Chapitre 776
Ye Ming jeta un regard à Feng Xi, il dit de sa voix douce : « N’aie pas peur. » Puis il se tourna vers les moines en face, son regard aussi froid que la glace.
« Tu es Ye Ming ? » demanda la nonne, reconnaissant naturellement Ye Ming en tant que véritable corps de Feng Xi.
Ye Ming répondit froidement : « Feng Xi n’est certes qu’une pensée mondaine que tu as tranchée, mais est-ce une raison pour être aussi froide ? Pourquoi ne pas lui laisser une chance de vivre ? L’enfant qu’elle porte est totalement innocent. »
La nonne répondit d’un ton calme : « Dans ce monde, le cœur est unique, tout n’est qu’illusion et mirage. Ce que je fais, c’est pour son bien. »
« Pour son bien ? » ricana Ye Ming. « Dans ce cas, si je te tue maintenant, ce serait aussi pour ton bien ? »
La nonne secoua la tête : « Tu ne comprends pas. »
« Bien sûr que je ne comprends pas. Je ne vois pas à quoi sert ta cultivation ! Si elle ne sert à rien, alors meurs ! »
« Boum ! »
Derrière lui, une force sans limite éclata soudain. Il tendit la main, et une gigantesque paume apparut devant la nonne, la saisissant aussitôt. Bien que la nonne ait atteint le huitième palier de l’immortalité, face à Ye Ming, elle n’était qu’une fourmi. Les autres moines alentour étaient aussi au huitième ou neuvième palier de l’immortalité, mais aucun ne pouvait lui résister.
Dès que Ye Ming libéra sa puissance, elle était aussi vaste que le ciel et la terre, irrésistible. Au fond d’eux, les moines abandonnèrent toute idée de résistance.
Ye Ming tendit soudain l’autre main, attrapa Feng Xi, et les chaînes qui la liaient se réduisirent en poussière. Il s’écria : « Neuf Révolutions de Réincarnation ! »
Son clone vital avait jadis appris l’Art divin du Yihua Jiemu et la technique des Neuf Révolutions de Réincarnation, et Ye Ming, en tant que véritable corps, la maîtrisait aussi. Il la déploya alors, effaçant la conscience originelle de la nonne et permettant à celle de Feng Xi de la remplacer.
Normalement, utiliser les Neuf Révolutions de Réincarnation sur quelqu’un d’autre était extrêmement risqué. Mais Feng Xi étant le clone de la nonne, il n’y avait aucun danger entre véritable corps et clone, tout se fit en un instant.
On vit alors le corps de la nonne se dissoudre, se transformant en un arc doré qui fusionna avec Feng Xi. Celle-ci frissonna violemment, sombra dans un bref évanouissement, puis se réveilla peu après, murmurant : « Que m’est-il arrivé ? »
Ye Ming répondit calmement : « J’ai usé d’un pouvoir surnaturel pour effacer la conscience de ton véritable corps et fusionner sa cultivation et sa sagesse à la tienne. Désormais, tu es au huitième palier de l’immortalité. À partir d’aujourd’hui, tu es le véritable corps, tu n’es plus un simple clone. »
Les moines de la secte de Brahma, voyant Ye Ming agir avec autant d’audace et tuer la nonne sous leurs yeux, furent pris d’une rage folle et formèrent aussitôt une formation mortelle.
Mais Ye Ming n’avait aucune envie de perdre son temps avec eux. D’un simple geste, plusieurs centaines de disciples d’élite en cuirasse divine surgirent autour de lui. Grâce à leur armure, chacun possédait la puissance d’un Suprême des neuf étapes. Que pouvaient faire ces moines face à eux ? En un clin d’œil, ce fut un massacre, pas un seul survivant.
Ye Ming n’avait voulu tuer que quelques personnes pour se défouler, et s’apprêtait à partir avec Feng Xi, quand il sentit soudain une pensée divine terrifiante l’écraser, le clouant sur place. Pris de court, il invoqua aussitôt le Mécha Dieu-empereur et activa ses pouvoirs surnaturels pour résister à cette force écrasante.
« Feng Xi, la civilisation de Brahma aurait-elle un Dieu Éternel ? » demanda-t-il, surpris.
