Chapitre 2
Le vent sifflait affreusement dans ses oreilles.
Un cri sourd sortait de sa bouche, et ses bras et ses jambes s’agitaient pittoresquement dans l’espoir de ralentir sa chute inévitable.
Sous lui, un continent semblait s’étendre jusqu’au bout du monde, entouré de mers de toute part. Plus il se rapprochait, plus il sentait l’épouvante emplir son cœur qui battait la chamade.
Il allait s’écraser, c’était sûr. Boum, comme ça, une bonne crêpe comme on n’en faisait plus. Certains souvenirs lui revinrent en mémoire, comme la première fois qu’il avait nagé et le sentiment encore vif qu’il détestait être mouillé, surtout par de l’eau froide. Ou encore la fois où il avait vu la fille qu’il aimait en train d’embrasser un autre gars que lui, un grand châtain musclé avec un beau visage, plein aux as, qui était dans sa classe, mais nous ne citerons pas de nom.
— Hééééééééééééééééééééééé ! entendit-il.
Une voix, hachée par le vent qui le rendait pratiquement sourd à tout autre bruit que les lamentations dans sa tête, se fit entendre à sa gauche. Ses yeux humides se tournèrent lentement pour apercevoir Oliver, presque le sourire aux lèvres, en train de chuter avec lui. Il lui fit un signe de main enjoué tout en lui décochant un sourire complice.
Hakon n’en revenait pas qu’il puisse trouver cette situation amusante, parce que pour lui, le concept de la mort n’avait rien de « fun ».
— Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! entendit-il sur sa droite cette fois-ci.
Il n’y avait pas une personne, mais une dizaine de camarades de classe d’Hakon en train de chuter dans les cieux, chacun dans une position plus ou moins délirante. La plupart se débattaient dans tous les sens dans le vain espoir de ralentir leur chute, tandis que certains étaient clairement en train de réaliser des figures aériennes. Il crut en apercevoir trois en train de se tenir la main pour former un cercle.
C’est à une vitesse alarmante que le sol se rapprochait, et quand l’impact arriva… Hakon ne ressentit absolument rien, si ce n’est de l’herbe humide qui lui chatouillait les narines. Il éternua un grand coup et ouvrit les yeux dans la foulée.
Il se trouvait dans une immense prairie. L’herbe y était d’un vert presque surnaturel, et surtout, la taille et la répartition des brins étaient si identiques que cela en devenait inquiétant. Mais le plus étonnant, sans doute, était que cette prairie était délimitée par un mur de brume blanche qui recouvrait le garçon comme un dôme. Même si, à première vue, cette pâte laiteuse semblait bel et bien être de la brume, il y avait comme quelque chose, une force, qui incitait très fortement Hakon à ne pas tenter d’aller au-delà des limites qu’on lui indiquait.
— Drôle de rêve, marmonna-t-il en analysant son environnement.
— Mec ! s’exclama Oliver en venant le rejoindre avant de lui claquer le dos du plat de la main, une des habitudes d’Oliver qu’Hakon n’appréciait pas vraiment. C’était énorme ! Putain, j’avais jamais fait de saut en parachute, mais crois-moi que je recommencerai. C’était trooooooop coooooool !
Vraiment un drôle de rêve, pensa Hakon, les sourcils froncés tandis que l’inquiétude et l’incertitude le gagnaient.
Parce que, oui, qu’Oliver soit présent dans son rêve, qu’il fasse une chute libre de plusieurs kilomètres avant de mystérieusement se réveiller dans une prairie englobée d’une brume à l’allure menaçante, jusque-là, tout allait bien. Mais que, dans le même temps, Nolan apparaisse dans l’herbe en se frottant le nez, qu’Alice soit déjà en train d’essayer de toucher la brume laiteuse, mais aussi que Lilian, Gaëlle, Elisa, Martin, Thibaud, Soufiane, Noé, Célia et bien d’autres de ses camarades soient eux aussi présents commençait sérieusement à lui faire reconsidérer le côté onirique de la situation dans laquelle il se trouvait.
Ça, et aussi l’être luminescent qui se trouvait à l’autre bout de la prairie.
