Chapitre 6
Chapitre 5
Devrions-nous nous marier ? (3)
traduction : iseuli
édition : lili
« C’est tout ? »
demanda Hugo en feuilletant le rapport de Fabian, qui ne comptait que quelques pages. Cela faisait un mois que le duc lui avait ordonné d’enquêter sur la princesse. Aucune autre enquête n’avait pris autant de temps. Il était venu jusqu’ici en pleine nuit ; après tous les efforts qu’il avait déployés, il était très déçu.
« Il n’y avait pratiquement rien à enquêter, alors j’ai fait preuve de prudence. Je vous prie de m’excuser de ne pas avoir été à la hauteur de vos attentes. »
C’était la première fois que Fabian sentait les limites de ses propres compétences. Ce n’était pas la première fois qu’il effectuait une vérification sur les antécédents de quelqu’un, mais cette fois-ci, peu importe ses recherches, tout avait été vain. Elle avait été tenue cachée au plus profond du palais royal, il n’était donc pas facile d’entrer en contact avec elle. Personne ne connaissait l’existence d’une princesse Vivian, il n’y avait donc aucun point de départ pour son enquête.
Hugo ne réprimanda plus Fabian. Il connaissait bien ses capacités. Ce n’était pas un subordonné capable de faire un travail médiocre pour ensuite inventer des excuses afin de masquer ses lacunes.
La princesse avait grandi comme une roturière jusqu’à ses 12 ans. Ensuite, elle était entrée au palais royal. En apparence, elle n’avait jamais quitté le palais depuis, et elle n’avait jamais fait ses débuts dans la haute société. Cependant, une fois par semaine, elle se faisait passer pour une femme de chambre du palais et sortait pour une course. C’était l’information que Fabian avait recueillie tout ce temps.
« Puisqu’elle n’a jamais fait ses débuts officiels dans la haute société, comment a-t-elle pu agir si naturellement lors du Bal de la Victoire ? »
Elle ne s’était pas fait remarquer lors du Bal de la Victoire, mais ce n’était pas un endroit où une personne ordinaire pouvait facilement s’intégrer. Elle ne s’était pas distinguée durant la fête ; en même temps, elle n’avait commis aucune erreur et ne s’était attiré aucun ennui.
« Elle a écrit une autorisation de sortie pour elle-même et est partie comme ça ? Depuis quand est-il si facile d’échapper à la sécurité du palais royal ? »
« Les gardes de la porte du palais la connaissent en tant que femme de chambre. Il y a trop d’enfants royaux dans le palais, donc le nombre de domestiques qui entrent et sortent est trop important pour être suivi. Ils vérifient simplement si elles emportent quelque chose hors du palais, et c’est à peu près tout. »
Il s’était demandé ce qu’elle faisait chaque semaine, mais elle se rendait toujours au même endroit. Elle allait chaque semaine chez une célèbre romancière. La romancière vivait également en ermite et ne connaissait qu’une seule autre personne : sa femme de chambre.
« Et je suppose qu’elle a obtenu les informations sur le gamin auprès d’elle ? »
L’existence de son fils, Demian, n’était pas un secret d’État, mais ce n’était pas quelque chose qu’une simple princesse pouvait découvrir sur un coup de tête. Hugo se méfiait de la façon dont la princesse l’avait appris, c’est pourquoi il avait ordonné l’enquête.
« C’est une auteure célèbre. Il est connu, à travers ses romans, qu’elle comprend très bien la haute société. Il semble qu’elle ait une sorte de lien avec un informateur qui lui transmet toutes les dernières rumeurs de la haute société. Je n’ai pas été en mesure de confirmer l’identité de cette personne, mais si vous le souhaitez, je poursuivrai mes investigations. »
« C’est bon. Ce n’est pas important. En fin de compte, ce que je voulais confirmer, c’était de savoir si elle est vraiment une princesse ou non. »
La majeure partie du rapport n’était que spéculations. C’était une princesse sans rien à son nom, mais en même temps, tout ce qui la concernait restait flou. Il parcourut une fois de plus ce rapport pitoyable.
« Pourquoi n’y a-t-il aucune femme de chambre résidant avec elle ? »
« Il y a eu beaucoup de femmes de chambre du palais qui ont travaillé à ses côtés... Mais la plupart d’entre elles sont parties ou ont été réaffectées après quelques jours pour une raison inconnue. »
« Es-tu sûr que personne ne tire les ficelles en coulisses ? »
« Il n’y a aucun doute. J’ai enquêté de fond en comble, mais elle n’a aucun lien avec les factions au sein du palais royal. »
Il n’y avait aucun moyen d’obtenir un rapport plus approfondi que celui-ci. Hugo fut perdu dans ses pensées pendant un moment. Il ne lui fallut pas longtemps pour prendre sa décision. Il avait traité cette affaire comme n’importe laquelle de ses autres responsabilités, de manière rapide et ordonnée.
