Chapitre 10
Ils furent accueillis avec enthousiasme. Les femmes et les enfants furent surpris de voir autant d’humains étranges, mais oublièrent vite leur réaction. Face à des maisons, de la nourriture à disposition et un certain confort retrouvé.
Les villageois choyèrent les enfants et les dorlotèrent avec amour, comme des bénédictions. Les ados furent rapidement intégrés aux groupes de ravitaillement dans la nature et à la vie du village. Comme si chacun d’entre eux avait toujours eu sa place dans ce monde.
Mero, Ghorn et Khun partirent du village en compagnie des 3 jeunes femmes qui avaient succombées à leur charme. Trop heureux d’avoir hérité de femmes et d’enfants.
Silène ne doutait pas que les autres femmes ne resteraient pas longtemps célibataires. Ce ne serait pas les prétendants qui manqueraient. Les femmes se feraient vite à cette vie dans un monde si accueillant.
Silène était contente d’être de retour. Le premier sauvetage s’était plutôt bien déroulé. Les choses s’auguraient bien pour un prochain voyage.
Elle retrouva Mike et les autres en début de soirée. Ils s’étaient bien intégrés à la vie du village. Ils rentraient d’une journée en forêt pour le ravitaillement, entre cueillette et chasse.
A leur retour, ils la trouvèrent installé au village. Elle revenait de parler aux anciens quant à d’autres sauvetages. Elle avait de bonnes nouvelles.
- Silène, tu es de retour. Dit Silvio enthousiaste.
- Oui, je suis de retour.
- Comment s’est déroulé le voyage ? demanda Mike
- Très bien. Nous avons ramené des femmes et des enfants et je crois que certaines ont déjà trouvé un compagnon parmi les natifs qui m’ont accompagné.
- Ils n’ont pas perdu de temps à ce que je vois… dit Jim d’un ton méprisant.
- Et toi tout va bien ? demanda Véra
- Oui Véra, tout va bien. Les natifs ont fait tout le boulot, je n’ai pris aucun risque, ou plutôt ils ne m’ont laissé prendre aucun risque.
- C’est une bonne nouvelle.
- Oui, mais est-ce que c’est de bon augure pour nos projets ? dit Mike
- Je pense que oui. Le prochain trajet sera pour aller chercher vos familles.
- Je suis heureux de l’apprendre. On a fait ce qu’on a pu pour s’intégrer à la vie du village et je crois qu’on s’en est bien sorti.
- Même Jim à fait des efforts, on n’a pas entendu parler de lui depuis ton départ. Dit-il en le regardant dans les yeux.
- C’est une bonne nouvelle. Les anciens ont accepté que je retourne en chercher d’autres et ils sont prêts à en accepter autant que je pourrais en ramener.
- On pourra aller avec toi cette fois ?
- Oui. Je leur ai parlé de vos familles que vous souhaitiez ramener. Ils ont accepté que vous tentiez de les retrouver et que nous ramenions tous ceux que nous pourrons. Ils ont de la place dans ce monde et si leur village ne peut pas les accueillir d’autres seront prêt à le faire.
- C’est une bonne nouvelle. Quand partons-nous ?
- Oui, nous sommes pressés d’aller chercher nos familles.
- Nous partirons dans deux jours.
- Pourquoi tant de temps ?
- Parce que nous devons attendre d’autres Natifs pour nous accompagner.
- Comment cela ?
- Si nous sommes plus nombreux, ils pensent que nous aurons besoins de plus de guerriers pour nous accompagner.
- Des guerriers ?
- Ceux qui m’ont accompagné font partie d’une caste de guerriers.
- C’est plutôt bon ou pas ?
- Plutôt bon. Les prédateurs semblent avoir peur d’eux.
- Vraiment ? pourquoi ?
- Je ne sais pas vraiment. Je sais qu’ils sont rapides et efficaces. Ils sont intervenus à une vitesse pour délivrer les femmes et les enfants. Je n’ai pas eu le temps de comprendre ce qui se passait qu’ils avaient déjà fini. Je ne sais pas s’ils étaient extrêmement rapides ou si les autres étaient tétanisés par la peur… je n’ai pas vraiment compris comment ils s’y étaient pris.
