Chapitre 268
Traduction: Moonkissed
Même après les unit stages qui avaient retourné la salle, le concert de Masterpiece continua de foncer sans reprendre son souffle, comme une vague qui refuse de redescendre.
À chaque morceau, les fans hurlaient, secouaient leurs lightsticks à s’en casser le poignet, et s’embrasaient encore plus en découvrant que toutes les chansons phares avaient été réarrangées en version concert. Cette attention-là, ce “on a pensé à vous jusque dans la moindre transition”, plongeait la salle dans un mélange de gratitude et d’euphorie pure.
Et voilà qu’on arrivait doucement vers la fin… Un nouveau talk time revint, comme un petit îlot pour respirer.
Cette fois, Dael ouvrit.
« Ouf… vous vous amusez bien ? »
« OUIIIII !!! »
« Haha, tant mieux. Nous aussi, on s’amuse vraiment, vraiment beaucoup. Un concert, c’est… d’un tout autre niveau que les autres scènes. »
« Exactement ! Et comme vous nous envoyez une énergie incroyable, incomparable… on a préparé un événement spécial, une scène spéciale, juste pour ce soir ! »
Les yeux des Muse s’agrandirent, le cœur fit un petit sprint.
« Oui. Et… ah, franchement, c’était pas simple. Je crois que pendant toute la préparation du concert, c’est cette scène-là qui m’a le plus fatigué. »
Yuseong secoua la tête, dépité. Dohun approuva vivement, et les autres éclatèrent d’un petit rire.
Quand un “all-rounder” comme Yuseong disait ça, la curiosité du public atteignit le plafond.
Hanbin sourit, l’air de quelqu’un qui tient une allumette au-dessus d’un baril de poudre.
« Haha… vous êtes ultra curieux, hein ? Vous vous demandez “c’est quoi cette scène” ? »
« OUIIIII !! »
« D’accord, d’accord. On ne vous fait pas attendre plus longtemps. Mais avant… on a filmé la préparation en VCR, alors on va vous montrer ça d’abord. Si vous le regardez, vous allez encore mieux profiter de la scène. »
« Voilà ! Alors, regardez bien la vidéo, et on se retrouve juste après ! »
Taeha conclut, les lumières s’éteignirent, et les membres filèrent backstage. L’écran s’alluma.
Au milieu d’un fond blanc apparut un titre :
[Pour célébrer le World Tour, le Special Stage de Masterpiece : “Savior” Part-change Performance]
Une clameur immense balaya la salle.
Un “part change”, c’était le genre de contenu que les fans réclamaient depuis longtemps, surtout après leur contenu maison Daily Masterpiece : spécial “Boss Masterpiece”, où ils avaient échangé des parties en chantant. Voir les vocalistes rapper et les rappeurs chanter avait été un choc délicieux.
Mais cette fois, il ne s’agissait plus seulement de chanter : c’était une performance complète, chorégraphie incluse.
Le VCR montra d’abord un petit jeu pour attribuer les échanges :
Puis, en séquences rapides, on vit des mini-cours particuliers : chacun recevait un “coaching” du membre dont il allait reprendre les lignes.
Deux moments volèrent immédiatement la vedette :
Parce que… c’était là que ça coinçait le plus.
Pour Yuseong, même s’il n’était pas mauvais en rap, le passage de Dohun dans Savior était plus rapide que prévu, avec des paroles qui faisaient trébucher la diction. Sa panique était visible.
« Aaaah… mais… hyung, t’es un monstre en fait. Comment t’as fait pour rapper ça aussi propre ?! »
Après un premier essai catastrophique, il fixa Dohun avec un regard qui avait carrément changé : du “j’ai sous-estimé” au “respect absolu”.
Dohun haussa les épaules, amusé.
« Hé, je suis ton hyung. Facile, hein. »
« Non mais vraiment… je vais faire comment ? Et en plus, il faut le faire en dansant. C’est de la folie. »
« Eh, arrête de te plaindre, c’est pas ton style. Tu peux le faire. Petit tip : au premier mot, “Save”, tu ne dois pas cramer tout ton souffle. Sinon, tu ne tiens jamais jusqu’au bout. Et les rimes “dal-ryeo, mal-ryeo”, faut les étirer un peu volontairement. Regarde. »
Dohun fit une démonstration pro, et Yuseong recommença. C’était encore serré, le souffle court, mais c’était clairement mieux.
Dohun le félicita comme on encourage un enfant, enthousiaste, sincère.
Et juste après… renversement total.
Dohun, lui, se retrouva face à la note aiguë que Hanbin lâchait habituellement comme si c’était une marche d’escalier. Il bloqua net.
« Mais… comment tu peux chanter ça aussi “facile” ?! »
Hanbin cligna des yeux, surpris.
« Quoi ? Ça monte pas ? »
Dohun éclata d’un rire sans joie.