« Puisqu’elle quitte le palais à la même heure chaque semaine, elle partira probablement demain. Amène-la ici. »
« Hein... ? Demain... ? »
C’était son jour de congé demain.
« Y a-t-il un problème ? »
« ...Non. Votre Grâce. »
Son obstination avait conduit le karma à lui retirer son jour de congé. Fabian grinça des dents, absolument certain que cela faisait aussi partie de la malédiction de cette sorcière.
***
« Comment s’est passée cette chose ? »
demanda doucement Norman en jetant un coup d’œil à Lucia.
« Quelle chose ? »
« Cette histoire des deux chemins dont tu m’as parlé la semaine dernière. N’était-ce pas à propos de toi ? Je ne connais pas très bien les détails, mais est-ce quelque chose dont il est difficile de me parler ? »
« ...Oui, je suis désolée. »
« Ce n’est rien. Tout le monde a un secret ou deux. Il y a des moments où l’on doit garder un secret vis-à-vis de ses proches et de sa famille. On aurait dit que tu étais en difficulté... Je voulais juste savoir si tu allais bien. »
Le travail de Norman consistait à comprendre les émotions et les pensées des autres. Elle pouvait lire en autrui facilement et avec une grande précision. Bien que Mlle Phil ait toujours une expression aigrie, Norman n’avait aucun mal à la comprendre ; alors que Lucia, peu importe le nombre de fois qu’elle rencontrait Mlle Phil, ne pouvait rien voir au-delà de cette expression aigrie.
« Tes paroles de la dernière fois m’ont beaucoup aidée. J’ai décidé de tenter le coup. Actuellement, j’attends les résultats. »
« Je vois. Si tu reçois de bonnes nouvelles, tu devras me le dire. »
« Oui, je te le promets. Mais Norman, ces derniers temps, parfois mon cœur ne semble plus m’appartenir. La personne qui est liée à moi... Je vais te raconter la situation actuelle. C’est mon père. »
En incluant le moment où elle avait rencontré son père à 12 ans, et en y ajoutant l’événement de son rêve, elle ne l’avait rencontré que deux fois. Son père n’était qu’un mystère pour elle.
« Mon père me néglige. Il ne me laisse pas mourir de faim et me nourrit bien. Cependant, je ne l’ai rencontré qu’une fois quand j’avais 12 ans, et c’est tout. Tout ce temps, je n’y ai jamais vraiment pensé. Je me disais que cela n’avait pas d’importance car ce n’était pas différent de ne pas avoir de père du tout. »
Un an. Il ne restait qu’une seule année. Après un an, l’Empereur mourrait.
« J’ai toujours pensé que cette personne n’avait rien à voir avec moi. Mais ces derniers temps, je ne peux m’empêcher de ressentir une haine infinie pour lui... Ou quelque chose de similaire. »
Elle voulait entrer dans le palais intérieur où résidait l’Empereur et lui dire en face : « Tu vas bientôt mourir. » Elle ne cessait de ressentir ce désir atroce de voir son visage se décomposer.
Elle n’était que l’un de ses nombreux enfants. Ce n’était pas comme si elle était née de l’amour. S’il avait montré ne serait-ce qu’un peu d’attention, elle n’aurait pas été vendue dans un tel mariage.
« J’ai l’impression que si cette personne meurt, je me sentirai très satisfaite. Même s’il est mon père... Je ne devrais vraiment pas penser de cette façon, n’est-ce pas ? »
« De quoi parles-tu ? Tu appelles ce genre de personne un père ? »
Norman regarda Lucia avec des yeux calmes et tristes.
« C’est normal de le détester. C’est normal de verser une tasse d’eau et de le maudire(1). Tant que la douleur dans ton cœur s’en va, c’est très bien. Tant que ce sentiment ne te ronge pas le cœur, c’est normal de détester cette personne. »
Les yeux de Lucia devinrent progressivement rouges. C’était entièrement la faute de Norman. Elle n’avait jamais connu d’affection de sa vie. Une parfaite étrangère comme Norman avait montré tant d’affection et de sollicitude à Lucia qu’elle ne pouvait s’empêcher de comparer Norman à son père. Grâce à l’attention et à l’amitié de Norman, la graine de la haine pour son père avait germé. Norman s’assit prudemment à côté de Lucia et l’embrassa étroitement des deux bras.
« Lucia. Tu agis toujours comme si tu étais plus âgée que tu ne l’es vraiment. La vie est courte. Même en vivant ta vie en faisant ce que tu veux, tu ne pourras pas tout faire. Tant qu’il ne s’agit pas de tuer quelqu’un, ne te retiens pas, fais tout ce que tu souhaites. C’est mon conseil en tant que ton aînée dans la vie. »
Lucia éclata de rire. Techniquement, Lucia était l’aînée de Norman dans la vie. Lucia ouvrit les bras et serra Norman dans les siens. Bien que Norman fût très mince, son étreinte était chaleureuse et douillette. Lucia se sentait plus heureuse dans cette vie que dans celle de son rêve. Rien qu’en apprenant à connaître Norman, Lucia pensait avoir réussi sa seconde vie.
