Chapitre 3
Le lendemain, après avoir entretenu ma zone et dégager de l'espace, je me suis installé pour réfléchir à la suite des évènements suivant la mutation de ma mère.
J'ai survécu grâce au forces armées, une fois le navire d'évacuation réduit à néant, le colonel ne s'est pas découragé pour autant. Au contraire on aurait presque dit qu'il était encore plus motivé. Je ne savais pas ce que je devais penser, si ce colonel était un vrai leader, prêt à risquer sa vie pour sauver le plus de vie possible, ou si il était juste devenu fou.
Ou peut être même qu'il ne faisait ça que pour avoir l'air crédible, mais je me souviens encore de ses mots.
"Allons bon, ce n'est pas parce que le navire est détruit qu'il n'y a plus d'espoir. Nous avons des vivres, des armes, des moyens de communication et bien d'autres choses encore. Nous pouvons survivre, appeler des renforts des autres continents et tenir le coup jusqu'à leur arrivée. Nous sommes nombreux, et nous avons des civiles traumatisés sous notre garde, croyez vous vraiment qu'on va les laisser là ? Tout seul, livrés à eux mêmes ?"
Plus il parlait, plus les soldats aux alentours se relevaient. Ils semblaient avoir regagné leur motivation. Quand il se sont tous levés, et ont affichés une émotion de fierté, je me suis souvenu que moi aussi, j'appartenais à ces gens là. Ou du moins, fut un temps.
Et oui, j'avais fait un service militaire, j'avais comme eux, juré de protéger mon pays et ses citoyens contre les pires menaces possibles.
Donc je me suis levé, récupéré une arme qui traînait et me suis placé aux côtés des soldats. Quand le colonel m'a vu, il a hésité, puis a dit.
"Tu n'as pas besoins de te tenir là, c'est à nous, les forces de l'ordre de vous protéger."
"Mon colonel, caporal Yoo Han, à vos ordres !"
Le colonel n'a regardé d'un air confus et m'a demandé.
"Tu es dans la l'armée ?"
"Anciennement mon colonel."
"Et tu risques quand même ta vie à nos côtés ?"
"Oui mon colonel."
Après avoir prononcé ces mots, le colonel et les autres soldats m'ont regardé avec fierté.
"Bien soldat, nous avons de la chance d'avoir encore des hommes comme toi à nos côtés. Donnez lui une meilleure arme et un gilet !"
A ces mots, un soldats voisins m'a donné une meilleure arme, un SCAR-H PR et ses munitions, ainsi qu'un gilet pare-balles. Je l'enfila vite et rechargea mon arme.
Ensuite le colonel nous a conduit, nous et les civiles à un abris fortifié mit en place il y a plus de quinze ans. Mais juste avant d'arriver, un de ces monstres nous a barré la route.
Il mesurai environ deux mètres de hauteurs et se tenait à quatre pattes. Il avait des griffes et des écailles, et des crânes partout sur son corps, et le reste de sa peau était carbonisée, sans yeux, et avec environ cinquante dents dans sa grande gueule.
Au vue du nombre de crâne, on pouvais dire que ce monstre était le fruit d'une mutation regroupant des dizaines d'êtres humains. J'avais de la peine pour eux d'avoir fini comme ça, mais ce n'était pas le moment de se lamenter.
Les soldats devant moi se sont précipités vers lui, vidant le chargeurs sur lui, sans grand effet.
Et se sont fais massacrer par le monstre. Ma vue s'est figé en voyant ce désastre, des corps mutilés, des membres arrachés, du sang recouvrant le corps du monstre, et leur corps broyé sous sa force titanesque. Et des souvenirs de Myriam me sont revenus à l'esprit. J'eus envie de pleurer mais je me suis retenu.
Moi et la seconde ligne de défense nous sommes dispersés autour de l'abomination, et comme les premiers, nous avons vidé nos chargeurs sur lui. Cependant nous avions visé des points qui semblaient vitales pour le monstres.
Certaines rafales ont été utiles, d'autres moins, mais nous avions enfin réussi à mettre cette abomination à genoux.
Puis quand il a commencé à relever la tête, on entendit hurler derrière nous.
"Tout le monde, écartez vous !"
A l'instant où je me suis décalé, une lumière vive est passé à côté de moi et a foncer sur le monstre. Le faisant exploser, répandant sa chair partout autour de nous.
Quand je me suis retourné pour voir qui avait crié, j'ai aperçu le colonel, qui avait tiré au lance roquette. Mais d'où vient il ? Nous n'avions pas cette arme avant de partir, si ?
Puis j'ai regardé autour de moi, et vu que la moitié des forces armées était réduite à néant, et une part de ce qui avaient survécu était en train d'agoniser sur le sol.
Et je me suis dit que ça pouvait être moi, qui aurait pu mourir aujourd'hui. Et j'ai repensé aux derniers mots de Myriam.
"Vis ta vie quoi qu'il en coûte, s'il te plaît promet le moi."
J'ai réalisé que même si j'avais promis de protéger mon pays, je venais de promettre de rester en vie. Et entre une promesse invisible que j'ai faite à l'état, et celle que j'ai faite à ma sœur avant de mourir, je choisis sans hésiter celle de Myriam.
Donc après ça, quand tous les civiles étaient en sécurité, j'ai soigneusement reposé l'arme que l'on m'a prêtée et plier le gilet aussi prêté, et je suis parti sans rien dire à personne.
…
Je me suis baladé dans les rues, esquivant celles où des abominations s'y trouvaient encore, et suis arrivé devant un centre commercial. Il était dévasté, en ruine, rempli de cadavres, mais c'était le lieu le plus sûr que j'ai pu trouver jusqu'à maintenant.
Dedans j'ai pu y trouver de quoi manger, boire et m'occuper. Mais je ne savais toujours pas où m'installer.
Puis, après avoir marché un moment, j'ai trouvé une porte fermée, derrière se trouvait un escalier menant à un sous sol. J'étais plutôt confiant car la porte était fermée, la seule chose que j'aurai pu trouver derrière était un autre humain. Et je suis assez fort pour m'occuper d'un simple humain si on avait des problèmes, lui et moi.
Mais une fois descendu, je ne vis personne, que des cadavres et des débris. C'était un parking, un très grand parking. Des dizaines de voitures y étaient abandonnées, et la moitié des sorties étaient condamnées à cause des décombres. Il ne me fallut que quelques jours pour condamner toutes les autres, sauf celle que j'ai emprunté, par mesure de sécurité.
Puis je suis remonté pour trouver des meubles : j'ai trouvé une étagère et un bureau qui était assez facile à descendre au sous sol. En revanche le canapé qui allait devenir mon lit, était beaucoup plus dur à descendre. J'ai dû faire plusieurs fois le trajet pour l'amener sans le casser.
Il m'a fallu une semaine pour entièrement aménager une zone pour pouvoir y vivre. Je me suis assis sur le canapé puis j'ai sorti un paquet de cigarettes. J'en ai sorti une, l'alluma et je commença à fumer pour la première fois.
Et à partir de maintenant, ce sous sol allait devenir ma maison.