Il était assez difficile de la décrire, étant donné qu’un halo de lumière empêchait quiconque de la regarder sans se brûler les yeux, mais d’après ses longs cheveux d’un blanc angélique et sa fine silhouette recouverte d’une simple robe blanche, Hakon se dit que c’était une femme. Celle-ci flottait à quelques mètres du sol, et elle vint s’y poser avec une grâce divine.
Salutations, héros.
Une voix, à la fois douce et puissante, résonna dans la tête d’Hakon. Il se boucha les oreilles sous l’effet de la surprise, et il se rendit compte qu’il n’était pas le seul à entendre cette voix, car la vingtaine de jeunes présents l’imitèrent presque tous.
Je me nomme Blanche. Je suis la déesse de la lumière et de la vérité, et je vous accueille humblement dans ce monde.
D’une manière ou d’une autre, Hakon aurait pensé que ce n’était pas à elle de s’agenouiller devant eux, mais plutôt l’inverse, mais c’est bien ce qui se passa. La déesse posa son genou nu sur l’herbe et garda la tête baissée.
Beaucoup de questions hantent vos esprits, je le sens. Je vais y répondre.
La déesse releva la tête et ouvrit les yeux. Hakon eut l’impression d’observer le soleil lui-même, dans sa forme la plus pure. Mais là où regarder l’astre lumineux lui aurait brûlé la rétine, ses yeux à elle lui procuraient un profond sentiment de bien-être et de réconfort, comme si, quoi qu’elle puisse dire, elle trouverait les bons mots.
En des temps immémoriaux, poursuivit-elle, sur la terre d’Aventuralia, les éléments primaires de la nature régnaient en tyrans. Les terres n’étaient que désolation, et les océans ne trouvaient jamais le repos. Afin d’amener la paix, Univers, le Tout-Puissant, créa les êtres primaires afin que nous apportions l’équilibre.
L’ordre.
Le chaos.
La lumière.
Les ténèbres.
Ordre et chaos sont des entités opposées, et par nature, elles sont en conflit constant. Cela fait partie de l’équilibre naturel des choses, des lois qui ont été instaurées avant même que la réalité n’émerge.
Quant à mon frère jumeau, Ténèbre, et moi-même, nous ne pouvons vivre l’un sans l’autre. Nulle lumière n’existe sans sa part d’ombre, et nous vivions en parfaite symbiose, apportant paix et sérénité aux peuples d’Aventuralia.
Mais il y a mille ans, mon frère décida de rompre cet équilibre fragile qui stabilisait le monde. Il partit en croisade contre quiconque adorait la déesse de la lumière, et recruta de force les vaincus pour qu’ils rejoignent son culte.
Pour éviter que l’équilibre ne se rompe à nouveau, Univers nous empêche de nous affronter directement, lui et moi. Il m’a donc été impossible d’essayer d’arrêter mon frère, et je ne pouvais me résoudre à faire combattre mes disciples. Même si, sans mon intervention, ceux-ci avaient décidé de se battre en mon nom, ils ne faisaient pas le poids face à l’armée des ombres de mon frère.
— Pourquoi elle nous raconte tout ça, en fait ? demanda Oliver en chuchotant.
— Aucune foutue idée.
Voulant porter le coup de grâce, et dans sa soif de pouvoir, Ténèbre tenta de corrompre Univers en lui demandant un cadeau. Il voulut le persuader de lui apporter son soutien en lui offrant des êtres à même de vaincre des dieux.
Univers ne se laissa pas duper, mais il répondit à la demande de Ténèbre, et son arrogance se retourna contre lui. Univers accorda ce cadeau aux peuples d’Aventuralia : des êtres capables de vaincre même une déité.
Vous.
Héros, vous avez été convoqués en ce monde afin de restaurer l’équilibre entre les forces de la lumière et des ténèbres. Il est de votre devoir de vaincre le seigneur du mal, Ténèbre, afin que le monde retrouve enfin la paix.
Pour être honnête, l’histoire était bien racontée, se dit Hakon en croisant les bras.
