Chapitre 3
Les Dieux sont des êtres puissants et aident à la stabilité du monde, il sont au nombre de douze.
— Première question : c'est quoi la lame du néant ?
— C'était l'épée de ton père, comment en as-tu entendu parler ?
Eopia lui tendit le katana.
— Comment l'as-tu eu ?
— C'est en rapport avec la deuxième question.
Il posa le katana sur le lit.
— Depuis le combat avec le boss, j'entends une voix, j'ai discuté avec elle tout à l'heure mais je sais juste qu'elle est proche de mon père. Je pense que c'est elle qui a mis le katana ici.
— C'est étrange, cette voix était celle d'un homme ou d'une femme selon toi ?
— Je dirais celle d'un homme, mais on dirait quelqu'un d'assez jeune.
— Jeune ? Il était sincèrement surpris. Tu dis qu'il semblait jeune ?
— Oui.
Spatiot se mit à circuler dans la pièce.
— C'est possible que ce soit ça mais jeune ? C'est étrange…marmonna-t-il.
— En quoi est-ce si étrange ?
— J'ai une piste, mais il n'est pas jeune : Ténèbrière.
— C'est qui ?
— On dit qu'il était très proche de Mikarashi, il est le Roi démon actuel, expliqua Spatiot.
— Le…Roi démon ?
Eopia était en plein conflit avec lui-même, une partie de lui croyait en les paroles de la voix et l'autre faisait le rapprochement avec le démon de son enfance.
— J'ai dit que ce n'était pas sûr, il est possible que je me trompe, reprit Spatiot.
— Qui est-ce que ça pourrait être d'autre ?
— Ça pourrait être l'âme de ton père ou un autre phénomène, mais ça me paraît très étrange.
Il arrêta ses va-et-vient lorsque le vent se mit à souffler en rafale.
— Qu'est-ce qu'il se passe ? Lui demanda Eopia.
— Il semblerait qu'une créature approche.
— C'est pas une fée hein ?
— Non je ne pense pas.
Eopia était traumatisé par les fées depuis que l'une d'entre elles l'avait poursuivi en lançant des boules de feu, alors tout ce qu'il voulait, c'était autre chose qu'une fée.
Il était loin de se douter de ce qui arrivait.
Des dizaines d'hommes armés de la tête au pieds, tous avançant dans la même direction.
La forêt n'était plus très loin, ils angoissaient à l'idée qu'ils pourraient ne pas revenir de là où ils allaient : un donjon.
Il était classé maître et plusieurs armées avaient échoué à le terminer.
— Notre objectif est simple, fit le chef du groupe, terminer le donjon et revenir vivants !
Des acclamations s'élevèrent de tous les côtés. Des épées s'élevèrent dans les mains des soldats, ils étaient prêts.
Ils marchèrent pendant près d'une heure, tailladant les branches et les feuilles sur leur passage.
Ils étaient proches, ils le savaient.
— C'est…le donjon ?
Une tour s'élevant vers les nuages se trouvait devant eux. Des traces de combat étaient encore visibles sur la terre autour d'elle.
— Sachez que vos familles seront récompensés pour vos efforts, dit leur chef, et ce, même si vous ne revenez pas, alors si vous voulez au moins leur éviter de subir la tristesse de votre perte, ne mourez pas !
Il avait beau ne pas être très convaincant, les soldats trouvèrent du réconfort dans ses paroles. Ils entrèrent dans le donjon.
Ils furent rapidement surpris de voir des cadavres de monstres dans tous les coins. À tous les étages, où qu'ils aillent, les monstres étaient allongés, sans vie.
— Il aurait été terminé ?
Évidemment ils ne s'arrêtèrent pas, ils avaient fait leurs adieux à la ville au cas où ils ne reviendraient pas.
Pour eux, hors de question de s'arrêter sans avoir la confirmation que le donjon était terminé.
— Je l'ai terminé il y a trois jours.
Une voix venait de s'exprimer, elle venait de derrière eux. Ils se retournèrent et :
— Un enfant ?
— Qui est-ce que vous appelez enfant ? J'ai quatorze ans quand-même, rétorqua Eopia.
— Et tu dis l'avoir fini, demanda le chef de groupe, incrédule.
— Oui, j'ai même failli y passer.
— Alors…je suppose que nous pouvons repartir.
— Si votre objectif était de conquérir le donjon, alors oui, vous pouvez y aller.
Sur ces mots, Eopia s'en alla.
Le groupe retourna en ville, ils furent acclamés par la population et apprirent qu'ils étaient convoqués par le roi.
— Votre Majesté.
— J'ai entendu dire que vous aviez terminé le donjon qui avait décimé les autres équipes.
— Si je puis me permettre, nous le l'avons pas terminé, il l'était déjà à notre arrivée.
