Chapitre 261
Traduction: Moonkissed
Dès que Kim Jaebeom entra dans la pièce, le directeur de Knet serra les dents et lâcha, sans préambule :
« Pff… la petite nouvelle, elle refuse toujours de répondre ? »
« Oui… Les AD sont même allés à son adresse, mais il paraît qu’elle n’est pas chez elle. On continue d’essayer de la joindre. »
Par “la petite nouvelle”, il parlait évidemment de Joo Yesul. Comme s’il s’y attendait, le directeur soupira et secoua la tête.
« Laisse tomber. Même si on la joint, elle ne coopérera pas. Là, on se fait déjà traîner au commissariat, chaque minute compte. Arrête de t’en occuper et concentre-toi sur l’extinction de l’incendie. On n’a pas le temps. »
Il trancha, puis passa directement au cœur du sujet.
« La réunion avec les cadres a décidé : on présente ça comme TON initiative personnelle. On reconnaît la manipulation, on s’excuse, et on boucle ça comme ça. Toi, moi et le CP, on prendra des sanctions et des réductions de salaire, mais à l’extérieur, la déclaration officielle dira que c’est ton action isolée. Donc prépare aussi une lettre d’excuses manuscrite. »
Kim Jaebeom cligna des yeux, comme frappé par une gifle.
« Quoi ? Mon… initiative personnelle ?! Directeur, c’est pas possible. Vous me faites ça, là ? Ce n’est pas moi qui ai décidé ! »
Le directeur explosa :
« Si, c’est TOI. Je t’ai dit de gonfler un peu la note “diffusion”, pas de faire un truc aussi voyant en mettant un ZÉRO à Masterpiece ! Qui t’a dit de faire ça ?! »
« M-mais… je vous ai dit que je n’avais pas le choix… »
« Arrête. Je t’ai dit de ne pas trop toucher aux points album et aux points streaming. Je t’ai dit de ne pas y toucher si possible, pas “plutôt mourir que d’y toucher”. Comment tu peux être aussi lent ?! À cause de toi, moi aussi je deviens fou ! Moi, recevoir une sanction… c’est la première fois de ma carrière ! »
« Je… je reconnais que j’ai eu un mauvais réflexe sur le moment, j’étais pressé. Mais… »
Le directeur le coupa, plus violent encore :
« Mais quoi ?! Franchement, même si tu n’avais pas mis ZÉRO, même si on te laisse toute la marge du monde… si tu n’avais pas lâché devant la petite nouvelle des trucs comme “la hiérarchie” ou “JN”, on n’en serait pas là ! Si tu as un minimum de conscience, remercie le ciel de ne pas être viré sur-le-champ ! »
Kim Jaebeom resta muet. Sa gorge se noua, et ses lèvres tremblèrent, mais aucun son ne sortit.
Le directeur, comme s’il se sentait malgré lui un peu piqué, adoucit légèrement sa voix, jouant la carte du “conseil de vieux routier”.
« Écoute… Jaebeom. Tu sais que ce milieu est minuscule. Si tu ne comptes pas quitter l’industrie comme cette petite… alors fais comme tout le monde : tu avales, tu souris, tu passes à autre chose. À ce stade, si tu réfléchis trop, tu seras le seul perdant. Si tu “trahis” et que tu pars, aucune autre chaîne ne te prendra. Tu le sais. »
Kim Jaebeom ravala sa colère. Contrairement à Joo Yesul, il avait des années de carrière derrière lui, une réputation, un nom. Il ne pouvait pas tout jeter.
« …D’accord. »
Le directeur hocha la tête, satisfait.
« Parfait. Et en plus, on a une excuse toute prête. Tu dis : “J’avais du ressentiment parce que Masterpiece a refusé plusieurs invitations à nos programmes, et sur un coup de colère j’ai voulu me venger. Je m’excuse.” Voilà. Facile. Propre. Compris ? »
Le scénario était servi, prêt à consommer.
Une fois l’ordre donné à Kim Jaebeom, le directeur appela immédiatement Park Jeongnam pour lui détailler la ligne officielle que Knet allait adopter.
— Bref… voilà ce qui va sortir. Je compte sur vous pour caler votre discours sur le nôtre.
Mais Park Jeongnam ne sembla pas du tout satisfait.
« Attendez… Vous allez reconnaître si vite que c’était une manipulation ? Directeur, ça va pas. Dans ce cas, New Wave devient quoi ? Mes gamins, et même ma boîte, on va devenir la risée du pays ! »
— Park Jeongnam, c’est vraiment le moment de chipoter ? Là, on sacrifie une petite chose pour sauver le grand ensemble. Sinon, on n’a plus de sortie. On ne peut pas tout admettre. Vous le savez.
Park Jeongnam resta sans voix. Parce que lui aussi… n’avait pas d’alternative.
« …Ha. »
— Je comprends votre humeur. Mais notre priorité, c’est d’éviter une enquête de police qui remonte jusqu’aux étages supérieurs. J’espère que vous comprenez.
