Chapitre 208
Je fixai la Chambre Creuse un instant avant de détourner le regard pour me concentrer sur la deuxième pièce.
La deuxième pièce, je ne l'avais jamais sentie consciemment, bien que je susse qu'elle avait toujours été en moi. Maintenant que je pouvais la voir, le souffle me manqua.
Elle était petite et brillante, et en son centre trônait le premier Éclat de Foudre, semblable à un éclair figé dans du cristal.
Selon le Système, il existait neuf éclats de foudre. J'en avais acquis un après avoir survécu à la tribulation vers le rang d'Adepte, et jusqu'à cet instant, je n'avais pas découvert ce que cet éclat pouvait faire.
Avec une âme plus puissante, je pourrais peut-être percer davantage de ses mystères à l'avenir ; pour l'heure, en l'observant, je pouvais entendre et sentir l'éclat de foudre vibrer, niché dans sa chambre lumineuse comme une braise dans un foyer.
Si j'avais eu plus de temps, j'aurais aimé simplement observer cet éclat, car je sentais une connexion avec lui, mais elle était extrêmement lointaine, comme si j'étais au sol, regardant un éclair traverser le ciel.
Forçant mes yeux à quitter l'éclat de foudre, je me concentrai sur la troisième pièce apparue et je dérivai lentement vers elle. La peur m'envahit à mesure que je m'approchais, une peur que je ne pouvais contrôler ; c'était comme si chaque cellule de mon corps redoutait ce que j'allais y trouver.
À mesure que je m'approchais, la pièce s'étendit dans ma vision jusqu'à se transformer soudainement en une forêt immense.
Je ne sais pas comment vous dire autrement. À l'intérieur de ma propre âme, il y avait des arbres, hauts, sombres, et je savais que les arbres n'atteignaient pas une telle taille à moins d'être très vieux.
Leurs feuilles étaient couleur d'argent et de ténèbres, et le sol entre eux était souple, recouvert de quelque chose qui n'était ni tout à fait de la mousse, ni tout à fait de l'ombre. À travers les arbres, courait le son de l'eau.
Je restai un moment à observer ces arbres extraterrestres gigantesques avec émerveillement, puis je suivis le bruit de l'eau. Le sol sembla rétrécir sous mes pieds jusqu'à ce que je me retrouve devant une cascade, quelque part devant moi, se déversant, pâle et argentée, sur une paroi rocheuse noire dans un bassin qui ne faisait aucune ride. Et au-dessus de tout cela, suspendue dans un ciel qui n'en était pas un, se trouvait une demi-lune, projetant ses ombres à l'envers, face à un soleil qui n'existait pas en ce lieu.
Tout cet endroit était magnifique ; la combinaison de la lumière, des arbres et de la cascade créait une scène étrangement harmonieuse. Je pouvais m'imaginer lire au bord de ce bassin pendant des heures.
Je marchai dans la forêt de ma propre âme, et plus je m'enfonçais, plus je sentais un rythme familier. Je fermai les yeux pour le ressentir, et je découvris rapidement ce que c'était... une respiration. Quelque chose respirait au plus profond de la forêt.
Si c'était le renard, alors ce n'était pas la petite chose que l'Avatar avait brisée dans le bassin. Cette respiration devait provenir de quelque chose de vaste.
Quelque chose de vraiment énorme respirait, lent et régulier, un son si ample que je le sentais dans le sol de cet endroit impossible plus que je ne l'entendais. Je compris alors que cette forêt, la cascade et la demi-lune constituaient la pièce, mais que la respiration était la véritable forme du Renard Lunaire.
La Bête Céleste était bien plus grande que ce que nous avions combattu, et ce que l'Avatar avait lié n'était que la partie assez petite pour passer la porte.
Le reste était ici. Cela me rappela le titre de Tueur de démons qui m'avait connecté à un lieu vaste, et c'était la même sensation ; il semblait que je venais de me connecter à une présence immense.
Étrangement, la peur qui m'avait envahi commença à s'évanouir à mesure que je comprenais ce qui se passait, et...
...la forêt m'expulsa.
Je fus projeté à travers la porte de ma propre âme si violemment que j'en eus mal aux dents, renvoyé à travers la chambre de foudre, le vide, et en haut, en haut, dehors...
∞
...et mes yeux s'ouvrirent sur la fin du monde.
Un instant, je ne pus saisir l'ampleur de la chose. J'avais vu l'éruption cent fois, mais pas à ce niveau...
« Quatre des sept sceaux ont été brisés pendant que tu étais inconscient », dit l'Avatar du Vide, « la fin de ton monde est proche. »
Je restai pétrifié, puis je commençai lentement à regarder autour de moi. Sur des milliers de mètres, il ne restait que la dévastation laissée par mon combat, et aucun démon ne traversait la zone, car la puissance persistait dans l'air comme un brouillard.
En un autre temps, voir l'ampleur de la dévastation que j'avais causée m'aurait rempli d'une sombre satisfaction et peut-être d'un peu de peur, mais ce n'était rien comparé à ce qui se passait autour de moi.
C'était la première fois que je vivais assez longtemps pour voir l'éruption atteindre ce degré.
Neuf tentacules massifs qui atteignaient les cieux m'entouraient. Auparavant, ces tentacules semblaient être un mirage, mais cela changeait lentement, car ils devenaient plus solides.
Entourés par chaque tentacule se trouvait un flot de démons, aux descriptions si variées qu'il me faudrait du temps pour les décrire tous, et tous brillaient d'une puissance impossible qui me faisait grincer des dents.
La Matrone Pâle s'extrayait de sa prison, et je commençais à le sentir dans la terre ; c'était comme si elle était un rêve qui devenait lentement réel, et le monde payait désormais le prix de son avènement.
Je m'agenouillai dans le cratère, nu, et je regardai les neuf tentacules d'un dieu en train de s'éveiller, incapable, un instant, de concevoir une telle taille dans mon esprit.
Puis un poids se posa sur mon épaule droite. C'était léger, presque rien face à la nouvelle force que je sentais croître dans mon corps, puis une queue blanche effleura ma joue, douce comme une pensée, et je tournai la tête.
Un renard était assis sur mon épaule.