Chapitre 8
Après avoir échangé quelques politesses avec le colonel, il ne tarda pas à m’annoncer la raison de sa venue.
"Caporal Yoo Han, le général Dusk demande à vous rencontrer. Elle vous attend dans la salle de réunion. Je suis ici pour vous y accompagner."
J'ai été choqué en entendant ça. Le général Dusk, celle qui a battit un des meilleurs camp de réfugiés de la ville presque toute seule, veut me rencontrer ? Moi, un vulgaire solitaire qui se cache dans un sous sol dès qu'il le peut. j'avais beau réfléchir, je ne parvenais toujours pas à trouver une raison.
"Sans vouloir vous manquer de respect colonel, êtes vous sûr que c'est moi que le général veut rencontrer ? Je veux dire, je n'ai rien fait de particulier, juste vous amener des survivants qui se trouvaient à proximité."
« Oui, c'est bien vous qu'elle demande à voir. Ça peut vous sembler insignifiant de ramener quelques survivants, mais à nos yeux, cela reste un acte de grande bravoure. Vous avez sauvé des vies humaines, et ça n'a rien de futile. Mais ce n'est pas uniquement pour ça que le général veut vous parler. Alors levez-vous, et suivez-moi. »
En prononçant ces mots, il s'est levé et est parti me chercher une béquille, puis me la rapporta. Au moins lui, il savait que je ne pourrai pas marcher sans appui, contrairement à son collègue.
"Le médecin m'a dit qu'il vous faudra au minimum une semaine avant de pouvoir remarcher out seul sans trop de problème. Alors restez ici le temps qu'il faudra."
En entendant ça j'ai instinctivement regardé l'infirmière qui m'avait soigné juste avant, mais elle n'avait pas bougé. Elle était toujours là à soigner ses patients. C'est alors que j'ai pensé à l'homme qui m'a regardé souffrir en prenant des notes. Il a dû informer le colonel de mon état. Je me disais bien qu'il ne pouvait pas être sadique au point de me regarder souffrir et de juste partir comme si de rien n'était.
Nous nous sommes donc mis en marche, le colonel et moi et avons quitté la tente.
…
Une fois devant la salle de réunion, située dans le deuxième sous sol du bâtiment extérieur, le colonel a ouvert la porte avec son badge de sécurité et m'en a donné un.
"C'est un badge qui vous permettra de voyager un peu partout dans le camp. Bien sûr certaines zones vous sont restreintes, mais si c'est une véritable urgence, venez me retrouver et je vous y ferai entrer."
Le colonel m'a donné quelques instructions supplémentaires, j'écoutais attentivement même si je savais que ça ne me servirait pas beaucoup. Car j'allais principalement rester avec les survivants.
"Et concernant le général, n'oubliez pas que c'est votre supérieur. Montrez lui le respect qui lui est dû. Sur ce."
Après m'avoir donné ses dernières instructions, il me salua et retourna à son poste.
J'étais quand même un peu nerveux. Même à mon service militaire, je n'avais pas rencontré de général en face face. Surtout que là, c'était le général Dusk. Elle s'était construite une véritable renommée depuis le début de l'infection.
En faisant abstraction de mes émotions, j'entrai dans la salle de réunion.
La pièce était assez grande. En face de moi se trouvait une longue table en métal entourée de chaises en cuir noir, et à son extrémité une femme était assise devant un plan de la ville et d'autres documents.
C'était elle, le général Dusk.
Elle avait de longs cheveux blonds, légèrement ondulés, qui lui tombaient jusqu'au bas des épaules. Une demi-frange barrait le côté gauche de son visage, retenue par un bandeau rouge qui se glissait juste en dessous. Elle affichait des traits fins et des yeux verts au regard grave, empreint d'une autorité naturelle. Autour du cou, elle portait une plaque d'identification militaire qui reposait sur son t-shirt noir, lui-même surmonté d'une veste camouflage zippée et gardée ouverte.
"Bonjour caporal Yoo Han, je suis le général Amélia Dusk, installez vous je vous pris."
Elle pointa la troisième chaise à gauche en partant du fond. Je l'ai saluer d'un signe de tête emplit de respect et suis parti m'asseoir.
"Puis-je vous demander pour quel raison vous m'avez appelé général ?"
"Pour plusieurs raisons si vous voulez tout savoir. La première, je vous remercie d'avoir amené cette famille de survivants à notre camp en un seul morceau. Puis j'aimerai vous posez quelques questions si vous le voulez bien."
J'ai hoché lentement la tête, l'estomac noué à l'idée de ce qu'elle allait me demander. Pourtant, je savais pertinemment que je n'avais rien fait de mal, mais sa seule présence imposante suffisait presque à me faisait douter. Je commençais presque à croire que j'avais commis une faute sans m'en rendre compte.
"On m'a rapporté que durant votre trajet avec les survivants vous avez rencontré une abomination particulièrement dangereuse. Pouvez vous m’éclaircir sur sa nature ?"
Alors c'était ça.
"Je suis désolé général, mais je ne pense pas pouvoir vous fournir plus d'information que ce que vous ont donné les réfugiés. Nous nous étions cachés derrières les poubelles. La seule chose que je puisse vous dire sur elle, c'est que même si je ne l'ai pas vue, elle m'a terrifié à un point qu'aucune autre abomination que j'ai croisée jusqu'à maintenant n'avait réussi à atteindre. Le simple bruit de ses pas et de sa respiration a suffit à me glacer le sang."
Dès que j'eus fini, elle détourna le regard et se mit à regarder plus attentivement les documents devant elle. Puis elle se leva et alla devant la carte qui se trouvait sur le mur derrière elle, les bras croisés et le regard sombre.
"Si je puis me permettre général, pourquoi voulez avoir des informations sur ce monstre ? En temps normal peu importe le monstre, on a pas besoin que d'une information pour se préparer : savoir si il est loin ou non. Et je pense que les réfugiés vous ont déjà donné le lieu exacte où nous l'avons croisé."
Comme je l'ai dit, elle aurait pu me demander où nous l'avions croisée, mais ce n'est pas ce qu'elle fit.
L'attention particulière qu'elle portait à ce monstre me donnait encore plus la chair de poule quant à sa dangerosité.
Elle garda le silence, et dans ce calme pesant, la terreur foudroyante que j'avais ressentie quand ce monstre se tenait juste derrière mon dos a commencé à refaire surface du plus profond de mon être.
La peur revenait, lente mais incontrôlable, comme un venin qui se propageait dans mes veines. Mes muscles se sont tendus d'un coup et mon cœur s'est mis à cogner violemment contre mes côtes. Je serrais les dents à m'en faire mal, la mâchoire complètement crispée pour la maintenir fermée à tout prix, luttant de toutes mes forces contre mon propre corps pour ne laisser transparaître aucune trace de frayeur devant elle.
En réponse à ma question, le général se tourna lentement vers moi, et son regard se durcit d'un coup. Un silence lourd s'installa dans la pièce.
"Je ne vais pas chercher à vous mentir, caporal. Ce monstre nous cause d'immenses problèmes, bien plus qu'on ne veut l'admettre. La situation est tellement critique que même certains de nos soldats les plus aguerris sont venus me trouver complètement paniqués, hurlant que nous étions au bord du gouffre. C'est pour ça que je souhaite vous recruter pour y faire face."
Un silence lourd s'installa dans la pièce. Mon visage se crispa, affichant instantanément la peur et la confusion que j’essayai désespérément de lui cacher.
"Q-Quoi ?"