Chapitre 115
Ye Ming resta sans voix, esquissant un sourire amer : « Tu as bien entendu, j’ai droit à dépenser au maximum 100 000 pièces suprêmes, et toi, tu en as déjà utilisé 10 000 d’un coup ! »
« Ce ne fut pas en pure perte, » répondit Beiming. « Votre expérience de 18 000 ans, gravissant les échelons d’un homme ordinaire à un dieu martial, telle que vous l'avez vécue, ne s’achète pas, même à 200 000 pièces martiales. »
Ye Ming hocha la tête, souriant : « C’est vrai. Maintenant que tout est prêt, voyons si je peux percer la barrière du ‘Rugissement du Tigre et du Dragon’ ! »
À ces mots, une vibration parcourut son énergie primordiale, une aura insondable émana de son corps et de son esprit. Associée à la puissante énergie Yuan Jin qu’il maîtrisait, son énergie se déchaîna et résonna tel un rugissement de dragon auquel un rugissement de tigre répondait. Bien qu’il soit seul, il semblait commander mille armées, une force irrésistible. Un halo d’énergie en forme d’anneau apparut dans son dos, renfermant une puissance incomparable.
Ce halo était en fait un pont d’énergie primordiale condensée, d’une puissance phénoménale. Le Ye Ming d’aujourd’hui était des dizaines de fois plus puissant qu’auparavant.
Cela représentait précisément le fameux état du « Rugissement du Tigre et du Dragon », manifestation ultime de la force pure ! Ye Ming avait consommé près de 1 500 pilules d’âme, cultivé à la perfection son énergie Yuan Jin, pour atteindre ce niveau. Il exécuta alors son Pas Illusoire à son troisième stade. Instantanément, il se divisa en 24 illusions mouvantes, tour à tour à l’est, à l’ouest, au sud et au nord, rendant impossible la distinction entre corps réel et illusion.
Après un cycle d’une heure, Ye Ming s’arrêta, les 24 images disparurent et se condensèrent en son corps réel. En seulement une heure, il avait maîtrisé le troisième stade du Pas Illusoire à un niveau de maitrise partielle. Ce stade du rugissement du tigre et du dragon apportait d’immenses bénéfices à sa cultivation et lui facilitait grandement l’apprentissage du Pas Illusoire.
Il poursuivit ensuite vers le quatrième stade du Pas Illusoire. Cette fois, deux heures suffirent pour atteindre la maitrise partielle. 36 images fugaces se dispersaient et se rejoignaient, saturant l’espace d’ombres floues, rendant toute distinction entre vrai et faux impossible.
Beiming complimenta : « La perspicacité de mon maître s’accroît sans cesse. »
Ye Ming répondit calmement : « Grâce à la matrice à 3 dimensions, maîtriser le Pas Illusoire n’a rien de compliqué. Cette longue pratique est surtout pour atteindre une maitrise partielle solide. »
Beiming demanda : « Quels sont vos plans pour la suite ? »
Ye Ming déclara : « Je veux affiner l’énergie Yuan Jin dans ses moindres détails en étudiant le Classique du Modelage de l’Énergie. Cette pratique exige d’importantes quantités de sable spirituel magnétique, et fort heureusement, j’en possède encore 40 000 kilogrammes, juste ce qu’il faut pour forger mon énergie. »
Il sortit alors un sac de sable spirituel magnétique depuis son anneau de stockage, en prit 1 000 kilos, puis procéda à la circulation d’énergie selon les enseignements du Classique du Modelage de l’Énergie. Ce classique comporte 6 stades, nécessitant respectivement 1 000, 3 000, 6 000, 12 000, 24 000, et 36 000 kilos de sable spirituel magnétique pour les atteindre.
Chacun des 6 stades du classique impose des exigences spécifiques : le premier exige de façonner une sculpture simple à partir du sable ; le second nécessite une reproduction parfaitement vivante au moindre détail ; les quatre stades suivants deviennent de plus en plus complexes.
Mille kilos de sable représentent peu, à peu près un gros bassin. Ye Ming prit une profonde inspiration, activa le classique et plongea la main dans le sable. Le sable spirituel magnétique répondait à son énergie Yuan Jin par une résonance, permettant de mouvoir et agencer les grains ; c’est pourquoi il était considéré comme un trésor pour modeler l’énergie.
La technique permet de diriger toute l’énergie de Ye Ming dans sa main, il l’activa lentement, et le sable se modela progressivement en une sculpture grossière : un chaton sans yeux ni nez, une forme vague seulement.
Le chaton ne tint pas longtemps avant de s’effondrer et de redevenir poussière de sable. Ye Ming comprit que son énergie manquait de précision et de stabilité, ce qui entraînait cet effondrement.
