Chapitre 226
Traduction: Moonkissed
« Et maman ? Maman, ça va ? »
– Oui, ça va. Ta mère et les bébés sont en bonne santé, alors ne t’inquiète pas. Mais maman s’est endormie, il faudra l’appeler un peu plus tard.
« Ouf… tant mieux. Et… je peux venir les voir, moi aussi ? »
– Tu arrives à te libérer ? Il y a des horaires de visite pour la nurserie… Ta mère, tu peux la voir quand tu veux, en revanche.
« Je peux trouver un moment. C’est trop important, je dois venir. J’ai envie de voir maman, et les bébés aussi. »
– D’accord. Je t’envoie l’adresse exacte de l’hôpital et les horaires de visite des nouveau-nés. Tu viens à l’heure, compris ?
« Oui. À tout à l’heure. Papa aussi, tu as dû galérer… merci. »
Yuseong termina l’appel.
Il avait parlé en essayant de rester calme, mais l’idée que ses petites sœurs venaient de naître rendait tout étrangement irréel. Son cœur battait plus vite, comme si une porte s’était ouverte en lui sans prévenir.
Et à peine avait-il raccroché que, depuis tout ce temps, les membres qui retenaient leur souffle à côté de lui et avaient entendu toute la conversation éclatèrent en même temps, chacun lâchant une phrase dans l’urgence.
« Incroyable !! Tes petites sœurs sont nées ? Félicitations !! »
« Haetnim et Dalnim sont arrivés pour de vrai ?! »
« Notre maknae est devenu grand frère !! Félicitations !! »
« Wow… c’est trop fou. Ils sont enfin dans ce monde ! »
On aurait dit qu’ils étaient encore plus excités que Yuseong lui-même.
« Oui… elles sont nées il y a quelques minutes, apparemment tout s’est bien passé. Merci à tous. »
« Oh la la !! Mais si c’est aujourd’hui… ça veut dire qu’ils ont le même anniversaire que moi !! C’est trop bien !!! »
Dael, qui venait de réaliser le détail, passa directement en mode hyper-tension, encore plus heureux.
« C’est vrai. Sans faire exprès, ils ont le même anniversaire que toi, hyung. À partir de maintenant, tous les 9 décembre, mon portefeuille va pleurer à cause des cadeaux. »
Yuseong répondit en souriant.
« Haha, clairement. Mais du coup, tu y vas tout de suite à l’hôpital, non ? Ne t’inquiète pas pour l’entraînement, file. Nous on s’en occupe. »
« Ah… il y a un horaire précis pour voir les nouveau-nés. Je pense que je devrai partir vers 20 h, après le dîner. »
« Oh, même la famille peut pas les voir n’importe quand, alors. »
« Apparemment. »
« Et prends plein de photos des bébés ! Montre-nous ! Des vidéos aussi ! »
« Oui oui, je suis trop curieux de voir à quoi elles ressemblent. »
« Grave. Elles vont être tellement belles et mignonnes, c’est sûr. »
« D’accord, si j’ai le droit, j’en prendrai plein. Moi aussi je meurs de curiosité. »
À cet instant, Dael posa une question complètement à côté.
« Ah, Yuseong ! Ce soir pendant mon T-live d’anniversaire… j’ai le droit de me vanter en disant que j’ai maintenant le même anniversaire que tes petites soeurs ? »
Tout le monde éclata de rire.
« Haha, depuis quand c’est un truc dont on se vante ? »
« Sérieux… c’est tellement Dael, ça. »
« Je te jure, il est discret mais il est vraiment 4D, ce gars. »
« Mais si ! C’est un truc de fou ! Avoir le même anniversaire, ça veut dire qu’on a un lien du destin avec ces bébés trop mignons ! »
Dael, au contraire, avait l’air complètement persuadé, comme si c’était une évidence scientifique. Il était si pur, si enfantin, que Yuseong ne put que rire doucement et hocher la tête.
« D’accord d’accord, convaincant. Vas-y, vante-toi autant que tu veux, hyung. Ah ! Mais quand tu en parles… fais-moi apparaître deux secondes. Je me rends compte que j’ai jamais parlé des jumelles aux fans. Ce serait bien que je le dise moi-même, justement au moment où tu te vantes. »
« OK ! Parfait, parfait ! »
Après avoir fini de manger sans même savoir si la nourriture passait par la bouche ou par le nez, tant il avait la tête ailleurs, Yuseong enfila une casquette bien basse, sortit de l’agence et monta dans un taxi.
