Chapitre 4
Chapitre 4
Léo réfléchit.
— Alors, les livres ne savent pas tout.
— Exactement ! Mais puisque j’ai un échantillon de ta magie, je vais pouvoir faire toutes sortes d’expériences dessus, avec les moyens du bord, pour nous permettre d’en savoir un peu plus. Cela dit, j’ai une proposition à vous faire.
— Laquelle ? rétorqua Armand.
Théor s'asseyait dans son fauteuil et joignit les mains devant lui.
— Tout d’abord, je dois vous dire que mon bâtiment a subi des dégâts à cause de la tempête du mois dernier. Il y a notamment un début d’infiltration au niveau de la toiture. Pour réaliser les travaux nécessaires, j’ai besoin de trésorerie immédiatement.
Armand fronça légèrement les sourcils.
— Je ne vois pas vraiment le rapport avec Léo.
— J’y viens.
Théor esquissa un sourire.
— La vente de copies de livres ne me permet malheureusement pas de couvrir les frais de réparation. Du coup, avec ma secrétaire, nous avons eu l’idée de créer une école privée au premier étage destinée aux enfants des familles les plus aisées de cette ville.
Fiona échangea un regard avec son mari.
Léo, lui, semblait surtout intrigué par le mot « école ».
Il n’avait encore jamais fréquenté d’établissement scolaire.
Théor poursuivit :
— Nous avons récemment obtenu l’accréditation nécessaire pour enseigner de la part du royaume. L’école ouvrira donc dans deux mois.
Armand resta silencieux quelques secondes.
— Et vous voulez que Léo y étudie ?
— Exactement.
Léo leva immédiatement la tête.
— Moi ?
— Toi, confirma Théor.
— Mais pourquoi ?
Théor se tourna vers lui.
— Parce que ton pouvoir est inhabituel. Et surtout parce que je pense qu’un enfant comme toi a besoin d’apprendre à le comprendre avant de pouvoir réellement le maîtriser.
— Vous pensez que l’école pourra m'aider ?
— Je ne peux pas te le garantir, répondit Théor. Mais tu y apprendras les bases de la magie et également les différentes particules connues et leurs propriétés.
Léo resta pensif.
L’idée lui plaisait.
Mais Armand semblait beaucoup moins convaincu.
— Théor, je vous remercie pour la proposition, mais cette école est destinée aux enfants des familles les plus aisées, n’est-ce pas ?
— Oui.
— Alors il sera difficile pour Fiona et moi de couvrir les frais de scolarité avec nos maigres salaires de clinicien du port mais peut être qu'avec l'aide du grand-père de Léo qui est justement le propriétaire de cette clinique, on p...
— Armand! interrompis Fiona. Laisse papy de côté.
— Papy radin? Demanda Léila.
Théor soupira.
— Armand, je ne vous demande pas de payer les frais de scolarité.
Le père de Léo releva la tête.
— Quoi ?
— Léo bénéficiera d’une bourse.
Un silence s’installa dans la pièce.
— Une bourse ? répéta Fiona
— Oui. En échange, je souhaiterais simplement pouvoir continuer mes recherches sur sa magie avec votre accord.
Armand se raidit.
— Quelles sortes de recherches ?
Théor comprit immédiatement son inquiétude.
— Rien de dangereux. Je ne toucherai pas à Léo sans votre autorisation. L’échantillon que j’ai déjà me permettra de réaliser la majorité des expériences.
Armand ne répondit pas.
Il fixa Théor pendant plusieurs secondes, comme s’il cherchait à déterminer s’il pouvait réellement lui faire confiance.
Théor se rapprocha de lui.
— Je suis chercheur, Armand. Pas un expérimentateur irresponsable. Je sais parfaitement ce que peut provoquer une mauvaise manipulation de particules magiques.
Il prit une profonde inspiration.
— Et croyez-moi, je préfère découvrir une nouvelle propriété magique avec une petite quantité d’échantillon plutôt qu’attendre que Léo la découvre accidentellement au milieu d'une situation dangereuse.
Armand ne trouva rien à répondre et échangea un regard avec Fiona.
— Eh bien… Je pense que nous allons accepter votre proposition.
— Excellent!
Puis il ouvrit un tiroir de son bureau et en sortit plusieurs feuilles de papier.
— Dans ce cas, je vais vous montrer le programme provisoire de l’école.
Il posa les documents sur la table.
Léo s’approcha immédiatement.
La première page comportait plusieurs matières.
Histoire et Géographie.
Créatures magiques.
Magicologie et Magiocytes.
Langues Anciennes.
Ingénierie magique.
Et tout en bas, une matière attira particulièrement son attention.
Étude des particules magiques.
Léo resta figé devant la feuille.
— Je veux faire ça.
Armand éclata de rire.
— Tu n’as même pas commencé l’école que tu as déjà choisi ta matière préférée.
— Oui !
Théor sourit.
— Je crois que nous avons trouvé notre quatrième élève. Mais je dois vous dire que mes enseignements seront étalés sur dix années environ, jusqu’à ce que les enfants atteignent l’âge adulte, fixé à dix-huit ans.
Fiona regarda son fils avec tendresse.
Après avoir dit au revoir à Théor tout en obtenant son numéro de communicateur, la famille se rendit devant une petite boutique dont la vitrine était remplie de chocolats de toutes sortes.
Les yeux de Léila s’agrandirent.
— Du chocolat !
Derrière la vitre se trouvaient des dizaines de friandises : des tablettes, des truffes, des bonbons fourrés et même de petites figurines en chocolat représentant des créatures magiques.
— Attends un peu, demanda Armand.
Fiona éclata de rire.
— Allez, Armand. Laisse-la choisir quelque chose.
— Vous êtes toutes les deux contre moi, maintenant ?
— Oui, répondirent Fiona et Léila en même temps.
Armand leva les mains en signe de reddition.
— Très bien. Mais une seule chose.
Léila se précipita vers la vitrine.
— Celui-là ! s’exclama Léila.
Elle désigna une petite boîte remplie de chocolats en forme d’étoiles.
— Tu es sûre ? demanda Fiona.
Léila hocha la tête.
— Ils sont au chocolat au lait avec une garniture à la noisette.
Armand regarda le prix.
— Évidemment, c’est le plus cher.
— Armand…
— Bon, bon… Je plaisante.
Ils rentrèrent dans la boutique et Armand sortit quelques pièces de sa poche et les posa sur le comptoir tout en désignant la boite que Léila avait montré.
La chocolatière emballa la boîte.
— Voilà pour vous.
Léila la prit avec précaution.
— Merci !
Ils sortirent de la boutique.
À peine arrivés dans la rue, Léila ouvrit déjà la boîte.
— Tu ne pouvais vraiment pas attendre qu’on rentre ? demanda Armand.
— Non.
Elle prit un chocolat en forme d’étoile et le croqua.
Son visage s’illumina.
— Mmmh !
Léo la regarda.
— Tu vas tous les manger ?
Léila réfléchit sérieusement.
— Probablement.
— Tu pourrais m’en donner un.
Elle protégea immédiatement la boîte avec ses deux mains.
— Hors de question !
— Léila !
— C’est mon chocolat !
Fiona secoua la tête en souriant.
— Vous êtes vraiment impossibles tous les deux.
La famille reprit tranquillement son chemin en direction de la maison.