Chapitre 30
Chapitre 30
Le signal était donné. Aux ordres de Collin, la comédie politique s'engagea. Les lourds battants s'ouvrirent à nouveau pour laisser s'engouffrer la foule des délégations : vassaux, bannerets, épouses et héritiers défilèrent sur le marbre en un cortège solennel.
Tandis qu'ils s'avançaient, je lisais sur les visages l'onde de choc produite par ma tenue. Ce vêtement n'était pas un simple habit de deuil : c'était une arme diplomatique. Je voyais le regard des vieilles matrones se figer sur le décolleté serti de saphirs, hésitant entre le scandale et l'asphyxie. Chez les jeunes seigneurs, la réaction oscillait plutôt entre fascination et intimidation. Mes chaussures rehaussées m'imposaient un port de tête majestueux, bien que chaque pas exigée la concentration d'un faon cherchant son équilibre. Dissimulée sous une discipline de fer et soutenue par une coupe qui moulait mes hanches avec assurance, cette vulnérabilité physique s'effaçait derrière l'illusion d'un contrôle total. Ce n'étaient pas des atours pour séduire, mais la parure d'un paon déployant ses plumes face au danger. En arborant une tenue si voyante en plein hall occupé, je leur imposais une certitude : seule une dirigeante qui ne craint rien peut se permettre une telle provocation. Ils ne s'inclinaient pas devant une orpheline, mais devant une démonstration de force.
L'exercice exigeait une perfection absolue. Adoptant une posture altière, je rendais à chaque seigneur un salut pesé, gratifiant leurs condoléances formulées à demi-voix de phrases ciselées, empruntées à la plus haute étiquette. Je jouais la monarque inébranlable, incarnant la majesté d'An T-Soir avec une morgue étudiée pour tromper le moindre regard indiscret.
C'est lors du passage des maisons ducales que le masque faillit se fendre.
Lorsque la maison de Kernever s'avança, suivie de près par celle de Brocéliande, je vis le trouble profond qui traversait les rangs de ma propre famille. Mon cousin Kaelig Garmora de Kernever et ma cousine Nola Silvestor de Brocéliande s'avancèrent pour me présenter leurs respects. Leurs yeux, d'ordinaire si familiers, se posèrent d'abord sur la coupe audacieuse de ma robe et l'éclat insolent des pierres, avant de remonter vers mon visage. La sidération qui se lisait sur leurs traits était poignante. Ils ne reconnaissaient plus la jeune fille de seize ans avec qui ils partageaient autrefois des rires d'enfants. Nola fixait les ajustements de ma tenue avec une stupeur muette, hésitant entre l'effroi du sacrilège et l'émerveillement. Kaelig, quant à lui, semblait déstabilisé par cette prestance irréelle qui me transformait en une étrangère intouchable.
Il hésita une fraction de seconde avant de s'incliner, la mâchoire tremblante, tandis que Nola peinait à dissimuler un frisson. Ce décalage brut entre leur souvenir et la figure de pouvoir que j'incarnais les heurtait de plein fouet.
Je tins bon. Sans briser la rigidité de mon port de tête, j'adoucis imperceptiblement la froideur de mon regard lorsqu'ils arrivèrent à ma hauteur. Au moment où Nola courba l'échine, je laissai échapper une nuance plus tiède dans ma voix, un léger fléchissement dans mon accent qui n'appartenait qu'à notre intimité. Un clin d'œil d'une fraction de seconde leur fit comprendre la vérité : derrière l'acier du rôle et la théâtralité de la parure, Énora était toujours là. Je vis la tension s'apaiser dans les épaules de Kaelig et le souffle de Nola se débloquer, rassurés par cette discrète passerelle.
Le défilé se poursuivit encore longuement, épuisant mes dernières forces. Lorsque la dernière maison s'inclina enfin, les intendants prirent le relais pour guider les suites vers leurs appartements.