Jour et nuit, il continua à s’entraîner sans relâche, concentrant toute son énergie sur l’étude du classique, au point qu’il n’avait même plus le temps de voir Su Lan. Heureusement, Su Lan travaillait elle aussi à sa percée. Bien que sa pratique ne soit pas aussi approfondie, elle bénéficiait de l’aide de Zhong Shenxiu, progressant pas à pas avec une base solide.
Un quinzaine de jours plus tard, Ye Ming secoua la main sur le sable, qui commença à se structurer spontanément en diverses petites créatures avec de plus en plus de précision. Un mois passé, avec 3 000 kilos de sable, il modellait des chatons et chiots où chaque poil ou moustache était visible, avec même un reflet dans leurs yeux, d’un réalisme époustouflant.
Au bout de deux mois, les chatons et chiots façonnés avec 6 000 kilos de sable pouvaient marcher sous le contrôle de son énergie, mais leurs mouvements restaient lents et raides. Un mois plus tard, un tigre de 12 000 kilos de sable se déplaçait agilement, sautant avec vivacité, produisant même des miaulements — d’un réalisme saisissant.
Au bout de 4 mois, une sculpture de 24 000 kilos prenait la forme exacte de Ye Ming lui-même. Il s’entraînait dans la pièce, frappant les poings avec précision, avec une posture stable et régulière. Son vêtement, le jade à sa ceinture, et ses chaussures : tous les détails minuscules étaient reproduits à la perfection, identiques à un véritable homme.
Cinq mois se sont écoulés, la sculpture de sable de 36 000 kilos de Ye Ming enchainait le pas rapide et le pas illusoire dans la pièce. A ce moment, après 5 mois, il avait finit de cultiver le classique du modelage de l'énergie au 6ème niveau, achevant l'étape de la finesse du Yuan Jin.
À ce stade, chaque bribe d’énergie primordiale qu’il faisait circuler ciblait précisément sans dispersion, avec une efficacité absolue de 100 %. Il pouvait, sans exagération, briser la patte d’un moustique d’un simple claquement de doigt sans blesser le reste de son corps.
« Félicitations, Maître ! » s’exclama Beiming avec admiration.
Ye Ming s’étira lentement et dit : « Cinq mois d’entraînement intensif… Je me demande ce qui s’est passé dehors. » Il ouvrit la porte et alla chercher Su Lan.
Su Lan venait de terminer son entraînement. En voyant Ye Ming, elle lui sourit chaleureusement : « Ming, as-tu fait une percée ? »
Ye Ming répondit : « Je suis encore au stade du Ming Jin, mais toi, Su Lan, il me semble que tu as éveillé l’énergie cachée An Jin, non ? »
Elle esquissa un sourire doux : « Oui, j’ai aussi percé récemment. »
Ye Ming demanda : « Pendant ce temps, rien d’inhabituel s’est produit, j’espère ? »
« Non, tout est calme dans la province de Yan comme dans la secte du Soleil Rouge. Au fait, les actifs de la secte Tianyi ont été traités et la compétition aura lieu au milieu du mois prochain. Le chef veut que l'on se prépare à cette compétition. » répondit Su Lan.
Ye Ming hocha la tête : « Bien reçu. »
Ne souhaitant pas s’épuiser plus longtemps, Ye Ming décida de prendre quelques jours de repos avant de se consacrer à l'Art du Dragon Éléphant. Beiming lui indiqua que, d’après son potentiel, la première phase du Dragon Éléphant ne serait pas difficile, mais il faudrait d’abord qu’il se procure du sang de Dragon Éléphant, ce qui l’obligerait à visiter à nouveau la boutique des trésors.
Après quelques mots, Chen Xing arriva, et tous trois allèrent manger dans un petit restaurant. Pendant le repas, Chen Xing demanda : « Ye Ming, tu ne comptes pas tenter le classement de la liste interne ? »
Ye Ming s’en rappela alors. Il y avait effectivement un classement pour les disciples interne. Mais le fait de n'être encore qu'un Guerrier Martial de rang 9 le fit secouer la tête : « Non merci, j’irai bientôt à l’Académie Dongqi dans quelque temps, inutile de voler la place des autres. »
Chen Xing rétorqua : « Tu es juste, mais les autres ne le verront pas forcément ainsi. Il y a quelques jours, Lu Fei m’a dit que les dix premiers du classement de la liste interne te voient comme une menace. »
Lu Fei était dixième au classement intérieur. À son nom, Ye Ming pensa à sa requête d’aide pour récupérer un objet dans la zone de le rivière spirituelle. Malheureusement, il avait été traqué par un héritier d'Or dans le royaume secret et n'avait pas eu l'occasion de le trouver. Par la suite, Chen Xing avait demandé à Lu Fei quel était cet objet, en vain.
