Chapitre 17
Léo entendit un bruit strident se répéter sans cesse, l'empêchant de dormir correctement.
Se tournant vers la source de ce vacarme qui l'avait tiré de son sommeil, il aperçut l'engin responsable de cet atroce bruit.
Il tenta instinctivement de le frapper. Cependant, avant même qu'il ne puisse l'atteindre, Diego s'empara de l'objet d'un geste vif afin d'éviter qu'il ne le réduise en miettes.
À moitié endormi, Léo regarda Diego depuis son lit.
« C'est quoi cette saloperie ? Ça fait un bruit pas possible. »
Diego le regarda, légèrement déconcerté.
« Bah, c'est un réveil. Même ça, tu ne connais pas ? »
Toujours plongé dans sa demi-somnolence, Léo afficha malgré tout une expression surprise.
« On ne m'a quasiment jamais forcé à me lever à une heure précise. J'ai besoin de mes huit heures de sommeil, moi. »
Diego poussa un soupir.
« Allez, lève-toi. On va en cours. »
Se levant difficilement tout en lâchant quelques jurons, Léo s'habilla d'un jean bleu clair, d'un tee-shirt blanc, d'une veste en jean ainsi que de baskets blanches.
De son côté, Diego enfila simplement son uniforme.
« T'as pas ton uniforme ? »
« Je ne sais même pas quand je vais l'avoir. »
Les deux garçons quittèrent alors leur chambre pour se diriger vers leur salle de cours.
Les trois premières heures étaient consacrées à l'étude des guerres historiques ainsi qu'aux méthodes employées durant celles-ci.
Léo n'était pas particulièrement passionné par le sujet, et ce pour plusieurs raisons.
Tout d'abord, les stratégies militaires lui semblaient avoir peu d'utilité. À ses yeux, la possibilité d'une véritable guerre était tout simplement trop faible.
Pour lui, le pire scénario imaginable serait une guerre civile, un soulèvement de la population pour une raison ou une autre.
Mais même cela ne pourrait être provoqué par les porteurs du Chaos.
En effet, depuis la Guerre Impie, leur nombre était devenu presque dérisoire. S'ils tentaient aujourd'hui de déclencher un conflit ouvert, ils seraient probablement exterminés avant même d'avoir pu organiser une véritable résistance.
L'étude des anciens artefacts et des technologies militaires ne l'intéressait pas davantage. La plupart étaient devenus obsolètes avec l'évolution des bénédictions et des disciplines modernes.
Cependant, l'histoire en elle-même restait assez fascinante.
Bien qu'il s'interrogeât souvent sur la véracité de certains récits qui lui semblaient parfois absurdes ou incohérents.
Malgré cela, il n'avait jamais pris le temps d'effectuer de véritables recherches sur les événements du passé.
Après tout...
En général, lorsqu'une vérité est dissimulée, c'est rarement sans raison.
Après les cours vint enfin l'heure du déjeuner.
Les premières bouchées furent délicieuses.
Léo se délecta des saveurs qui envahirent son palais.
Cependant, après quelques fourchettes, le goût exquis du plat lui parut soudainement beaucoup plus banal.
Comme s'il manquait quelque chose.
Fixant son assiette quelques instants, il entendit alors une voix douce et enjouée.
« Je peux m'asseoir là, Léo ? »
Tournant la tête, il aperçut une personne avec laquelle il ne s'attendait pas à partager un repas aussi rapidement.
« Bien sûr, si tu veux, Zoé. »