***
Elle retournait au palais royal. Un homme bloqua nonchalamment la route devant elle. C’était un jeune homme aux cheveux brun foncé. Inclinant la tête vers Lucia, il lui tendit une enveloppe blanche.
Elle hésita un instant avant de la recevoir. À l’intérieur, l’enveloppe était vide. Mais sur le devant, il y avait un emblème de lion noir.
À ce stade, il devait avoir terminé son enquête sur elle. Il n’était pas surprenant qu’ils aient découvert son emploi du temps régulier pour quitter le palais.
« Je suis venu vous escorter. »
Elle pouvait reconnaître qui était cette personne grâce à ses yeux bleu nuit froids, tels qu’elle les avait vus dans son rêve.
« Fabian. »
Il était l’aide de camp personnel du duc de Taran. Il n’y avait que quelques nobles puissants siégeant au centre du pouvoir au sein du duché de Taran. Le duc limitait le pouvoir de tous ceux qui l’entouraient et ne laissait aucune place à la concession. Roy Krotin figurait parmi les nobles les plus connus du duché de Taran, et juste en dessous de lui se trouvait Fabian.
Il gérait toutes les tâches quotidiennes du duc ; il était le secrétaire et l’aide de camp de plus haut rang. Une rumeur persistante disait que Fabian était responsable de l’acceptation ou du rejet des invitations aux soirées mondaines. Par conséquent, peu importait à quel point un noble pouvait être haut placé et puissant, il s’inclinait et se prosternait devant Fabian.
« Maintenant... tout de suite ? »
« Notre Seigneur a demandé une discussion plus approfondie que celle de la dernière fois. Vous pouvez refuser cette invitation, je repartirai seul. »
Lucia regarda les deux personnes qui l’attendaient près d’une calèche. La calèche n’avait pas de fenêtre ni l’emblème du duc. Si Lucia montait dans cette calèche et disparaissait, personne ne pourrait découvrir qu’elle avait été éliminée par le duc de Taran.
« Quelle minutie. J’ai un peu peur. »
Lucia monta dans la calèche sans un mot de plus. La calèche démarra et, peu de temps après, elle s’arrêta. Quelqu’un ouvrit la porte de l’extérieur. Lucia reconnut qu’il s’agissait du manoir du duc de Taran. Elle n’y était allée qu’une seule fois, mais elle pouvait reconnaître certains points de repère familiers.
« Veuillez me suivre. »
Un autre homme, avec les mêmes yeux bleu nuit que Fabian, escorta Lucia dans le manoir.
Pendant que Lucia attendait dans le salon de réception, Fabian alla frapper à la porte de son Seigneur.
« Nous l’avons escortée jusqu’ici. »
« Est-elle seule ? »
« Oui. »
« A-t-elle suivi paisiblement ? »
« Oui. »
Hugo gloussa. C’était une dame pleine d’humour. Elle semblait être une personne peu commune dès l’instant où elle s’était présentée d’elle-même au domicile du duc ; aujourd’hui encore, personne ne saurait qu’elle avait été escortée chez le duc. Elle ne semblait avoir aucune crainte quant à ce qui pourrait lui arriver.
Hugo soutenait son menton d’une main tout en tambourinant sur son bureau de l’autre. Le mariage avec elle avait éveillé son intérêt, mais il n’était pas désespéré de se marier pour le moment. Bien qu’il ait ordonné une enquête approfondie, de nombreux mystères subsistaient autour de cette femme. Elle ne semblait pas trop suspecte, mais cela ne signifiait pas qu’il pouvait facilement ignorer ce fait. En même temps, ce n’était pas un gros problème. Il n’avait jamais accordé sa confiance à quiconque de toute façon.
Cela ne changeait rien au fait qu’il devait se marier. Qu’il se marie maintenant ou plus tard ne changeait rien. Peu importait qui était cette personne. Par conséquent, Hugo lança une pièce. Si elle montait dans la calèche et arrivait chez lui, ce serait pile. Si elle refusait, cela signifierait face. Il préférait pile. Il avait pris sa décision, celle qui allait changer sa vie, de cette façon.
Actuellement, Lucia profitait des biscuits et du thé servis par l’homme qui l’avait escortée jusqu’ici. Le thé était très parfumé et les biscuits étaient vraiment délicieux. Lucia pensa qu’elle pourrait vivre une vie heureuse si elle avait juste ces deux choses.
« Vous êtes un très bon cuisinier. Ce sont les choses les plus délicieuses que j’aie jamais goûtées de ma vie. »
Suite au compliment de Lucia, l’homme fit une pause momentanée avant de répondre.