Mais quelqu’un observait la scène.
Il s’agissait de Ji Hyeongu, journaliste chez DisCatch, un média people connu pour traquer sans relâche la vie privée des célébrités afin de dégoter des “scoops”, accompagné d’un jeune collègue.
« Oh ! Hé hé, c’est bien Yuseong de Masterpiece, non ? »
« Ah oui ! C’est lui ! »
« Il a pris un taxi ! Allez, on le suit. Il est sorti seul, ça sent le truc intéressant. Dépêche, démarre ! »
« Oui, chef ! »
Ji Hyeongu donna ses ordres d’un ton pressé. Le junior, au volant, mit le contact et écrasa l’accélérateur. La voiture se colla immédiatement derrière le taxi de Yuseong.
En réalité, ils suivaient Masterpiece depuis plusieurs jours. DisCatch avait l’habitude de filer les célébrités pour capturer des histoires de couples ou autres “nouvelles croustillantes”.
Bien sûr, c’était une violation flagrante de la vie privée. Mais au nom du “reportage” ou du “droit du peuple à savoir”, DisCatch perpétuait ces méthodes depuis longtemps.
Après tout, il suffisait d’être “le premier” à sortir une rumeur d’idylle pour que les vues explosent.
Et dans ce contexte, Masterpiece était devenu une proie rêvée.
Leur premier album, porté par Boys War, avait déjà fait du bruit, mais leur deuxième album avait carrément explosé. Ils étaient entrés dans la catégorie des idols de première ligne. DisCatch avait donc décidé d’y aller franchement et de “creuser quelque chose”, coûte que coûte.
Voilà pourquoi ça faisait presque deux semaines que Ji Hyeongu les filait.
Pendant les promotions, les idols étaient tellement occupés qu’ils n’avaient quasiment pas de vie privée. Alors il s’était accroché au moment précis où les promotions s’étaient terminées.
« Je me disais que c’était trop calme… et là, enfin, on va peut-être avoir quelque chose. »
« Ouais… j’allais mourir d’ennui. J’espère qu’il va se passer un truc, sérieux. »
En vérité, ces deux semaines n’avaient offert aucun élément exploitable. Pas même le bout d’un ongle de “matière à article”.
Ils préparaient les scènes de fin d’année, d’accord, mais même comme ça… c’était abusé. Tous les membres faisaient littéralement la navette entre le dortoir et l’agence, point.
« Je te jure. Et si en plus c’était une histoire d’amour, ce serait le jackpot. »
Ji Hyeongu afficha un sourire malsain en s’imaginant publier en scoop une rumeur de couple sur Yuseong. Un “coup” pareil, ça pouvait même lui valoir une promotion.
Quoi qu’il en soit, environ quinze minutes plus tard, Yuseong descendit devant un grand hôpital spécialisé en obstétrique, sans se douter une seule seconde qu’il était suivi.
« Hein ?! Attends, pourquoi il entre dans une clinique d’obstétrique ? »
« Pardon ? Une clinique ? »
« Hé, arrête-toi. Moi je descends et je le poursuis. Toi tu te gares au parking et tu m’appelles. »
« Oui ! Compris ! »
Sur la route, ils avaient raté un feu rouge, ce qui avait creusé un peu l’écart avec le taxi. Ji Hyeongu sauta donc de voiture en urgence, photografia Yuseong entrant dans l’hôpital, puis se mit à courir lui aussi.
Sauf que l’intérieur du bâtiment était plus grand que prévu. Et il y avait trop de monde : Yuseong n’était pas repérable d’un simple coup d’œil.
Pris par la panique, Ji Hyeongu tourna la tête dans tous les sens. Et là, très loin, il aperçut Yuseong dans l’entrebâillement d’une porte d’ascenseur en train de se fermer.
« Putain !! »
C’était trop tard. La porte se refermait déjà, et la distance était trop grande : impossible de la bloquer avec le corps ou d’appeler.
Ji Hyeongu ne put que regarder l’ascenseur disparaître.
Arrivé en retard devant les portes closes, il fixa l’afficheur au-dessus, déterminé à repérer à quel étage Yuseong descendrait.
