Chapitre 36
Ce soir-là, dans les couloirs sombres de l’académie, rodaient deux militaires chevronnés.
Howard et son capitaine étaient chargés de garder l’académie.
« Pourquoi on a accepté cette mission, Howard ? La 8ᵉ division n’est pas spécialisée dans la garde de bâtiments, que je sache ? »
Une petite veine apparut sur le front de Howard.
« Puisque je vous le répète, il y a de grandes chances que des porteurs du chaos se soient infiltrés dans l’établissement. Nous sommes là pour éviter un futur meurtre. »
« Y a littéralement des gamins qui ont utilisé une arme du chaos. On m’explique pourquoi on n’a pas interrogé ces gamins ? »
S’efforçant de garder son calme, Howard répondit tout de même :
« Messire Gabriel les a personnellement interrogés. Cela n’est donc plus de notre ressort. »
Crachant par terre, le capitaine s’offusqua.
« Putain de nobles et putains de démoniaques. »
Après cela, le capitaine se tourna soudainement.
« T’avais peut-être raison, petit gars. »
Il pointa son doigt en direction d’une salle.
« J’ai l’impression qu’il y a du grabuge par-là. »
Passant le seuil de la porte, ils aperçurent alors quelque chose d’étrange.
Une chose qu’aucun d’eux n’avait jamais vue auparavant.
Un tourbillon fait de ténèbres pures semblait dévorer toute lumière sur son passage.
Ils étaient irrémédiablement attirés par cet étrange phénomène, comme si ce dernier tordait l’espace autour de lui.
Le capitaine s’approcha imprudemment.
« Capitaine, vous ne devriez pas ! »
N’écoutant pas les avertissements de son subordonné, il commença à examiner l’étrange chose.
« Cette chose tord tout ce qui pénètre en son sein. »
Commençant à paniquer, Howard haussa la voix.
« Je vous demande de vous éloigner de cette chose ! »
Il continua à expérimenter en envoyant une dose de mana qui fut aussitôt aspirée.
« C’est définitivement un coup des démoniaques. »
Puis, après avoir absorbé tout le mana envoyé par le capitaine, quelque chose commença à bouger.
La masse de ténèbres tourbillonna plus rapidement, plus intensément.
Comme si avoir absorbé du mana l’avait rendue folle.
Puis des mains faites de la même matière attrapèrent le capitaine.
Howard se précipita sur lui, tentant de retirer les mains qui s’accrochaient à son supérieur.
Mais rien n’y fit : lui et son capitaine furent absorbés par la chose.
« Putain d’irresponsable ! »
Il était tard, et Soren partit travailler.
Bien que Léo ne possède aucune connaissance concernant son travail, il décida qu’il était bientôt l’heure de se coucher.
Il choisit d’abord d’aller se doucher.
« J’y vais en premier. »
Zoé hocha la tête.
Léo était plongé dans ses pensées qu’il tentait de faire taire.
Tout va s’arranger maintenant ?
Il tentait de s’en convaincre, mais il le savait : tout ne s’arrangerait pas miraculeusement.
Bien que plusieurs choses soient en voie d’amélioration.
Ça fatigue, ces problèmes d’intégration, les tentatives de meurtre à son encontre…
Tout portait à croire que cela allait s’arranger.
Non, ça doit s’arranger. Je ne dois pas attendre que les gens fassent les choses à ma place.
Bien évidemment, il savait que son lot de nouveaux problèmes allait arriver.
Tout en sortant de la douche, il se regarda dans le miroir.
Puis son regard se posa sur une cicatrice profonde, comme s’il avait été sauvagement lacéré par un animal sauvage, au niveau de ses abdominaux.
« Ça non plus, je ne dois pas l’oublier. »
S’habillant avant de sortir de la salle de bain, il croisa Zoé avec ses affaires de toilette.
Un silence s’installa pendant quelques instants.
Avant qu’elle ne prenne la parole.
« Tu es bien ici ? »
Son regard laissait transparaître de l’inquiétude, voire même de l’incertitude.
Comme si elle n’était pas sûre de la décision qu’elle avait un peu imposée à Léo.
Comme pour la rassurer, Léo lui envoya un sourire d’une rare douceur, ses yeux fatigués montrant une sincérité absolue.
« Je me sens bien ici. Merci d’avoir fait tout ça pour moi. »
Lui renvoyant son sourire radieux, Zoé parla avec la même douceur qu’elle avait exprimée à son arrivée.
« Je suis heureuse que ça te convienne. »
Puis, après un doux silence à se regarder dans les yeux, Léo finit par aller dans sa chambre.
« Bonne nuit, Zoé. »
« Bonne nuit, repose-toi bien. »
Sur ces paroles, Léo arriva dans sa chambre.
Puis s’allongea.
Fermant les yeux avec une facilité déconcertante.
Puis, après s’être endormi…
Un rêve.
La même caverne d’une beauté immense, remplie de diamants resplendissants.
Il faut dire que ça fait plus d’un mois que je n’ai pas dormi.
Cette fois, il pouvait un peu bouger.
Tourner la tête, bouger les bras.
Mais il ne pouvait pas avancer.
Puis, au loin, une silhouette se dessina.
Il ne pouvait la décrire avec exactitude, cependant une aura divine émanait d’elle.
Comme une autorité suprême dans son milieu naturel.
Une posture et une carrure rappelant une personne d’une confiance presque absolue, à qui rien n’était impossible.
Puis une image subliminale s’afficha par-dessus la caverne.
Sa vision se brouilla et des images se superposèrent.
Un liquide rouge coulait partout sur les diamants.
Des ossements fusionnaient avec les diamants.
La douce lumière bleutée, remplacée par un rouge pourpre.
Puis une voix.
Elle répétait inlassablement quelque chose.
Un murmure incessant qui pourrait rendre fou celui qui l’entendait.
Léo décida de l’écouter malgré tout.
Il tendit l’oreille et une phrase commença à se dessiner.
« Ta force… reflet… douleur… »
Se concentrant de plus en plus, Léo finit par l’entendre, et cela lui glaça le sang.
« Ta force est le reflet de la douleur du monde. »
Léo se réveilla haletant et paniqué.
« C’était quoi ce bordel ? »
[Fin du premier volume : Un chemin radieux]