Chapitre 112
Chapitre 112 : Chapitre 49 — Écraser les débutants, c’est toujours plus amusant
Une fois qu’il se fut détendu, ses pensées se tournèrent aussitôt vers la fortune qu’il avait été forcé d’abandonner dans sa précipitation. Les allocations de « chauffage et de charbon », les cadeaux d’adieu, les primes de fête, les prétendus « pots-de-vin élégants » qu’il avait acceptés pendant ses années comme magistrat du district… Il y en avait de quoi remplir tout un cabinet d’étude ! Et voilà que tout allait tomber entre les mains de ces rustres de soldats.
Où était donc la justice en ce monde ?
Cette pensée lui fendit le cœur. Avec le recul, il lui semblait que rien ne lui avait réussi depuis la mort de Chen Haoyan.
Mais hélas, il fuyait toujours pour sauver sa vie.
Aussi réticent fût-il, il devait se détacher de tout cela. Xu Bingzheng ravala son humiliation et se jura en silence de revenir un jour pour régler ses comptes une bonne fois pour toutes…
Bientôt, tous deux atteignirent enfin la porte de la ville.
BOUM ! BOUM ! BOUM !
À cet instant, un grondement retentit au loin. Li Yiran fut le premier à réagir ; son visage s’illumina d’un sourire ravi. « C’est la cavalerie ! Le Camp des Piétineurs-Blancs est arrivé ! »
En entendant cela, Xu Bingzheng fut lui aussi fou de joie.
Après tout, ses arts martiaux étaient bien inférieurs à ceux de Li Yiran. Le Camp des Armures profondes n’était peut-être pas capable de tuer Li Yiran, mais lui ôter la vie serait facile. Cette idée l’avait constamment inquiété.
Mais avec la protection du Camp des Piétineurs-Blancs, il n’avait plus à se faire de souci.
À cette pensée, le poids qui lui oppressait la poitrine s’envola enfin…
Au même instant, un grondement de tonnerre résonna soudain dans ses oreilles. C’était son cœur qui battait ; son rythme, autrefois régulier, s’emballa.
« Que se passe-t-il ? »
« Non, quelque chose cloche ! »
En un éclair, Xu Bingzheng comprit : sa Volonté divine l’avertissait ! Son instinct de maître martial titré lui hurlait qu’un danger imminent le menaçait !
Sur-le-champ, Xu Bingzheng poussa sa Volonté divine à ses limites absolues. Dans sa perception, le monde ralentit d’innombrables fois et il se mit à envisager rapidement ses moyens de riposte. Mais, l’instant d’après, un poing surgit de nulle part et remplit brusquement son champ de vision ; dans ce monde qui aurait dû être figé, il descendait lentement vers sa tête.
« Tu cherches la mort… »
Après un bref instant de surprise, Xu Bingzheng reprit aussitôt son calme et ricana intérieurement. « Cet imbécile ignore-t-il qu’un maître martial titré est protégé par sa Volonté divine et n’a rien à craindre des attaques-surprises ? »
« À voir ce poing… on dirait qu’il n’a même pas de force intérieure. »
« Un artiste martial externe, peut-être ? »
Son expression se fit encore plus méprisante. Pourtant, se rappelant le danger qu’il avait senti, il étendit prudemment ses sens afin d’examiner son adversaire de plus près.
« Hum, il a bel et bien appris pas mal d’arts martiaux. »
« Mais ce ne sont que des techniques de second ordre. Et alors s’il les maîtrise ? Il n’a même pas d’arme. Quelle puissance un simple poing peut-il bien avoir… ? »
Plein d’assurance, Xu Bingzheng déploya sa Corde immortelle.
Puis son expression changea.
Le poing s’abattit sur le filet invisible créé par la Corde immortelle, mais son élan ne faiblit pas le moins du monde, et sa vitesse ne diminua pas d’un iota.
Aucune technique particulière, aucune Volonté divine.
Juste un simple coup de poing, porté avec le courage d’affronter la mort et la résolution de remporter la victoire. Un poing animé par une telle conviction était véritablement indomptable.
« Hein ? »
Les yeux écarquillés, Xu Bingzheng assista, impuissant, à la traversée de sa Corde immortelle — une arme de rang Trésor célèbre — par le poing, sans le moindre effort.
Puis celui-ci le frappa à la poitrine.
L’espace d’un instant, il ne sentit même pas l’impact. Son cœur, ses poumons, ses os… Toute sensation physique de son propre corps disparut de sa perception.