La salle se vida dans un froissement d'étoffes et un bruit de pas assourdis. Conformément à notre plan, je ne m'attardai pas sous les voûtes. Profitant de la dispersion des clans, je quittai le hall d'un pas mesuré mais rapide, encadrée par ma garde, pour rejoindre mes appartements privés. Le silence des corridors vint enfin étouffer l'écho de la grande salle. Il était temps de tomber l'armure.
Dès que la porte de mon bureau se referma, mes épaules tombèrent d'un coup. Le masque d'acier s'effondra. Je défis précipitamment les brides de mes chaussures d'apparat pour les laisser tomber sur le parquet. Le soulagement fut immédiat, presque divin. Une légère vague de vertige m'effleura, mais en redressant la tête, la surprise me cloua sur place. Collin, Aldric et Ronan m'attendaient devant mon bureau, et à leurs côtés, adossé au rebord de la croisée, se tenait une présence impensable en ces lieux : Morvran, le Haut Druide, drapé dans ses lins sacrés.
Une chaleur singulière régnait dans la pièce, tranchant avec la tension du hall. Aldric m'adressa un hochement de tête admiratif, tandis que Ronan affichait un sourire satisfait de guerrier. Je sentis le nœud dans ma poitrine se desserrer enfin.
Ce fut pourtant le visage de Collin qui attira mon attention. Mon austère conseiller peinait visiblement à contenir ses émotions. Une lueur de fierté perçait sous ses traits rigides, et un pli joyeux étirait le coin de ses lèvres. Voir cet homme, d'ordinaire si avare de compliments, au bord de l'euphorie me procura une étincelle de fierté sauvage.
— Princesse, me salua doucement Morvran d'une voix caverneuse. Votre prestance aujourd'hui a fait souffler l'esprit de nos ancêtres sous les voûtes.
Collin s'avança d'un pas. Il tentait de garder son masque, mais sa queue battait l'air derrière lui à un rythme effréné.
— Permettez-nous de vous féliciter, jeune fille, commença-t-il, la voix voilée par l'émotion. Si je dois être tout à fait franc, je m'attendais au mieux à ramasser les pots cassés. Mais votre coup d'éclat a totalement renversé le jeu : en les forçant à respecter les anciennes règles, vous avez pris les clans en tenaille entre la nostalgie du royaume et la peur de l'isolement.
— Un massacre sans une goutte de sang ! le coupa Aldric avec un sourire carnassier. Le visage de ce sot de de Silva quand vous avez cité la clause d'immunité des vassaux ! Vos nuits passées sur ces parchemins poussiéreux ont toute payé.
Un frisson de satisfaction me traversa. Avec un petit rire, je répondis :
— Le masque de la souveraine a parfaitement fonctionné. Cela l'a poussé à jouer les autoritaires, et l'autoritarisme est souvent la parure des incompétents.
— Et la vieille Morwenna ! ricana Ronan. Elle cherchait une faille, mais vous étiez plus droite qu'une pique. Intouchable.
Tout en parlant, le colosse se baissa pour ramasser mes instruments de torture abandonnés sur le parquet, puis les posa soigneusement au pied de mon fauteuil.
— Même si vos pieds ont failli y passer, ajouta-t-il avec un clin d'œil.
Je me dirigeai derrière mon bureau. Sans mes talons, la soie fluide de ma robe balayait désormais le parquet dans un glissement doux. L'étoffe me rappelait que sous ces atours de reine, je ne mesurais que mes seize ans. Je me laissai tomber dans mon siège et me baissai aussitôt pour masser mes orteils martyrisés.
Pendant que je tentais de faire revenir le sang, la voix de Morvran s'éleva :
— Me permettez-vous d'assister à la réunion des clans, princesse ? En simple observateur, bien entendu.
Je me redressai dans mon fauteuil :
— Votre présence honorerait ce conseil, Vénérable Morvran. Vous y êtes évidemment le bienvenu. Mais... cela ne risque-t-il pas d'entacher la neutralité de votre ordre aux yeux des ducs ?
