Chapitre 197
Hélios resta silencieux pendant un long moment.
Lola fit de même.
Aucun des deux ne semblait vouloir reprendre immédiatement la conversation.
Puis, après quelques secondes, Hélios finit par demander :
« Ai-je dit quelque chose de mal ? »
Lola ne répondit pas.
Hélios réfléchit.
[Est-elle vexée ?]
Il resta silencieux quelques instants.
[Pourtant, j’ai reconnu l’importance de son travail. Voulait-elle davantage ?]
Il réfléchit encore.
Puis il reprit calmement :
« C’était du bon travail. »
Lola tourna légèrement la tête vers lui.
« C’est faible comme compliment. »
Hélios resta silencieux.
Lola poursuivit :
« Tu connais la quantité de recherches et de temps nécessaires pour rassembler et traiter toutes ces informations ? »
Elle marqua une courte pause.
« Sans compter le temps qu’il m’a fallu pour te préparer un document audio suffisamment détaillé afin que tu puisses réellement l’étudier sans problème. »
Elle croisa les bras.
« Je ne vais sûrement plus t’aider gratuitement ! »
Hélios resta pensif.
Il ne voulait pas perdre davantage de temps avec cette discussion.
Et surtout…
Ils étaient actuellement en route vers le siège de Florence.
Il avait besoin de ces informations.
Alors, après quelques secondes, il finit par céder.
« Tu as raison… »
Il marqua une courte pause.
« Merci. Ça a dû être fatigant. Tu m’as vraiment rendu service. »
Lola resta silencieuse.
Hélios poursuivit intérieurement :
[Honnêtement, je ne suis même pas certain que j’aurais sacrifié mon temps libre pour aider quelqu’un à devenir plus fort en échange d’un simple rencard.]
Il réfléchit quelques secondes.
[Alors, dans un sens, elle n’exagère peut-être pas complètement.]
Un sourire apparut finalement sur le visage de Lola.
« C’est à peine suffisant. »
Elle marqua une pause avant d’ajouter :
« Mais je te pardonne. »
Puis son sourire s’élargit.
« De toute façon, il ne m’a fallu qu’une dizaine de minutes. »
Hélios resta immobile.
Lola poursuivit tranquillement :
« Je savais déjà tout ça. Après tout… le savoir est une arme. Et encore plus pour moi. »
Hélios resta parfaitement silencieux.
Si ses yeux avaient été ouverts, son expression aurait probablement été profondément choquée.
[Elle m’a eu.]
Il sentit une légère colère remonter en lui.
Il venait de comprendre qu’elle l’avait probablement fait culpabiliser volontairement.
Mais cette irritation disparut presque aussitôt.
[Non. Non… elle ne m’a pas vraiment manipulé.]
Il réfléchit quelques secondes.
[Ce n’était rien de grave.]
[Elle cherche simplement à donner un peu plus de valeur à ce qu’elle fait.]
Il regarda Lola.
[Et elle m’a réellement aidé.]
Puis une autre pensée apparut.
[Elle pourrait probablement m’aider encore davantage à l’avenir.]
Son expression devint légèrement plus sérieuse.
[Je dois simplement trouver un moyen de m’assurer qu’elle ne puisse pas utiliser contre moi les informations qu’elle détient déjà… ou celles qu’elle pourrait obtenir plus tard.]
Hélios resta silencieux.
[En fait, maintenant que j’y réfléchis… Lola pourrait m’être extrêmement utile.]
[Mais sa capacité est beaucoup trop dangereuse.]
Il observa silencieusement la jeune femme grâce à son sondage.
[Si elle obtient trop d’informations sur moi sans que j’aie aucune garantie pour l’avenir, elle pourrait un jour devenir ma pire adversaire.]
Lola sourit soudainement.
« Sois gentil avec moi, sinon je ne t’aiderai plus gratuitement. »
Hélios releva légèrement la tête.
Lola poursuivit :
« Tes revenus du mois servent déjà en grande partie à financer les informations classées que j’utilise pour toi et que je vais ensuite te transmettre. »
Elle sortit son transmetteur.
« Alors, évite de me faire regretter de t’aider. »
Quelques secondes plus tard, le transmetteur d’Hélios vibra.
Une notification venait d’apparaître.
Lola venait de lui envoyer le fichier audio.
Hélios sentit un léger sourire apparaître sur son visage.
Puis il répondit calmement :
« Ne t’inquiète pas. J’ai conscience de tes efforts et de ton importance. Je ne minimise pas tes capacités. »
Lola le regarda quelques secondes.
Puis son sourire réapparut.
« C’est bien. »
Elle jeta un coup d’œil par la fenêtre.
« Nous sommes arrivés. »
La voiture ralentit progressivement avant de s’arrêter.
Hélios sentit le véhicule s’immobiliser.
Lola ouvrit la portière.
Puis elle descendit avant de se tourner vers lui.
Hélios descendit à son tour.
Comme depuis le début du trajet, Lola lui tenait toujours le bras.

Tous deux avancèrent ainsi vers l’entrée du siège de Sinister à Florence.