Chapitre 266
Traduction: Moonkissed
Le T-live anniversaire de Muse, commencé par la fan song reprise en chœur et rempli de contenus “fanservice”, se termina dans une marée de réactions brûlantes.
Mais au moment où Masterpiece s’apprêtait à retourner au studio d’entraînement, Kang Taemin et le chef de l’équipe management ouvrirent la porte et entrèrent.
« Les gars, bon boulot pour le live. »
« Bonjour, patron ! Merci ! »
Face aux sourires lumineux des membres, Kang Taemin reprit, satisfait :
« Au fait… vous pouvez vous asseoir deux minutes ? Je suis venu parce que j’ai quelque chose à vous dire. »
Ils s’assirent, intrigués. Et vu la manière dont ses pommettes remontaient et son sourire s’étirait, ça n’avait pas l’air d’être une mauvaise nouvelle.
« Vous vouliez nous dire quoi ? » demanda Dael, incapable de tenir plus longtemps.
Kang Taemin fit exprès de laisser planer un silence, comme pour monter la température.
« C’est à propos de votre premier concert solo… Il y a eu un changement de plan. »
Au mot “changement”, les membres se figèrent une seconde. Puis Kang Taemin plissa les yeux, tout fier, et lâcha la bombe :
« Ce ne sera pas un concert uniquement en Corée… On l’étend en world tour ! »
Les cinq ouvrirent des yeux ronds comme des projecteurs.
« Hein ? P-pour de vrai ? »
« Un world tour ? Nous ? »
« Oh my goodness ! »
À l’origine, leur tout premier concert solo était prévu en août, à Séoul uniquement, sur trois jours, et personne n’avait évoqué la moindre tournée mondiale. Leur réaction avait donc de quoi secouer les murs.
Même Yuseong, pourtant rarement pris de court, resta surpris. En y réfléchissant, c’était logique : le nombre de fans internationaux ne cessait d’augmenter, et l’entrée au Billboard avait mis de l’huile sur le feu.
Mais en 2017, un groupe idol qui partait en world tour dès son tout premier concert solo… ça n’existait pas.
Ce genre de pari devenait “courant” surtout après 2019, quand la K-pop entra pleinement dans son âge d’or mondial. Là, c’était presque une expédition.
Et pourtant, Kang Taemin venait de trancher.
Il a vraiment le nez… pensa Yuseong, impressionné.
Kang Taemin répondit à leurs regards incrédules avec une assurance tranquille :
« Oui, c’est vrai. Entre vos résultats sur le Billboard Hot 100 et d’autres classements internationaux, et les données qu’on a sur YouTube (pays des spectateurs, volume de commentaires en langues étrangères, etc.), c’est clair : à ce stade, faire seulement un concert national, ce serait manquer le coche. »
« Waouh… j’arrive pas à y croire, patron. »
« Pareil… Je pensais que les world tours, c’était uniquement pour les énormes superstars… »
Ils parlaient tous avec des yeux brillants, la gorge serrée.
Kang Taemin éclata de rire.
« Une superstar mondiale, c’est quoi au fond ? Si vous êtes aimés par des fans dans le monde entier, vous l’êtes déjà. Et en plus vous êtes entrés au Billboard. Qu’est-ce qu’il vous faut de plus ? »
Cette phrase, étonnamment bien trouvée, fit naître un sourire au coin des lèvres de Yuseong.
En même temps, la réalité de ce world tour commençait à lui tomber dessus, lentement, comme un manteau lourd et excitant. Son attente pour le premier concert gonflait, gonflait.
« Bref. On garde Séoul comme prévu pour le lancement, et ensuite on enchaîne jusqu’en octobre. En comptant la Corée, ça ferait 7 pays, 11 villes. Voilà le planning. »
Il posa une feuille devant eux.
« Vous savez bien que ce n’était pas prévu au départ. Les équipes ont galéré pour bloquer des salles. Mais on a sécurisé des lieux corrects sur des dates possibles. »
« 7 pays, 11 villes… c’est énorme, non ? »
« Sérieux… j’arrive même pas à l’imaginer. »
On lisait sur leurs visages un mélange pur : excitation au maximum, et un petit nœud d’inquiétude. Mais Kang Taemin resta ferme, comme s’il avait déjà vu l’avenir et qu’il lui faisait confiance.
« Énorme ? C’est un world tour. Il faut au moins ça. Et franchement, pour une tournée mondiale, ce n’est pas non plus “trop”. On a tout pris en compte côté planning, santé, déplacements. Vous, ne vous inquiétez pas. Entraînez-vous juste à fond sur la setlist déjà prévue. Compris ? »
« Compris. On s’entraînait déjà, mais là… on va s’entraîner à en mourir ! » répondit Yuseong le premier, sûr de lui.
Les autres, galvanisés, acquiescèrent vivement.
Début juillet, les Muse, qui traversaient une période de disette en contenu et en souffraient comme un désert sans oasis, reçurent une nouvelle semblable à un rayon de soleil : l’annonce du world tour de Masterpiece.
À peine publiée, les communautés en ligne “spécial idols” explosèrent.
– PTN PTN !!! NOS GARS PARTENT EN WORLD TOUR !!! C’EST RÉEL ??!! Séoul, j’y vais quoi qu’il arrive !!