« Je suis heureux qu’ils soient à votre goût. »
Elle avait déjà joyeusement terminé la moitié des biscuits qu’il avait servis ; Jerome regarda Lucia en pensant qu’elle était une jeune demoiselle unique.
Il avait servi de nombreux invités auparavant, mais c’était la première fois qu’il rencontrait quelqu’un d’aussi détendu qu’elle. En général, ils étaient trop nerveux pour toucher à la nourriture et sirotaient à peine le thé. S’il avait su qu’elle était une princesse, il aurait été encore plus surpris.
Alors que Lucia se remplissait joyeusement la bouche de biscuits, la porte du salon de réception s’ouvrit soudainement. Elle se leva rapidement lorsqu’elle remarqua qu’il s’agissait du duc de Taran. Il accueillit Lucia avec son expression glaciale habituelle et s’assit directement en face d’elle. Il fit un signe de la main et Jerome hocha la tête, se retirant de la pièce. Maintenant, seules deux personnes restaient dans ce vaste salon de réception.
« Veuillez vous asseoir. »
Lucia se laissa tomber sur son siège, sous le choc. Sa bouche était remplie à ras bord de biscuits à ce moment précis. Elle n’avait aucun moyen de les recracher, alors elle commença à les mâcher aussi vite qu’elle le pouvait. Elle avait avalé trop rapidement et sentit qu’elle s’étouffait, alors elle commença à engloutir son thé. Il attendit tranquillement sans un mot, mais cela la rendit encore plus embarrassée, faisant rougir son visage.
Lorsqu’elle eut fini d’ingérer les biscuits, il plaça une énorme enveloppe sur la table et la poussa vers elle. Il hocha la tête, lui faisant signe de regarder à l’intérieur. Elle le fit et en sortit quelques documents. Elle refoula ses sentiments d’embarras et lut calmement les documents.
« Elle devrait avoir 18 ans maintenant. »
Son apparence physique correspondait à son âge, mais parfois elle semblait beaucoup plus mature. Il était vrai que les membres de la famille royale et de la haute société mûrissaient rapidement, mais il y avait quelque chose de différent chez elle.
Hugo commença à inspecter véritablement la jeune demoiselle pour la première fois. Auparavant, il avait simplement confirmé ses traits physiques comme la couleur de ses cheveux et la structure générale de son visage. Cette fois, il prit le temps de l’inspecter en tant que femme.
Elle n’était pas laide, mais ce n’était pas non plus une beauté irréprochable. La seule chose qui ressortait était la couleur de ses yeux. Au premier coup d’œil, ils semblaient dorés, mais ils ressemblaient davantage à un bijou de couleur citrouille orangée.
Mais c’était tout. Son apparence ou son corps ne l’attiraient pas du tout. C’était probablement pour cette raison qu’il avait accepté de la prendre pour épouse.
À l’intérieur de l’enveloppe se trouvaient deux documents. Une renonciation à la garde parentale et un accord d’enregistrement familial. C’étaient les deux documents les plus précieux pour une femme. Habituellement, les femmes n’avaient aucune connaissance de la loi, mais elles étaient éduquées sur ces deux choses jusqu’au moindre détail. Y compris les papiers de divorce, elles ne devaient jamais signer ces choses si facilement. Ces documents symbolisaient tout le pouvoir qu’une femme détenait.
« Selon la demande de la Princesse, voici les deux documents que vous devez signer. »
« ...C’est tout ? Qu’en est-il des autres choses dont nous avons parlé la dernière fois... ? »
« En dehors de ces deux-là, il n’y a rien d’autre que nous puissions officialiser. »
« Vraiment ? N’avez-vous pas besoin de liberté dans votre vie personnelle ? Sera-t-il acceptable de m’accrocher à vous et de vous aimer ? »
Elle avait les yeux écarquillés en posant ces questions comme une enfant ignorante, et il sentit instantanément une grande quantité de stress monter dans sa poitrine. Il abhorrait les conversations absurdes ou les blagues boiteuses. Il détestait quand les gens testaient inutilement le terrain. Il n’avait aucune intention de laisser des failles dans ce contrat.
« Alors, j’ajouterai ces deux points en tant que contrat verbal. »
De manière inattendue, elle ne fut pas du tout choquée par ses mots. Elle hocha la tête, plongée dans une réflexion sérieuse, et saisit un stylo pour signer les documents, le choquant à son tour.
« Attendez. Que faites-vous en ce moment ? »
« Vous m’avez dit de signer... »
« Je vous ai fait part de mes conditions pour le contrat, vous devez donc avoir vos propres conditions, n’est-ce pas ? »
« Est-il acceptable d’ajouter mes propres conditions aussi ? »
« Bien sûr. Un contrat uniquement bénéfique pour une seule partie ne peut pas être établi en premier lieu. »
Il voulait un contrat, pas escroquer quelqu’un. Lucia tomba dans une réflexion profonde. Elle n’y avait jamais pensé du tout. Son seul but était de l’épouser. Puisqu’il le proposait, elle ne voulait pas refuser. Ce serait trop gâcher.