C’est vrai, se dit-il en observant attentivement la déesse. C’est vrai, un monde en proie au mal, des héros venus d’un autre monde pour rétablir la paix. J’en ai presque envie de sortir mon glaive et de partir de ce pas remettre les idées en place à ce Ténèbre. Mais…
Mais, petit problème, si l’on peut dire, ce n’était pas son problème.
Hakon n’avait pas l’étoffe d’un être capable de vaincre même une déité. Il avait déjà du mal à lutter contre le sommeil une fois dix heures du soir venues, alors contre des dieux, ce n’était même pas la peine d’essayer. De surcroît, il ne devait rien à ce monde, et il n’avait aucunement l’intention de se mettre en danger pour des personnes qu’il ne connaissait ni d’Ève ni d’Adam, ni d’Univers ni de Blanche. Enfin, de n’importe quelle divinité que ce soit.
Les camarades de classe d’Hakon s’observèrent les uns les autres. La plupart semblaient dubitatifs et méfiants, comme si la possibilité que tout ceci ne soit qu’un rêve restait à prendre en compte. Certains, au contraire, semblaient investis dans les propos de la déesse et paraissaient prêts à en découdre.
Nolan, pour ne citer que lui.
— Estimée déesse, s’adressa-t-il à elle en pliant le genou. Je suis honoré d’avoir été choisi pour vous aider dans votre quête de la paix.
Relevez-vous, jeune héros, dit la déesse avec un sourire et un geste de la main. La seule personne qui doit plier le genou ici, c’est moi.
Nolan se releva et poursuivit.
— Je suis certain que mes camarades et moi-même serons ravis d’apporter toute l’aide qu’il faudra. Mais…
Il marqua une pause et se retourna vers ses camarades en faisant de grands gestes avec les bras pour les désigner dans leur globalité.
— Comme vous pouvez le voir, nous ne sommes pas des guerriers, même en herbe, et moi le premier. Nous ne nous sommes jamais battus de notre vie, et je pense que nous aurions besoin d’aide pour que notre quête se solde par un succès. Pouvez-vous nous procurer cette aide ?
La déesse observa quelques instants Nolan, comme si elle jugeait de son honnêteté, avant de déclarer : Cela va de soi, jeune héros. Ce monde est bien différent du vôtre, et vous découvrirez au cours de votre aventure bien des façons de combattre les forces du mal. Mais afin de vous aider, chacun d’entre vous a reçu une compétence spéciale et unique. Seuls les héros comme vous en sont détenteurs, et elle vous permettra d’affronter vos pires ennemis.
C’est à ce moment-là qu’Hakon remarqua que sa poche droite n’était pas vide. Ce bout de parchemin avait-il été là depuis tout ce temps, ou venait-il d’apparaître ? Une question qui demeurerait sans réponse.
Quoi qu’il en soit, il déroula le parchemin et y découvrit des lettres tracées d’une calligraphie raffinée. Il y était inscrit :
Ruée du lâche :
Permet au héros de se ruer d’un endroit à un autre avec une vitesse surprenante. Le héros doit abandonner quelque chose pour activer sa compétence.
Soudain, une douleur fulgurante lui saisit l’avant-bras droit. Il lâcha le parchemin et attrapa son bras. Il découvrit avec horreur que des symboles ressemblant à des runes étaient en train de se graver dans sa chair, lui couvrant la moitié de l’avant-bras. Et pour que cela ne semble pas trop normal, une fois les runes tracées, elles se mirent à émettre une faible lueur bleutée.
Hakon, tout en continuant à tenir son avant-bras, releva la tête pour s’apercevoir que tous avaient reçu ces étranges symboles.
— Qu’est-ce que… marmonna Nolan en lançant un regard méfiant en direction de la déesse.
N’ayez crainte, les rassura-t-elle. Le mana est une ressource essentielle dans notre monde, et ces marques prouvent votre affinité avec celui-ci.
Oliver semblait ravi d’avoir un tatouage sur l’avant-bras, et il maintenait son bras en l’air pour mieux observer les symboles.
— Excellent, se réjouit-il avec un sourire radieux.
Héros, les interpella-t-elle. Il est temps pour vous de partir à l’aventure. Je prie pour votre réussite.