— Montrer les druides à nos côtés est précisément le signal qu'il nous faut, rebondit aussitôt Collin, l'œil étincelant. Pouvons-nous compter sur votre voix pour appuyer nos propositions ?
Morvran garda un visage de marbre :
— Ma voix appartient aux dieux et aux coutumes, pas à vos calculs, Collin. Si les débats touchent à notre foi, j'interviendrai. Pour le reste... les druides n'ont pas vocation à attiser le courroux de l'Empire pour des querelles de clocher.
Un silence froid retomba sur la pièce. Le Haut Druide remettait les cartes sur table : il n'était le vassal de personne.
Ronan rompit la glace avec un grognement amusé, rejoint par Aldric. Durant quelques minutes, la tension s'évapora au rythme des moqueries sur les valets de de Silva qui empilaient déjà les malles dans la cour. Pouvoir enfin rire était un luxe inouï.
Puis Collin jeta un coup d me regard vers la fenêtre :
— De Silva vide ses quartiers. Le champ est libre. Plutôt que d'attendre ce soir, nous devrions avancer la réunion des douze clans juste après le dîner. Profitons du fait que les ducs soient encore étourdis par votre coup d'éclat.
Aldric et Ronan acquiescèrent. Remarquant mes traits tirés, Collin adoucit sa posture :
— Prenez un peu de repos, Princesse. La soirée va être longue. Quant à Aldric et moi, nous allons préparer la lettre au gouverneur pour qu'elle soit signée à la réunion.
Ils s'inclinèrent et s'éclipsèrent à pas feutrés. La lourde porte de chêne se referma dans un déclic étouffé, me rendant enfin au silence de mon sanctuaire.
Le silence qui suivit fut presque vertigineux. Enfin seule. Je traversai la pièce à pas lents, mes pieds nus savourant la fraîcheur du chêne, et me laissai glisser sur la banquette de velours aménagée sous la croisée. Je m'y allongai de toute ma longueur. La chaleur d'été traversait les vitraux et se déversait sur moi comme une couverture lourde et dorée. Autour de mes jambes, la soie fluide de ma robe s'étala dans un murmure. Les yeux fixés sur les moulures du plafond, je regardai les poussières danser dans la lumière. Au loin, le vacarme des malles impériales montait encore, mais il me paraissait irréel.
Pour la première fois depuis l'aube, la pression dans ma poitrine se dénoua. Je n'avais plus à feindre la fermeté ni à porter le poids du royaume. Sous les atours d'une souveraine intouchable, je n'étais qu'une fille de seize ans, le corps moulu de fatigue. Je fermai les yeux, laissant mes pensées dériver.
Un bruit mat me fit sursauter.
La porte ne s'était même pas entrouverte avec décence : Kaelig venait de se glisser à l'intérieur en manquant de trébucher sur le tapis, deux pommes volées dans les cuisines calées sous son bras et une bouteille de vin de baie coincée sous son coude. Derrière lui, Nola leva les yeux au ciel en refermant le battant à clé.
— Attention au précieux chargement ! chuchota Kaelig en rattrapant la bouteille au vol dans un geste acrobatique ridicule.
En me voyant étalée sur le velours, pieds nus et robe en désordre, mon cousin bomba le torse et prit une voix de fausset pompeuse pour imiter le commandant impérial :
— « Ô Grande Princesse, le Conseil réclame votre présence... ah non, pardon, vous êtes en train de faire la sieste comme un sac à patates. »
Il se laissa tomber sur l'autre bout de la banquette sans la moindre retenue, faisant sursauter tout le meuble et manquant d'écraser mes pieds.
— Kaelig, par les esprits, pousse-toi ! le gronda Nola en s'interposant.
Un rire véritable m'échappa enfin. Sans réfléchir, j'attrapai le coussin en velours calé dans mon dos et le lui envoyai en plein visage.