Feng Xi, qui vivait ici depuis longtemps, secoua la tête : « Non. S’il y en avait un, la civilisation de Brahma aurait déjà surpassé celles du Bouddha ou des confucéens. Mais il y a bien un personnage redoutable qui contrôle la Volonté céleste de ce monde. »
Ye Ming fut soulagé. Si ce n’était qu’un maître de la Volonté céleste, aussi terrifiant soit-il, il n’en avait pas peur : le Mécha Dieu-empereur pouvait suffire à lui tenir tête. À cette pensée, le Mécha Dieu-empereur se transforma en une projection colossale, s’élevant dans le ciel pour faire face à l’adversaire.
En face, une autre projection géante apparut : c’était un jeune homme.
« Qui es-tu, étranger ? Pourquoi as-tu blessé les moines de ma secte de Brahma ? » lança-t-il d’une voix sévère.
Ye Ming répondit : « Ce sont ces moines qui ont menacé ma femme. Et toi, qui es-tu ? Le chef de la secte de Brahma ? »
« Je suis Fan Yuntian, Gardien gauche de la secte de Brahma. »
Ye Ming ricana : « Tu veux m’arrêter ? Ne te surestime pas, si tu veux te battre, je raserai ce grand monde, et tu ne pourras rien y faire. »
L’autre ne s’en offusqua pas : « Serais-tu Ye Ming, chef de la Secte du Dao Céleste ? »
Ye Ming fut surpris : « Tu me connais ? »
« Comment ne pas connaître le grand nom de Ye Ming ? » Le ton de Fan Yuntian changea du tout au tout. « Ce qui vient de se passer est la faute de notre secte, j’en ai déjà été informé. Je prie Ye Ming de nous pardonner. »
Comme on ne frappe pas quelqu’un qui vient en paix, Ye Ming se radoucit : « Soit. »
Fan Yuntian joignit les mains en salut : « Si Ye Ming n’y voit pas d’inconvénient, je vous invite à venir chez moi. »
Ye Ming savait qu’il ne risquait rien et n’avait de toute façon pas peur. Il acquiesça, le Mécha Dieu-empereur rapetissa à taille humaine, prenant son apparence, et il suivit Fan Yuntian.
Dans une cabane au sommet d’une haute montagne, Fan Yuntian invita Ye Ming à s’asseoir sur un coussin de méditation et lui servit du thé : « Voici le thé sacré de Brahma, je vous en prie. »
Ye Ming ne se fit pas prier, but une gorgée et trouva le goût excellent : « Merci. »
Fan Yuntian expliqua : « L’illustre Linghui, de son nom séculier Feng Xi, n’est autre que le clone de votre épouse. Nous ignorions que l’enfant qu’elle portait était de votre sang, sinon jamais nous n’aurions osé agir ainsi. »
Ye Ming ricana : « Heureusement que Feng Xi n’a rien eu, sinon j’aurais rasé la civilisation de Brahma. »
Fan Yuntian eut un sourire amer, ne doutant pas un instant que Ye Ming disait vrai. Avec la puissance terrifiante du Continent du Dao Céleste, anéantir la civilisation de Brahma n’aurait rien d’impossible. Il soupira : « Les règles de notre secte sont ainsi, je vous prie d’accepter nos excuses. »
« L’affaire est close, j’ai tué vos moines, je n’en parlerai plus, » répondit Ye Ming.
Fan Yuntian s’inclina de nouveau : « Merci pour votre magnanimité. Si je vous ai invité, c’est qu’il y a une chose dont j’aimerais vous entretenir. »
« Oh ? Nous venons à peine de nous rencontrer, qu’as-tu donc à me proposer ? » demanda Ye Ming en le fixant.
Fan Yuntian répondit : « Pour tout dire, l’ancêtre de notre secte, l’ancêtre de Brahma, est prisonnier de son propre cœur démoniaque et ne peut s’en libérer. S’il y parvient, il deviendra un véritable Dieu Éternel. »
Ye Ming, bien que surpris, resta impassible : « C’est l’affaire de votre secte, pourquoi m’en parler ? »
Fan Yuntian : « Lorsque le Grand Dieu de Brahma s’est retiré en méditation, il a laissé une prophétie : ‘Le Dao Céleste s’élève à l’est, brise le malheur et tranche le démon, immortels et bouddhas traversent ensemble, Brahma en tête.’ »
Ye Ming, sans expression : « Comment l’interpréter ? »
Fan Yuntian : « Avant de vous rencontrer, j’étais perplexe. Mais après vous avoir vu, tout s’est éclairé. Le Dao Céleste s’élève à l’est, c’est la Secte du Dao Céleste. Le Continent du Dao Céleste est justement à l’est de la secte de Brahma. Briser le malheur et trancher le démon, c’est vous, Ye Ming, qui pouvez libérer l’ancêtre de Brahma. Quant à la troisième phrase, immortels et bouddhas traversent ensemble, cela signifie que ces deux voies donneront naissance à un Dieu Éternel, mais notre secte de Brahma sera la première à devenir une Super civilisation ! »
Après cette explication, Ye Ming trouva cela logique et demanda : « Mais comment pourrais-je aider l’ancêtre de Brahma ? »
Fan Yuntian : « L’ancêtre est prisonnier du ‘Piège du Destin’. Il suffit de le briser pour le libérer. »
Puis il expliqua que l’ancêtre de Brahma était un passionné d’échecs, surnommé le fou du jeu. Son art du jeu de Go était à la fois sa force et son cœur démoniaque. C’est ainsi qu’au moment de percer vers l’éternité, il fut piégé par son propre cœur démoniaque dans le Piège du Destin qu’il avait lui-même créé. Ce piège était truffé de dangers mortels, et tous ceux qui y étaient entrés avaient péri.