« Avez-vous besoin de temps ? Juste pour votre information, si ce contrat n’est pas conclu aujourd’hui, tout sera annulé. »
« Pourquoi ? »
« Le fait que ce contrat soit profitable n’est pas certain et il y a trop de variables. »
Il devait tout réorganiser pour rencontrer à nouveau la princesse et reprogrammer tout dans sa vie autour d’elle ; c’était tout simplement trop gênant. Cet accord de mariage était sur un coup de tête. On ne savait jamais comment ses sentiments pourraient changer demain.
« Est-ce que je peux vous demander une chose ? Pourquoi détestez-vous l’amour d’une femme ? »
Il la regarda sans un mot et Lucia se demanda si elle avait appuyé sur un souvenir douloureux, tout en lui rendant un regard timide.
« Ai-je... demandé quelque chose dont vous ne vouliez pas parler ? »
« C’est la première fois qu’une femme me pose une telle question et j’ai trouvé cela intéressant. Je ne le déteste pas. Habituellement, les femmes espèrent que leur amour soit réciproque. Je suis incapable de le faire, alors je leur ai dit de ne pas m’aimer. »
Quel souvenir douloureux ? Il était juste égoïste jusqu’à la moelle. Si les femmes ne s’attendaient pas à ce que leur amour soit réciproque, alors cela signifiait qu’il serait acceptable de l’aimer à sens unique. Il devrait essayer de souffrir d’un amour qui le ferait pleurer du sang.
À son regret, elle n’avait pas de telles compétences. Il semblait impossible de changer sa façon de penser. C’était un homme qui avait le monde entier entre ses mains.
« J’ai pensé à quelque chose. »
« Il y a un document vierge que vous pouvez utiliser pour écrire les conditions de ce mariage. »
« C’est bon. Je n’ai pas besoin de documentation. Tout ce dont j’ai besoin, c’est de votre promesse, avec l’honneur du duc en jeu. »
Il feignit un rire.
« L’honneur du duc, dites-vous ? C’est un niveau supérieur à quelque chose comme une documentation. Alors, quelles sont vos conditions ? »
« Il n’y a que deux conditions. Premièrement, s’il vous plaît, promettez-moi que vous ne m’abuserez pas physiquement ou mentalement. Je ne dis pas cela pour insulter Votre Grâce, s’il vous plaît, ne vous méprenez pas. »
À cause des souvenirs dans son rêve, Lucia voulait un mur de sécurité pour se protéger.
L’expression de son visage, alors qu’il regardait Lucia depuis tout ce temps, devint beaucoup plus sombre. Croyait-elle qu’il était un homme capable de blesser physiquement et d’insulter sa propre femme ? C’était un peu désagréable, mais elle avait déclaré qu’elle n’essayait pas de l’insulter, alors il décida de la croire. C’était une condition simple du contrat, après tout.
« Qu’en est-il de la deuxième ? »
« Deuxièmement... Je ferai de mon mieux. Cependant, parfois, les humains sont incapables de contrôler leur cœur. Peut-être est-ce facile pour Votre Grâce. Si vous croyez que je suis incapable de contrôler mon cœur, s’il vous plaît, donnez-moi une rose. »
Qu’est-ce que... Il était impossible de savoir ce que cette femme pensait. Hugo pensa une fois de plus qu’il voulait vraiment ouvrir son esprit pour voir ce qu’il y avait à l’intérieur. Il pouvait comprendre qu’elle n’avait jamais conclu de contrat avec une autre partie auparavant.
C’était clairement un contrat destiné à bénéficier aux deux parties. Jusqu’à présent, il n’avait accepté que des contrats qui lui étaient bénéfiques. Il en avait toujours été ainsi. Il avait l’avantage dans ce contrat. Mais ce n’était pas grâce à ses compétences en négociation, c’était parce que la personne en face de lui était trop immature pour le remarquer.
Ce serait sa propre faute si elle signait un contrat unilatéralement bénéfique. Il n’avait aucune raison de devenir son conseiller ni une personne moralement juste. Ce n’était l’obligation de personne d’être moralement juste. Il l’avait pensé toute sa vie.
Mais il avait au moins un peu de conscience en traitant avec elle. Il décida de la conseiller sur ce contrat unilatéralement bénéfique.
« Pourquoi ne décidez-vous pas de conditions plus réalistes ? Princesse, vous n’êtes pas consciente du prix de ces documents. »
Habituellement, lorsqu’un homme demandait à sa femme de signer une renonciation à la garde parentale et un accord d’enregistrement familial, une grande somme d’argent devait changer de mains.
« J’en suis consciente. Ces deux documents sont censés être très coûteux. »
« ...C’est le cas. »
« Je serai la femme du duc, donc tous mes besoins vitaux seront pris en charge. En dehors des besoins vitaux, je n’ai besoin de rien d’autre. »
Entendre les mots « besoins vitaux » sortir de la bouche d’une princesse était rafraîchissant mais choquant.
