Chapitre 766
[Traducteur – Night]
[Relecteur – Gun]
Chapitre 766 : Un récit magnifique (6)
Vendre les débris du vaisseau.
Upte avait indiqué plusieurs comptoirs commerciaux sur la carte, mais un seul portait un marqueur de couleur Katangdal.
« Sanmie. C’est notre seule option ? »
Yeongwoo désigna la planète Sanmie sur la carte galactique, et Mantero acquiesça.
— C’est exact. Les autres lieux ne portent pas de marque indiquant qu’ils traitent le Katangdal. À vrai dire, le simple fait qu’on puisse en vendre dans une galaxie autonome comme celle-ci relève déjà du prodige.
« Ah bon ? Alors, estimons-nous heureux qu’il y ait au moins un endroit où en vendre. »
— Oui. Bien sûr, si nous nous rendions dans une région plus vaste, les comptoirs de Katangdal seraient nombreux. En contrepartie, le risque d’être repérés par une foule d’individus inconnus serait extrêmement élevé.
« Donc, pouvoir vendre du Katangdal ici, c’est un coup de chance. »
Ayant compris l’essentiel de la situation, Yeongwoo tourna aussitôt la tête vers la fenêtre.
« Alors, combien de temps nous reste-t-il avant d’arriver à Sanmie ? »
La lumière irisée caractéristique du tunnel de relais scintillait déjà au-dehors, alors Yeongwoo connaissait en fait la réponse.
Ils arriveraient bientôt sur la planète appelée Sanmie.
La galaxie proprement dite était un domaine d’une immensité colossale, mais, pour un vaisseau planétaire capable de résister à l’accélération maximale d’un tunnel de relais, ce n’était qu’une petite portion d’espace.
De plus, maintenant qu’ils bénéficiaient de l’Accord noir conclu avec les trous noirs, l’univers entier n’était-il pas devenu un « endroit qu’on pouvait visiter » ?
— Sanmie… Vous pourrez bientôt le constater de vos propres yeux.
Au moment où Mantero acheva son rapport, les reflets irisés au-dehors s’évanouirent et l’immensité de l’espace se déploya de nouveau.
Une minuscule planète se tenait là, telle un trou rouge.
« La planète est rouge. »
— D’après les informations cartographiques fournies par Hezara, des tempêtes de sable y font rage en permanence.
« Comme les phénomènes climatiques anormaux sur Earth ? »
— Oui. Les données recommandent de porter une combinaison de protection.
« Tss, je pense que ça ira pour moi. »
— Par précaution, mieux vaudrait prendre l’un des vaisseaux-monstres.
Bien sûr, puisqu’un comptoir de minerais se trouvait sur cette planète, l’environnement ne pouvait pas être si hostile qu’il empêchait les vaisseaux ordinaires d’y accoster.
Après tout, le comptoir devait accueillir des clients pour faire des affaires.
Mais Jeong Yeongwoo, propriétaire d’un vaisseau planétaire, était imprévisible à lui seul, non ?
Mantero se disait qu’on ne pouvait pas savoir ce qui risquait encore de se produire sur une planète aux conditions aussi extrêmes.
« Un vaisseau-monstre ? Dans ce cas, autant ressortir Keniscita. »
Aux mots de Yeongwoo, Mushio prit les devants.
— On dirait que j’ai beaucoup de travail aujourd’hui. Je vais préparer le départ.
Le Fendeur, Keniscita.
Une fois à bord, Yeongwoo regarda l’épaisse coque extérieure se refermer lentement, puis interrogea Mushio.
« Le Godial est si résistant que ça ? Je suis dedans en ce moment, mais, pour être honnête, je ne m’en rends pas vraiment compte. »
Mushio lui répondit simplement :
— Il est plus résistant que les écailles d’un Grand Dragon.
« Un Grand Dragon… ? »
Yeongwoo pencha la tête. Mushio entrouvrit brièvement la bouche, puis la referma.
Il avait momentanément oublié que le propriétaire du vaisseau planétaire devant lui était encore un novice de l’univers.
— Vous n’avez pas encore rencontré de Grand Dragon. Ce sont des entités colossales qui parcourent l’univers, comme s’il s’agissait de leur ciel.
« Ah, des dragons de l’espace. »
Yeongwoo lâcha ces mots, comme s’il venait de s’en souvenir.