– Non mais wsh… premier c tour ??? C’est plus 1-tier, c’est 0-tier… 0-tier 😭
└ OUIII. World class, je vous jure… On va réussir à avoir des places, hein ? S’il vous plaît…
– Ouch… par contre le planning a l’air hardcore. Ils vont être épuisés 😭
– C’est fou. Un groupe qui fait un world tour dès le premier concert, ça existe ? Et en même temps… j’ai peur que la boîte prenne trop le virage “tournée à l’étranger” juste parce qu’ils ont charté au Billboard ;;;
La plupart étaient fiers, surexcités… avec une pointe de prudence. Le reste, évidemment, tournait autour d’un sujet universel : le ticketing.
– ENFIN !!!!! J’ai attendu depuis qu’ils l’avaient évoqué dans “Ma Pi Sangsa”… j’ai bien fait de tenir 😭
– Je m’imagine déjà dans la salle avec le lightstick, main sur la bouche, incapable de respirer…
– Ah non mais le ticketing va être INFERNAL, non ? Est-ce que je peux espérer… Moi je rate même mes inscriptions de cours…
– Dieu, Bouddha, Allah, toutes les divinités de l’univers… DONNEZ-MOI UN BILLET, je vous en supplie 😭
└ Après, comme ils vont aussi à l’étranger, les fans internationaux n’auront pas “besoin” de venir à Séoul, donc… peut-être que ce sera un peu moins la guerre ? (Je fais tourner une imagination heureuse à fond… s’il vous plaît…)
└ Oh, angle intéressant 😂 Allez, je prie avec toi 😭
Sauf que, un mois plus tard, ces “imaginaires heureux” furent écrasés par la réalité, sans pitié :
les 25 000 places de la salle de Séoul, sur 3 jours, furent toutes sold out en 9 minutes.
Le 15 août, jour du tout premier concert.
À l’intérieur, tous les écrans géants diffusèrent enfin le VCR d’ouverture.
Une image sombre, puis progressivement éclaircie.
Ce qui apparut en premier : la façade d’un bâtiment grandiose, style palais royal européen, ancien et majestueux.
Devant, Yuseong.
Il portait un haut rouge intense, bordé de dorures, un pantalon noir, des boots… et une couronne qui scintillait. On aurait dit un empereur sortant de son château.
La caméra zooma. Son visage, d’abord impassible, se fendit d’un sourire dangereux, presque hypnotique.
[Hello, everyone. Would you be my muse?]
La salle hurla comme si elle répondait vraiment.
Et pile au bon timing, la vidéo enchaîna :
[Ok, then. Welcome to the Castle of Masterpiece.]
Yuseong fit un geste, invitant le public à entrer. Les portes du palais s’ouvrirent.
La caméra glissa alors à l’intérieur de ce décor luxueux, et, pièce après pièce, elle révéla les autres membres, chacun dans un espace différent, cadré comme une scène de film, noble et dramatique.
Pendant ce temps-là, en coulisses, Masterpiece attendait derrière les décors, regardant la foule à travers les interstices.
« Waouh… c’est plein. Plein à craquer. »
« Grave… On a vraiment… tellement de fans ! »
« Aaaah… je tremble !! »
On ne voyait pas un seul siège vide. Et alors même que le concert n’avait pas encore commencé, les fans agitaient déjà leurs lightsticks, frappaient dans leurs mains et criaient à pleins poumons, remplissant l’arène d’une chaleur électrique.
Sous cette vague, les membres se sentirent à la fois plus nerveux et plus exaltés. L’adrénaline montait, irrésistible.
Yuseong, lui aussi secoué de l’intérieur, tenta de se recentrer et, en leader, posa une main invisible sur l’épaule du groupe par ses mots.
« Allez, on va monter dans une seconde. On se fait un vrai “fighting” ! On a le droit d’être stressés, mais regardez : là-bas, c’est que des gens qui nous aiment. Ils sont venus s’amuser avec nous. Alors nous aussi… on profite, et on met le feu. »
« OK !! Et personne ne se blesse. »
« Yep ! Un, deux, trois… fighting !! »
Au même moment, dans le VCR, Dohun lâcha la phrase qui ouvrait officiellement les portes du concert :
[Are you ready? Let’s start now!]
Les écrans et la scène plongèrent ensemble dans le noir.
La salle explosa.
Les cinq échangèrent un dernier regard, puis se déplacèrent rapidement chacun vers son ascenseur de scène, prêts à surgir.
Dès qu’ils furent en place, la première chanson démarra : une version de “It’s ok” dont l’intro avait été remplacée par un court sample classique, majestueux.
Et d’un coup, cinq plateformes s’élevèrent en même temps.
Les membres apparurent dans les mêmes tenues que dans le VCR. Des projecteurs pin-spot les découpèrent, un par un, comme des statues vivantes.
Ils restèrent immobiles, posés, jusqu’à la fin du sample classique.
Puis, lorsque le tempo accéléra brutalement et que la couleur EDM jaillit… leurs regards changèrent.
Avec une aura tranchante, ils arrachèrent les couronnes de leurs têtes et les jetèrent d’un geste sec, avant de partir dans une chorégraphie explosive.
– When I wake up in the morning, I feel alive
Qu’est-ce qu’il me faut de plus ? Une vie comme celle-ci me suffit
Les cris des fans, presque des hurlements de bonheur, secouèrent l’arène.
Dans leurs in-ears, le vacarme frappait comme une vague.
Et cette sensation unique, celle d’une foule entière qui est “à toi”, qui te renvoie ton énergie multipliée, leur donna une euphorie plus forte que sur n’importe quelle autre scène.
Ils bougèrent plus fort, chantèrent plus fort.
Parce que cette nuit-là, l’énergie qui venait du public… était tout simplement impossible à décrire.