Chapitre 21
Chapitre 21
Les journées de la jeune femme étaient rythmées de cette façon, avec seulement une pause l’après-midi, elle servait des clients toute la journée et tard le soir, elle devait nettoyer l’auberge avec les autres employés.
Malgré quelques individus étranges comme cet homme au bonnet, la plupart des clients étaient très sympathiques. Jyn aimait la ville et son nouveau travail mais elle savait que d’ici quelques jours elle devrait repartir vers son village pour trouver Charles et Luke s'ils étaient toujours vivants.
Après avoir fini sa journée, elle souhaita bonne nuit à tout le monde. Puis elle monta dans sa chambre et se laissa tomber sur son lit après s’être débarrassée de sa tenue de service, elle se glissa sous sa couette et réfléchit à sa situation actuelle.
Cette angoisse de ne pas savoir si ses amis étaient toujours en vie lui tenaillait l’estomac. C’est cependant aussi cela qui la motivait à repartir dans son foyer pour les retrouver.
Elle pensa aussi à sa mère pour la première fois depuis le début de son aventure. Elle savait déjà qu’elle était morte quand le toit de leur maison s’était effondré pendant l’attaque. Mais Jyn ne ressentais aucune tristesse, à vrai dire cela faisait plusieurs années qu’elle ne considérait plus sa mère comme vraiment vivante. Elle passait son temps allité, s’exprimant à peine. Jyn lui donnait simplement à manger tous les jours et la nettoyait.
Elle ne faisait pas ça car elle pensait que sa mère reviendrait à son état normal mais seulement en souvenir de toutes les années où c’était sa mère qui s’occupait d’elle.
Cela fait longtemps que je ne considère plus cette femme comme ma famille, je n’ai fait que rembourser ma dette, je n’ai pas à me sentir coupable de ce un lui est arrivé.
Malgré ce qu’elle se disait, elle sentait tout de même une petite pointe sur son cœur en revoyant dans sa tête les courts moments heureux où elle était avec sa mère.
Elle balaya ces pensées.
Ce sont juste les liens du sang, elle a toujours été un fardeau pour moi.
Jyn avait fini par s’occuper d’elle par habitude, mais cette habitude était en réalité une contrainte au quotidien.
Même à l’état de légume, elle a trouvé un moyen de me restreindre.
Le sentiment de culpabilité laissa place à de l’agacement.
Elle ne pouvait s’empêcher de ressentir de la rancoeur pour la vieille femme pour tout ce qu’elle l’avait empêché de faire dans sa vie.
De quel droit l’avait-elle privé de son bonheur ? Cela ne lui avait pas suffi de tuer mon père, nous excluant de la communauté ? Il fallait en plus qu’elle s’accroche à moi ?
Mais désormais, elle n’était plus là. Le poids que sa mère avait mis sur ses épaules n’existait plus et plus rien ne la retenait de faire quoi que ce soit.
J’ai toujours dû vivre sous la volonté de quelqu’un d’autre, m’imposant leurs choix et leurs échecs, sauf que tout cela était enfin fini maintenant.
Un sentiment de soulagement la parcourut.
À partir de maintenant, elle était libre.