« Ça doit être celui qui devait être l’adversaire final de Phaemong. Il y a donc plusieurs Grands Dragons. »
— Oui. Il existe plusieurs vaisseaux planétaires et leurs propriétaires, pourtant célébrés comme des Prodiges de l’Univers. C’est pareil pour les Grands Dragons.
« … Hein ? Ne me dites pas que les Grands Dragons sont eux aussi des Prodiges de l’Univers ? »
— C’est exact. Si vous en voyiez un de vos propres yeux, vous comprendriez pourquoi on le classe parmi les « Prodiges ».
« Vous parlez comme si vous en aviez déjà vu un. »
— Bien sûr. Aux côtés d’un Grand Être, on assiste à toutes sortes de choses. Ne suis-je pas en train d’admirer un vaisseau planétaire et de faire l’expérience d’un bond à travers l’univers grâce à l’Accord noir ?
C’était une flatterie monumentale : Mushio comparait Yeongwoo à nul autre qu’un Grand Être.
« Alors… vous dites que ce vaisseau est plus solide que les écailles de cet énorme dragon ? »
— C’est exact. De plus, le blindage en Godial de Keniscita comporte trois couches. Même si, par miracle, la coque extérieure se brisait, la probabilité que vous soyez blessé, capitaine, resterait extrêmement faible.
« Mais puisque rien n’est impossible dans cet univers… on ne sait jamais. »
— Pourtant, dans un univers régi par le bon sens, un tel événement serait vraiment difficile à provoquer.
« Et qu’est-ce qu’on trouve dans un univers qui ne serait pas régi par le bon sens ? »
— À partir de là, c’est le domaine des Transcendants. Je n’en sais rien.
« Je suppose que même l’Éclair Noir n’oserait pas défier un Transcendant en duel. »
— Les êtres transcendants sont littéralement au-delà de toute mesure. Pour affronter de telles entités, il faudrait quelque chose qui dépasse la grandeur.
« Mais qu’est-ce que Vesedel a bien pu faire pour abattre un Transcendant ? »
— C’est tout aussi difficile à concevoir. Mais puisque même Vesedel a fini par décliner, il semble vraiment que tout puisse arriver dans cet univers.
« Même un navigateur qui a passé sa vie aux côtés d’un Grand Être ignore donc bien des choses sur l’univers. »
Alors que Yeongwoo poussait un soupir, Mushio lui fit un rapport préliminaire.
— Nous allons bientôt entrer dans l’atmosphère de Sanmie.
« On y est déjà ? »
Yeongwoo marmonna ces mots et se retourna. La planète bleue Earth flottait juste là, au milieu de l’espace noir comme la nuit.
Comme ils devaient déverser les débris du vaisseau aux coordonnées que Yeongwoo avait communiquées à leur arrivée au comptoir, ils ne pouvaient pas se dissimuler derrière une autre planète.
Yeongwoo devait donc régler ses affaires sur Sanmie le plus vite possible.
Koudoudoudou !
Une vibration artificielle parcourut alors la cabine, signalant que la coque subissait des frottements. Bientôt, la teinte visible à travers le hublot holographique, d’un rouge éclatant, vira à l’orange.
Ils venaient enfin de pénétrer dans l’atmosphère de Sanmie.
— D’après la carte… le comptoir commercial se trouve par là.
Sur ces mots, Mushio plaça un marqueur sur un côté de l’écran holographique entièrement orange. Mais, bien sûr, aucune forme n’était visible à l’œil nu.
« Les vaisseaux ordinaires viennent aussi ici… juste pour vendre de la ferraille ? »
Mushio esquissa un sourire.
— J’ai du mal à y croire moi-même. À tel point que je me demande si ce comptoir n’est pas en réalité un repaire de brigands. Avec une tempête pareille, les navigateurs de compétence moyenne seraient emportés et s’écraseraient.
Pourtant, le comptoir était officiellement reconnu par le gouvernement de Hezara, garant de la sécurité et de la paix. Il ne pouvait donc pas s’agir d’un piège.
— Pour l’instant, la carte signale aussi une mise en garde contre l’approche. Seuls ceux qui sont sûrs d’eux devraient entrer.
« Mais quand même… »
Au moment où Yeongwoo secoua la tête, incrédule, l’orange qui remplissait entièrement le hublot holographique s’atténua enfin un peu, dévoilant un immense désert.
