Chapitre 61
Chapitre 61
Le lendemain du banquet, le palais royal avait retrouvé son calme.
Les couloirs qui, la veille encore, résonnaient des conversations des nobles et de la musique, étaient presque silencieux.
La plupart des invités étaient déjà repartis.
Pourtant, certaines familles avaient décidé de rester quelques jours supplémentaires dans la capitale.
Parmi elles se trouvaient les familles de Liora et de Mira.
Dans un petit salon du palais, Elia était assise avec Azaël.
Elyan et Soren jouaient près d'une fenêtre.
— Tu comptes vraiment rester encore quelques jours ? demanda Elia.
Azaël haussa les épaules.
— Pourquoi pas ?
— Parce que tu n'aimes pas beaucoup les palais.
— Je n'aime pas beaucoup les gens qui parlent trop.
Elia sourit.
— Alors tu dois être malheureux ici.
— Un peu.
Elle rit doucement.
Avant qu'elle puisse répondre, quelqu'un frappa à la porte.
Une servante entra.
— Madame Elia, deux familles souhaitent vous saluer.
Elia fronça légèrement les sourcils.
— Lesquelles ?
— La famille de mademoiselle Liora et celle de mademoiselle Mira.
Elyan releva immédiatement la tête.
Soren aussi.
— Liora est là ?
Elia regarda son fils.
— Apparemment.
Soren se tourna vers son frère.
— Et Mira aussi !
Elyan sourit.
Azaël les observa.
— Vous avez l'air contents.
— Oui ! répondit Soren.
Elyan referma son livre.
— Je voulais revoir Liora.
Azaël échangea un regard avec Elia.
Elle sourit.
— Faites-les entrer.
La servante s'inclina avant de repartir.
Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrit.
Une femme entra la première.
Elle devait avoir une quarantaine d'années.
Ses cheveux châtains étaient attachés avec élégance et son visage dégageait une certaine douceur.
À ses côtés marchait une jeune fille.
Liora.
Elle portait une robe simple mais élégante, adaptée à son âge.
Ses cheveux châtains étaient toujours coiffés en deux petites tresses.
Ses yeux verts se posèrent immédiatement sur Elyan.
Un sourire apparut sur son visage.
— Bonjour.
Elyan s'approcha.
— Bonjour, Liora.
La femme regarda son fils avec curiosité.
— Alors c'est Elyan.
Elia sourit.
— Oui.
La femme s'inclina légèrement.
— Je suis Marianne.
Elle regarda Azaël.
— La mère de Liora.
Azaël inclina la tête.
— Enchanté.
Marianne sourit.
— Moi aussi.
Derrière elle entra un homme plus âgé.
Il portait une tenue noble sombre et tenait un petit livre sous le bras.
— Et voici mon mari, Armand.
Armand s'avança.
— Seigneur Azaël.
Azaël haussa légèrement les sourcils.
— Vous pouvez simplement m'appeler Azaël.
Armand eut un petit sourire.
— Très bien.
Il regarda Elyan.
— Ma fille parle souvent de vous.
Elyan se tourna vers Liora.
— Vraiment ?
Liora sembla légèrement gênée.
— Un peu.
Marianne sourit.
— Beaucoup plus qu'un peu.
Liora baissa les yeux.
Elyan sourit à son tour.
Azaël remarqua le petit échange, mais ne dit rien.
Une deuxième famille entra ensuite.
Cette fois, un homme grand et robuste passa la porte.
Il portait une tenue de voyage plutôt que des vêtements de cour.
Son visage était sérieux, mais son regard semblait franc.
À ses côtés se trouvait une femme aux cheveux roux attachés derrière la tête.
Et entre eux marchait Mira.
Ses cheveux roux étaient légèrement désordonnés.
Ses yeux vifs observèrent immédiatement la pièce.
Lorsqu'elle aperçut Soren, elle sourit.
— Tu es là.
Soren se leva.
— Bien sûr.
Mira se tourna vers ses parents.
— Je vous avais dit qu'il serait là.
Son père croisa les bras.
— Tu sembles bien le connaître.
Mira haussa les épaules.
— Il est facile à remarquer.
Soren intervint :
— C'est parce que je suis un futur chevalier.
Le père de Mira le regarda.
Puis il regarda l'épée accrochée à sa ceinture.
— Un chevalier ?
Soren hocha fièrement la tête.
— Oui.
L'homme eut un léger sourire.
— Alors tu dois savoir tenir une épée.
Soren se redressa.
— Je m'entraîne avec mon père.
Azaël prit la parole.
— Il apprend encore.
L'homme se tourna vers lui.
— Vous êtes son père ?
— Oui.
L'homme s'inclina légèrement.
— Dorian.
Il posa une main sur son torse.
— Père de Mira.
La femme à ses côtés sourit.
— Et moi, je suis Selene.
Elia les salua.
— Enchantée.
Dorian regarda Azaël quelques secondes.
— J'ai entendu parler de vous.
Azaël soupira.
— J'imagine.
— Le Héros de la Nation.
— Je préfèrerais simplement Azaël.
Dorian sourit.
— Cela me convient.
Il regarda ensuite Soren.
— Alors tu veux devenir chevalier ?
— Oui.
— Pourquoi ?
Soren répondit sans hésiter :
— Pour protéger ma famille.
Dorian resta silencieux quelques secondes.
Puis il hocha la tête.
— Bonne réponse.
Mira regarda Soren avec un petit sourire.