« La première condition... très bien. Mais quel est le but de la deuxième condition ? »
« Pour moi, il y a un but. Dans la vie, il y a beaucoup de moments où les choses que vous ne pouvez pas toucher deviennent beaucoup plus importantes que n’importe quelle chose matérielle. Bien que cela ne signifie pas que je n’aime pas les choses matérielles ; je ne prends pas l’argent à la légère. L’argent, bien sûr, c’est important. Nous avons tous besoin d’argent. Sans argent, vivre devient très difficile. Mais tant qu’on a assez d’argent pour s’en sortir, il n’y a aucune différence entre les gens qui en ont un peu plus et ceux qui en ont moins. »
Il feignit un rire.
« Vous parlez comme si vous aviez déjà vécu toute une vie. Princesse, c’est ma conjecture basée sur votre âge et votre expérience, mais ce n’est pas possible, alors où avez-vous appris cette philosophie à deux balles ? »
Lucia sursauta en entendant « comme si vous aviez déjà vécu toute une vie ».
« C’est bien de l’appeler philosophie à deux balles. Quoi qu’il en soit, ce sont mes conditions. Je crois qu’elles ne sont pas trop difficiles. »
Pas trop difficiles ? Elles étaient ridiculement simples. Quel que soit l’angle, ce contrat était unilatéralement bénéfique.
« ...Très bien. Je comprends les conditions de la Princesse et je les accepte. »
Lucia avait été nerveuse et avait retenu son souffle. Elle laissa échapper un long soupir de soulagement. Elle signa immédiatement les deux documents devant elle et les fit glisser vers lui. Il les parcourut rapidement et les rangea.
« Avec ceci, nos fiançailles sont terminées. Si vous souhaitez une autorisation... »
« Non. Je n’en ai pas besoin. Hum, j’ai compris. Je considérerai que nous sommes maintenant fiancés. »
Le mot « fiançailles » semblait trop grandiose. Lucia se sentait étrange.
« Alors... maintenant je suis... la fiancée du duc Hugo Taran. »
Ce n’était pas comme s’ils étaient déjà mariés, mais il était douteux qu’il rompe les fiançailles. Elle avait réussi jusqu’au bout, bien que le taux de réussite fût très faible. Ses émotions profondément émues se lisaient clairement sur son visage. Hugo, qui l’observait, se demanda : « Est-elle du genre à être obsédée par l’honneur ? »
(t/n : Hugo avait parlé de manière polie tout ce temps. Soudain, à ce stade, il abandonne toute forme de politesse)
« Le soleil est couché, vous devriez rentrer. Vous n’avez pas obtenu d’autorisation de sortie de deux jours, n’est-ce pas ? »
Était-ce son imagination ? Sa façon de parler...
« S’éclipser en prétendant être une femme de chambre. Ne pensez pas faire quelque chose d’aussi mignon à l’avenir. »
...Ce n’était pas son imagination.
« Pourquoi soudainement... »
« ...Me parler sur ce ton ? » était trop direct. Alors, que diriez-vous de « parler si grossièrement » ? Il semblait avoir lu dans ses pensées avant qu’elle ne s’exprime, et se détendit sur le canapé.
« Avec ma femme, je ne parle pas formellement ni avec des honneurs. »
Le visage de Lucia rougit.
« ...Quand suis-je devenue la... femme de Votre Grâce ? »
« Depuis que vous avez été promue au rang de ma fiancée. »
« Mais nous ne sommes pas encore mariés ! Avant le mariage, tout peut arriver ! »
« Ne comprenez-vous pas la définition de fiançailles ? Dans la tradition de la famille Taran, il n’existe pas de divorce. Bien sûr, cela signifie qu’il n’existe pas non plus de rupture de fiançailles. »
Si ses serviteurs étaient là pour entendre cette conversation, ils se seraient demandé s’il existait une telle tradition.
« M...même ainsi. Comment se fait-il que vous ne puissiez pas parler à votre fiancée avec des honneurs ? Pourquoi pas ? Est-ce la tradition de votre famille Taran aussi ? »
« Je ne le ferai pas. »
« ... »
Il n’y avait aucun moyen pour elle de comprendre cet homme. Au début, elle pensait que c’était un homme effrayant. Elle pensait que c’était un playboy qui aimait jouer avec le cœur des femmes. Ensuite, elle a cru que c’était un homme avec des manières élémentaires. Elle se demandait s’il pouvait être un homme plus honorable que sa première impression. Après l’avoir rencontré aujourd’hui, elle a vu qu’il était très logique et ne laissait pas ses émotions dicter ses décisions. Mais maintenant, elle n’avait... aucune idée.
