Chapitre 36
Chapitre 36 – Moment de vérité (2)
Auteur : Leeroycgna
Traductrice : Moonkissed
Chris frissonna involontairement après avoir entendu ces mots, mais l'instant d'après, il fut pris d'un sentiment de dégoût. Comment cette femme pouvait-elle dire de telles choses à propos de son fils ? Qu'avait-il fait pour mériter un tel traitement de sa part ?
Il plissa les yeux avant de fouiller dans son sac et d'en sortir une liasse de billets de 10 000 yens. Il avait espéré user de compassion et de remords pour convaincre la mère de Daichi de signer les papiers, mais il avait tout de même prévu une somme d'argent au cas où.
L'air sévère, il posa l'argent sur la table et dit d'un ton froid : « Deux millions de yens (1). Ni plus, ni moins. »
Son visage s'illumina à la vue de l'argent, la plus grande émotion qu'elle ait montrée depuis son arrivée. Elle se pencha en avant et commença à compter avidement l'argent, sans se soucier de l'impression qu'elle pouvait donner.
« Hum. » Chris s'éclaircit la gorge, faisant de son mieux pour garder son sang-froid. Il lui suffisait de faire signer ces maudits formulaires et il n'aurait plus jamais à avoir affaire à cette femme, c'était la seule chose qui lui permettait de rester sain d'esprit à ce moment-là.
Après avoir été interrompue alors qu'elle comptait joyeusement son argent, la mère de Daichi lui lança un regard noir, agacée.
« Donne-moi un stylo, bon sang », dit-elle sèchement.
Chris en sortit rapidement un de sa mallette et le lui tendit avant de lui conseiller de ne signer que les parties marquées.
Elle ne prit pas la peine de répondre ni de lire le contenu du document de dix pages, préférant le feuilleter rapidement et signer là où il avait indiqué.
D'un geste théâtral, elle lui rendit le stylo et le document avant de reprendre l'argent et de le compter avidement.
Chris prit les papiers et les rangea soigneusement dans son sac avant de se lever de sa chaise. Il jeta un dernier regard à la femme qui avait traité son fils avec tant de cruauté pendant les 15 dernières années, allant jusqu'à le vendre pour seulement 2 millions de yens à un inconnu.
« J'espère qu'un jour, vous comprendrez ce que vous avez fait à votre fils unique. Ironiquement, votre cruauté aujourd'hui est probablement la meilleure chose que vous ayez jamais faite pour lui. »
Ses paroles tombèrent dans l'oreille d'une sourde, car la femme choisit de ne pas l'écouter ou était trop absorbée par sa nouvelle liasse de billets pour lui accorder la moindre attention. Il poussa un petit soupir avant de se retourner et de sortir.
Une fois dans la rue, il sentit une brise tiède lui caresser le visage, insufflant une nouvelle vie à son âme fatiguée. Son corps tendu se détendit, rendant ses jambes molles, au point qu'il faillit trébucher.
Il savait que cette interaction ne serait pas agréable, mais il avait persévéré et avait finalement réussi. Chris avait également voulu rassembler les affaires de Daichi après avoir fait signer le document, mais l'atmosphère dans la maison était étouffante.
Le fait d'avoir été si tendu et à fleur de peau tout en contrôlant sa colère l'avait vraiment épuisé. Ils n'auraient qu'à repasser quand la mère de Daichi serait partie travailler, après tout, ils n'habitaient pas très loin.
Chris commença à rentrer chez lui à pied, profitant de la brise printanière de début d'après-midi qui le remplissait de vitalité. Jusqu'à ce qu'il se souvienne que sa belle épouse devait probablement faire les cent pas dans la cuisine en l'attendant avec impatience.
« Merde, je ne devrais pas traîner », s'exclama-t-il avant de se mettre à marcher d'un pas rapide.
Yuki faisait son énième tour de cuisine, se rongeant les ongles avec anxiété en attendant que son mari revienne avec des nouvelles. Elle s'était inquiétée d'envoyer son mari dans un tel endroit, mais il avait toujours su la rassurer.
« Si Daichi a pu tenir 15 ans avec cette femme, alors en tant que futur père, je peux tenir 15 minutes. »
Ses paroles confiantes résonnaient dans sa tête alors qu'elle essayait de lutter contre l'inquiétude et l'anxiété qui martelaient son cœur fragile. Elle essayait d'ignorer les « et si » et de garder confiance en son mari.
« Je suis rentré. »
Le bruit de la porte qui s'ouvrait et une voix grave la firent sursauter, la faisant presque bondir de plusieurs mètres.
« Chéri ! Ça va ? Que s'est-il passé ? Elle a signé le formulaire ? » Yuki se précipita vers lui, lui posant une multitude de questions, le visage empreint d'émotions diverses.
« Calme-toi d'abord, asseyons-nous et discutons. À notre âge, il faut faire attention à notre tension artérielle. » dit Chris avec un sourire, laissant même échapper un petit rire après sa mauvaise blague.
D'habitude, Yuki était très douée pour lire les émotions des gens, en particulier celles de son mari et de ses fils. Cependant, peut-être à cause de son état d'anxiété actuel, elle ne parvenait pas à deviner la réponse à partir de son comportement.
Elle s'assit rapidement, mais ne put s'empêcher de taper du pied en attendant la nouvelle. Ce que Chris allait dire allait avoir un impact énorme non seulement sur la vie de Daichi, mais aussi sur celle de toute sa famille.
Chris s'assit et sortit sa mallette, rassemblant calmement les formulaires à l'intérieur et les plaçant devant sa femme. L'instant d'après, son visage s'illumina d'un large sourire lorsqu'il annonça :
« On dirait que ça va être un peu plus agité dans cette maison avec un autre adolescent. »
Yuki ne put que se couvrir la bouche, envahie par une vague de joie et de bonheur qui lui fit monter les larmes aux yeux. Un sentiment de soulagement la submergea, qui se transforma rapidement en sanglots et en larmes de joie qui coulaient sur son joli visage comme une cascade.
« Viens ici », dit Chris en se levant et en l'attirant dans ses bras. Ils restèrent ainsi longtemps, profitant de la chaleur et du bonheur de l'autre alors qu'ils entamaient un nouveau chapitre de leur vie.
Note :
(1) Environ 12000 Euros.