« C’est d’une désolation ridicule. »
— Pareshik, où vous vous rendrez ensuite, ne sera pas très différent. L’atmosphère y aura été complètement bouleversée par les conséquences des armes de guerre à grande échelle.
« Maintenant que j’y pense, vous m’aviez dit avoir traversé plusieurs grandes guerres, non ? »
— Oui. J’ai connu trois guerres.
« Après Hizaki, l’Éclair Noir ? »
— C’est exact.
Yeongwoo ne put s’empêcher de poser la question.
« Hizaki était un maniaque du combat qui allait provoquer des gens en duel. Pourquoi se serait-il soudainement jeté dans une guerre ? On l’a payé pour jouer les mercenaires ? »
Mushio leva alors les yeux vers le ciel.
— Il existe bien quelques Grands Êtres qui agissent pour l’argent, mais, en général, ils sont motivés par les dettes et les rancunes.
« Les dettes et les rancunes ? »
— Sur les trois guerres, l’une était motivée par une rancune, et les deux autres servaient à rembourser une dette.
« Étonnant. Des dettes, vraiment… Même des gens comme l’Éclair Noir finissent donc parfois redevables. »
— Quand on traverse les innombrables événements de l’univers, on se heurte à toutes sortes d’imprévus.
« Au bout du compte, une guerre n’est que le résultat d’un amas de dettes et de rancunes entremêlées. »
[Traducteur – Night]
[Relecteur – Gun]
— Vous aussi, vous devriez faire le point de temps en temps, capitaine.
« Sur quoi ? »
— Sur les personnes qui pourraient vous venir en aide si vous déclenchiez une guerre, capitaine.
« Ah. »
— Les Grands Êtres connaissent généralement au moins une grande guerre au cours de leur vie.
« Enfin… ma vie est courte par nature. Je ne sais même pas si j’en aurai l’occasion. »
À vrai dire, rien ne garantissait qu’il atteindrait un jour le terme de la Grande Voie.
Il n’avait même pas encore atteint le niveau d’un être de niveau quatre.
Piaaaat !
Peu après, un bruit semblable à de l’air frottant violemment contre quelque chose retentit depuis l’extérieur du blindage intérieur. Le paysage derrière le hublot holographique devint aussi beaucoup plus net.
— Le comptoir commercial est là-bas.
La seule station de Hezara qui traitait le Katangdal.
Aux yeux de Yeongwoo, elle ressemblait à une gigantesque raffinerie de pétrole.
De hautes cheminées s’élevaient au-dessus de ce qui devait être des installations de raffinage, et d’épais tuyaux sillonnaient le désert dans toutes les directions.
« C’est beaucoup plus grand que je ne le pensais. Mais je ne vois aucun endroit où entasser la ferraille. »
Le seul comptoir de ferraille où Yeongwoo s’était rendu était celui où il s’était arrêté en entrant dans la Zone noire, grâce au voleur Kezen.
Un endroit où l’on assemblait à la va-vite des débris pour fabriquer des vaisseaux de transport à usage unique.
Mushio regarda au-dehors par l’écran holographique et acquiesça.
— La zone de stockage n’est pas à l’extérieur. Il doit donc y avoir sous terre une installation bien plus grande que ce qu’on voit actuellement. La zone de stockage doit s’y trouver aussi.
« Pour éviter les tempêtes de sable ? »
— Probablement.
À peine Mushio eut-il répondu qu’un rayon vert jaillit d’un coin du comptoir commercial.
— Cette fois, je ne me poserai pas sans autorisation. Il y aura de toute façon une entrée vers les installations souterraines près du faisceau lumineux.
« C’est logique. »
Peu après, Keniscita se posa près du faisceau, conformément à la demande du comptoir. Dès que Mushio ouvrit la trappe du vaisseau, une tempête de sable rouge vif s’engouffra à l’intérieur.
Kwiiaaaak !
Un bruit de frottement bien réel emplit aussitôt les oreilles de Yeongwoo.
Il plissa les yeux, mais ne fit pas apparaître son casque pour se couvrir le visage.
C’était assez désagréable, mais il pouvait tout à fait le supporter.
« Quel endroit pourri pour travailler. »
Yeongwoo descendit de Keniscita. Mushio lui adressa rapidement ses adieux, puis referma la trappe.
— Je resterai en attente ici. Si vous voulez m’appeler, moi et Keniscita, il vous suffit d’activer le marqueur d’appel dans un coin de votre champ de vision.
