Chapitre 217
Hélios regarda un moment Lola avant de soupirer.
« Bien. Maintenant, dis-moi… qu'y a-t-il d'autre de prévu aujourd'hui ? »
Lola le regarda quelques secondes.
« Rien. Mais justement, Hélios, je voulais t'en parler. Même un idiot remarquerait que tu n'es pas au meilleur de ta forme. Tu devrais te reposer quelques jours. Tu… »
Hélios lui coupa calmement la parole.
« Oui, tu as raison. Et c'était déjà prévu. »
Lola resta silencieuse.
Puis ses yeux s'écarquillèrent légèrement.
« C'est ce que je disais… Tu insistes encore pour te tuer à l'entraînement… Attends. Tu as dit quoi ? »
« Je ne vais pas m'entraîner pendant un moment. »
Lola resta immobile.
« Vraiment ? Tu vas te reposer ? Comme ça ? »
« Oui. Je ne ferai rien. »
Lola le fixa comme si elle venait d'entendre quelque chose d'impossible.
« Excuse-moi, Hélios, mais je dois te demander… tu es malade ? »
Elle réfléchit une seconde.
« Non. Ça ne t'arrêterait pas. Alors… es-tu mourant ? »
Hélios resta silencieux.
Lola soupira.
« Tu sais, j'avais préparé un long discours avec beaucoup d'arguments. Et même là, je doutais de réussir à te convaincre. »
Elle le regarda avec une expression presque incrédule.
« Dis-moi, Hélios… par quel miracle es-tu arrivé à cette décision ? »
Hélios fronça légèrement les sourcils.
« Je n'aime pas la façon dont tu présentes les choses, comme si j'étais un pur obsédé. »
Il marqua une courte pause.
« Mais bon… c'est en partie à cause de ce fragment d'âme. Il m'a donné une condition pour devenir le disciple de ton père : ne plus m'entraîner jusqu'à mon rétablissement complet. »
Lola acquiesça immédiatement.
« Père est vraiment le meilleur. »
Hélios soupira.
« Il n'y a pas de quoi être heureux. C'est du temps que j'aurais pu investir pour m'améliorer. »
Il réfléchit quelques secondes.
« Mais je ne compte pas me morfondre. Je trouverai bien quelque chose à faire. »
Puis il releva légèrement la tête vers Lola.
« D'ailleurs, y a-t-il du travail ? Je pourrais en profiter pour améliorer mes compétences en tant qu'Aîné. »
Lola sourit.
« Oui. Il y a effectivement beaucoup de choses à faire. Beaucoup de paperasse, notamment. »
Elle marqua une pause.
Puis son expression devint légèrement plus sévère.
« Mais tu ne feras rien. C'est mon travail. Et si tu essayes de t'en mêler, je te dénonce à mon père ni. »
Hélios fronça les sourcils.
« Tu t'y mets aussi ? »
Lola acquiesça.
« Oui. Puisqu'on t'a demandé de te reposer, fais-le. »
Elle le regarda quelques secondes.
« Je ne comprends vraiment pas quel objectif peut mériter autant de dévotion. »
Hélios resta silencieux.
Puis il répondit :
« Je n'en ai qu'un seul. La liberté. »
Lola haussa légèrement un sourcil.
« Actuellement, tu n'es pas libre ? »
Hélios secoua légèrement la tête.
« Non. Je ne suis pas libre. Je ne peux pas faire ce que je veux, ni aller où je veux. Et je suis trop faible. »
Lola le regarda attentivement.
« C'est vrai que, comparé aux générations supérieures, tu es encore faible. »
Elle marqua une pause.
« Mais que veux-tu faire que tu ne peux pas faire ? Et où ne peux-tu pas aller ? »
Hélios réfléchit.
Longtemps.
Puis il resta silencieux.
Lola attendit quelques secondes.
« Pourquoi tu ne réponds pas ? »
Elle pencha légèrement la tête.
« Ne me dis pas que tu ne le sais pas ? »
Hélios détourna légèrement le regard.
« Je le sais… C'est juste que… »
Il ne termina pas sa phrase.
Lola sembla comprendre.
Son expression s'adoucit.
« Je vois. »
Elle s'approcha légèrement.
« Ne te force pas. Viens. Je vais t'aider à progresser dans ton objectif. »
Hélios releva les tête.
« Comment ? Je ne peux pas m'entraîner. »
Lola sourit.
« Tu n'en as pas besoin. »
Elle lui tendit la main.
« Je vais t'aider dans quelque chose de beaucoup plus important pour toi actuellement. Quelque chose qui pourrait même t'aider à te dépasser plus tard. »
Hélios resta perplexe.
« Vraiment ? Qu'est-ce que ça pourrait être ? »
Lola sourit mystérieusement.
« Je ne peux pas te le dire. Mais suis-moi. De toute façon, tu n'as rien à faire. »
Elle ne lui laissa même pas le temps de répondre.
Elle lui attrapa le bras et le tira vers elle.
Hélios soupira.
[À un moment donné, je devrais commencer à résister à ça. Sinon, elle pourrait vraiment prendre l'habitude de me traîner partout.]
Mais il se laissa finalement entraîner.