— Je te l'avais dit.
Soren fronça les sourcils.
— Dit quoi ?
— Que tu ferais un bon chevalier si tu apprenais à réfléchir avant de foncer.
Soren regarda Azaël.
— Elle recommence.
Azaël sourit.
— Elle n'a peut-être pas tort.
— Papa !
Elyan éclata de rire.
Les adultes commencèrent à discuter ensemble.
Marianne et Elena échangèrent quelques mots sur la vie à la cour.
Armand parla avec Valerian de certaines affaires concernant les terres du royaume.
Dorian et Azaël discutèrent davantage des enfants.
— Mira aime beaucoup bouger, expliqua Dorian.
— Je m'en suis rendu compte, répondit Azaël.
— Elle a toujours voulu apprendre à se défendre.
Mira, qui avait entendu, se retourna.
— Parce que je ne veux pas toujours avoir besoin qu'on me protège.
Elia sourit.
— Tu as raison.
Selene regarda sa fille.
— Elle a toujours été comme ça.
Dorian soupira.
— Depuis toute petite.
Mira croisa les bras.
— Et je ne compte pas changer.
Soren sourit.
— Moi non plus.
Mira le regarda.
— Alors on s'entendra bien.
— Probablement.
Elyan, assis près de Liora, observait tranquillement les adultes.
Liora se pencha vers lui.
— Ton frère parle toujours autant ?
Elyan regarda Soren.
— Oui.
— Il est drôle.
— Il est surtout bruyant.
Soren se retourna.
— J'ai entendu !
Elyan sourit.
— Je sais.
Liora rit.
Un peu plus tard, les quatre enfants sortirent dans le jardin intérieur du palais.
Soren attrapa immédiatement son épée en bois.
— On peut s'entraîner ?
Mira le regarda.
— Pas pendant qu'on est au palais.
— Pourquoi ?
— Parce que tu vas casser quelque chose.
Soren réfléchit.
— C'est possible.
Elyan s'assit sur un banc avec son grimoire.
Liora vint s'installer à côté de lui.
— Tu lis encore ?
— Oui.
— Quel livre ?
Elyan lui montra la couverture.
Liora sourit.
— Je connais celui-là.
Elyan releva les yeux.
— Vraiment ?
— Oui. J'ai lu plusieurs livres sur les anciennes plantes magiques.
Elyan sembla immédiatement intéressé.
— Tu connais les plantes qui réagissent à la magie de vie ?
— Certaines.
Il ouvrit son grimoire.
— Lesquelles ?
Liora se rapprocha légèrement pour regarder.
— Celle-ci.
Elle désigna une illustration.
— Elle pousse dans les régions humides.
Elyan observa la page.
— Je ne savais pas.
— Il y a beaucoup de choses que tu ne sais pas encore.
Elyan sourit.
— Alors il faut que je les apprenne.
Liora hocha la tête.
— Moi aussi.
À quelques mètres, Soren et Mira discutaient toujours.
— Tu pourrais essayer de réfléchir avant d'attaquer, disait Mira.
— Je réfléchis.
— Non.
— Si.
— Tu fonces d'abord.
Soren croisa les bras.
— C'est efficace.
— Jusqu'au moment où ça ne l'est plus.
Soren réfléchit.
— Alors tu pourrais m'aider.
Mira sourit.
— D'accord.
— Vraiment ?
— Oui.
— Alors tu seras mon conseiller.
— Ton conseiller ?
— Oui.
Mira rit.
— Très bien.
Soren lui tendit la main.
— Marché conclu.
Ils se serrèrent la main.
Elyan regarda la scène.
Puis Liora.
— Ils sont déjà en train de préparer quelque chose.
Liora sourit.
— Ça ne m'étonne pas.
Un peu plus tard, Azaël vint chercher les enfants.
— On rentre.
Soren leva les yeux.
— Déjà ?
— Oui.
Mira soupira.
— Tu dois écouter ton père.
Soren la regarda.
— Tu viens demain ?
Mira hésita.
Puis elle regarda ses parents au loin.
— Peut-être.
Soren sourit.
— Alors je t'attendrai.
Elyan se leva à son tour.
Liora referma son livre.
— À bientôt.
— À bientôt, répondit Elyan.
Les familles se retrouvèrent près de l'entrée.
Marianne s'adressa à Elia.
— Nous serons encore dans la capitale quelques jours.
— Nous aussi, probablement.
— Dans ce cas, les enfants pourront se revoir.
Elia sourit.
— Avec plaisir.
Dorian regarda Azaël.
— Je pense que nos enfants vont bien s'entendre.
Azaël regarda Soren et Mira.
Puis Elyan et Liora.
— Je le pense aussi.
Les deux familles repartirent ensuite vers leurs appartements.
Azaël resta quelques secondes avec Elia.
— Ils ont l'air sympathiques.
Elia hocha la tête.
— Oui.
Elle regarda les enfants.
— Et je crois qu'ils ont trouvé de bons amis.
Azaël sourit.
— C'est le plus important.
Au bout du couloir, Soren racontait déjà à Elyan comment Mira allait devenir son conseiller.
Elyan l'écoutait en souriant.
Derrière eux, Liora parlait avec ses parents.
Et pour la première fois, Azaël comprit quelque chose.
Ses fils n'étaient plus seulement en train de grandir.
Ils commençaient à construire leur propre monde.
Avec leurs propres amis.
Leurs propres rêves.
Et bientôt...
leurs propres choix.