— Un sac à patates ? Répète un peu ça, qu'on voie si je ne te fais pas jeter aux fers !
Kaelig parut ravi de la riposte et me renvoya le coussin avec son sourire provocateur, tandis que Nola venait s'asseoir tout contre moi. La chaleur de sa présence agit immédiatement comme un refuge. Sans hésiter, ma cousine attrapa mes pieds nus pour les poser sur ses genoux. Je poussai un petit cri en grinçant des dents lorsque ses doigts pressèrent ma voûte plantaire endolorie, avant de laisser retomber ma tête avec un soupir de soulagement.
— Doucement, Nola... j'ai l'impression d'avoir cogné mes pieds dans un coin de meuble en boucle.
— C'est parce que tu as voulu jouer les reines d'acier dans des chaussures faites pour de la figuration, répliqua Nola d'un ton faussement sévère, bien que ses gestes devinssent plus doux. Mais tu es blême, Énora. Quand on a vu de Silva débouler dans la cour comme un taureau blessé, j'ai failli retenir mon souffle jusqu'à ce qu'on comprenne ce qui s'était passé.
Un léger moment de flottement s'installa. Dans cette parenthèse d'intimité, l'absence d'un membre de notre bande finit par se faire sentir. Je tournai la tête vers mon cousin :
— Dis donc, Kaelig... où est ta sœur ? Maeva est toujours dans tes pattes, d'habitude.
Kaelig afficha aussitôt un visage tiré, esquissant un léger rictus embarrassé avant de détourner la tête.
Nola, qui ne laissait jamais rien passer, cessa de me masser les pieds et croisa les bras. Elle le fixa d'un regard perçant :
— Accouche, Kaelig. Crache le morceau tout de suite. Qu'est-ce que tu as encore fait comme idiotie ?
Mon cousin soupira, évitant nos deux regards en triturant le col de son pourpoint :
— J'y suis allé peut-être un peu fort avec ma dernière blague, du coup elle prend ses distances. Rien de grave.
Je me redressai un peu plus sur mes coussins, calant mon dos contre le montant de la fenêtre. Je me composai un visage exagérément grave et adoptai mon plus beau ton royal, théâtral et solennel à souhait :
— Par décret royal, messire Garmora, votre souveraine exige immédiatement des aveux. C'est un crime de lèse-majesté de cacher un secret à la couronne, surtout quand il s'agit des dégâts de tes blagues douteuses !
Kaelig et Nola me dévisagèrent un instant, un rictus coincé sur les lèvres, avant que mon cousin ne cède enfin :
— Il se trouve… commença-t-il avec un sourire exagérément crispé, que j'ai uriné dans son flacon de shampooing pendant le voyage. Et elle ne l'a pas très bien pris…
Son aveu me fit immédiatement écarquiller les yeux.
— Merci d'avoir précisé qu'elle ne l'avait pas très bien pris, on aurait pu avoir un doute ! répliquai-je en me massant les tempes, une pensée émue pour ma pauvre cousine aux magnifiques cheveux d'argent.
— Mais enfin… lança Nola, tout aussi choquée que moi. Ça ne se fait tellement pas ! Les cheveux d'une fille, c'est sacré d'abord !
Elle lui frappa vigoureusement l'épaule.
— Et rassure-moi, enchaînai-je, tu es au moins allé t'excuser ? Non parce que ça, plus le mois dernier où tu as fait croire à tout le monde que son gâteau d'anniversaire préféré était le gâteau aux carottes, ça commence à faire beaucoup quand même !
— M'excuser ? Mais le gâteau aux carottes, c'était de la pure bienveillance ! La carotte, ça affine la vue pour le tir à l'arc et ça rend aimable... même si, à première vue, sur elle, le traitement prend du temps. Et pour le shampoing, c'est elle qui a commencé la guerre ! Elle a vidé ma gourde de vin de baie pour se rincer les coudes sous prétexte que « ça resserre les pores ». J'ai juste rééquilibré les réserves avec les moyens du bord !