Son corps resta debout, sans même être projeté en arrière, car aucune partie de la force du coup ne fut perdue. Elle se déversa tout entière en lui, le transformant en sac de sable éventré. Le sang jaillit à flots de ses yeux, de ses oreilles, de son nez et de sa bouche, tandis que son âme semblait s’arracher à son corps et s’élever dans les airs.
« Que vient-il de se passer ? »
« Où étaient mon Armure de hérisson souple en soie d’or ? Ma robe antipoussière aux dix mille fils ? Ma Force du Roc céleste saisissant le dragon ? Et mon corps, que j’ai endurci au fil d’innombrables épreuves ? »
« Pourquoi n’ont-ils rien arrêté ?! »
Ses pensées s’interrompirent net.
Le poing qui avait traversé sa Corde immortelle et brisé toutes ses autres défenses finit par se poser sur sa tête, léger comme une plume.
Dans un état second, Xu Bingzheng vit.
Il vit le propriétaire du poing. Il le reconnut : c’était le jeune général martial qui se tenait aux côtés de Wu Xintai. Il comprit enfin pourquoi cet homme lui avait paru si familier.
« C’est vous ?! »
« Le jeune constable qui avait osé prendre d’assaut, à lui seul, le bureau du magistrat du district… Celui dont le corps avait mystérieusement disparu après sa mort au combat… Il n’était pas mort ? Il était revenu pour se venger de moi ? »
« Non, c’est impossible. »
« Ce n’était qu’un artiste martial à force intérieure. Comment pourrait-il posséder une telle puissance ? C’est illogique… C’est faux ! Ce doit être une illusion créée par la Volonté divine ! »
Xu Bingzheng fit désespérément circuler sa Volonté divine, cherchant à percer l’« illusion » qui se dressait devant lui.
Mais il eut beau essayer, le poing qui lui faisait face demeura terriblement réel. La seule chose qu’il parvenait à voir, c’était le flot de méthodes martiales qui l’enveloppait.
Tête de bronze, sourcils de fer ; bras d’une force immense ; Vajra enraciné ; poing divin des cent pas ; force brise-stèle ; perce-acier foulant la terre ; coudes qui font s’effondrer les montagnes ; genoux de muraille de cuivre ; abdomen aussi dur qu’une armure ; doigts perçant l’or et la pierre ; gorge à l’épreuve des lames ; lance d’or inflexible ; os d’acier et chair de fer ; corps invincible de diamant… La lumière éclatante de ces arts envahit instantanément ses pupilles.
POC !
Un bruit léger, comme un couteau brûlant qui tranche du tofu, et il ne resta sur place qu’un cadavre mutilé, décapité.
Wang Ping secoua nonchalamment la main. « Nous ne jouions même pas dans la même catégorie. »
« Avec l’Entraînement croisé des Treize Grands Protecteurs au qi dur au stade de la perfection, renforcé par quatorze méthodes martiales et combiné à mes trois traits de cultivation, le tuer n’a vraiment pas été difficile. »
Dans le Monde de la Porte immortelle, quelqu’un de son niveau n’était qu’un novice qui venait à peine de commencer à cultiver — pas même digne d’intégrer une secte extérieure, insignifiant au possible. Pourtant, dans la Cour de Da Shun, il pouvait tuer sans effort un maître martial titré, l’un des trois cent soixante maîtres inscrits sur la Liste des armes. Quel gouffre de puissance !
À cette pensée, Wang Ping ne put s’empêcher de soupirer.
« Comme je le pensais… écraser les débutants, c’est bien plus amusant ! »
Mais à cet instant, la vue de Wang Ping s’assombrit brusquement. Son Sens spirituel s’embrasa par instinct, et il fut submergé par la sensation d’être observé.
« Qu’est-ce que… ? »
À cet instant, son point de vue sembla reculer à une distance infinie, jusqu’aux confins de l’horizon. Là, il vit une cité de montagnes, majestueuse et grandiose au-delà de toute description.
Son regard traversa d’innombrables rues, passa devant des pavillons et de hautes tours.
Enfin, son point de vue se fixa sur une plateforme vertigineuse qui perçait le ciel. Il vit un grand rouleau suspendu là, sur lequel étaient inscrits plusieurs centaines de noms.
Xu Bingzheng figurait parmi eux, mais, à cet instant même, son nom s’effaçait lentement. La lumière du rouleau vacilla, puis le nom de Xu Bingzheng fut bientôt rayé de l’existence et remplacé par un nom tout neuf, qui bondit sur le rouleau avec une vigueur incroyable.
Trente-septième : Wang Ping.