Chapitre 25
Chapitre 25
Elle se réveilla reposée malgré son heure de coucher tardive, elle ouvrit les volets et regarda par la fenêtre et vit que l’aube se levait tout juste. Elle se leva, prit la robe de chambre qu’une des serveuses lui avait prêté et fit chauffer de l’eau dans un seau
au-dessus d’un feu.
Cela fait, elle se dirigea vers sa baignoire et réitéra plusieurs fois l’opération. Elle regarda si l’eau n’était pas trop chaude puis se déshabilla et entra dans le bain.
C’était une de ses activités préférées en ville. Il y avait du charbon en grande quantité qui lui permettait de prendre un bain tous les jours.
Au village, un bain chaud était exceptionnel. Elle devait se contenter d’un peu d’eau chaude de temps en temps et le reste, c’était à l’eau froide.
Elle aurait pu demander à Charles ou Lake de lui couper du bois, mais ça aurait été abuser de leur gentillesse. Son oncle aurait pu également s’en occuper mais il était très souvent absent, étant un marchand, il s’était installé à la capitale pour faire marcher son commerce. Il envoyait de temps en temps de l’argent et des lettres mais Jyn devait le plus souvent se débrouiller seule.
Ce qu’elle appréciait le plus, c'est qu’ici, personne ne la connaissait et ne la jugeait. Les gens ne lui lançait pas des regards noirs quand elle marchait dans la rue ou les commerçants ne détournaient pas le regard quand elle faisait ses emplettes.
Maintenant qu’elle y était, elle aimait les rues en effusion, les marchands qui criaient devant les échoppes, les soldats en armure, l’odeur de la nourriture variée…
Certes, c’était moins propre qu’au village et il y avait des personnes étranges. Certains hommes lui lançant des regards lubriques ou d’autres regardant avec insistance sa bourse mais ça s’arrêtait là. Moldreff l’avait bien prévenu de ne pas sortir la nuit et elle l’avait écoutée.
L’eau de son bain commençant à refroidir, elle se leva, se sécha et se rhabilla. Elle ouvrit le trou qui se trouvait au fond de sa baignoire et l’eau se vida. Elle avait déjà entendu parler du système de tuyau et d’égouts mais le voir en action c’était vraiment fascinant.
C’était encore une invention qui lui prouver à quel point vivre en ville est merveilleux.
Elle se décida à descendre, il ne fallait pas qu’elle soit en retard, le Soleil était presque entièrement visible.
Quand elle arriva en bas, elle expliqua la situation à Moldreff qui fut très compréhensif.
—Vous savez, je ne reviendrai sûrement pas avant un moment. Encore merci de m’avoir accueillie !
—Ne t'inquiètes pas, j’engagerai quelqu’un d’autre mais si tu souhaites revenir, il y aura toujours une place pour toi. Tu as fait du très bon travail. Si tu croises Aldaïr, passe lui le bonjour de ma part.
—Je n’y manquerais pas ! Merci Moldreff et à bientôt ! répondit Jyn.
Elle se dirigea vers la sortie, se tourna pour faire un signe de main à l’aubergiste qui fit de même puis elle poussa la porte et sortit.
L’homme au bonnet attendait dehors. Il avança vers elle.
—Nous allons pouvoir nous mettre en route. Tu as déjà monté à cheval ?
—Oui, je me débrouille. répondit-elle.
Merci à son oncle qui l’avait entraîné. Il avait estimé que savoir monter à cheval était la première chose que devait savoir faire une future marchande. Après avoir retrouvé Lake et Charles, elle devrait aller le retrouver, il devait sûrement se demander pourquoi elle ne lui avait pas envoyé de lettres.
Son nouveau compagnon lui fit signe de le suivre.
—Nous n’allons pas forcer l’allure, à cheval nous serons arrivés demain si on contourne la forêt. Lorsque nous arriverons, tu resteras en retrait, d’accord ?
—Compris.
Le Marcheur se dirigea vers la petite écurie de l’auberge, jeta une pièce au jeune palefrenier qui l’attrapa au vol puis il récupéra deux chevaux.
—Voici Zéphyr, il est pour toi. C’est mon cheval de relais. Il est très doux et attentif. C’est une bonne monture.
Jyn s’approcha doucement et passa sa main dans le pelage de l’animal. Celui-ci ne fit rien pour l’arrêter et tourna même sa tête vers elle. Après lui avoir caressé la tête, elle monta dessus et il se laissa faire.
L’homme au bonnet enfourcha son cheval et partit au trot, elle le suivit et Zéphyr coopéra docilement. Il portait vraiment bien son nom. Les pur-sang de son oncle étaient loin d’être aussi calmes.
Il avancèrent doucement vers les portes, au village peu de gens possédaient un cheval mais en ville c’était assez commun. En tout cas, tous les gens avec assez d’argent en possédait un.
Arrivant aux portes, le Marcheur fit un signe de tête aux gardes et ceux-ci s’écartèrent pour les laisser passer. La muraille de la ville était impressionnante, d’environ six mètres de haut sur deux mètres de large. Les soldats pouvaient voir arriver n’importe qui de loin.
Et en cas d’attaque, les gardes pouvaient fermer une épaisse porte en bois.
Arrivés dehors, Jyn lança un dernier regard vers la ville puis lança son cheval à la suite de l’homme au bonnet.
Dans moins d’un jour l’angoisse qui la tiraillait s’en irait. Elle saurait si Charles et Lake étaient encore en vie.