Chapitre 34
« Eh bien, je ne m’attendais pas à vous revoir après tout ce temps. »
Gabriel prit un verre en main.
« Épargne-moi tes familiarités, nous ne sommes plus tes aînés, Akira. »
Gardant son petit sourire espiègle, Akira répondit :
« Ça a dû te manquer de te bourrer la gueule, sinon tu ne serais pas là. »
Tout en rigolant, il prit une bouteille et y injecta du mana.
Tandis que Gabriel poussa un juron silencieux.
« Après tout, je comprends. T’en connais beaucoup, des transcendants capables de faire en sorte que tu te mettes une race ? »
Légèrement agacé, Gabriel avala rapidement le contenu de son verre.
« Oui, ton pouvoir est assez pratique. Sinon, il nous est quasiment impossible, pour des transcendants comme nous, de nous alcooliser. »
Akira hocha la tête.
« Eh bien voilà, enfin un peu d’honnêteté. Alors, que me vaut votre présence, mes chers aînés ? »
Posant sa main sur son front, Gabriel soupira.
« Eh bien, pour faire simple, il y a visiblement une arme du chaos qui se balade dans mon académie dont l’origine est totalement inconnue, le travail s’accumule et Marion a décidé de prendre un disciple. »
Akira les regarda d’un air un peu ahuri, puis s’exclama :
« Marion va prendre un disciple ?! »
Elle le regarda légèrement déconcertée.
« Y a que ça qui te choque ? »
Tout en resservant un verre, il sourit.
« De toute façon, Virelune est partie en couille avant même Soren, alors des armes du chaos qui circulent, franchement… »
Croisant ses bras, il regarda alors Marion avec une petite étincelle dans les yeux.
« En revanche, toi, prendre un disciple, je pensais que t’en prendrais plus. Lucie, c’était la dernière pour moi. »
Regardant Akira d’un air presque menaçant, Marion répondit :
« Je n’ai pas vraiment envie d’entendre parler de Lucie. Soren passe encore, mais ne me remémore pas de mauvais souvenirs. »
Le sourire d’Akira disparut momentanément avant de reprendre sa forme initiale.
« Excuse-moi. Et du coup, c’est quel genre de type, ton nouveau disciple ? »
Avant que Marion ne puisse parler, Gabriel l’interrompit.
« Eh bien, vu que tu en parles, cet enfant est la cible principale de ces armes du chaos. »
« Encore un élève qui s’attire des problèmes, hein ? »
« Et accessoirement, c’est un ami de Zoé. »
Akira arbora désormais une expression neutre.
« On parle bien de la sœur de Soren ? »
Gabriel répondit avec une expression presque froide.
« Oui. »
« Ça, par contre, c’est plus emmerdant. »
Essayant de changer de sujet, Akira les regarda alors quelque peu étonner.
« D’ailleurs, c’est vraiment une bonne idée que vous vous absentiez pendant une période que vous qualifiez de dangereuse ? »
Reprenant une gorgée, Gabriel posa son verre.
« De toute façon, s’il y a un problème, j’y retourne en une seconde. »
Marion reprit :
« De plus, j’ai laissé le capitaine de la troisième division de l’armée gouvernementale et son vice-capitaine dans l’enceinte de l’académie. »
« En effet, c’est plus rassurant. »
Plus loin, Léo, Zoé et Soren étaient en train de déguster un repas.
Zoé était justement en train d’expliquer à son frère les problèmes de Léo et la manière dont ils pourraient y remédier.
Soren écouta d’une oreille attentive et comprit instantanément le problème.
« Si on le garde indéfiniment à la maison, je risque d’avoir du mal à vous nourrir tous les deux. »
Zoé regarda Soren d’un air un peu dépité, mais avant qu’elle ne puisse dire quoi que ce soit, il reprit :
« Mais je pense que ça ira. Je vais me débrouiller. »
Des étincelles s’allumèrent dans les yeux de Zoé.
« Vraiment ? »
Lui répondant avec un sourire, Soren déclara :
« Bien sûr, ça va le faire. Il peut rester s’il veut. »
Tous les trois affichèrent un sourire radieux et continuèrent de manger.
Aucun d’eux ne parla pendant quelques instants. Pourtant, le silence n’avait rien de gênant. Il avait la chaleur tranquille des repas que l’on partage avec ceux auprès desquels on se sent enfin à sa place.