— Euh… attendez, dit Hakon en élevant un peu la voix. Tous se tournèrent vers lui, et cela le mit mal à l’aise. C’est super, tout ça… les héros, la magie… mais, comment dire, et si on n’a pas envie ? Je veux dire, moi, personnellement, je n’ai rien demandé. Ce n’est pas que votre histoire ne me touche pas, mais je ne suis pas un héros pour autant.
Les chuchotements allèrent bon train. Tous le regardaient soit avec mépris, soit avec colère.
Ne faites pas genre, s’énerva-t-il intérieurement. Je suis sûr de ne pas être le seul à penser ça.
Il est évident que je ne peux vous demander un tel sacrifice sans contexte, déclara la déesse. Alors, voyez plutôt.
Les yeux de la déesse s’illuminèrent d’un blanc radieux, et rapidement tous furent engloutis par sa lumière.
Hakon n’était plus dans le champ à l’herbe verte et parfaite. La terre sur laquelle il se trouvait était désolée, morte. Les quelques arbres encore debout étaient noircis par les flammes ou malades, sur le point de craquer. La terre était noire, recouverte de cendres et de boue.
Hakon releva les yeux et, au loin, un grand feu illuminait le ciel chargé. Des maisons de bois étaient en train de brûler à quelques centaines de mètres de sa position. Le fracas du métal venait entrecouper les cris de désespoir des personnes qui tentaient de s’enfuir par les portes du village. Mais derrière elles, des êtres vêtus de sombres habits de la tête aux pieds les poursuivaient, de grandes haches à la main. Il vit au loin une femme se faire décapiter, et l’enfant qu’elle tenait par la main trébucher, avant de se faire transpercer par une lance.
Hakon commença à s’approcher de la scène, même si la terreur lui tiraillait les tripes.
Un homme vint s’écrouler au sol, juste devant lui. C’était un maigrichon qui devait avoir la trentaine. Ses habits étaient sales et ses mains calleuses. C’était un pauvre fermier innocent.
Un autre homme s’approcha de lui avec une grâce épouvantable. Son pantalon et ses bottes étaient faits d’un cuir noir, et sa cotte de mailles protégeait un torse musculeux. Une longue cape rougeâtre aux extrémités noircies et brûlées lui drapait le dos. Les traits de son visage étaient creusés, et sa mâchoire était carrée et robuste. Ses courts cheveux cendrés s’agitaient au gré des puissantes rafales qui soufflaient sur la plaine.
— Pitié, supplia pitoyablement le fermier en s’accrochant aux bottes de l’homme.
Les yeux rouges de l’homme se posèrent sur le fermier. Son expression ne changea pas d’un pouce alors qu’il le décapitait d’un rapide coup d’épée. L’homme observa attentivement la tête du fermier rouler sur plusieurs mètres, sans jamais la quitter des yeux.
— Général Ombris ! l’appela un soldat derrière lui. Arrivé à son niveau, le soldat ploya le genou et baissa la tête.
— Rapport de situation, ordonna Ombris sans quitter des yeux le cadavre de sa victime.
— Le village est sous notre contrôle, mon général. Les survivants sont rassemblés sur la place. Nous attendons vos ordres.
Ombris plissa les yeux avant de faire demi-tour. Il se mit à marcher en direction du village incendié.
— Tuez-les tous, cracha-t-il. Nous ne pouvons pas nous permettre de faire des prisonniers. Il reste encore beaucoup de villages à détruire.
La lumière aveuglante revint, et à nouveau, Hakon se retrouva dans la plaine.
Quand il revint à lui, son corps tremblait de toute part. Sa respiration était haletante, et ses mains étaient moites comme jamais. Un relent gastrique vint lui chatouiller la langue, mais il parvint à se retenir. Ce ne fut pas le cas de quelques personnes dont la bile souillait désormais l’herbe.
Ceci n’est qu’une scène parmi des centaines, leur dit la déesse avec une tristesse palpable. À l’heure où nous nous parlons, les généraux de mon frère, comme Ombris, rassemblent de plus en plus de soldats en vue de marcher sur les royaumes libres.
