Chapitre 180
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Après la fin de l’été, le vent frais de l’automne commença à souffler. Lorsque le mois du terme de la Duchesse arriva, la résidence ducale entra dans une phase de préparatifs intensifs pour l’accouchement.
Le Palais royal envoya un médecin compétent, une sage-femme chevronnée qui avait mis au monde des descendants royaux pendant des décennies, ainsi que des assistants. À mesure que le nombre d’occupants augmentait, la vaste résidence ducale sembla soudainement à l’étroit.
L’attention de chacun était focalisée sur la Duchesse. Ils restaient en état d’alerte, guettant les signes du travail qui pouvaient survenir à tout instant.
Désormais, Lucia ne pouvait plus rester seule, nulle part. Elle se sentait mal à l’aise d’être observée intensément toute la journée, mais elle prenait sur elle en pensant au bébé.
« Ah... »
Lucia posa sa tasse de thé, porta la main à son ventre et fronça les sourcils. Depuis quelques jours, son ventre semblait dur et son bas-ventre la tiraillait doucement. Cependant, depuis son réveil ce matin, une douleur lancinante remontant le long de ses reins survenait fréquemment. Elle était apparue plus tôt et, à présent, elle recommençait.
« Avez-vous mal ? »
La sage-femme vérifia le sablier près de la fenêtre. Les intervalles étaient encore espacés, mais ils étaient réguliers.
« Je crois que le travail commence. Veuillez escorter la Duchesse jusqu’à sa chambre. »
Soudain, tout le monde s’agita frénétiquement. Jerome, qui servait le thé, devint livide. Il regarda sans comprendre les femmes de chambre aider la Duchesse à quitter le salon, puis il reprit ses esprits en sursaut. Il se souvint de la première chose qu’il devait faire. Il se précipita pour informer son maître de la nouvelle.
* * *
Une calèche fonça vers la résidence ducale. Avant même que le domestique ne puisse ouvrir les portières de l’extérieur, Hugo l’ouvrit lui-même et sauta de l’attelage.
Jerome avait envoyé un messager au palais pour prévenir Hugo, mais à ce moment-là, Hugo était en pleine conférence nationale importante. Deux heures s’étaient déjà écoulées lorsqu’il reçut la nouvelle après la réunion.
Hugo monta les escaliers quatre à quatre, fit voler la porte de la chambre en éclats, puis s’arrêta net. La chambre était calme et, quand sa femme l’aperçut, elle lui adressa un doux sourire depuis son lit.
Hugo s’approcha du lit, confus ; il avait couru jusqu’à la maison, prêt à affronter un chaos total.
« Tu as accouché ? »
Pfft. Lucia éclata de rire et les personnes présentes, qui veillaient sur elle, détournèrent la tête pour dissimuler leur amusement. Lucia fit signe à tout le monde de sortir et ils évacuèrent la pièce.
« Ils disent que ça commence à peine. C’est assez mystérieux, je vais bien un instant, puis l’instant d’après, mon ventre me fait soudainement très mal. Et puis, je me sens bien à nouveau. »
« Si c’est le début... combien de temps cela prendra-t-il ? »
« La sage-femme a dit que, comme c’est mon premier accouchement, cela prendrait beaucoup de temps. Le bébé naîtra probablement demain. »
Elle semblait détendue et insouciante. Il s’était inquiété de l’accouchement car il n’en avait qu’une vague idée, mais si c’était ainsi, alors ce n’était pas grand-chose. À peine Hugo eut-il cette pensée que Lucia agrippa son ventre de douleur et se recroquevilla.
Elle ne pouvait même plus parler, son visage était devenu blanc et elle respirait difficilement. En voyant sa femme dans cet état, le sang quitta le visage d’Hugo. Il fut pris de panique, s’agita dans tous les sens comme un homme perdu, puis hurla vers la porte.
« Il y a quelqu’un dehors ?! »
La porte s’ouvrit et les gens affluèrent. La sage-femme se précipita vers le lit. Elle commença à caresser le dos de Lucia et à lui donner des conseils sur sa respiration. Alors que Lucia suivait les instructions de la sage-femme, inspirant et expirant profondément, son expression se détendit peu à peu.
Bien que peu de temps se fût écoulé, des perles de sueur s’étaient formées sur le front de Lucia.
Lorsque Lucia fut enfin apaisée, les personnes qui l’assistaient se retirèrent à nouveau. La chambre redevint silencieuse, comme si l’agitation de tout à l’heure n’avait été qu’un mensonge. Hugo se sentait impuissant, car il ne pouvait rien faire d’autre que regarder.
« Maintenant, je vais bien pour un moment. C’est régulier. »
Il aurait voulu demander à sa femme, qui souriait doucement comme si de rien n’était : comment pouvait-elle sourire ainsi après avoir ressenti une douleur aussi atroce, même si ce n’était que pour un instant ?
« Elle devait subir ce processus jusqu’à demain ? »
Il était déjà abasourdi.
Cependant, la situation s’aggrava au-delà de ses attentes. Les intervalles entre les contractions se raccourcirent, la douleur devint plus intense et, vers minuit, Lucia commença à hurler en se tenant le ventre et en se tordant de douleur.
Hugo ne pouvait plus lui demander si elle allait bien. Il était évident qu’elle n’allait pas bien !
Alors qu’Hugo écoutait les cris de sa femme, il agrippa la sage-femme.
« Elle va vraiment se blesser à ce rythme. Faites quelque chose. »
« C’est le processus normal de l’accouchement. »
« Elle pourrait mourir à ce train-là ! »
« Avec Votre Grâce le Duc qui s’agite ici, la Duchesse ne peut pas se concentrer. »
La sage-femme chassa purement et simplement le Duc qui l’importunait. Hugo fut mis à la porte sous prétexte que c’était pour le bien de la Duchesse, et il fut incapable d’émettre la moindre plainte.
Fixant la porte de la chambre fermée à clé et écoutant les cris qui en émanaient, Hugo avait le visage aussi pâle que celui d’un homme aux portes de la mort. Il se souviendrait plus tard de cette nuit comme de la pire de sa vie.