Mais, manque de chance, l’ascenseur s’arrêta à trois étages différents, puis redescendit. À la montée, il s’était arrêté au 3e, au 4e et au 6e.
‘Ha… j’aurais dû monter avec lui ! À quel étage il est descendu ?’
Ji Hyeongu se prit la tête à deux mains, puis lut le panneau des services par étage.
Au 3e : plusieurs cabinets de consultation.
Au 4e : divers laboratoires et salles d’examens.
Au 6e : les chambres d’hospitalisation et la nurserie.
En observant ces trois étages, Ji Hyeongu finit par trancher selon son propre scénario.
‘Si, comme je le pense, il vient parce que sa copine est enceinte… ou parce qu’il y a un doute de grossesse… alors ce n’est sûrement pas le 6e. Ce serait plutôt le 3e ou le 4e… mais lequel ?’
Sans même se rendre compte à quel point cette hypothèse était absurde, il hésita, puis décida finalement de commencer par le 3e étage.
Pendant ce temps, Yuseong était arrivé dans la chambre où sa mère était hospitalisée et retrouva ses parents.
« Maman ! »
« Mon fils… tu es venu alors que tu es si occupé… »
Elle avait l’air encore trop faible pour bouger correctement. Yuseong la serra dans ses bras avec une infinie précaution.
En pensant qu’elle avait sûrement souffert comme ça aussi lorsqu’elle l’avait mis au monde, il sentit une boule lui remonter dans la gorge.
« Maman… tu as tellement souffert. C’était dur, hein ? »
« Non, non… ça n’a pas été si terrible. Haetnim et Dalnim te ressemblent, elles sont vraiment très belles. »
Minjeong souriait d’un bonheur sincère en caressant les cheveux de Yuseong.
« Vraiment ? »
« Oui. On dirait vraiment leur grand frère. »
Hyeongseok renchérit, et l’impatience de Yuseong de voir les jumelles grandit encore.
Un peu plus tard, au moment de l’horaire de visite des nouveau-nés, Yuseong se rendit à la nurserie avec son père.
À leur arrivée, Hyeongseok remit une sorte de carte en papier à l’infirmière.
Derrière une immense vitre, deux infirmières prirent chacune un bébé parmi les nourrissons, puis s’approchèrent pour les présenter, bien en face.
Et à cet instant, la bouche de Yuseong s’entrouvrit toute seule.
« Wa… mon dieu. »
Elles étaient… incroyablement, terriblement mignonnes.
On aurait dit que la mignonnerie avait pris une forme humaine. Et elles étaient plus petites qu’il ne l’avait imaginé.
Et surtout, elles se ressemblaient tellement que ça doublait encore l’effet : deux petites copies parfaites, et donc deux fois plus de “trop mignon”.
C’était difficile à croire qu’il y a quelques heures à peine, ces deux petites vies étaient encore dans le ventre de sa mère.
Même leurs yeux, qu’ils n’arrivaient pas à ouvrir complètement, comme s’ils étaient encore trop lourds de sommeil… et cette façon de le regarder avec un air à moitié assoupi… c’était si adorable que ça en devenait dangereux pour le cœur.
En les observant, il sentit sa poitrine se réchauffer. Une émotion mystérieuse, dense, qui le remplissait de l’intérieur. Une sensation qu’il n’avait jamais connue auparavant.
‘Ces bébés… ce sont mes sœurs…’
Il eut soudain envie de vivre encore plus intensément, de travailler plus dur, pour pouvoir leur offrir plein de choses.
« Alors ? Elles sont belles, hein ? » demanda son père.
« Oui… elles sont magnifiques. C’est impossible d’être aussi adorables. »
« Haha. Toi aussi, tu étais comme ça. Et pourtant, elles ne pleurent pas du tout alors qu’elles rencontrent leur grand frère. Tout à l’heure, quand je suis venu, elles pleuraient énormément. »
« Vraiment ? Là elles sont si sages… J’ai de la chance. »
Cette simple phrase fit grimper la joie de Yuseong d’un cran. Son sourire ne le quittait plus.
« Je savais pas qu’avoir des petites soeurs, ça pouvait rendre aussi heureux. Si j’avais su… quand j’étais petit, j’aurais supplié maman d’en faire plus tôt. »
À moitié blague, à moitié sincère, sa phrase fit éclater de rire Hyeongseok, qui tapota l’épaule de son fils.