Il haussa les épaules avec une mauvaise foi absolue, prenant une bouchée de sa pomme comme s'il venait de présenter un plaidoyer irréfutable.
— En plus, ses cheveux brillent encore plus qu'avant. Elle devrait me remercier !
— Dis plutôt qu'ils sont devenus gras parce que tu l'as terrorisée des shampooings ! riposta Nola.
— Oui... oui, il me semble qu'il y a un peu de ça aussi, concéda Kaelig avec un air faussement penaud.
La porte de mon bureau s'entrebâilla doucement, révélant Maeva, un foulard de soie impeccablement noué sur ses cheveux d'argent et le regard pétillant d'une malice glaciale. Elle ignora royalement son frère pour s'avancer vers nous avec une grâce parfaite.
— Énora, ma chère cousine, dit-elle d'une voix suave. Nola... Et Kaelig. Je vois que tu as bien entamé la bouteille de vin de baie.
Mon cousin, qui venait tout juste d'en avaler une généreuse gorgée, essuya sa bouche d'un revers de manche avec un petit sourire repu.
— Une pure merveille, comme d'habitude.
— Tant mieux, reprit Maeva avec son plus beau sourire d'ange. J'y ai versé un flacon entier d'élixir de pruneau ce matin avant de la remettre bien en évidence dans le cellier. C'est idéal pour la digestion... tu devrais commencer à en ressentir les effets d'ici un quart d'heure.
Kaelig se figea net, la bouteille encore à la main, le visage se décomposant à une vitesse prodigieuse. Nola fondit en larmes de rire en se tapant sur la cuisse, tandis que je plaquai mes mains sur ma bouche pour étouffer un cri hilaré.
— Tu... tu mens ! paniqua Kaelig en scrutant le liquide comme s'il s'agissait de poison mortel.
— Tu peux prendre le risque de croire que je bluffe, répliqua Maeva d'un ton parfaitement calme en s'asseyant délicatement sur le bord du bureau. Mais à ta place, je ne m'éloignerais pas trop des latrines pour le reste de l'après-midi.
Kaelig tenta de garder la face, le menton relevé et le torse bombé :
— Tu tentes un coup de pression, c'est tout. Je ne sens abs-o-lu-ment rien...
Un bruit de tuyauterie menaçant — un gémissement intestinal digne d'un monstre des marais — résonna soudain dans la pièce. Il venait directement du ventre de Kaelig.
— C'était quoi ça ? lâcha Nola en se tordant de rire. Le chant de guerre de ta patrouille ?
— Un simple glouglou ! protesta Kaelig en se tassant légèrement.
— Tu as l'air bien crispé pour un type qui ne sent rien, remarquai-je, les larmes aux yeux à force de retenir mon fou rire.
Nola se leva d'un bond, l'air faussement admiratif, et lui asséna une grande claque amicale en plein milieu du dos :
— Quel homme ! Prêt à braver les toxines pour préserver son orgueil !
La claque fit l'effet d'un détonateur. Le visage de Kaelig passa instantanément du rose au vert pâle. Il se figea net, Il se figea net, les cuisses collées l'une contre l'autre, comme s'il était assis sur des œufs.
— Oh, j'oubliais, ajouta Maeva d'un ton parfaitement détaché en examinant ses ongles. Les latrines de cet étage sont en travaux aujourd'hui. Il va falloir descendre jusqu'à la basse-cour.
Kaelig la foudroya du regard, les mains plaquées d'un coup sec à l'arrière de ses braies :
— Maeva... si je me survis à ça, je te jure sur les ancêtres que je...
Un second gargouillement, encore plus féroce que le premier, coupa net ses menaces. Sans demander son reste, il pivota sur les talons et détala en manquant de se prendre les pieds dans le tapis, s'enfuyant dans le couloir dans une démarche dandinante et désespérée, sous un éclat de fou rire général entre cousines.