« J’ai dit que vous n’étiez pas autorisée à quitter le palais royal avec une autorisation de femme de chambre. Pourquoi n’écoutez-vous pas ? »
« ...Et si je sors quand même ? Que ferez-vous ? »
« Si vous êtes curieuse, pourquoi ne pas essayer ? »
« ... »
Oui. Il n’y avait rien de plus précis qu’une première impression. Menacer les autres était sa devise de vie. Elle se demandait pourquoi elle avait cru en cet homme pour l’épouser. L’émerveillement d’avant s’était transformé en malaise. Qu’elle ait décroché le gros lot ou qu’elle ait marché sur une mine, les résultats de son pari restaient un mystère.
« ...C’est si soudain... Ne puis-je pas rencontrer juste une personne une dernière fois ? »
Plutôt que d’ignorer sa demande, elle demanda sa permission. Elle avait décidé que c’était la meilleure façon de procéder.
« Quel est votre plan après l’avoir rencontrée ? Cette auteure ne sait pas que ma chère est une princesse. »
Lucia fut choquée deux fois de suite. D’abord, parce qu’il connaissait Norman. Ensuite, parce qu’il l’avait appelée « ma chère » si naturellement.
« Pourtant... je veux lui dire un dernier au revoir. »
« Je ne vous demande pas de la quitter pour toujours. Nos fiançailles n’ont pas encore été annoncées. Avant que tout soit officiel, je ne veux pas traiter avec des rumeurs inutiles qui circulent. »
« Alors est-ce acceptable d’aller la rencontrer après notre mariage ? »
Lucia leva les yeux vers lui avec des yeux pétillants, ce qui le fit tressaillir.
« ...Oui. C’est bien plus tard. Mais ne dites pas un mot sur le contrat d’aujourd’hui, jamais. »
« Bien sûr, je n’ai jamais eu de telles intentions. Votre Grâce, vous êtes beaucoup plus compréhensif que je ne le pensais initialement. »
« ...La dernière fois, vous me preniez pour un homme libertin et cette fois, c’est compréhensif ? Quel être humain pitoyable suis-je dans votre tête ? »
« ...Désolée. Ce n’était pas mon intention. »
Hugo regarda Lucia, qui hésitait depuis tout ce temps, avec des yeux émerveillés. Après avoir passé du temps avec elle, il comprit pourquoi il s’était senti incompatible avec les autres auparavant. En général, les gens le craignaient et se détournaient de lui. Qu’ils soient des femmes ou non n’avait pas d’importance. Les femmes qu’il fréquentait agissaient de manière coquette à l’extérieur, mais restaient distantes dans leur cœur. Cette fille, cependant, conversait avec lui avec beaucoup d’aisance.
Cependant, rien n’était encore définitif. Peut-être était-ce parce qu’elle ne le connaissait pas. Il pensait qu’elle n’avait jamais entendu parler de ses rumeurs auparavant. Si elle en avait entendu ne serait-ce qu’une petite fraction, la façon dont elle le regardait changerait. Les gens le considéraient comme un monstre. Mais surtout, il n’avait aucune intention de réfuter ces rumeurs.
***
Cinq jours après son retour au Palais Royal, Lucia découvrit un fait étonnant.
« Il n’a pas précisé si le mariage aurait lieu dans six mois ou un an plus tard. Jusqu’à ce que je me marie, je ne pourrai ni aller rendre visite ni parler à Norman... Elle sera si inquiète pour moi. »
Après beaucoup de réflexion, elle décida d’écrire une lettre.
« Je lui demanderai de livrer la lettre pour moi. Il pourrait la lire avant de la livrer. Il serait probablement d’accord avec ces conditions. »
– Norman. Je suis désolée de t’envoyer mon message d’adieu par une lettre comme celle-ci. S’il te plaît, ne t’inquiète pas pour moi. Je vis une vie très saine et bonne. Cependant, en raison de problèmes importants dans ma vie, je ne pourrai pas te contacter. S’il te plaît, n’essaie pas de me trouver, et attends-moi. Nous pourrons certainement nous revoir un jour. Je promets que ce ne sera pas pour trop longtemps. Nous avons partagé une amitié qui durera toute notre vie.
Je m’inquiète quand tu restes debout trop tard à écrire tes romans. Ce n’est pas bon pour ta santé que tes jours et tes nuits soient inversés. S’il te plaît, fais attention à ta santé.
Avec une amitié éternelle.
Même si quelqu’un d’autre que Norman lisait ceci, il ne pourrait obtenir aucune information nouvelle ou importante. Norman pouvait reconnaître l’écriture de Lucia, donc elle se sentirait soulagée après avoir reçu cette lettre.
Après avoir fini d’écrire, elle regarda par sa fenêtre le ciel bleu ; il n’y avait pas un seul nuage en vue.