« Tu sais que ta tête, là, elle est insupportable ? »
« Ah ouais ? C’était pas volontaire. »
Hanbin le taquina… puis lui donna une vraie solution :
« Si la voix pleine passe pas, tu peux le faire en falsetto. Ça sera plus faisable. Ne force pas, pense juste “je lâche”, et vas-y. »
À force d’essais, Dohun commença à y arriver.
Le VCR se termina sur les cinq, alignés, souriants :
« Muse ! Vous avez vu notre préparation ? On est sur des positions qu’on n’a pas l’habitude de prendre, donc ça sera peut-être un peu moins parfait que l’original… mais on a bossé dur, alors regardez-nous avec indulgence ! On commence ? Let’s go ! »
Et là… la scène démarra.
Sauf qu’au lieu d’être hésitants, ils furent presque parfaits.
Les deux qu’on avait vus galérer le plus, Yuseong et Dohun, ressortaient même particulièrement.
Yuseong avala le rap ultra rapide de Dohun à la vitesse originale. Puis, à la fin, il rassembla son souffle au bord de la rupture, et lâcha le “Uh!” final en le “grattant” pour le rendre plus grave, plus rugueux, comme un petit coup de tonnerre.
Dohun, suivant le conseil de Hanbin, monta la note en falsetto jusqu’à son maximum. Son visage rougit un peu, mais l’intonation resta stable.
Dans la salle, c’était un choc :
Mais pourquoi ils sont si bons ?!
Ils ont dû répéter comme des fous… c’est naturel, comme si c’était leur partie à eux !
Et puis… le problème surgit au pire endroit possible : au milieu d’un passage où tout roulait parfaitement.
Yuseong avait fini son rap, se concentrait à fond sur la chorégraphie. Après un mouvement de buste particulièrement violent, il sentit soudain… l’air froid sur son dos.
Et au même instant, la salle explosa.
Par réflexe, il porta une main derrière lui.
Le zip, qui partait de la nuque jusqu’en bas, s’était complètement ouvert.
Que ce soit un mauvais verrouillage en changeant vite ou un zip défectueux, le résultat était sans appel : le milieu de son dos, la zone des omoplates… tout était exposé.
Yuseong eut une seconde de gêne, puis continua sans s’arrêter. Impossible de casser la scène pour ça. Les autres, eux aussi, remarquèrent, serrèrent les dents pour ne pas rire, et finirent la performance proprement.
Sauf que… l’ending pose était tourné de dos.
Les muscles de son dos apparurent encore plus clairement.
Les cris tombèrent comme une pluie de météores.
Dès que les lumières s’éteignirent, les cinq éclatèrent de rire, étouffés, comme si leur discipline venait de rendre les armes.
Un staff leur fit un signe, et Yuseong descendit rapidement se changer.
Quand les lumières revinrent, les quatre autres restèrent sur scène pour meubler avec un talk malicieux.
« Muse ! Vous avez aimé notre part-change ?! »
« OUIIIII !!! »
« On a adoré aussi… surtout qu’au milieu, on a eu un gros événement bonus, haha. Franchement, j’ai failli craquer. Retenir mon rire, c’était dur. »
Taeha sourit, et les autres repartirent en fou rire, déclenchant une nouvelle vague de réactions.
« Mais oui. Et notre maknae… wow. Son dos était… comment dire… immense. Je me suis dit : “depuis quand il a grandi comme ça ?” Honnêtement, vos cris sont devenus tellement forts que je me suis demandé ce qui se passait, et j’ai compris. »
« Moi, dès que j’ai capté… je me suis retrouvé à vérifier ma propre tenue sans réfléchir. »
Ils continuèrent à plaisanter jusqu’à ce que Yuseong revienne, habillé correctement.
Les fans se mirent à scander son nom.
Yuseong, sourire de renard, lança :
« Quoi… vous me demandez pas de le refaire, là ? »
La salle éclata de rire, et certains crièrent carrément “OUI !”.
« Haha… aujourd’hui, c’était déjà trop de “fanservice involontaire”, donc on va s’arrêter là. Mais la prochaine fois… je m’entraînerai encore plus. Et pas seulement moi. Tous les membres aussi. »
Les fans hurlèrent comme s’ils venaient de gagner un jackpot.
Les membres, eux, ouvrirent de grands yeux, mi choqués mi morts de rire.
« Pardon, leader ? Qui t’a donné l’autorisation de décider ça tout seul ? »
Après ce ping-pong joueur, ils se préparèrent à la dernière partie “émotions”, parce que même s’il restait encore quelques chansons pour le closing… c’était le dernier talk time.
« Bref… pour revenir au sujet : vous vous êtes amusés aujourd’hui ? »
« OUIIII ! »
« Merci. Nous aussi, c’était un premier concert tellement heureux, tellement fort, tellement précieux… Alors on va prendre un moment pour dire chacun notre ressenti, d’accord ? »
Et à cet instant précis… les lumières baissèrent d’un coup, brutalement.