, l’ancien se réjouit : « Le Clan de la Clairière Lunaire accepte de rejoindre l’humanité ! »
Objectif atteint, Ye Ming déclara : « Nous vous attribuerons une zone en fonction de votre nombre. Au début, tous les membres du clan devront vivre dans cette zone. Pour en sortir, il faudra l’accord de l’administration humaine locale. Il y a d’autres règles, j’espère que vous les respecterez. »
Ainsi, Ye Ming et ses compagnons négocièrent avec les Cent races et de nombreuses autres, une à une. En six mois à peine, près de la moitié des forces du continent originel avaient accepté de rejoindre l’humanité. Quant à l’autre moitié, leur potentiel était trop faible, leur puissance trop limitée, et la plupart n’avaient pas le niveau requis pour intégrer le camp humain. Ce n’était pas la faute de Ye Ming : ces races inférieures portaient trop peu de particules spirituelles, leur contribution serait négligeable, et elles n’apporteraient rien à l’humanité.