« On dirait une bonne journée pour la lessive. »
***
Lucia était trempée de sueur après avoir travaillé toute la matinée. Elle retira toute la literie et les rideaux de son palais pour les nettoyer. Elle transporta de grands bassins en bois et les remplit d’eau savonneuse devant son palais détaché. Elle plaça toutes les couvertures et les rideaux dans divers bassins, marchant dessus pour rincer toutes les impuretés. Elle s’était occupée toute la matinée avec un travail manuel et elle se sentait assez rafraîchie. Lucia piétinait le linge tout en fredonnant un air par le nez.
« Es-tu une enfant qui travaille ici ? »
Lucia leva la tête à la voix d’une femme étrange. Elle ressemblait à une femme de chambre du palais à en juger par son uniforme. Les femmes de chambre de travail et les femmes de chambre du palais portaient des uniformes de couleurs différentes, bien que leur conception globale soit la même.
« Que fait une femme de chambre du palais ici ? »
Lucia fixa la femme de chambre du palais avec des yeux choqués, ne sachant que faire, tandis que la femme de chambre parlait d’un ton froid et interrogateur.
« Pourquoi ne réponds-tu pas ? On dirait que tu es une enfant qui travaille ici, mais c’est la première fois que je te vois. La Princesse est-elle à l’intérieur ? »
« Elle me cherche... ? Pourquoi ? En fait, que suis-je censée dire dans cette situation ? »
Presque personne ne connaissait le vrai visage de la princesse Vivian. Dans son état actuel, la femme de chambre du palais ne croirait jamais que Lucia était la princesse.
« Très bien. Dépêche-toi de répondre. Es-tu incapable de parler ? Nous avons un invité d’honneur ici qui souhaite rencontrer la princesse. »
« Un invité d’honneur ? Un invité pour moi ? »
C’était la première fois qu’un invité venait visiter le palais détaché.
« Je ne savais pas que la lessive était l’une des exigences pour une dame raffinée. »
C’était un ton familier, grave, venant de quelque part. Il n’y avait aucun moyen que ce soit cette personne, alors Lucia se figea sur place. Elle tendit le cou avec beaucoup de difficulté. C’était comme si tous ses os s’étaient soudainement rouillés sur place. Une personne qui n’aurait pas dû être ici se tenait juste là. Cheveux noir corbeau et yeux rouge écarlate. Il portait un manteau noir sur une chemise bleue qui complétait ses cheveux noirs. Il la regardait sans grande expression.
L’âme de Lucia avait quitté son corps à ce moment-là.
« Quelle horreur qu’une servante soit incapable de reconnaître une princesse. C’est parce que vous avez un passe-temps si étrange, Princesse. »
Lorsque la vérité apparut à toutes les femmes de chambre du palais présentes, leurs visages devinrent d’un ton cendré. Lucia vit cela et fut sûre qu’elle ressemblait exactement à elles à ce moment-là.
« B...bonjour... Que faites-vous... ici... ? »
« D’abord, parlons après que vous soyez sortie de là. »
Lucia était choquée, sans voix. En essayant de se précipiter dehors, elle glissa et s’effondra sur le sol. Elle ne tomba pas de manière inesthétique et ne se fit pas mal, mais elle était sérieusement embarrassée.
Son visage était chaud ; elle leva les yeux avec un cœur méfiant. Il la regardait de haut, les bras croisés. Il restait sans émotion comme d’habitude, mais elle ne pouvait s’empêcher de penser à quel point elle lui semblait pathétique.
Alors qu’il s’approchait, Lucia se figea devant sa présence soudaine. Il se tint à côté du bassin en bois et lui offrit une main secourable. Elle fixa sa main avec une expression confuse et leva les yeux vers son visage. Elle dut tendre le cou très loin pour voir son visage. Il était déjà grand à la base ; en ce moment, il ressemblait à un géant. Il était très grand avec une large carrure, mais cela n’affectait pas ses réflexes rapides.
Il se demanda pourquoi elle n’acceptait pas sa main et fronça les sourcils avec une expression réprobatrice. Lucia saisit sa main rapidement dans le feu de l’action. Sa main était énorme. La sienne ressemblait à celle d’un enfant dans sa paume. Il la hissa facilement avec une traction rapide.
Lucia s’échappa du bassin en bois, mais maintenant elle était pieds nus. Tout ce temps, son regard était resté fixé sur ses pieds. Lucia suivit son regard jusqu’à ses propres pieds, ses oreilles devenant rouges d’embarras.
« Aah ! »
Lorsque son corps s’éleva dans les airs, Lucia cria de choc.
« Vous allez mettre de l’eau savonneuse sur vos vêtements ! »
Elle cria de peur que ses vêtements coûteux ne soient salis, mais il agit comme s’il ne l’avait pas entendue du tout alors qu’il se dirigeait vers son palais. Lucia ne lutta pas dans sa prise et laissa docilement son corps sous sa garde. Hugo baissa les yeux vers elle, qui semblait vouloir pleurer, et un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Mais il disparut au même moment.
(fin)
(1) C’est normal de verser une tasse d’eau et de le maudire. – Je suppose que ces actions font référence à la sorcellerie.