- Ça semble incroyable à t’entendre.
- Sans doute parce que je n’y connais rien non plus en combat et en intervention de sauvetage. Ce n’était sans doute rien d’exceptionnel. Mais…enfin le principal est qu’ils les aient délivrés.
- Oui sans doute. De toute façon c’est toujours mieux d’avoir des guerriers dans notre camp. On ne sait pas de quoi sont capables les prédateurs maintenant. Des guerriers c’est plutôt une bonne chose face à ce qui risque de nous attendre.
- Oui, je suppose, surement.
- Donc dans deux jours… dans deux jours nous allons chercher nos familles.
- Oui, dans deux jours.
Le grand jour était arrivé. Ils étaient prêts pour le départ. Silène avait profité de ces deux jours pour se reposer, nettoyer ses affaires et s’assurer que tout son équipement était opérationnel. Mike, Silvio et Jim étaient impatients de partir, même si ce n’était pas pour les mêmes raisons. Véra était là elle aussi.
- Tu n’es pas obligé de rester tu sais Véra.
- Je sais, mais je préfère rester jusqu’à votre départ. Je tenais à vous dire au revoir.
- Tu es inquiète ?
- Oui
- Pourquoi ?
- Je m’inquiète pour vous et si vous ne reveniez pas ?
- Ne t’en fais pas, on reviendra. Dirent Mike et Silvio
- Oui, on a bien l’intention de revenir.
- Je ne peux pas m’empêcher d’avoir un peu peur, il peut se passer n’importe quoi. Et si je ne vous revoyais jamais.
- Je comprends
- Vous êtes les seuls amis qui me reste. Je serai la dernière comme nous ici, si vous ne revenez pas.
- Non tu ne seras pas la seule, il y a les autres femmes qui sont venus, avec les enfants.
- Je ne les connais pas vraiment et j’ai déjà remarqué que la plupart avait déjà plus ou moins un soupirant attitré. Elles n’ont que faire de moi. Vous êtes mes seuls amis. C’est normal que je m’inquiète pour vous.
- Oui je comprends.
- Je sais que je serais bien ici, mais vous me manquerez. Je vous attendrais.
- On reviendra Véra, tu peux en être sûr.
- Oui et on ramènera nos familles avec nous. Tu peux être sûr qu’on reviendra.
- Oui dit-elle sans s’avancer davantage.
Silène n’était pas aussi confiante que Mike et Silvio quant à leur avenir. Elle aurait bien voulu être aussi sure qu’eux qu’elle reviendrait. Mais elle avait conscience que les choses ne se passeraient pas toujours aussi bien que son premier sauvetage.
Elle ne pouvait s’empêcher d’être inquiète elle aussi, comme un sombre pressentiment. Peut-être Véra ressentait-elle la même chose elle aussi. Cette peur au fond du ventre, cette crainte du danger qui les attendait quelque part.
Elle n’était pas aussi euphorique et confiante que Silvio et Mike. Pourtant elle aurait bien voulu. Les choses lui auraient semblé alors plus faciles et plus simple. Là elle s’inquiétait de ne rien oublier de son équipement et espérait qu’elle saurait être à la hauteur de ce qui les attendait.
Trouveraient ils seulement les familles de Mike et de Silvio ? Et s’ils les retrouvaient, seraient ils toujours totalement humains ? Elle semblait être la seule à envisager la question. Mais elle les comprenait. Ils partaient chercher leur famille, ils préféraient sans doute ne pas envisager le pire. Elle espérait juste que ses craintes ne se réaliseraient pas et que tout irait bien pour eux deux et leurs familles.
Un groupe de Natif approchaient, il était temps d’y aller.
- Au revoir Silène, fais bien attention. Dit Véra en la serrant dans ses bras.
- Je ferai attention.
Vera serra aussi Mike et Silvio dans ses bras avant de les regarder partir rejoindre les natifs. Silène ne pouvait se départir d’une angoisse qui lui serrait le cœur. Quel avenir les attendait ?