« Le marqueur d’appel ? »
Yeongwoo se retourna en entendant ce terme pour la première fois, mais Keniscita était déjà passée en mode verrouillé.
Et, en effet, une icône en forme d’épine pointue flottait dans un coin de son champ de vision.
Les vaisseaux-monstres sont-ils normalement équipés de ce genre de fonction ?
Après tout, n’était-ce pas un vaisseau qui ne servait qu’un seul maître à la fois ?
Yeongwoo eut envie de tester la fonction d’appel, mais y renonça : Keniscita accourrait forcément en fracassant tout sur son passage.
Justement, des gens qui semblaient travailler au comptoir arrivaient en courant de l’autre côté.
— Vous êtes le 10011 ?
Les employés accoururent en criant le numéro d’identification de Keniscita.
Ils étaient trois, et leurs mouvements ne révélaient pas une grande aptitude au combat.
On dirait qu’ils n’ont même pas d’escorte… C’est donc bien un comptoir commercial.
Yeongwoo se tourna vers eux et leva légèrement la main.
« Je suis venu me débarrasser de métaux. »
Son ton n’avait rien de poli.
Les employés, qui l’observaient les sourcils légèrement froncés, repérèrent bientôt le marqueur certifié par le gouvernement au-dessus de sa tête et se détendirent.
Mais, en apercevant Keniscita derrière Yeongwoo, ils écarquillèrent les yeux.
— … Du Godial ?
— C’est du Godial.
— Ne me dites pas que les métaux dont vous voulez vous débarrasser sont…
Comme ils avaient reconnu tout de suite un vaisseau en Godial, il semblait que les employés techniques s’étaient déplacés en personne.
Et, comme ils connaissaient visiblement bien la signification d’un « vaisseau forgé en Godial », ils se mirent soudain à se faire tout petits.
— Nous avons commis une grave impolitesse. Veuillez nous pardonner.
— 10011, comment devons-nous vous appeler désormais ?
Ils voulaient dire qu’un homme venu jusqu’à cette frontière à bord d’un vaisseau en Godial ne révélerait sûrement pas son vrai nom ; ils adopteraient donc le pseudonyme qu’il leur donnerait.
Yeongwoo répondit sans émotion :
« Je n’ai pas l’intention de prendre un autre nom. Je m’appelle Jeong Yeongwoo. Allez prévenir le responsable. Dites-lui que quelqu’un est venu se débarrasser des sous-produits d’une bataille de flotte. »
— Les sous-produits d’une bataille de flotte…
L’un des employés, qui réfléchissait aux paroles de Yeongwoo, releva lentement la tête et jeta un regard prudent autour de lui.
Les sous-produits d’une bataille de flotte représentaient une quantité colossale de métal. Pourtant, il eut beau regarder, il ne vit aucun tas de ferraille parmi les affaires que l’autre avait apportées.
Comprenant ce qui lui traversait l’esprit, Yeongwoo désigna un terrain vague visible au loin.
« Peu importe l’endroit où je dépose la marchandise ? Là-bas, ça me semble assez dégagé. »
— O-Oui. Nous avons un collecteur prêt. Si vous apportez la marchandise, nous pourrons la traiter immédiatement.
L’employé qui prononça ces mots avait le visage raide de tension.
Car il devait maintenant demander à un client inconnu, manifestement un gros bonnet venu d’on ne savait où, de revenir avec les métaux à éliminer.
Pourtant, Yeongwoo récitait déjà les coordonnées du terrain vague.
« Sanmie, 539-236-8381-02. »
— … Pardon ? Qu’est-ce que vous dites…
Les employés reculèrent instinctivement d’un pas en comprenant que les coordonnées prononcées par le client étaient d’une précision remarquable. À cet instant, une lumière blanche jaillit haut dans le ciel rouge vif.
Papat !
Et puis…
Kwaaaaaa… !
Une quantité immense d’objets métalliques se mit à tomber, transperçant la tempête de sable.
Mais leur forme…
« Euh, attendez une seconde. »
À peine Yeongwoo eut-il remarqué que les objets métalliques dessinaient une spirale depuis un point du ciel que les employés s’empressèrent d’enfiler leurs casques et se mirent à hurler.
— A-Alerte ! Code 02 ! Une Typhon métallique est en cours !
[Traducteur – Night]
[Relecteur – Gun]