« Ah oui ? Qu’a-t-il dit ? » demanda Ye Ming.
Chen Xing expliqua : « Les trois premiers du classement de la liste interne sont tous disciples de l’Ancien Sun Guang. Tu as apparemment offensé Sun Bohu et Sun Guang, ces trois-là ne t’aiment vraiment pas. Il y a peu, Qian Kun, troisième du classement, te cherchait encore pour une raison inconnue. »
Ye Ming répondit calmement : « Qu’ils viennent me chercher. Je suis trop occupé pour m’en soucier. S’ils m’agacent, qu’ils viennent relever le défi un par un. »
À l’instant même où il prononçait ces mots, le restaurant s’ouvrit brusquement. Un jeune homme au visage constellé d’acné, cheveux fins et blonds, sourcils froncéset au nez bulbeux entra. Son regard glacial dérangeait les convives.
Chen Xing murmura : « Ce gars est Qian Kun, troisième du classement interne, guerrier de rang 1 qui maitrie l'énergie de Gang Arc-en-Ciel. »
Le regard de Qian Kun balaya la salle, s’arrêtant sur Ye Ming. Il s’approcha sans cérémonie et s’assit en face de lui, le fixant : « Toi, tu es Ye Ming ? »
« C’est moi. »
Qian Kun haussa un sourcil, ses sourcils froncés se tordirent comme deux chenilles, un air repoussant.
« On m’a dit que tu es arrogant et irrespectueux, capable d’offenser même l’Ancien Sun. Il s'avèrent qu'ils ont raison », gloussa-t-il froidement. « Je viens pour t’avertir. »
« Si tu as quelque chose à dire, dis-le. J'ai encore besoin de manger. »
Qian Kun avait prévu une provocation dès le départ, mais étrangement, en voyant Ye Ming, une sensation étrange l’empêcha d’agir. Il ignorait que Ye Ming venait d’expérimenter dix-huit mille ans dans un rêve divin, témoin d’effondrements et de cataclysmes, et possédait une aura inhabituelle.
Qian Kun tapa brusquement sur la table, furieux : « Garçon, ne sois pas arrogant devant moi ! Je te le dis… » Il pointa son doigt vers le front de Ye Ming.
« Fshhh ! »
Ye Ming repoussa son doigt d’un geste nonchalant et dit froidement : « Va-t’en d’ici. »
Qian Kun fut surpris, puis son sourire se fit cruel : « Très bien ! Je ne vais pas perdre plus de temps avec toi. Tu es déjà mort, et mon temps est trop précieux pour le perdre avec des minable de ton genre. » Il désigna Su Lan, « Cette histoire la concerne ! » Puis, il tourna les talons.
Ye Ming, bien que réticent, ne pouvait ignorer que Su Lan était mêlée à cette affaire. D’une voix grave, il décréta : « Attends ! »
Qian Kun s’arrêta et déclara : « Si tu veux savoir, viens avec moi. »
Ye Ming ne craignait pas de se faire piéger. Avec sa position, même Sun Guang n’oserait lui faire du tort, alors un simple disciple de liste interne… Il fit un signe à Su Lan et Chen Xing, puis suivit Qian Kun.
Ce dernier marcha devant lui, traversant la cour intérieure et extérieure, au point de sortir par la porte de la montagne.
Ye Ming fronça les sourcils : « Tu fais quoi ? »
« On y arrive bientôt, ne t’impatiente pas, » répondit Qian Kun sans se retourner.
Après avoir franchi la porte de la montagne, il marcha environ dix kilomètres jusqu’au sommet d’une colline. Trois jeunes hommes y attendaient, apparemment étrangers à la Secte du Soleil Rouge.
Lorsqu’ils arrivèrent en haut, Qian Kun désigna ces trois profils : « Voici les trois premiers au classement de la liste interne de la Secte du Vent Foudroyant. »
Ye Ming balayait ces trois hommes d’un regard neutre, sans réaction particulière, et demanda : « Qu’est-ce que tu veux en m’amenant les voir ? Tu dis que c’est lié à Su Lan, non ? »
Qian Kun sourit : « Si je ne t'avais pas dis ca, serais-tu venu ? Ceci n’a rien à voir avec Su Lan. »
Le plus grand des trois jeunes avança. Il avait un visage carré, de grandes oreilles, et des bras très longs dépassant les genoux. Son regard scintillait comme une étoile froide. Il se présenta : « Je suis Zhang Zhongyuan, de la Secte du Vent Foudroyant. »
Ye Ming fronça les sourcils et demanda : « Zhang, as-tu une affaire avec moi ? »