Chapitre 18
Après que Zoé se fut assise à côté de Léo et eut englouti quelques bouchées de son assiette, elle le regarda.
« Pourquoi tu manges seul, d'ailleurs ? »
Léo la regarda en retour.
« Simplement parce que je n'ai personne avec qui manger. »
Zoé fronça un sourcil, intriguée.
« Tu ne t'entends pas bien avec ton colocataire ? »
« Non, ce n'est pas le problème. Simplement, il a déjà ses amis. Et moi, j'ai peut-être un peu de mal à m'intégrer. »
Tout en mâchant, Zoé répondit :
« Pourtant, t'as pas de mal à me parler. »
Léo baissa les yeux vers son assiette, l'air légèrement déçu.
« Je vois bien que c'est différent. Déjà, je suis nouveau. Et puis les amis de Diego sont dans l'ingénierie, ils risquent de ne pas m'apprécier. »
« Pourquoi ? »
Après quelques instants de réflexion, Léo répondit :
« Parce que je suis un combattant qui vient d'un coin paumé et que... »
Ne lui laissant pas le temps de terminer sa phrase, Zoé, qui avait fini son repas, l'interrompit.
« Ça ne veut absolument rien dire. »
Un silence de quelques secondes s'installa.
Il fut finalement interrompu par plusieurs élèves venus parler à Zoé.
Avant de partir, elle lui adressa toutefois quelques mots.
« Au pire, si certains ont quelque chose à dire ou à te reprocher à cause de tes origines, tu les fais taire avec tes capacités. »
Léo la dévisagea.
« En gros, je dois taper tous ceux qui me font chier, c'est ça ? »
Zoé laissa échapper un léger rire.
« Je voulais surtout parler de ton test de demain, par exemple. »
Léo détourna la tête, gêné.
« Ah oui... le test. C'est vrai. »
Je suis sûre qu'il n'a aucune idée de ce qui l'attend.
— Bon, on se revoit au cours d'ascension. À toute.
Léo la regarda s'éloigner.
Il réalisa alors qu'il avait terminé son assiette, pourtant pleine quelques minutes auparavant.
Zoé continua sa route jusqu'à rejoindre un groupe installé dans un coin plus isolé de la cafétéria.
Plusieurs personnes, dont certaines qu'elle connaissait à peine, étaient venues lui parler.
Comme pour lui faire la morale.
Perdue dans ses pensées, elle ne prêta pas réellement attention à leurs paroles.
Elle entendit néanmoins quelques bribes de conversation.
Des phrases qui, selon elle, n'avaient aucun intérêt.
« Un prodige de Virelune comme toi, Zoé, peut vraiment se permettre de passer du temps avec un inconnu sorti d'un village paumé ? »
Ou encore :
« Il se la raconte parce que Marion l'accompagnait. Il croit que tout le monde va le respecter. Il est vraiment prétentieux. »
Zoé regarda le sol sans vraiment les écouter.
Pourtant, le peu qu'elle entendait commençait à la révolter.
Se mordant la lèvre un instant, elle finit par se redresser.
Elle les regarda avec son habituel grand sourire et répondit de sa voix enjouée :
« Je pense qu'on saura rapidement si l'image de prétentieux que vous lui attribuez est réellement justifiée. »
Un élève prit alors la parole.
« Je pense que la question se répond d'elle-même. »
Le sourire de Zoé commença lentement à disparaître.
« Pourquoi donc ? »
« Ça saute aux yeux. Un pauvre campagnard aurait atteint l'ascension ? C'est absolument ridicule. Il ose se comparer à des prodiges issus d'illustres familles et bénéficiant d'une éducation exceptionnelle. »
Le sourire de Zoé vacilla.