« Oui… compris. »
Quand l’appel se termina, Park Jeongnam sentit sa colère se transformer en une bouillie brûlante dans la poitrine. Il attrapa tout ce qui traînait sur son bureau et le jeta au hasard.
Bordel… PD de pacotille. Je lui ai servi la table en argent, et il fait ça ? Maintenant ce genre de méthode ne passera même plus…
Il mit un moment à retrouver un semblant de contrôle, attrapa son téléphone pour prévenir l’équipe de New Wave… et au moment où il déverrouilla l’écran, une série de titres d’actualité people lui planta une lame froide dans le crâne.
[Masterpiece entre dans le Billboard Hot 100]
[Masterpiece bat le record du meilleur classement pour un artiste coréen : 65e et 69e, deux titres classés]
[Masterpiece : première chanson en coréen sur le Hot 100, deuxième artiste coréen à y entrer]
Ses yeux se figèrent.
Quoi…? Hot 100 ? C’est… c’est possible ? Ils ont réussi ? Deux chansons ??
Il savait mieux que quiconque à quel point c’était difficile. Même les artistes de sa propre entreprise s’y étaient cassé les dents, album après album, promo après promo.
Ses dents grincèrent d’elles-mêmes. Il cliqua sur l’un des articles.
Le texte détaillait les positions, l’impact historique, la portée du Hot 100… et en dessous, une avalanche de commentaires euphorisés, comme des confettis qui brûlent.
— C’est réel ?! Billboard ?! Frissons patriotiques de fou…
— ILS L’ONT FAIT !!! Je vais pleurer !!!
— Le Hot 100 c’est pas une blague…
— L’ère “Do you know Masterpiece” arrive 😭
Et au milieu, des commentaires qui reliaient directement l’affaire de K-Countdown, piétinant l’ego de Park Jeongnam avec une joie cruelle :
— Donc ces gars-là sont Hot 100 et… 2e à K-Countdown ? Knet, vous dormez ?
— New Wave n’a qu’à faire mieux que 68e, hein ^^
— Park JN doit être en train de bouillir 😂
— Knet, regarde bien : ça, c’est leur niveau.
Quelque chose se rompit.
« AHHH !! Putain !! PUTAIN !!! »
Il hurla, balança même son ordinateur portable. Sa secrétaire, dehors, accourut en panique pour le calmer.
Grâce à la décision éclair de CK E&M, le “service après-incendie” se déroula à une vitesse terrifiante.
Knet publia une déclaration officielle : Kim Jaebeom avait agi seul, ils présentaient des excuses, et annonçaient qu’il quittait son poste de PD principal. Le CP en charge et le directeur de la chaîne recevraient aussi des sanctions “pour manquement de supervision”.
Ensuite, Knet effectua une “mise en scène” d’excuses envers Masterpiece, bien cadrée, bien propre.
Et comme prévu, Kim Jaebeom récita le texte préparé : il avait agi sous l’impulsion d’un ressentiment personnel, et la mention de “la hiérarchie” ou de “JN” dans l’enregistrement n’était qu’un mensonge inventé sous le stress, face à une question inattendue d’une subordonnée.
Pendant ce temps, le directeur et l’équipe rencontrèrent directement certains fans qui avaient porté plainte, adoptant une posture humble, presque suppliante, jusqu’à obtenir le retrait de la plainte.
Les fans, eux, savaient très bien qu’une rupture totale entre Masterpiece et Knet pourrait nuire à long terme. Ils acceptèrent donc, à contrecœur, de retirer… d’autant que Knet avait “suffisamment” perdu la face publiquement, ce qui permettait aux fans de récupérer un minimum de dignité pour leur groupe.
Résultat : Masterpiece n’eut même pas besoin d’intervenir. Ils n’eurent pas à se salir les mains, ni à se retrouver face à une situation politiquement toxique.
Bien sûr, beaucoup de gens restèrent convaincus que “la hiérarchie” et JN étaient réellement impliqués. L’image de CK E&M et de JN en prit un coup, et il y eut un impact visible sur la réputation… mais officiellement, l’affaire fut “classée”.
Et naturellement, l’attention du public glissa vers un autre feu d’artifice : l’entrée historique de Masterpiece sur le Billboard Hot 100, et la question qui pique : jusqu’où peuvent-ils monter ?
Lors du tout premier K-Countdown diffusé après cette tempête, une scène à la fois absurde et embarrassante se produisit.
Masterpiece remporta la première place… et reçut deux trophées.
« Félicitations à Masterpiece, notre numéro 1 de la semaine ! Voici le trophée de cette semaine… et celui-ci est pour la première place que vous aviez manquée il y a deux semaines à cause d’une erreur de délibération. Un mot ? »
Même les MC avaient l’air gênés, sourires raides, comme s’ils tenaient une assiette trop chaude.
Masterpiece répondit avec un rire maladroit, s’efforçant d’avoir un discours “normal”.
Mais Yuseong ajouta, très simplement, une phrase qui sonnait comme une main posée sur l’épaule des fans :
« Muse… merci. Vous avez dû avoir le cœur lourd. À partir d’aujourd’hui… marchons ensemble, et ne prenons plus que des chemins fleuris. »