— Dans ce cas qui aurait pu le faire ?
— Un enfant nous y attendait et a dit l'avoir terminé il y a trois jours.
— Ressemblait il à ça ?
Il tendait une affiche sur laquelle était dessiné le portrait d'Eopia.
— Oui, mais il avait des cicatrices en plus.
— D'autres équipes ont dit l'avoir vu dans d'autres donjons. Il est possible que ce soit une créature ou un être dont on ne connait rien. Mais je ne pense pas que nous devrions le laisser sans rien faire, dit le roi en rangeant l'affiche. Retrouvez-le et amenez le moi ici, vous avez deux semaines.
Il congédia le groupe et commença à réfléchir à ce qu'il devait faire à ce sujet.
— Alors ? demanda Spatiot.
— C'était un groupe d'humains venus terminer le donjon, je leur ai dit que je l'avais déjà fait, répondit Eopia.
— C'est bien.
Il était loin de se douter que pendant ce temps-là, le groupe qu'il avait aidé montait un plan pour l'attirer dans la ville.
— On fait quoi aujourd'hui ?
— Hmm je ne sais pas, probablement un peu d'exercice physique et d'entraînement au sabre, répondit Spatiot.
— D'accord, je t'attends dans la clairière !
Il courut jusqu'à atteindre une petite clairière entourée d'arbres, l'herbe était verte et courte, parfait pour un terrain d'entraînement.
— Tu m'as oublié ? Dit la voix, elle venait de derrière lui.
Eopia se retourna et ce qu'il vit lui coupa le souffle : un être ressemblant à un humain, il possédait des cheveux courts et blancs et des yeux violets, il avait une cicatrice rouge qui lui parcourait le visage comme un quadrillage, des cornes recourbées en "S" vers l'arrière.
Mais ce qui étonna réellement Eopia était le reste de son corps : il avait des sortes de plaques noires, les même que sa propre transformation, une étoile violette en plein milieu du torse : quatre branches, élargies sur les côtés avec deux petits traits sur les branches se trouvant sur les côtés, formant presque une suite de trois étoiles, on aurait dit une fissure violette et blanche.
Il avait des ailes dans le dos, quatre immenses ailes. Il avait également des chaînes aux poignets, elles semblaient maintenues par des menottes brisées et se terminaient par une pointe.
— T'as pas bientôt fini de m'examiner ? Je t'ai déjà dit que ce n'était pas moi qui avait détruit ton village, j'y suis pour rien moi, dit l'être qui venait d'apparaître.
— Qui es-tu ?
— Je suis…
— Ténèbrière, intervint Spatiot, le Roi démon. Que fais-tu ici ?
— Tu serais pas le fils de Simone toi ?
— Oui c'est bien mon père.
— Ça m'étonnes pas ! L'autre ressemble à une chaussette pliée et toi à une planète, on ne trouve vraiment personne de normal dans cet univers !
— Tu n'es pas très bien placé pour parler, on peut savoir ce qui t'amène ?
— Bah tu sais, ça fait onze générations que je suis scellé dans cette famille alors il fallait bien que je l'aide un peu non ?
— Excusez-moi, de quoi vous parlez tous les deux, demanda Eopia.
— Ah oui, désolé on n'a pas pu finir les présentations : je suis Ténèbrière, actuel Roi démon, troisième individu de mon espèce et grand ami de Mikarashi, ce sabre que tu tiens, je le gardais jusqu'à hier, où je te l'ai donné. Je pense avoir tout dit.
— T'aurais pas un peu rajeuni ? Je veux dire, t'as quand-même un milliard d'années, dit Spatiot.
— Ah ça, c'est probablement dû à l'ascendance de ce gosse.
— Comment ça ? Eopia était soudain très curieux.
— En fait, tu connais bien les douze dieux n'est-ce pas ?
— Oui !
— Tu connais Eliott ?
— Le Dieu de la végétation, c'est un des dieux de la vie.
— Il est ton arrière-arrière-arrière-…ouais non flemme : tu es la seizième génération de sa famille, lui c'est la première.
— Donc c'est mon ancêtre ?
— C'est vrai que j'aurais pu le dire comme ça. Et moi je suis scellé dans la famille depuis onze générations.
— Un, deux, trois… ça fait beaucoup.
— Moi, Ténèbrière, te décerne officiellement le titre d'onzième héritier du Roi démon ! Félicitations Eopia Digon !
— Et donc…on s'entraîne ?
— Ah oui c'est vrai, c'est pour ça que je suis venu.
— Ah bon ?
— Tu comptes lui apprendre quelque chose ? Demanda Spatiot.
— Tu te rappelles de l'état dans lequel tu l'as retrouvé il y a trois jours non ?
— …
— Donc tu comprends. Allez Eopia, on s'y met.