Ye Ming fronça les sourcils : « Puisque ce piège est si dangereux, pourquoi irais-je ? »
« N’ayez crainte, Ye Ming. L’ancêtre a laissé de nombreux recueils d’échecs, avec des explications détaillées. Si vous les comprenez, vous pourrez sûrement briser le piège. »
Ye Ming réfléchit. Son sutra chaotique avait déjà atteint le cinquième niveau, mais il n’était pas certain de pouvoir percer ce piège du Destin. Après une courte hésitation, il accepta : « D’accord, mais je ne peux garantir de réussir. »
Fan Yuntian fut ravi : « Bien sûr ! Si vous réussissez, la secte de Brahma vous sera immensément reconnaissante ! » Il sortit alors plus d’une centaine de recueils d’échecs pour que Ye Ming les étudie.
Au début, Ye Ming pensait qu’il ne s’agissait que de simples jeux, mais après avoir lu la moitié d’un recueil, il fut stupéfait par le génie de l’ancêtre de Brahma. Ce fou du jeu avait intégré le Dao dans les échecs, utilisant le jeu pour déduire les changements de toutes choses. Dans ces petits jeux se cachaient les mystères de l’univers, le fonctionnement du Grand Dao, d’une profondeur bien au-delà de son imagination.
Après avoir terminé le premier recueil, il avait déjà compris l’essentiel de la pensée de l’ancêtre. En un éclair, dans sa Mer de la conscience, un échiquier de 3 000 lignes apparut, les pierres noires et blanches s’y posant tour à tour. De l’autre côté, son sutra chaotique tournait à plein régime pour déduire le contenu du recueil.
Fan Yuntian vit que Ye Ming, après avoir lu quelques pages, affichait déjà un air admiratif et stupéfait. Il poussa un long soupir de soulagement, comprenant qu’il y avait de l’espoir. Car tous ceux qui avaient étudié ces recueils auparavant étaient restés perplexes, incapables d’en percer les secrets. Ye Ming était le premier à en saisir immédiatement la subtilité.
« Ye Ming, alors ? » demanda-t-il, n’y tenant plus.
Ye Ming ne répondit pas, totalement absorbé par ses calculs. Ce recueil n’était encore que la première tentative de l’ancêtre, pas encore d’une profondeur inouïe, mais déjà, il lui demandait beaucoup d’efforts et il n’osait prétendre tout comprendre.
Bientôt, il attaqua le deuxième recueil. À peine en avait-il lu quelques pages que la sueur coula sur son front, ses yeux fixés sur une page, immobile pendant longtemps.
Fan Yuntian ignorait que Ye Ming, qui semblait absent, calculait en réalité à pleine puissance. Son sutra chaotique de cinquième niveau tournait à une vitesse folle, mais même ainsi, elle ne suffisait pas à ses besoins.
« Le cinquième niveau du sutra chaotique ne suffit pas, il me faut le sixième ! » se murmura-t-il, et, à cet instant précis, il força sa percée vers le sixième niveau du sutra chaotique.
Le cinquième niveau du sutra chaotique s’accordait au Dao céleste, son fonctionnement était lié aux changements de l’univers. Mais le sixième niveau était encore plus profond : il permettait de déduire d’innombrables mystères de l’univers et de comprendre les lois du Dao céleste ! Si le cinquième niveau résolvait les opérations de base, le sixième s’attaquait aux problèmes mathématiques les plus complexes, dans une toute autre dimension.