— C’est terrible… marmonna Hakon en baissant les yeux. Mais je… mais je ne peux pas…
Hakon marqua une pause avant de relever la tête et de s’adresser à la déesse.
— Je ne veux pas me battre ! Je ne suis pas fait pour ça ! Sa voix se brisa tandis qu’il adressait ces mots non seulement à la déesse, mais aussi à lui-même. Ses yeux s’embuèrent, et il avait l’impression que ses membres étaient dépourvus de vitalité. Je veux… je veux juste rentrer chez moi.
Un long silence accompagna ses paroles. Chacun observait son voisin pour savoir s’il pensait la même chose qu’Hakon, comme si être d’accord avec ce qu’il venait de dire était inhumain. Mais quoi qu’ils puissent en dire, Hakon savait que bien d’autres souhaitaient la même chose que lui, mais qu’ils étaient trop lâches pour l’avouer à haute voix.
La déesse soupira lentement, puis lui lança un regard empli de compassion.
Je vois, souffla-t-elle. Mais je ne peux rien faire pour vous, malheureusement.
— Comment ça ? s’inquiéta Lilian, l’un des amis de Nolan, qui semblait tout aussi paniqué qu’Hakon à la suite de la vision. Vous nous avez amenés ici, alors vous pouvez très bien nous ramener chez nous, non ?
J’aimerais que ce soit aussi simple, sincèrement, répondit Blanche. Mais à cause du conflit avec mon frère, mes pouvoirs ne sont pas assez grands pour vous ramener chez vous. Votre âme a été séparée de votre corps et amenée en ces lieux. L’influence de mon frère empêche quiconque de faire le voyage inverse. Votre âme est piégée dans ce monde pour le moment.
— Ce qui veut dire… ? demanda Hakon en anticipant la réponse. Une réponse qui risquait de lui déplaire fortement.
Que tant que mon frère demeurera, annonça-t-elle, vous ne pourrez pas rentrer chez vous. De plus, si vous veniez à mourir ici, votre âme serait détruite.
L’annonce ne le surprit pas vraiment, mais la boule qui demeurait dans son ventre remonta d’un coup sec au niveau de sa glotte. Il avait du mal à respirer, à avaler ou à faire quoi que ce soit avec sa gorge. Lilian paraissait tout autant affecté, tout comme une bonne dizaine de ses camarades.
Je sais que c’est une lourde charge à porter, héros, mais votre dévouement sauvera des centaines de milliers de vies. Ne l’oubliez jamais.
J’espère vous revoir un jour.
Adieu.
La déesse ferma les yeux, et le halo qui l’entourait d’une lumière blanche se mit à rayonner encore plus, jusqu’à ce qu’il ne soit plus possible de garder les yeux ouverts. Hakon ferma les yeux et se cacha le visage avec son avant-bras, jusqu’à ce que la lueur s’évanouisse.
La brume disparut avec la lumière, et révéla un paysage somptueux.
D’immenses plaines vallonnées s’étendaient indéfiniment devant lui. Deux longues crêtes recouvertes de forêts s’étiraient de chaque côté, et plusieurs ruisseaux s’échappaient de leur orée. En suivant les cours d’eau, on pouvait voir plusieurs volutes de fumée provenir d’habitations en bois et en pierre. Au fond de la vallée, même s’il n’en était pas sûr au vu de la distance, Hakon distingua une ville qui semblait bien plus grande et densément peuplée que les petits hameaux le long des rivières.
Le premier chapitre de votre histoire commencera à la ville de l’ouest, où toutes les histoires trouvent un début. Rendez-vous à Bégininf, et trouvez la guilde des aventuriers.
Cette voix n’était pas celle de la déesse. En fait, elle n’appartenait à personne d’autre qu’à la personne qui venait de l’entendre. C’était comme si Hakon venait de se parler à lui-même, et que cette idée de se rendre dans cette ville était, et avait toujours été, son idée.
Chacun regarda son voisin dans l’espoir qu’il lui dise quoi faire, mais, cela va de soi, personne ne savait quoi faire.
Sauf un, vraisemblablement.
— Bon, déclara Nolan. On y va ?